Sous-nutrition chez les femmes en situation d'obésité
Description
S. Hilliger et al. (2024)
Correspondance : sabine@ingesta.net
Comité de Nutrition
Centre Médical Fiona, Guadeloupe
France d’outremer
https://doi.org/10.5281/zenodo.13984695
Résumé
Contexte et objectif
L'obésité est une préoccupation croissante de santé publique à l'échelle mondiale, et l'apport alimentaire joue un rôle crucial dans sa gestion. Cette étude vise à évaluer l'apport en nutriments de femmes en situation de surpoids ou d’obésité en Guadeloupe (FR, RUP-UE) et à identifier les écarts par rapport aux recommandations nutritionnelles de l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA).
Méthode
Une analyse transversale rétrospective a été menée sur les données de 40 femmes âgées de 19 à 72 ans, sélectionnées au sein d'une cohorte clinique sur la base de leur IMC. Les apports nutritionnels ont été estimés à partir d'enregistrements alimentaires de trois jours préexistants, incluant les tailles de portions, validés par une diététicienne certifiée. Un test T pour échantillon unique a été utilisé pour comparer les moyennes nutritionnelles (énergie totale, macronutriments, micronutriments et acides gras spécifiques) aux valeurs de référence de l'EFSA, avec un seuil de significativité défini pour estimer la probabilité des observations.
Résultats
L'analyse statistique a révélé des déficits significatifs en énergie et en plusieurs nutriments clés, notamment les acides gras polyinsaturés (AGPI), les acides gras monoinsaturés (AGMI), les fibres, ainsi que des carences en iode, potassium, vitamines D et E, dont les niveaux étaient nettement inférieurs aux recommandations de l'EFSA. À l'inverse, les apports en glucides simples étaient significativement supérieurs aux recommandations.
Conclusion
Dans l'ensemble, les résultats mettent en évidence la coexistence de carences micronutritionnelles et d'excès glucidiques, soulignant la nécessité d'interventions diététiques ciblées. Des facteurs tels que le saut de repas, la consommation fréquente de boissons sucrées, de fruits tropicaux et de féculents, associés à un faible apport en acides gras insaturés, contribuent à ce profil. Ces conclusions remettent en question la vision conventionnelle de l'obésité comme résultant uniquement d'une consommation calorique excessive.
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Rapport annuel - Comité de Nutrition - Acta Ingesta.pdf
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