Il y avait des croisades. Alors quand on était dans le chant de la croisade, c'était pas toujours confortable.
Elle a les couilles cette femme-là. Et il y en a qui ont goûté.
J'étais une enfant plutôt sage, je crois. J'étais la sixième d'une famille de sept et il y en avait bien d'autres avant moi.
Et surtout, mes frères et soeurs étaient quand même plus âgés un peu, donc j'en étais un petit peu détaché. J'étais plutôt solitaire, je pense.
Et j'étais une enfant qui aimait surtout la lecture, qui était beaucoup sur son camp à soie, j'ai l'impression.
Mes parents sont arrivés dans les années 30. C'était la crise, ça allait mal. Donc c'était aller au nord jeune homme, c'était l'habitude.
Alors quand papa est arrivé en Habitibi, ils voulaient travailler à la ville.
Louis et mon oncle se sont fait refuser la ville de Roi-Noranda parce qu'ils ne voulaient pas engager des Canadiens français,
ils disaient qu'ils avaient la tête dure. Papa, il n'y a pas eu le choix. Il a ouvert à ce moment-là un petit magasin,
un petit magasin de seconde main qui est devenu un endroit très connu à Roi-Noranda des notables.
Papa, c'était quelqu'un qui avait une grande gueule et il faisait un coin de rue, il revenait et avait quelque chose à raconter.
J'ai découvert que toute petite, j'étais déjà fascinée par les mots. Je voulais les apprendre, je faisais semblant de les lire.
On ne sait pas trop d'où ça vient, ces choses-là. Et j'ai découvert aussi que c'était beaucoup rattaché à l'imprimer.
J'ai commencé à écrire dans un journal étudiant, j'étais très jeune. J'ai pris la direction du journal étudiant de l'économale à 16 ans.
Et j'étais toujours ravie quand on arrivait à la phase de l'imprimerie.
C'est inscrit à l'Université de Montréal et c'est là qu'elle s'est montrée très active dans le journaliste étudiant au quartier latin.
Vraiment, vraiment très active. Et c'est là aussi qu'elle rencontre l'homme de sa vie, Godfua Cardinale,
qui va être ébaillie face à la qualité d'écriture de l'IS, son intérêt pour la politique.
Et c'est l'homme qui va vraiment la soutenir sans défaillance dans toute sa carrière journalistique.
...
Moi, j'ai connu Lise Bissonnette à travers son compagnon, M. Godfua Cardinale, qui était mon collègue à Lucame en éducation.
Et c'est à travers eux que j'ai eu la chance d'aller écrire aux devoirs une chronique sur l'éducation en 1994.
Mme Bissonnette, c'est une femme de très grand talent, avec une écriture sublime, mais c'est quelqu'un d'une grande générosité intellectuelle.
Et cette générosité-là, elle la pose, je crois, à susciter chez les autruits leur talent, à les faire naître, à les encourager.
C'est quelqu'un qui croit en vous avant même que vous ayez commencé à croire en vous.
Donc c'est quelqu'un qui nourrit les talents, qui encourage les gens.
Et donc je leur dois beaucoup, je suis content de le reconnaître.
...
C'est tout à fait par hasard. Mon mari est entré au devoir.
Clodrayun l'avait recruté aux pages économiques.
Un jour, on est au bord du grédière, on se baignait, puis Michel lui a parlé de comment il aimait travailler au devoir.
Lise lui a posé des questions et Michel lui a dit, est-ce que tu as été restré?
Elle a dit oui, comme surprise, et Michel lui a présenté Michel Roy. Elle pensait que ça serait beaucoup plus compliqué que ça.
Mais non, ça s'est super bien passé.
Il l'a mis dans le secteur d'éducation, évidemment, puisque c'était sa force.
Est-ce que vous pouvez nous expliquer les raisons qui font que les gens sont survoltes à ce point-là?
Les gens de Saint-Léonard sont les seuls à être dans leur situation au Québec à l'heure actuelle.
Je suis arrivé au devoir en mars 174, je venais d'être engagé comme chroniqueur municipal.
On me donne un bureau, je me retourne, je joue en arrière de moi, Lise Bissonnette.
Je lui ai dit qu'est-ce que tu fais là, parce que j'avais connu un peu dans les mouvements étudiants.
Ça fait deux semaines ou trois semaines que je viens d'être embauché.
Les filles, je trouvais des postes dans les journaux, c'était pas toujours évident, il y avait quand même des prises jugées.
Il a été convaincu, M. Ryan, donnez-moi ma chance, je vais vous montrer.
Je pense qu'il a été convaincu très rapidement.
Un an et demi après son entrée, elle a été nommée correspondante parlementaire à l'Assemblée nationale.
