Bonjour et bienvenue dans ce nouveau numéro par ordre d'expert consacré aujourd'hui
au travail en temps partagé.
Une tendance importante et trop peu connue mais bien perçue par les acteurs, comme les
donneurs d'ordre, qui la pratique d'ores et déjà de plus en plus, cela consiste à
proposer aux petites et moyennes entreprises le fait de pouvoir s'offrir des cadres expérimentés
de haut niveau, habituellement coûteux, pour quelques jours par semaine ou par mois uniquement.
Ils sont présents d'une manière opérationnelle dans l'entreprise, dans la durée nécessaire,
des circuits plus courts et plus vifs et peu coûteux puisque déchargés de l'omniprésence,
du sur mesure pour les petites et moyennes entreprises, pour nous accompagner sur ce
sujet deux experts, Benoît Frey, fondateur et président de des sépilotes France, bonjour
et Franck Lézard, dirigeant associé des sépilotes France basés en Île-de-France,
bonjour à tous deux.
Premier question, qu'est-ce qu'un temps partagé, plomptons le décor.
Depuis quelques années, cette nouvelle tendance, cette nouvelle forme d'emploi effectivement
se démocratise et correspond au besoin croissant des entreprises en termes de souplesse mais
aussi surtout en termes de compétences.
On doit distinguer trois grands formats.
Le premier, ça va être le multi salariat où on va avoir des gens salariés de plusieurs
structures et qui vont partager leur temps sur plusieurs entreprises.
Le deuxième va être le salariat avec des groupes en employeur qui vont mettre ces
ressources à disposition des entreprises et représenter aujourd'hui par la fédération
nationale des groupes en employeur.
Et surtout, on va retrouver ces plus importants désindépendants, des entrepreneurs, des
prestataires de services en individuel et particulièrement au sein d'organisations
comme celle de des sépilotes France par exemple.
Dans tous les cas, même si les rôles et les objectifs se peuvent être sensiblement
différents d'une organisation à une autre, la fédération nationale du temps partagé
représente l'ensemble de ces acteurs aujourd'hui.
Alors, si on doit définir le travail en temps partagé, j'ai envie de dire, ce sont
les travailleurs qui partagent leur temps, leur compétence, leur énergie, leur expertise
au sein de plusieurs entreprises toutes les semaines.
Les motivations des entreprises sont excessivement variables et font appel à cette solution
pour quatre grands cas.
Le premier, la difficulté du recrutement, le temps, le coût du recrutement est une
problématique des entreprises et plus spécifiquement des PME aujourd'hui.
Le deuxième, ça va être les compétences pointues mais aussi nécessaires manquant
aux entreprises en interne.
Le troisième, va être la charge de travail.
On n'a pas forcément besoin par exemple d'un directeur commercial et marketing tous
les jours de la semaine dans l'entreprise, physiquement.
Et enfin, on va avoir le coût annuel qui va représenter sur des postes à fort valeur
ajoutée, des coûts importants pour les entreprises et qui vont pouvoir rendre accessible
ces compétences en partageant justement ces compétences et cette charge entre différentes
deux nordains.
Finalement, quelle différence vous y voyez avec l'externalisation ou la sous-traitance?
C'est très simple, un travailleur en temps partagé se positionne physiquement et intellectuellement
comme acteur salarié de l'entreprise.
En fait, nous ne sommes pas extérieurs à l'entreprise mais complètement intégrés.
Pour ma part, je travaille aujourd'hui pour quatre entreprises différentes et j'appartiens
à mes clients dans le temps convenu contractuellement et même parfois un peu au-delà.
C'est donc très différent de l'externalisation de la sous-traitance.
Moi, je suis là pour opérer et j'insiste bien sur ce mot pour opérer au sein de l'entreprise
aux côtés de leurs équipes et de leurs ressources traditionnelles et existantes.
C'est pratiqué depuis assez longtemps dans les cultures anglo-saxonnes, scandinaves.
Comment vous expliquez que ce soit finalement si peu démocratisé en France?
La culture française est encore très propriétaire.
Les choses changent, le matériel, entre autres, aujourd'hui se partage.
Ça veut dire qu'aujourd'hui, on partage appartement, vélo, voiture, on loute plus
en plus son automobile et son matériel domestique.
Ça veut dire qu'on passe d'une société de propriétaire à une société d'usage,
une société de consommation.
C'est important et cela est assez normal que le matériel soit la première origine
et l'intérêt actuel va suivre.
Un chef d'entreprise pense qu'un salarié en CDI lui appartient.
C'est bien évidemment totalement faux.
Ça veut dire qu'aujourd'hui, avoir un prestataire, engager comme un salarié
est certainement beaucoup plus intéressant pour lui et pour l'entreprise et ses équipes.
C'est plus souple, plus motivé, moins risqué et surtout parfaitement adapté aux multiples
situations et configurations d'entreprises.
De toute façon, c'est une tendance de fond.
Cela correspond aux motivations des entreprises comme des collaborateurs actuels et futurs.
