Le Théâtre d'ombres en Europe de l'Ouest (1770-1920) : l'émergence d'une dramaturgie
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Description
La discontinuité de l’histoire du théâtre d’ombres en Europe de l’Ouest témoigne de l’implantation fragile et de la diffusion partielle des pratiques dans cette région du monde. Le théâtre d’ombres s’y est défini à la croisée de différents arts (théâtre de marionnettes, spectacle optique, théâtre lyrique, illustration...) et ne fut que ponctuellement identifié comme un genre de spectacle spécifique. Il a pourtant suscité l’engouement de plusieurs poètes et artistes (Justinus Kerner, Ludwig Joachim von Arnim, Henri Rivière, Joan Maragall, Henri van Muyden, Alexander von Bernus, Ramón del Valle-Inclán...) et le succès populaire pour les portraits « à la silhouette », les plaques de lanterne magique silhouettées, l’ombromanie et les théâtres d’ombres de papier perdure de la fin du XVIIIe siècle jusqu’au début du XXe siècle. En Europe de l’Ouest, le théâtre d’ombres a également souffert d’un amalgame rétrospectif : présenté par les premiers historiens du septième art comme une forme de « précinéma », il est encore communément réduit à sa dimension visuelle. Cela empêche d’en cerner la spécificité qui réside tout autant dans ses effets visuels et cinétiques que dans ses qualités performatives et littéraires. L’analyse comparée de pièces créées entre les années 1770 et 1920 notamment en France et en Allemagne, et plus ponctuellement en Espagne, en Angleterre, en Belgique et en Suisse, permet d’identifier un vocabulaire dramaturgique commun que des pratiques d’abord hétérogènes ont peu à peu élaboré. Les deux répertoires les plus importants de la période étudiée, celui du théâtre du Chat noir à Paris et celui des Schwabinger Schattenspiele à Munich, manifestent en outre l’intérêt réel des auteurs pour les ressources expressives propres à ce spectacle. Peintres et poètes en exploitèrent les possibilités pour articuler l’écriture littéraire et la création visuelle ; pour distordre, condenser, étendre le drame et ses composantes.
Abstract (English)
The discontinuity in the history of shadow theatre in Western Europe shows the fragile roots and the partial dissemination of practices in this part of the world. In Western Europe, shadow theatre was defined at the crossroads of different arts (puppet theatre, optical shows, lyrical theatre, illustration, etc.) and was only occasionally identified as a specific performance genre. However, a number of poets and artists (Justinus Kerner, Ludwig Joachim von Arnim, Henri Rivière, Joan Maragall, Henri van Muyden, Alexander von Bernus, Ramón del Valle-Inclán, etc.) were fascinated by it, and the popular success of silhouetted portraits, silhouetted magic lantern slides, shadowgraphy and paper shadow theatres lived on from the end of the eighteenth century to the beginning of the twentieth. In Western Europe, shadow theatre has also suffered from retrospective confusion : presented by the first historians of the seventh art as a kind of « pre-cinema », it is still commonly reduced to its visual dimension. This prevents us from identifying its specificity, which lies as much in its visual and kinetic effects as in its performative and literary qualities. A comparative analysis of plays created between the 1770s and the 1920s, particularly in France and Germany, and more occasionally in Spain, England, Belgium and Switzerland, enables us to identify a common dramaturgical vocabulary that was initially developed by heterogeneous practices. The two most important repertoires of the period under study, that of the Chat Noir theatre in Paris and that of the Schwabinger Schattenspiele in Munich, also demonstrate the authors' genuine interest in the expressive resources specific to this form of entertainment. Painters and poets exploited the possibilities to link literary writing and visual creation ; to distort, condense and extend the drama and its components.
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2025-05-14PhD Defense