Nous présentons le cas d'une femme de 26 ans, sans antécédents intéressants, qui, bien qu'elle ait été en bonne santé auparavant, a commencé par souffrir d'une légère odynophagie, d'une fièvre dans l'après-midi allant jusqu'à 38,5º qui s'est bien résolue avec du paracétamol, et d'un malaise général. Pas de frissons ou de crises de transpiration. 4-5 jours plus tard, elle a remarqué l'apparition de ganglions lymphatiques dans les deux zones latéro-cervicales et a commencé un traitement à l'amoxicilline, 500 mg/8 h, par elle-même sans observer d'amélioration.
L'examen physique a révélé la présence de ganglions lymphatiques dans les deux chaînes latéro-cervicales, de consistance moyenne, roulants, non adhérents, de 1 à 2 cm de diamètre et indolores. Il n'y avait pas d'adénopathies palpables à d'autres niveaux ni d'organomégalie. Pas de goitre ni de douleur à la pression sur la région thyroïdienne.
L'étude analytique a montré une leucocytose avec une prédominance de lymphocytes, avec un ESR de 22 mm/h. La fonction hépatique était préservée, il n'y avait pas d'hypergammaglobulinémie et le mantoux était négatif. La radio du thorax était normale. La sérologie pour les virus étudiés était négative (anti-EBV, CMV, VIH, HTLV-1, HV-6, toxoplasme et syphilis). Dans l'étude immunologique : ANA : 1/40 (80), antiDNA : 13,4 IU/ml (50), antiRNA : négatif, ENA-RNP : 0,45 et anticardiolipine : négatif. La fonction thyroïdienne a été évaluée : T3 : 1,31 mg/L (0,6-1,6), T4 : 84 mg/L (46-93), TSH : 6,3 mU/L (<7), TGB (antithyroglobuline) : 20,17 U/mL (<60), TPO (antiperoxydase) : 1071 U/mL. La scintigraphie thyroïdienne était normale.
La fièvre a disparu au bout de 12 jours, mais les ganglions lymphatiques sont restés inchangés. Une biopsie de deux ganglions lymphatiques dans la zone médiane de la chaîne latéro-cervicale droite a donc été réalisée, ce qui a permis de poser un diagnostic. L'examen histologique était compatible avec une lymphadénite nécrosante histiocytaire non lymphocytaire ou une maladie de Kikuchi-Fujimoto.
Lors du contrôle évolutif de la fonction thyroïdienne 5 mois après le début de la maladie, on a observé une diminution du titre des anticorps antithyroïdiens (TGB : 7,6 U/mL ; TPO : 870 U/mL), en maintenant des taux normaux d'hormones thyroïdiennes et de TSH (2,95 mU/L). Notre diagnostic était une thyroïdite lymphocytaire subaiguë associée à la maladie de Kikuchi.


