Je vais vous présenter à mon tour une autre facette de la valorisation puisque je suis
chercheur au CNRS et vous allez voir la démarche qui nous fait aller de la recherche fondamentale
vers la recherche de transfert et retour vers la recherche fondamentale d'ailleurs. Donc je dirige
en effet une UPR, une unité propre du CNRS à Strasbourg qui s'appelle immunopathologie et
chimie thérapeutique donc vous voyez déjà une interface entre des biologistes et des chimistes
qui est vraiment très fécond et nous sommes localisés sur les sites que j'ai ici entouré en
rouge. Alors je ne résiste pas de vous montrer notre futur institut parce que les travaux ont
commencé donc vous voyez que le vieux bâtiment qui est sur la droite va être vraiment complété par
quelque chose de grandiose donc on est très très très content avec des animaleries très moderne.
Alors je dirige également un laboratoire d'excellence qui s'appelle Médalis qui est un
centre de recherche du médicament et qui occupe environ 200 personnes également des chimistes
et des biologistes puisque quelque chose qui marche bien on le refait en plus grand et là on est
sur plusieurs sites avec des laboratoires qui sont localisés dans des unités qui fonctionnent et
qui se regroupent sur des nouveaux projets. Notre vous voyez qu'il y a des des chefs d'équipe on
est avec également des plateformes donc ça c'est très très important et le réellement ce qu'on
essaye de faire c'est de renforcer le réseau académique de découverte de nouveaux médicaments
j'ai bien un réseau académique qui repose évidemment sur des recherches tout à fait classiques
qu'on a dans nos laboratoires, recherches de cibles, recherches de doutils, des nouvelles
technologies innovantes bien sûr, des systèmes de vectorisation parce que si vous développez des
super molécules et que vous n'arrivez pas à les mener soit dans l'organe soit dans le tissu où
il doit faire effet ça sert vraiment à rien donc on axe beaucoup sur les les vecteurs qui amène ces
molécules au bon site et nous développons également des stratégies de médecine personnalisées. Alors
tout ceci en partenariat et j'insiste là dessus avec des entreprises de biotechnologie de l'industrie
pharmaceutique personne ne travaille pour l'autre on n'est pas au service des industries pharmaceutiques
et ils visent vers ça donc réellement on travaille ensemble et c'est je pense pour cela qu'on arrive
à créer de la valeur ajoutée avec aucune frustration et plutôt une émulation entre ces structures et
puis dans notre projet il y avait une création des créations d'entreprises de start-up car
autour des grands centres universitaires français on devrait avoir un certain nombre de start-up qui
grouille qui se crée qui peut-être disparaisse mais vraiment on devrait avoir beaucoup de nouvelles
start-up ne serait-ce que pour valoriser toutes les recherches qui se font dans les laboratoires
académiques et puis pour placer tous nos étudiants nos doctorants qui sont qui ont une très bonne
formation et qui souhaitent faire de la valorisation et nous avons également un programme de formation
pour éduquer alors le mot éduquer c'est donner une philosophie surtout au futur entrepreneur car
là aussi nous avons certainement un déficit en France de jeunes dans l'esprit entrepreneur beaucoup
ont envie de créer une entreprise mais faut également créer un esprit d'entrepreneur aux vrais sens du
terme et donc depuis le début de ce projet nous avons déjà créé quatre start-up issus de notre
de notre labex et donc chaque année on a en moyenne donc une start-up créée donc je pense qu'on
remplit bien notre contrat et donc les thèmes que nous abordons c'est l'inflammation et le cancer
qui sont évidemment des thèmes très porteurs où il y a réellement des grands besoins alors en ce
qui concerne l'unité que je dirige immunopathologie chimithérapathique nous avons donc des axes
d'immunologie avec de l'autoimmunité donc une forme d'immunologie où finalement l'organisme
développe des réponses immunitaires contre lui-même et donc avec évidemment des pathologies très
très délétères très très inflammatoires et puis la chimie chimie des petites molécules et des
peptides donc tout ceci doit servir à améliorer le diagnostic la thérapie et notre objectif c'est
évidemment de découvrir des nouveaux médicaments donc les vecteurs comme je l'ai dit tout à l'heure
et puis cette philosophie de recherche translationnelle de recherche valorisée et de transfert alors
ça ce sont des mots qui dans certains milieux sont impropres et chez nous c'est une véritable
culture et ceci depuis 20 30 ans en effet dans l'unité que je dirais aujourd'hui mais ça existait
déjà bien avant avec les anciennes directions et bien on a toujours eu cette idée de valoriser
nos recherches donc nous avons aujourd'hui au moins 40 brevets qui sont actifs donc avec des
familles donc de brevet et ceci dans le domaine des molécules bioactives des vecteurs comme je
