Pour une écologie du sens. Le langage comme milieu hybride
Description
Cet essai part d’une expérience devenue banale et pourtant décisive : l’interaction avec les grands modèles de langage, souvent décrite comme un « dialogue », mais qui relève plutôt d’un monologue humain-IA. L’IA répond à tout, sans visage, sans monde vécu, sans responsabilité : elle répond à nos requêtes, mais ne répond de rien. Cette dissociation déplace entièrement la charge du sens vers l’humain, désormais seul garant du discernement, de la preuve et de l’endossement.
Pour nommer la mutation en cours, l’auteur propose le concept d’oïkotexte : le passage du texte comme objet (hypertexte, palimptexte) au langage comme milieu — une atmosphère discursive saturée, invisible et pourtant omniprésente, où le vraisemblable tend à circuler comme un quasi-vrai. Dans ce nouvel environnement, le risque majeur n’est pas seulement l’erreur, mais l’épuisement herméneutique, l’atrophie du discernement et l’isolement : signes « sans origine » et lecteur privé d’altérité réelle.
L’essai se déploie alors en trois gestes : diagnostiquer le milieu (ses hybridations, ses forces, ses instabilités), cartographier ses dimensions (à trois échelles : microïkotexte, mésoïkotexte, macroïkotexte), puis apprendre à l’habiter par une éthique de la navigation : lenteur, traçabilité, recherche d’altérité, sobriété attentionnelle, et responsabilité de la restitution. L’enjeu est civilisationnel : préserver les conditions d’habitabilité du vrai dans un monde où le langage devient environnement — un milieu déjà instable, industrialisé, traversé par des logiques économiques et techniques qui rendent le plausible plus disponible que le vrai et n’autorisent aucun optimisme spontané.
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