Anthony, Simon, bonjour! Bonjour! Alors on va faire les présentations parce que
tout le monde ne te connaît pas Anthony, puis tu vas nous présenter Simon qui va nous
expliquer aussi comment la rencontre s'est faite entre vous deux. Ouais, donc Anthony
Chalançon, 27 ans, je suis une mordine, je suis passé par l'alpine au début de ma carrière,
je suis allé au jeu avant couleur, après je me suis renconverti dans les skis de fonds,
et donc voilà, double champion du monde avec le relais, nous devons en vivre. Et la rencontre
avec Simon. Et la rencontre avec Simon qui a été un pur hasard, un coup de téléphone.
Alors en fait, j'ai été en recherche de guide, donc après ça se fait quand même pas mal avec
le réseau, donc t'appelles un gars, tu lui propose, il dit non, tu demande des noms,
donc ça se fait comme ça un peu de bouche à oreille. Et puis donc il a fallu qu'il y en ait
un qui dise oui à un moment, donc c'était Simon. Et Simon, justement, comment ça s'est passé
parce que ça ne doit pas être simple. La première fois tu avais déjà guidé dans des skis
en disport? Alors j'avais jamais guidé, même j'y avais jamais pensé, mais donc Anthony m'a appelé
un après-midi, il m'a parlé de son projet des jeux, de la saison qui allait passer avec les voyages
en Norvège, en Ukraine, en Allemagne et tout ça. Et donc c'est un engagement pour deux ans,
et je lui ai dit oui tout de suite. En accrochant, je me suis dit qu'est ce que tu as fait comme
camaril. Et finalement, c'est une super expérience et je me régale, mais j'avais jamais fait ça
avant, et puis j'ai tout appris l'an dernier, enfin pas tout, mais j'ai déjà beaucoup appris.
Qu'est-ce qui a été le plus difficile au début des premiers entraînements? Bien sûr d'abord,
ton maire compétition, qu'est-ce qui est difficile à mettre en place?
Le plus difficile au début, ça a été la forme physique, parce que le guidage, je n'ai pas trop
galéré. Par contre, au début, je n'avais pas assez la caisse et ça, c'était dur pour moi,
le début de saison avec les intenses et tout là. Et Anthony, alors basculé de l'alpine,
je me souviens très bien de Vancouver, jusqu'au Nordique, je ne vais pas dire quelle est la
différence, parce que j'imagine que c'est, il y en a énormément, mais c'était important,
tu es content de ce choix évidemment, j'imagine? Oui, forcément, c'est un sport plus
adapté pour mon handicap en tout cas, sport dans lequel j'arrive beaucoup mieux à m'épanouir
que ce qu'il y a à part, beaucoup plus facilement, donc voilà, plus de plaisir avec ça.
On connaît un tout petit peu en alpine, en Nordique, le mode de communication, on sait qu'il y a des
micros, etc. du côté de l'alpine, concrètement, c'est du tactile, c'est de la voix, c'est de la
voix, j'imagine, mais à quel moment ça joue dans une course? Il y a beaucoup de, enfin,
le système est le même qu'en alpine, donc il y a un guide devant avec l'eau-parleur qui parle,
ça suit derrière, les distances sont à peu près les mêmes, ce qui va changer, c'est qu'en alpine,
il n'y a pas beaucoup de temps de parler, de passer des infos. Nous, on a plus de temps pour
à la limite dire des infos, après, ce qui va être là où il faut plus jongler sur l'Ordic,
c'est que le guide, il faut quand même qu'il fasse l'effort aussi en même temps,
donc il faut qu'il s'économise, il faut qu'il arrive à bien caler sa respiration, sa voix,
et tout ça. Alors là, au niveau de la concurrence internationale, vous suivez un tout petit peu,
alors évidemment, ça va démarrer, mais comment s'informe, sur l'inter saison,
justement, sur les forces en présence, le groupe Nordic tricolore est devenu plus
puissant. Vous avez un peu d'inquiétude par rapport à la concurrence?
