Published December 15, 2025 | Version v2

Faible transmission des politiques climatiques et dominance macroéconomique dans l'allocation bancaire : Analyse empirique en zone UEMOA

Authors/Creators

  • 1. Université Alioune DIOP
  • 2. Laboratoire Interdisciplinaire de Recherches en Sciences Sociales (LIRSS), UFR Économie, Management et Ingénierie Juridique (ECOMIJ) Université Alioune DIOP

Description

Résumé

Cet article analyse la transmission des politiques climatiques à l'allocation du crédit bancaire dans la zone UEMOA entre 2015 et 2024. La méthodologie repose sur un modèle de panel à effets fixes banque-pays-trimestre appliqué à un échantillon de 40 banques (n = 1 560 observations), en adaptant l'approche de Covi et al. (2025). Les résultats révèlent une transmission quasi inexistante des politiques climatiques : le coefficient associé à l'indice CCPI est faible et non significatif (β = 0,04 ; p > 0,10) pour les expositions vertes (TAC), de même que pour les secteurs carbonés (β = −0,02 ; p > 0,10). En revanche, l'inflation constitue le principal déterminant de l'allocation : une hausse de 1 point du taux d'inflation entraîne un rééquilibrage d'environ +3,5 % vers les secteurs résilients (β = 0,0014 ; p < 0,05), traduisant une dominance des facteurs macroéconomiques sur les signaux climatiques.

Ces résultats soulignent un déficit majeur d'intégration du risque climatique dans les comportements bancaires de l'UEMOA. Le ratio moyen de prêts « verts » reste inférieur à 2 % du portefeuille total, et l'exposition aux secteurs vulnérables représente encore plus de 28 % des encours. L'étude appelle à un renforcement du cadre prudentiel de la BCEAO : stress tests climatiques obligatoires, divulgation standardisée et incitations réglementaires ciblées.

Mots-clés : Politiques climatiques ; Allocation bancaire ; UEMOA ; Risque de transition ; Finance verte ; Dominance macroéconomique.

Classification JEL : G21, Q54, E58, O55

Type de papier : Article de recherche empirique

 

 

Abstract

This article examines the transmission of climate policies to bank credit allocation in the WAEMU region between 2015 and 2024. The methodology employs a bank-country-quarter fixed effects panel model applied to a sample of 40 banks (n = 1,560 observations), adapting the approach of Covi et al. (2025). The empirical results reveal an almost non-existent transmission channel: the coefficient associated with the CCPI index is weak and statistically insignificant (β = 0.04; p > 0.10) for green exposures (TAC), as well as for carbon-intensive sectors (β = −0.02; p > 0.10). In contrast, inflation emerges as the main determinant: a one-point increase in the inflation rate leads to an estimated +3.5% reallocation toward more resilient sectors (β = 0.0014; p < 0.05), indicating macroeconomic dominance over climate signals.

The findings highlight a substantial gap in the integration of climate risk within WAEMU banking practices. The average share of "green" loans remains below 2% of total portfolios, while exposure to vulnerable sectors still exceeds 28%. The study calls for strengthening the BCEAO's prudential framework: mandatory climate stress tests, standardized disclosure requirements, and targeted regulatory incentives.

Keywords: Climate policies; Bank allocation; WAEMU; Transition risk; Green finance; Macroeconomic dominance.

JEL Classification: G21, Q54, E58, O55

Paper type: Empirical research article

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