l'ai dit et de l'instrumentation évidemment nos chercheurs font de la consultation des
sont consultant également dans des conseils scientifiques et puis trois spin-off qui sont
issus de notre laboratoire la première spin-off était néosystème en 1986 vous voyez que ça
remonte à un petit moment qui est devenu ensuite néo mps en ayant racheté son concurrent aux
états unis et aujourd'hui polypeptide france donc j'ai mis ici la photo de de Serge ploé ici à
droite qui a été un qui est rentré chez nous comme débat et qui a été le président de cette
société en ayant en étant monté avec cifre au départ etc etc donc voyez qu'il ya un futur
quand on sort avec un débat d'une une unité de recherche donc c'est une société qui est toujours
là aujourd'hui on va se fêter en 2016 ces 30 ans donc vous voyez qu'elle a progressé on commence
avec des locaux on a eu quasiment gratuitement et puis voilà après ça devient des usines donc là
aussi donc production de peptide donc des peptides dans des conditions qui puissent être utilisées
en chez l'homme en traitement pharmaceutique vous voyez ici les chiffres ils sont ils sont
éloquents par eux même avec de l'emploi on en parlait tout à l'heure et également un chiffre
d'affaires intéressants alors ceci était basé sur une découverte initiale du laboratoire de donc
d'un ingénieur j'en ai marre qui est Jean-Paul Briand qui est chercheur au CNRS du développement
d'une d'un instrument qui permettait de faire des peptides simultanément et des peptides de
différentes tailles donc d'une synthèse très sophistiquée donc cette machine qui a vraiment
été créée à l'intérieur de notre laboratoire et qui brevait CNRS etc a vraiment été à la base
de néosystèmes en 86 bon imu pharma la deuxième je vais pas en parler trop trop parce que tout
à l'heure robert va présenter la société cette société était créée bien plus tard comme vous
le voyez moi je pensais pas qu'on se remettrait dans une création de de de de société transfert
vers une telle société mais voilà c'est les robernes parlera un peu de l'historique de ce programme
donc qui aujourd'hui donc est une société qui est donc côté en bourse à l'onde comme il vous en
parlera et la troisième c'est inoviem scientifique 2011 donc qui est dirigé par là également un
ancien doctorant de l'unité qui est pierre fd carri et donc ici c'est plutôt une cro avec donc qui
est en contact avec des big pharma pour donc traiter des des des des développements de de
molécules et également du redesign de molécules c'est à dire des molécules qui par exemple ont un
très fort potentiel mais des effets secondaires très très délétaires donc il travaille sur cette
molécules pour évidemment éliminer tous les aspects délétaires et ne garder que la la forme
active et il a depuis quelques temps décroché de très gros contrats avec des des des sociétés
qui revalorisent ainsi des molécules qui sont dans les cartons à cause de ces effets secondaires
trop importants pour être appliqué donc je vais vous reparler maintenant un petit peu de ce qu'on
fait au laboratoire et puis de l'origine de ce produit on a évoqué tout à l'heure qui débute
maintenant en phase 3 donc c'est un c'est une molécules qui est utilisée dans ce qu'on appelle
les maladies autoimmunes donc même si je ne veux pas vous raconter toute la base de l'immunologie
c'est pas le lieu mais en tout cas vous connaissez certainement le diabète autoimmun typin où on a
200 000 patients en france j'ai pris les chiffres juste en france la sclerose en plaques également
maladies autoimmunes où on a une destruction de la mieline du système nerveux centrale 50
000 patients en france la polyarthrétromatoïde 600 000 patients en france 2 millions en
europe donc c'est pour vous dire l'importance de ces pathologies et puis l'upus et les matheux
disséminés sur lequel nous travaillons dans le laboratoire 50 000 patients en france 5 millions
dans le monde probablement beaucoup plus puisqu'il y a des pays entiers dont la chine l'un d'etc on
n'a aucun chiffre de prévalence donc le lupus et les matheux c'est une comme je l'ai dit une maladie
qui est à la fois fréquente mais très mal connue elle se définit très difficilement au niveau du
diagnostic parce qu'elle est très polymorphe elle atteint les patients avec des des schémas qui
peuvent différer de patient à patient avec des formes neurologiques rénales cardiaques des
beaucoup de femmes jeunes 90 % de femmes versus 10 % d'hommes est souvent jeune donc avec un
déclenchement de la pathologie vers les 18 19 ans donc encore une fois une qualité de vie
vie professionnelle etc un gros impact donc dans la vie sociale qui qu'il faut traiter et puis
l'éthiologie qui est aussi compliquée c'est pas une maladie avec un gène bien défini c'est une
multitude de gènes qui se combine et puis des événements extérieurs hormonaux environnementaux
qui peuvent y compris être le stress environnemental et puis pour une telle maladie il n'y a pas de
