Un homme de 58 ans, dont la surface corporelle est de 2,02 m_, présente une cardiopathie ischémique et une insuffisance rénale chronique secondaire à une néphroangiosclérose. Informé des techniques de dialyse, il a opté pour la DP car il souhaitait un traitement à domicile. Le 23 janvier 2004, un cathéter de DP auto-positionné a été implanté chirurgicalement sans incident. Une radiographie pulmonaire préopératoire n'a montré aucun épanchement pleural ni aucune autre altération notable.

Le 30 mars 2004, la DP continue ambulatoire (DPCA) a commencé avec 3 échanges quotidiens de 2 000 cc à 1,36 %. Après 48 heures, le patient a signalé un drainage de 2 500 cc après 8 heures de séjour, et le schéma a donc été modifié pour passer à deux échanges quotidiens avec le même volume et le même glucose afin de minimiser l'effet négatif d'une ultrafiltration excessive sur la fonction rénale résiduelle (FRR). Après 1 semaine sous CAPD, le 6 avril 2004 il a consulté pour une dyspnée d'effort moyenne avec orthopnée d'évolution de 48 heures. Il avait une diurèse abondante, un drainage de 2 300-2 400 cc par échange et un poids stable. L'examen a révélé une diminution du murmure vésiculaire à la base du poumon droit, compatible avec l'existence d'un épanchement pleural à ce niveau, ce qui a été confirmé par une radiographie pulmonaire.
Avec un diagnostic de suspicion d'hydrothorax sur CAPD, une thoracentèse diagnostique a été réalisée à droite, qui a montré un liquide jaune clair avec des protéines < 1 g/dl, 17 leu/mm3, 40 hème/mm3 et 197 mg/dl de glucose pour une glycémie de 108 mg/dl. Après confirmation du diagnostic d'hydrothorax, la DPCA a été interrompue et le patient a été maintenu en ambulatoire sans dialyse en raison de sa bonne FRR. Les symptômes se sont améliorés le jour suivant et un contrôle effectué une semaine plus tard n'a révélé aucun épanchement pleural.
Le 20 avril 2004, après 2 semaines sans DP, le patient a été admis et la DPCA a été reprise en décubitus avec 6 échanges/jour de 1 000 cc à 1,36% pour minimiser la pression intrapéritonéale, sans récidive initiale de l'hydrothorax. Après 4 jours sans problème, le volume de perfusion a été augmenté à 1 500 cc et la déambulation a été autorisée. Le 27 avril 2004, il est sorti de l'hôpital. Après 3 jours à la maison et 10 jours après la reprise de la CAPD, il est revenu à l'hôpital avec une récidive de l'hydrothorax droit. À cette occasion, et après l'arrêt immédiat de la DPCA, un cathéter d'hémodialyse (HD) a été implanté dans la veine fémorale droite. La bonne évolution du cas pendant les premiers jours qui ont suivi la reprise de la DPCA nous a encouragés à essayer à nouveau de résoudre le problème au moyen du repos péritonéal, cette fois pour une période plus longue.
Le 31 mai 2004, après un mois de repos péritonéal, il a recommencé la DPCA avec 5 échanges quotidiens de 1 000 cc à 1,36 % et un alitement absolu, avec cette fois une récidive d'hydrothorax seulement 48 heures plus tard. La CAPD a été de nouveau suspendue et l'HD a été reprise. Devant l'inefficacité du traitement conservateur, et en accord avec le patient, une pleurodèse avec du talc a été indiquée, ce que les chirurgiens thoraciques ont réalisé le 18 juin 2004 sans autre incident ou problème. Une radiographie du thorax prise 4 jours après la thoracentèse n'a montré aucun épanchement pleural. Après avoir maintenu le patient sous HD pendant 5 semaines supplémentaires, conformément aux recommandations des chirurgiens thoraciques, le 26 juillet 2004, la CAPD a été reprise avec 4 échanges/jour de 1500 cc à 1,36%, cette fois sans incident. Actuellement, 15 mois après la reprise de la DPCA après pleurodèse, le patient est toujours sous DPCA sans récidive de l'hydrothorax, utilisant 4 échanges/jour de 2 litres à 1,36% et est vraiment satisfait de pouvoir rester sur le type de dialyse qu'il avait choisi.


