AUDIT DES PÊCHES Stimuler l'abondance potentielle des océans canadiens : retour sur la performance du Canada de 2017 à 2021
Description
Voilà cinq ans qu’Oceana Canada a publié son premier
Audit des pêches, une évaluation annuelle de la façon dont
Pêches et Océans Canada (MPO) gère les poissons sauvages
d’importance commerciale du pays.
Durant cette période, nous avons constaté certains progrès :
une plus grande transparence, de nouveaux investissements
substantiels dans la science, de nouvelles normes nationales
de surveillance et une Loi sur les pêches modernisée qui rend
obligatoire le rétablissement des pêches épuisées. Il reste
encore beaucoup à faire à ce niveau. Cependant, le plus gros
problème réside dans la réalisation des politiques que le MPO
a déjà mises en place.
Année après année, les évaluations d’Oceana révèlent
l’incapacité du gouvernement à améliorer de façon
significative la gestion des pêches au Canada. Par
conséquent, nous avons constaté aucune amélioration
mesurable dans la santé des pêches sauvages.
Lois modernisées, engagements politiques et investissements
ne sont valables que si le gouvernement peut les réaliser
avec succès, ce qui, dans le cas de la gestion des pêches
canadiennes, n’a manifestement pas été le cas dans les cinq
dernières années.
Près d’un stock sur cinq est encore gravement épuisé, et plus
de 80 % n’ont pas de plan de rétablissement doté de moyens
et d’échéanciers pour les ramener à un niveau sain. Le MPO
n’a toujours pas publié la plupart des plans de rétablissement
qu’il avait promis de terminer. Ceux publiés omettent des
éléments cruciaux, comme des objectifs de population saine
et des échéanciers pour les atteindre.
Deux ans après l’entrée en vigueur de la Loi sur les pêches, le
gouvernement n’a pas établi de réglementation précisant les
exigences des plans et les stocks auxquels ils s’appliqueront.
Ainsi, il n’y a toujours pas de directive exécutoire pour
reconstruire les pêches épuisées.
Entre-temps, la santé du tiers des stocks demeure incertaine,
par manque de données. Par conséquent, le MPO agit
principalement dans l’obscurité lorsqu’il prend des décisions
cruciales relatives à ces poissons, comme les limites de pêche.
Les données des cinq dernières années révèlent aussi un
déclin des poissons-fourrage qui nourrissent tant d’autres
espèces, mettant ainsi en péril des écosystèmes entiers.
Il est plus urgent que jamais de renverser la tendance des
poissons sauvages du Canada. Les pêches sont aujourd’hui
confrontées à une pression croissante par les changements
climatiques, la pollution, la destruction de l’habitat et la
surpêche.
Face à ces grandes menaces mondiales, le Canada doit accélérer
la mise en oeuvre de méthodes éprouvées de gestion, qui sont
pour la plupart déjà incluses dans les politiques du MPO, afin
d’aider les écosystèmes marins à devenir aussi résilients que
possible. L’enjeu est trop important pour ne pas le faire.
Les produits de la mer canadiens nourrissent des millions de
personnes, ici et à travers le monde. Ils sont indispensables à
la culture et la subsistance des peuples autochtones côtiers.
C’est le principal contributeur à l’énorme PIB du secteur
maritime au pays, une source renouvelable de nourriture
et de revenus qui jouera un rôle déterminant dans notre
rétablissement post-pandémie. Sans poisson sauvage en
santé, il n’y a pas d’économie océanique prospère.
Nous avons déjà les outils. Les pratiques exemplaires
mondiales pour restaurer l’abondance des océans existent
déjà. Les États-Unis, l’Union européenne et la Nouvelle-
Zélande ont instauré des mesures progressives pour restaurer
les pêches épuisées et en voient les effets : des populations
plus saines et, souvent, des prises plus élevées. Le Canada
doit en faire autant.
La marche à suivre, bien que parfois difficile, est claire :
adopter une réglementation forte sous la Loi sur les pêches
pour jeter les bases du retour à l’abondance des poissons
sauvages canadiens. S’assurer que les décisions sont fondées
sur la meilleure science disponible. Incorporer les données,
pratiques et connaissances autochtones. Travailler activement
à la restauration des poissons-fourrage tels que capelan,
hareng et maquereau. Suivre et déclarer le nombre de
poissons capturés par toutes les sources de pêche,
y compris celles d’appât et récréative.
Le rétablissement des populations de poissons sauvages peut,
et doit, être une priorité pour le gouvernement récemment
élu. Pour nos écosystèmes marins. Pour les Canadiens. Pour la
réconciliation. Pour l’avenir de notre économie océanique.
Et pour contribuer à nourrir une population mondiale
croissante.
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