Le cancer et la biologie évolutive
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Description
Le paradoxe de Péto et la théorie de la pléiotropie antagoniste constituent deux cadres conceptuels
centraux de l’oncologie comparée, permettant d’expliquer les fortes disparités interspécifiques dans
l’incidence du cancer. Alors que l’augmentation de la taille corporelle et de la longévité devrait
théoriquement accroître le risque tumoral en raison du nombre plus élevé de divisions cellulaires, les
grands animaux longévifs, tels que les éléphants et les baleines, présentent une incidence de cancer
relativement faible. Ce constat met en évidence l’existence de mécanismes adaptatifs de protection
contre le cancer, façonnés par l’évolution. La pléiotropie antagoniste offre une interprétation
complémentaire en montrant que certains traits favorisés par la sélection naturelle en début de vie,
notamment ceux liés à la croissance, à la reproduction ou à l’activité hormonale, peuvent accroître le
risque de cancer à des stades plus tardifs. Chez l’humain, ces compromis biologiques interagissent
avec des facteurs épigénétiques et environnementaux propres aux modes de vie contemporains,
contribuant à la diversité des profils tumoraux. Dans cette perspective, le cancer apparaît non pas
comme une anomalie isolée, mais comme une conséquence indirecte des stratégies évolutives
optimisant la performance biologique à court et à long terme.
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