Et ça sera d'autant plus vrai que la génération Y qui est le plus en plus présent dans l'entreprise.
Pour exemple, une dernière étude de ce printemps réalisé par HEC montre qu'aux Etats-Unis,
40% des travailleurs seront des indépendants en 2020.
Est-ce qu'on doit nécessairement conclure que finalement c'est une forme de dématérialisation de l'enfant?
J'aime pas du tout la notion de dématérialisation.
Un homme, une femme, c'est une ressource, c'est pas du matériel.
L'humain doit être au centre de toutes les organisations et de toutes les préoccupations.
Le capital humain est la première richesse d'une entreprise.
C'est la notion de capital immatériel.
On peut parler d'évolution de la culture de l'emploi.
Le traditionnel CDI doit rester la norme pour une grande partie des fonctions dans l'entreprise
nécessaire au quotidien.
On peut parler des fonctions de production par exemple.
Par contre, de nombreuses fonctions, dites transversales, manageriales,
comme les directeurs administratifs et financiers, les directeurs des ressources humaines,
les directeurs des systèmes d'information ou encore directeurs des achats,
on peut aussi parler des directeurs commerciaux et marketing,
ne sont pas nécessaires en présentiel et tous les jours au sein de l'entreprise.
Notre job, c'est d'être créateur officiel de valeur ajoutée avec des expertises avérées.
C'est une logique de présence durable dans l'entreprise
pour manager et piloter les actions et les résultats bien évidemment.
C'est donc une dématerialisation du contrat de travail, mais en aucun cas une dématerialisation de l'emploi.
Que des entreprises, ça s'appelle aujourd'hui, autant partager,
est-ce que ce n'est pas une manière de souligner derrière
qu'il n'y a pas dans la législation actuelle des contrats agis ou flexibles,
autant qu'elles le voudraient en tous les cas?
Les évolutions marchées, les évolutions technologiques sont de plus en plus rapides
et ce n'est pas une question de contrat de travail.
Donc, c'est plus une question de compétence et de ressources internes et disponibles au sein des organisations.
Prends dans le cas du virage numérique, du digital par exemple.
Combien de PME se sont préparés à aujourd'hui et ont anticipé ce virage?
Trop peu malheureusement.
Pourquoi?
Parce qu'il y a un vrai manque de vision extérieur,
il y a un vrai problème de temps dans les entreprises
et un vrai souci de compétence souvent en interne.
Ensuite, les motivations d'achat des entreprises et de leurs dirigeants sont dans l'ordre.
Pour la majeure partie, la flexibilité, 26% des dirigeants déclarent
que dans leur motivation d'achat du temps partagé, la flexibilité est un élément majeur.
La deuxième motivation d'achat est la notion d'expertise plus pointue,
plus avérée pour 26% des cas aussi
et enfin une meilleure maîtrise des coûts pour 21% des cas.
En fait, notre équation chez des cépilotes était assez simple, c'est celle du temps partagé.
C'est-à-dire que si on met du temps dans l'entreprise, plus des compétences,
on gagne forcément en performance.
Et ça marche à tous les coûts.
Est-ce que ça peut être une solution viable pour relancer l'emploi?
Oui, tout à fait.
L'emploi comme les technologies évoluent en permanence, donc à mon sens,
c'est une partie de la solution.
Pour côtoyer des dirigeants d'entreprises quotidiennement,
on sait exactement quelles sont les freins aux embauches,
des problèmes de visibilité, des soucis de stabilité fiscale et légale,
le coût et le risque du contrat de travail traditionnel,
mais également des difficultés à recruter les bonnes personnes au bon moment.
Savez-vous qu'aujourd'hui, 8% des nouveaux contrats sont uniquement en CDI.
Donc une des solutions, à mon sens, c'est le temps partagé,
qui apporte une réponse à tant choisi et sans des contraintes salariales.
Plus souples, les entreprises n'hésitent pas à s'engager.
En plus, elles accèdent souvent à des niveaux de compétences et d'expertise
qu'elles ne pourraient sourcer et financer durablement.
C'est donc 100% bénéfice.
Et quelles sont les profils les plus attirés par le temps partagé?
Alors, ils sont très variables, mais on peut distinguer 2 grands cas ou 2 grands sujets dans la question.
Tout d'abord, les individus qui fonctionnent en mode projet,
c'est-à-dire ceux pour qui il ne faut pas de routine.
Ensuite, on a les jeunes seigneurs ou les seigneurs,
dont les entreprises ne veulent plus.
Trop vieux, trop cher, ce sont pourtant des vraies richesses pour les entreprises.
Ces 2 éléments ne sont surtout pas opposés, mais viennent en complément.
Quelques chiffres ensuite issus de la dernière enquête réalisée par le portat du temps partagé,
53% des gens qui travaillent en temps partagé l'ont choisi comme une nouvelle façon de travailler
et 96% des gens qui y ont goûté souhaitent y rester dans ce format.