traitement spécifique et il n'y a pas de traitement spécifique d'ailleurs pour la plupart des maladies
autoimmunes donc que donnent nous aux patients ce sont des corticoïdes des immunosuppresseurs qui
vont diminuer l'entièreté de la réponse immunitaire avec tout ce que cela veut dire en effet
secondaire en effet délétère donc certes en 1954 la survie comme vous le voyez à quatre ans
était de 50% aujourd'hui on a nettement augmenté ces chiffres donc puisqu'on garde beaucoup plus
nos patients mais on a des effets secondaires très importants et notamment lorsque les patients
sont traités et parfois il faut les traiter vraiment avec des grosses doses immunosuppresseurs ils
attrapent infection sur infection et donc on est dans des situations très compliquées donc en plus
les traitements sont palliatifs pas du tout ils ne traite pas de la cause juste ils améliorent un
peu les douleurs les choses comme ça ils sont évidemment personnalisés adaptés à la forme
de la pathologie de chacun donc mais il reste complètement empirique et donc l'objectif c'est
réellement de développer des molécules tout à fait spécifiques qui sont basées sur les mécanismes
fondamentaux de la pathologie ça veut dire quoi ça veut dire que la recherche fondamentale ici
pour développer des médicaments intelligents la recherche fondamentale doit être poursuivie
améliorée et vraiment poussée pour pouvoir développer toutes ces ces nouvelles molécules alors
c'est la seule diapositive un petit peu compliquée que je vous montre c'est juste pour vous dire que
la plupart des des nouvelles molécules qui sont développées cible le l'infocyt b que vous voyez
ici en bleu au centre pourquoi c'est parce que ce l'infocyt b ensuite se différencie et c'est
ce l'infocyt c'est cette cellule différenciée qui va produire les autos anticorps qui vont
aller se développer dans les tissus créer l'inflammation donc toutes les les big pharma
aujourd'hui développent des molécules qui cible qu'elle soit directement vous voyez tout ce qui
est autour ici qui cible des récepteurs qui sont à la surface de ce l'infocyt b ou des
molécules qui sont sécrétées par ce l'infocyt b et nous on a décidé de travailler complètement
différemment en amont de cette réponse sur le l'infocyt d t qui aide au développement de ce
l'infocyt b et nous pensons que en utilisant cette cette cellulité qui est au dessus et bien avec très
peu de matériel qui touche peu finalement de l'infocyt t nous allons pouvoir vraiment toucher attaquer
tous les l'infocyt b qui sont en amont et certainement c'est la source du succès de notre
stratégie donc nous avons découvert au hasard de nos recherches un peptide qui est appelé p 140
parce que c'est un peptide p pour phosphorylée 140 parce que dans ce peptide il y a un résidu
en position 140 qui est phosphorylée et ce peptide administré à des souris qui développent un
lupus vont va améliorer de manière très significative la survie de ces souris elle diminue
il diminue également tous les les les phénomènes cliniques tels que la protéine urine donc protéine
dans les urines les anticorps marqueurs de la pathologie et puis tout un une série d'événements
que vous voyez ici notamment la dermatite et puis tout ce qui se passe au niveau rénal donc ça
c'est au niveau de la souris et puis on en reparlera à ce moment là avec ces succès là j'ai rencontré
monsieur zimmer qui m'a dit ben des résultats évidemment là je vous montre une diapositive
on a beaucoup de résultats de plusieurs années d'études et il nous a dit bon il faut absolument
passer chez l'homme donc je vous fais l'histoire toute courte mais donc avec son savoir-faire nous
avons pu passer chez l'homme et voilà c'était toute l'aventure de ce que l'on appelle aujourd'hui
le lupusur donc une le p140 mais qui est dans une formulation acceptable pour l'utilisation humaine
donc le brevet 2001 brevet 100% cnrs et la licence qui a été accordée donc à imu pharma sociétés
qui a été créé un peu pour pour cela au début qui était l'interface entre laboratoires de
recherche et les les big pharma puisqu'on n'arrivait pas finalement à vendre entre guillemets notre
produit au big pharma donc la licence accordée en 2005 et puis ensuite tout à tous ces enchaînés
avec des phases de toxicité chez l'animal puis des phases phase 1 chez des volontaires sain une
première phase 2a chez des patients lupiques mais en essai ouvert puis une phase 2b en double
aveugle en 2008 une autre phase 2b à ce moment là par une société américaine qui s'appelle
s'effalon et enfin vous voyez la phase 3 2015 alors 2001 2015 vous voyez qu'il y a des gâpes
également entre les phases et je peux vous dire elles sont pas scientifiques elles sont surtout
financières je pense que robert va développer cet aspect là dans sa présentation donc vous voyez
que c'est un processus long où il faut bien il faut avoir le courage de tenir et donc c'est
