Une jeune femme de 16 ans s'est adressée à la clinique d'ophtalmologie pour des difficultés visuelles, "comme une partie de la zone épilée que je ne peux pas voir, surtout depuis 3 semaines". Sa mère rapporte qu'"elle est passée d'une enfant active à une enfant ralentie, avec des difficultés à penser, à parler et maintenant elle ne peut plus voir correctement". Depuis l'âge de 7 ans, elle a des crises d'épilepsie difficiles à contrôler. Son traitement était composé de carbamazépine, d'hydantoïne et pendant 3 mois de Topamax 125 mg par jour. Le dernier examen ophtalmologique effectué un an auparavant était normal. A l'examen, l'acuité visuelle spontanée (AV) était de 1 dans les deux yeux, avec une biomicroscopie antérieure normale. Les pupilles étaient isochoriques et normoréactives. L'examen funduscopique n'a montré aucune anomalie. La campimétrie informatisée a montré une hémianopsie homonyme gauche non congruente. Le test de couleur n'a montré aucune altération dans les deux yeux. L'imagerie par résonance magnétique (IRM) cérébrale avec gadolinium était normale ainsi que l'IRM de diffusion. Le reste de l'examen neurologique était normal. Compte tenu de la suspicion d'un phénomène toxique lié au Topamax, ce dernier a été progressivement arrêté, avec une amélioration subjective du patient et une récupération partielle du champ visuel.