Pas d'inquiétude, mais de la méfiance. On a vu les forces en présence qui étaient
là la saison dernière, on a un petit peu une situation qui est un petit peu ambigu avec les Russes,
on les connaît, ils sont là. Voilà, on se méfie, et c'est une motivation supplémentaire parce
qu'on sait que les autres ne vont pas nous attendre, donc il faut y aller quoi.
Alors, pour des jeunes déficients visuels et leurs parents aussi,
je pense que dans le sport, ça doit être une certaine appréhension,
voire la peur. Qu'est-ce que tu leur dirais pour les motiver, les pousser à peut-être
faire du ski Nordic, de l'alpine ou du sport de manière générale?
Nous, on le voit avec forcément notre regard à nous, et c'est sûr que oui,
forcément, il y a toujours des angoisses qui peuvent apparaître, mais après,
on est toujours bien encadrés, il faut juste savoir en fait des limites ce qu'on peut faire,
ce qu'on peut pas faire, donc ça, il faut essayer de se renseigner par rapport à ça,
et pas se balancer dans des aventures un petit peu folles, et après,
c'est sûr que le sport et le handicap, c'est quand même quelque chose qui est
très complémentaire, qui permet de nous défouler, l'être humain, il a besoin
d'activités physiques, et le plaisir que ça peut apporter avec tout ça,
et c'est quand même max.
Ça t'a changé?
Ouais, forcément, tu t'adaptes un style de vie en fonction du sport,
et tu t'épanouis là-dedans, donc forcément, ça apporte un truc de fou.
Simon a des jeunes skiers qui vont éventuellement, qui voudraient devenir guides,
comment tu peux leur faire partager cette expérience qui démarre,
parce qu'il y a des plus belles heures arrivent, on le souhaite évidemment,
qu'est-ce que tu pourrais leur dire pour, comme toi, franchir le cap, et puis aller à la rencontre
de skiers qui ont besoin d'un compagnon de trace?
Déjà, il ne faut pas se mettre en biais avec le handicap, parce que mine de rien,
quand on n'a pas les pieds dedans, c'est un monde qui est quand même vachement inconnu,
et c'est très dommage, mais c'est un monde qu'on ne connaît pas,
et comme la plupart des choses, ça nous fait peur un petit peu,
et moi tout ce que je découvre dans ce monde-là, c'est vraiment très, enfin,
c'est plein d'enseignements, et je pense que tout le monde devrait avoir un peu les pieds dedans
pour découvrir ces genres-là, et donc il ne faut pas se mettre en biais avec ça,
puis après, sur un plan sportif, c'est l'occasion de vivre de super expériences
avec un binôme humain, donc à la fois d'une expérience humaine et sportive,
et puis sans forcément, moi là aujourd'hui, je fais tout au niveau,
je n'en ai jamais fait avant, et j'y ai jamais prétendu,
et pourtant, j'y goûte aujourd'hui, et ça me plait aussi.
Dans votre superbe aventure, il y a évidemment des fans, des partenaires,
des supporters, vous voulez en dire quelques mots,
une ou deux stations qui vous soutiennent,
et quel est ce petit monde qui vous accompagne dans cette belle aventure,
je suis sûr qu'ils en auraient de plus en plus.
Ouais, on a la Station de Nordie Navaria qui nous aide tous les deux,
qui est de moi en tant qu'athlète, et aussi Simon en tant que guide,
donc il y a de l'encontre pour chacun, donc ça c'est un très beau geste,
qui montre qu'ils ont bien compris le rendi sport,
et qu'ils sont vraiment un fond de l'armée, donc on a merci à eux.
Après voilà, on a des Sponsors, une marque de skis, à l'au-monde,
on a aussi des kikis qui nous aident pour les bâtons, tout ça,
donc c'est une équipe qui est autour de nous,
qui nous soutient dans notre projet, en tout cas,
c'est un plaisir de vivre ça avec eux, et on fera tout pour que ce problème soit le plus beau possible.
On ne peut pas y se rendre,
avec vous, soit devant l'écran, soit encore mieux là-bas, en Corée,
qu'est-ce qu'il faut vous souhaiter?
Le meilleur, Simon.
Les médailles.
C'est ce que vous vous souhaitez. Merci Anthony, merci Simon.