c'est frustrant mais au bout du compte voilà on a des grandes satisfactions notamment quand
ça marche donc les résultats de la phase 2b qui sont à la base de la phase 3 et bien c'est donc
un essai de double aveugle avec placebo c'est à dire qu'il y a une série de patients qui reçoit
que le sol vent du du peptide et les ça s'est passé donc dans des pays européens et sud américains
douce centre et le peptide a été injecté donc par par voie succutanée et on a fait plusieurs
designs et ce qui s'est avéré le meilleur était d'administrer le peptide une fois par mois le sur
donc dans le bras actif vous voyez qu'il y a eu 62 pour cent de répondeurs versus 39 pour cent de
répondeurs seulement dans le groupe placebo donc vraiment une statistique très bonne pour cet essai
donc aujourd'hui le lupiseur a reçu toutes les autorisations américaines européennes pour passer
en phase 3 et donc les premiers patients devraient être inclus donc en novembre 2015 pour cette phase
3 et également nous sommes en position maintenant d'étudier les résultats à long terme de la
phase de b et donc nous essayons de collecter tous les résultats qui semblent très très prometteurs donc
je sais c'est un petit peu la phase de faim vous voyez c'est un peu une boutade mais même à
chercheur cnrs s'il a vraiment cette opportunité il faut vraiment sauter sur l'occasion de se lancer
dans des essais cliniques pour d'abord plein de raisons parce qu'il y a des niches vraiment très
importantes où on a notre carte à jouer on a un savoir-faire et puis c'est très satisfaisant
même si en effet on peut se dire comment dans une pathologie aussi multi forme comme je vous l'ai
dit on pouvait se demander comment un peptide de 21 résidus pour ceux qui y connaissent un peu les
peptides pouvaient finalement moduler toute une réponse donc là aussi il faut convaincre les
big pharma les investisseurs que avec un peptide on peut en effet corriger un tel défaut maintenant
que le mécanisme d'action a été élucidé nous avons publié tous ces résultats en 2015 et bien
nous ouvrons nous sortons du lupus et nous nous attaquons entre guillemets à toute une série de
pathologies chroniques inflammatoires où ce mécanisme d'action peut et est défectueux et peut être
corrigé par le peptide en question donc là on a un champ d'investigation maintenant qui s'ouvre de
manière très très intéressante et les développements seront certainement très très important
il faut savoir aussi que ce travail nous a permis de découvrir toute une série de mécanismes très
importants qu'on ignorait et donc nous avons continué mais tout le temps a publié plusieurs
papiers par an sur des nouveaux mécanismes qui prévalent dans l'autoimmunité donc l'activité
donc de retour vers la recherche fondamentale n'a jamais cessé en même temps que l'on
poursuivait tous les essais cliniques et puis à propos des peptides d'aucuns nous disent
les peptides ça marche pas dès qu'ils sont administrés ils sont digérés ils ont une
durée de vie très courte et bien c'est pas du tout ce qu'on a observé donc les peptides d'abord
on peut en produire en grande quantité donc ça c'est un atout ils sont pas immunogènes contrairement
aux anticorps qui sont des grosses molécules ça veut dire que ces peptides là à eux seuls ne vont
pas générer contre une réaction du système immunitaire ça c'est très très important ils ont une
très bonne biodisponibilité donc ils vont vraiment bien dans les différents compartiments
d'intérêt au niveau de leur stabilité nous n'avons pas de problème du tout et puis leur
coût n'a aucune commune mesure avec les coûts que l'on doit développer accumuler pour des
anticorps thérapeutiques donc là beaucoup beaucoup d'atouts au niveau des peptides alors
genre vient la société qu'on avait créée en 1986 alors que là vous voyez un petit réacteur
c'est dans ce genre de petit réacteur qui au laboratoire nous synthétisons les peptides évidemment
au niveau de l'entreprise et sous des normes pharmaceutiques on peut produire des tonnes
de peptides donc c'est évidemment un plus avec des normes tout à fait contrôlées et avec
une pureté très grande donc aujourd'hui nous travaillons sur le mécanisme d'action chez l'homme
nous essayons également d'administrer le peptide de manière non invasive ça c'est très important
donc avec des nanocapsules pour peut-être administrer le peptide par une voie orale
évidemment pas tout à fait comme l'image que je présente comme je l'ai dit d'autres applications
thérapeutiques en sort du lupus on va vers d'autres pathologies nous développons bien
sûr toujours des des nouveaux analogues et ceci par des études de chemo informatique donc voyez
que tout ça c'est au niveau du laboratoire de recherche et donc avec beaucoup d'innovation en
vue donc je crois qu'on n'a pas fini de travailler avec les services de valorisation du CNRS et avec
des notre entreprise favorite mais voilà donc sur des applications futures merci beaucoup pour votre
attention. Merci beaucoup.
