La politique chinoise au Cambodge : Un cas d'équilibrage géo-positionnel en Asie du Sud-Est?
Description
Depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping, la Chine a fortement accéléré ses investissements à l’étranger, notamment via de gigantesques programmes de connectivité et d’infrastructure. Si la frénésie des premiers investissements avait une focale assez large, impliquant de très nombreux pays, la Chine a reconcentré ses investissements de manière plus localisée, notamment dans sa périphérie directe, dont l’Asie Centrale et du Sud-Est. Avec des prises de position retentissantes dans le secteur maritime, notamment au Pakistan ou au Sri Lanka, la Chine assure une certaine présence, avec des finalités a priori géostratégiques, dans des lieux hautement importants pour son commerce et sa croissance, à proximité directe de concurrents géoéconomiques et géopolitiques. Il est donc nécessaire de se pencher sur le cas de l’Asie du Sud-Est, ou la Chine a accéléré sa présence au Cambodge, et de chercher à comprendre si cette présence obéit à une stratégie d’équilibrage géo-positionnel. La Chine prend en effet appui sur ce pays central de la péninsule indochinoise, pour y marquer durablement sa présence, et impacter durablement en sa faveur l’équilibre géopolitique de la région sud-est asiatique. L’argument géographique est omniprésent dans la sélection du Cambodge, de par sa façade maritime donnant sur le Golfe de Thaïlande et au sud de la mer de Chine méridionale, de sa proximité avec le détroit de Malacca essentiel au commerce chinois, et du Vietnam qui représente le principal rival au gain d’influence et économique chinois au niveau régional. Le Cambodge représente également un certain potentiel géostratégique face aux États-Unis, dont la Chine cherche à se libérer de son omniprésence dans la région afin de devenir l’acteur politique, économique et sécuritaire central et incontournable, et accomplir ses objectifs prioritaires fixés pour 2049.