Les trois régimes de l'Intelligence artefactuelle
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Description
En 2026, « intelligence artificielle » est devenu un mot-évidence. Mais ce mot ne décrit plus adéquatement la réalité qu’il recouvre : non une faculté unifiée logée dans des machines, ni un objet artificiel isolable, mais un milieu sociotechnique composé de modèles, de plateformes, d’infrastructures, de travail humain, de normes et d’usages — un ensemble massif, instable, difficile à gouverner.
Ce livre propose donc un déplacement conceptuel : parler d’intelligence artefactuelle. Il ne s’agit pas de décider si des systèmes sont « intelligents », mais de comprendre dans quelles conditions leurs productions deviennent intelligibles, crédibles et opérantes au point d’être reconnues comme telles. L’intelligence n’est pas ici une propriété des artefacts : elle est un effet architectonique, conditionnel et réversible, produit par des agencements techniques, symboliques, organisationnels et matériels.
Pour fonder cet objet, l’ouvrage développe une architectonique articulée autour de trois régimes irréductibles. Le régime du sens est abordé à partir de la répondabilité : la question du sens se déplace de la compréhension vers l’endossement au point d’usage, c’est-à-dire vers les conditions concrètes de reprise, de contestation et d’assomption. Le régime de la communication analyse la transformation contemporaine de la parole à l’ère de la circulation algorithmique, de la convertibilité généralisée et de l’autorité distribuée, où la crise du vrai/faux se double d’une crise fiduciaire. Le régime métabolique met en évidence la dette entropique située — accumulation irréversible de flux matériels, énergétiques, humains et organisationnels — qui impose des seuils ultimes de soutenabilité.
L’intelligence artefactuelle n’apparaît que lorsque ces trois régimes parviennent, temporairement, à se contraindre mutuellement sans se neutraliser. Elle peut alors être stabilisée et reconnue, mais demeure fragile, conflictuelle, réversible. Lorsque l’un des régimes écrase les autres, l’IA peut continuer de fonctionner tout en cessant d’être gouvernable : sens sans soutenabilité, communication sans orientation, métabolisme sans signification.
À partir de ce diagnostic, l’ouvrage soutient que gouverner cette intelligence ne consiste ni à optimiser des performances ni à ajouter des normes après coup, mais à rendre visibles et négociables les arbitrages de sens, de circulation et de matérialité qui conditionnent son existence même. Cet essai, Les trois régimes de l’Intelligence artefactuelle, ne propose pas une définition supplémentaire : il change le cadre à partir duquel l’intelligence artefactuelle devient pensable — et gouvernable. Il s’adresse aux chercheuses et chercheurs, décideurs publics, concepteurs, juristes et praticiens devant arbitrer, en situation, entre exigences de sens, conditions de circulation et contraintes métaboliques.
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