Peu après un autre année, un an et demi, à l'automne 16,
elle est partie comme correspondante pour le devoir toujours à la Chambre des communes.
En tant que journaliste, j'ai vu à l'Assemblée nationale à Québec et à Ottawa, où j'étais en poste,
les journalistes être beaucoup plus durs avec les femmes, beaucoup plus cyniques aussi,
avec les quelques femmes députées, le genre de réflexion qu'ils faisaient en général entre eux
qui étaient extrêmement mordantes et j'ai toujours trouvé ça absolument incroyable.
Elle est revenue à Montréal comme éditorialiste, puis peu après, au début des années 80 et 81,
je crois, elle a été nommée rédactrice en chef.
Moi, je devais trouver un patron, ou une patronne, pour une salle de nouvelles
qui étaient faits de personnages forts, d'intelligence remarquable,
et de gens qui avaient une culture politique et journalistique exceptionnelle.
J'ai le Lossage, Pierre O'Neill, Michel Nadeau.
Je cherchais quelqu'un qui puisse gagner le respect de tous ces gens-là
et qui serait immédiatement capable de dialoguer en termes journalistiques,
en termes de la qualité de l'information.
Je me dis la personne qui peut faire ça, c'est Lys Bissonnette.
J'ai connu Mme Bissonnette en 1985.
J'avais été un des lauréats de la Bourse-Fernand Seguin.
J'ai eu une rencontre avec Mme Bissonnette, qui était rédactrice en chef à l'époque.
Je lui ai dit que je suis à l'aise dans tous les secteurs de l'actualité, en culture en particulier.
Il y a seulement une économie où je ne serai pas à l'aise.
Elle m'a dit très bien, ça va commencer en économie lundi prochain.
L'épisode de Lausière, c'était une période noire du devoir.
Lys Bissonnette avait une chronique adlib dans le devoir.
Il ne pouvait pas, dans le fond, se supporter.
Il y a eu un affrontement, puis Lys a quitté.
Il s'arcrivait un congédiment, à quelque sorte.
Alors moi, j'arrive en novembre 1989 et quand j'arrive, il y a un journaliste par mois qui part.
Et c'est vraiment la guerre avec M. Lausière.
Et tout à coup, un onçant, qui sera donc le remplaçant, la remplaçante de M. Lausière.
Ça sera Lys Bissonnette, qui était partie au moment où M. Lausière était devenue directeur.
C'est une femme, et c'est une femme qui a une réputation intellectuelle spectaculaire.
Alors donc, quand elle arrive, elle y arrive avec toute cette oréole autour d'elle.
C'est sûr que moi, je n'ai pas été là quand elle était rétérée d'être prise en chef.
Donc, c'est un tout un personnage. Mme Bissonnette, c'est pas une femme qui est très facile,
nécessairement d'approche, donc peut être carré.
J'étais là le week-end où elle était venue faire ses boîtes, comme on dit.
Et j'ai été allée l'avoir, et je lui avais dit avec toute ma candeur de jeune journaliste,
Mme Bissonnette, vous êtes mon idole, vous êtes la plus grande plume au Québec, ce que je pense encore.
En fait, je lui avais montré ma tristesse de l'avoir à partir,
alors que dans la salle, il y avait certains journalistes qui avaient ouvert le champagne.
Donc, il y avait quand même des souvenirs du temps qu'elle était prise en chef,
mais il y avait surtout un immense soulagement, parce qu'en fin avec elle, le devoir allait redevenir le devoir.
On devait à l'époque, autour de 2 millions, à Pierre Péladeau,
nous avait donné une marge de crédit en nous laissant pas payer les frais d'impression.
Le seul actif qu'on avait, on avait des difficultés sur la rue Saint-Sacré-Mains, on l'a donné à Québec.
C'était très très agréable, elle acceptait toujours les projets que je faisais.
Et avec la vision de Mme Bissonnette, on a réussi à faire un très très beau projet.
Et finalement, le devoir, un an plus tard, avait non seulement augmenté ou doublé son lectorat,
mais avait gagné aussi énormément de prix, comme étant le plus beau journal du monde.
Quand elle a quitté le devoir, entre les 18, j'avais dit pour le jamais,
que l'Ise avait refondé le devoir. Et je pense que c'était vraiment ça.
Parce que sinon, s'il n'y avait pas eu l'Ise Bissonnette, le devoir n'existerait plus aujourd'hui.
On peut en être très sûr.
Le Conseil des ministres a nommé, hier matin, Mme Bissonnette, PDG de la Grande Bibliothèque du Québec.
D'abord, moi, ce projet-là, je le portais à moi aussi là.