Les avantages cités par les candidats ou les acteurs du temps partagé,
diversité et richesse, mais aussi équilibre pro et personnel, et enfin l'autonomie.
Après, chez des c-pilotes, on a inquié les charges très précises sur les parcours et les expertises acquises
pour intégrer notre organisation.
Nous ne retenons qu'à des cadres des dirigeants ayant effectivement une ou plusieurs expériences
de direction commerciale, de direction filiale, nationale, commerciale.
Ça veut dire que chez des c-pilotes, nous avons que des dirco-experts.
Vous êtes aujourd'hui le fondateur de des c-pilotes,
vous êtes spécialisé en direction commerciale et marketing.
Est-ce qu'à un moment donné, il a fallu modéliser votre concept à la culture française?
Le commerce concerne toutes les entreprises.
Et sans commerce, pas de clients.
S'il n'y a pas de clients, il n'y a pas de chiffre d'affaires, pas de chiffre d'affaires égales,
pas d'entreprises et pas d'emplois.
La modélisation a donc été réalisée selon ma propre vision
et mes propres expériences et croyances.
Ça s'est avéré plutôt juste puisque les choses ont plutôt bien fonctionné et très rapidement,
surtout en parfaite adéquation entre l'offre et la demande.
80% des dirigeants d'entreprises déclarent que la priorité pour eux,
c'est le développement de leur entreprise et donc de leur chiffre d'affaires.
Et seulement 20% ont le temps et les compétences pour le faire.
Vous voyez pourquoi le potentiel est immense pour nous?
Vous promettez une performance commerciale avec un taux mesurable,
comment vous mesurez cette transformation?
Effectivement, on parle là du retour sur l'investissement.
Nos implications et compétences chez nos clients sont toujours source de performance et d'amélioration.
Nos clients ont bien sûr des objectifs mais qui ne se traduisent rarement en stratégie et action.
Donc, nous, notre job, c'est de participer à cette transformation,
aussi bien sur le plan quantitatif que qualitatif.
En un, la stratégie et le positionnement commercial de l'entreprise,
en deux, l'optimisation et le management de l'organisation et des processus commerciaux.
En trois, le pilotage des ressources commerciales.
En quatre, le pilotage des actions commerciales concrètes et opérationnelles.
Et enfin, en cinq, le développement des outils, des supports de vente, de communication et de marketing.
Donc, mesurer notre retour sur l'investissement est assez facile à calculer
puisqu'on le fait sur ces cinq étapes là, évidemment en partenariat et main dans la main avec les chefs d'entreprise pour lesquels nous travaillons.
Votre business model du coup?
Alors, il est assez simple.
On propose à nos clients, en fait, un contrat initial qu'on appelle Starter chez nous qui se fasse dérouler sur 3 à 6 mois.
L'idée, elle est très simple, c'est un peu comme notre période d'essai,
mais structurée, pilotée et animée par nos soins.
Trois grandes étapes.
La première, c'est la partie découverte.
Un diagnostic d'îtes 361 degrés qu'on exploite avec le système des vingt questions clés des pilotes.
Ensuite, on analyse sur huit items, nos recommandations de direction commerciale sur les cinq piliers de compétence que Franck a cité précédemment.
Nous travaillons et formalisons avec le dirigeant le plan d'action prioritaire.
Et enfin, nous pilotons la mise en oeuvre opérationnelle de ces actions avec les équipes auprès des cibles et des marchés dédiés.
Nous sommes prestataires.
Donc, pas de contrat de travail, pas de charge salariale.
Notre solution est TCC, ça veut dire toute charge comprise.
Mais par ailleurs, nous recrutons des commerciaux.
Nous formons aussi des commerciaux et des managers.
On est référencés data doc et nous aussi, nous coachons notion de mentoring des directions commerciales existantes.
Vos projets et perspectives pour l'avenir?
Alors, si vous me permettez, ils sont nombreux, mais on va essayer de les distinguer sur deux plans.
Le premier, c'est le temps partagé et son usage au sein des entreprises et des organisations.
Nous devons encore faire connaître ce format du temps partagé aux entreprises.
Les entreprises qu'on le plus besoin de nos services ne nous connaissent pas.
Elles sont pas visibles dans les réseaux et ne savent pas que notre solution ou que le format du temps partagé existe.
Nous avons au sein des cibles de France la plus belle équipe de directeurs commerciaux et marketing indépendants de France.
Et j'en suis bien évidemment très fier.
C'est une équipe unique au service du développement économique et commercial des startups jusqu'aux ETI français.
Notre vision, c'est d'être la référence qui permettra à toute PME en France
de disposer de l'expertise d'un directeur commercial et marketing en temps partagé
avec les méthodes des c-pilotes pour assurer son développement pérenne.
Dernier point, nos valeurs, engagement sociétal, esprit d'équipe et excellence.
Merci Alain et à l'autre pour vos interventions respectives.
Merci Linda.
Merci.
Merci à vous de nous avoir suivis.
On se retrouve bientôt pour un prochain numéro de parole d'expert.
