Une femme de 28 ans, aide-soignante, s'est présentée au service de traumatologie des urgences car elle a signalé qu'elle ressentait depuis deux jours une douleur dans la région sous-patellaire du genou droit qui s'est aggravée et qu'elle avait actuellement des difficultés à bouger l'articulation.
L'examen physique a révélé une lésion érythémateuse dans la région sous-patellaire droite, avec une douleur à la palpation et une petite plaie incisée-contuse de quelques millimètres de long. La mobilisation active et passive est partiellement limitée par la douleur, sans autre symptôme d'accompagnement.
La travailleuse indique qu'elle a eu dans son enfance un ostéochondrome dans le même genou, actuellement guéri et sans séquelles, la dernière radiographie de contrôle effectuée il y a deux mois étant tout à fait normale.
La travailleuse relie cet épisode à un accident du travail survenu il y a deux jours, au cours duquel elle a glissé et est tombée sur le sol alors qu'elle portait à la main une boîte de 32 thermomètres à mercure. Certains des thermomètres à mercure sont tombés sur son genou droit et ont provoqué une plaie incisée-contuse, dont nous avons constaté à l'examen qu'elle était encore en voie de guérison.
L'infirmière auxiliaire reconnaît qu'elle était surchargée de travail sur son lieu de travail. La boîte dans laquelle elle transportait les thermomètres n'était pas fermée, la travailleuse ne portait pas de gants et les vêtements de travail n'ont pas été enlevés après l'accident du travail. Par la suite, aucune mesure hygiénique-sanitaire n'a été prise et aucune action appropriée n'a été entreprise pour traiter le déversement de mercure.
Aux urgences, l'étape suivante a consisté à effectuer une radiographie du genou, qui a révélé la présence d'un corps étranger métallique dans la bourse rotulienne, correspondant à du mercure.

Après le diagnostic de bursite chimique due au mercure, et compte tenu de la toxicité du métal, la bourse rotulienne a été retirée en urgence au bloc opératoire sous scopie, afin d'éviter la présence de restes de mercure dans l'articulation du travailleur.
Actuellement, l'auxiliaire n'a aucune séquelle et s'est entièrement remise de sa blessure.