Moi, j'ai été élevé comme elle dans une région, comme on disait à l'époque éloignée.
Et il n'y avait pas beaucoup de livres.
Une des premières choses que j'ai dit à mes collaborateurs, quand je me suis assis avec eux,
quelques jours avant mon Assemblée en Persons, comme premier ministre,
que je voulais faire une grande bibliothèque.
Il fallait d'abord d'abord quelqu'un qui croyait,
deux éléments qui étaient capables de défendre le projet,
des vaciers des vigueurs intellectuels, d'autorité morale et des crisibilités
pour porter l'argument.
Et puis, il fallait également quelqu'un qui avait de la poigne.
Là, on s'est dit, mais qui peut diriger exactement et créer cette institution,
la diriger avec la vision qu'il faut pour que notre ambition, en fait,
de pratiser la culture, la lecture et le livre soient accomplis.
Et très franchement, le nom de l'isbisonnette s'est imposé.
Moi, je l'appelais Ramses.
Ramses était un bâtisseur, un constructeur, un visionnaire,
un très grand pharaon.
C'est tout à fait magnifique, beaucoup de lumière.
On a le goût de lire, de s'installer venir étudier.
Ce qu'elle a fait, elle l'a réussi à la Grande Bibliothèque.
On peut dire à tous les gars que c'est une réussite.
Et on l'a, lui, doit cette réussite.
Et les 10 ans et demi, moi, je ne les ai pas vus.
Et surtout avec une bête, puis une dynamo,
et une visionnaire comme Mme Bisonnette,
c'est motivant de travailler avec quelqu'un comme ça.
Et on était partie prenante et on la suivait.
Je suis très content qu'on se voit.
On fait l'enregistrement à l'Université de Montréal.
Elle a eu un doctorat ici.
Je sais bien qu'elle a une autre université dans son cœur qui est lucame,
mais c'est quelqu'un qui, chez nous,
sur 30 ans de carrière, n'a jamais, jamais varié
sur le choix premier du Québec, l'éducation.
Comme moi, la science rejoint.
C'est quelqu'un qui a un grand souci pour l'éducation.
Et puis elle pense avec raison que l'éducation,
c'est un des facteurs les plus fondamentaux
du développement de la société québécoise,
de toute société en général.
Et je pense qu'elle est très au fait des difficultés
auxquelles l'éducation fait face en ce moment au Québec,
et du statut et du rôle et de l'importance
de l'université dans la société québécoise.
J'ai confiance que sur le Conseil d'administration
elle va défendre ce que j'ose rappeler
une autre idée de la mission de l'université.
Moi, j'entends parler de l'île Bisonnette
pour la première fois en 1972,
chez sa sœur Rita, qui est la conjointe
de mon collègue de travail Michel Guenard.
Ce qui est frappant, c'est que
moi je n'ai jamais rencontré Lise,
et Rita en parle avec un tel enthousiasme.
Rita nous présente sa sœur comme un véritable prodige.
Nous m'annonce très tôt, très très tôt
que l'objectif, l'ambition de l'ISC
est de devenir ministre de l'éducation.
Ça fait deux ans que je suis assis en face d'elle
au Conseil d'administration de l'UCAM.
Et je dois dire que régulièrement,
il lui arrive de nous rappeler à l'ordre.
Et là, je me fais la réflexion,
elle nous rappelle à l'ordre avec à la fois
cette espèce de fermeté, mais en même temps
cette bienveillance qui propre en maîtresse d'école.
Et là, ces jours-là, en général,
je souris intérieurement et je me dis
que le ministère de l'éducation est plus très loin.
Je suis contente de voir qu'elle est revenue
dans les médias à Radio-Canada
l'après-midi.
Et c'est une très bonne nouvelle
parce que sa voix, à mon avis,
doit être entendue.
Avec Yves Boisvert et Michel Syrogé,
ça fait un trio le plus fort
pour le moment depuis la fleur chatte
et le main.
En tout cas, certainement, la ténacité,
certainement une grande intelligence,
mais l'intelligence, ça se nourrit,
ça se travaille.
En fait, c'est vraiment une femme de tête.
Et je trouve que,
au Québec, on passe souvent,
on est beaucoup dans la passion, l'émotion,
mais des gens qui sont des têtes,
je trouve qu'on en a pas beaucoup,
puis des femmes qui sont, à ce regard-là,
des modèles encore moins.
Et pour moi, au Québec,
il y a des femmes féministes
qui sont des féministes de postures
et d'autres qui sont des féministes
d'action. Et pour moi, Lise Bissonnette
fait partie de ses très rares dans notre milieu,
de ses très rares femmes qui sont des féministes
d'action.
Comme vous.
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