J'ai quelque chose à vous dire, j'ai rencontré un magicien, un vrai, il portait pas de cap,
pas de chapeau, il avait même pas de baguette magique, un homme ordinaire avec un talent
incroyable, il s'appelle Joseph Farooja mais ici tout le monde l'appelle Joe. C'est l'un des deux
derniers coordonnées de malt encore en activité qui a passé ses 40 dernières années à façonner son
talent dont les 20 dernières à son compte. Il fait partie d'une génération d'artisans menacés
d'extinction par le fabriqué en Chine, trois mots pour décrire l'un des plus grands renfléos
du 20e siècle, la surconsommation à outrance. Les 60 dernières années de révolution industrielle
et technologique ont été également synonymes de crises sociales, de crises économiques,
de délocalisation et de culture du profit à tout va. Nos vices sont transformées en
courses contre la monde perpétuelle, tous faits dans l'urgence sans même que l'on prenne le temps
de réfléchir à ce que l'on fait. Impatience, insatisfaction, frustration, tessons quelques
uns des symptômes de cette maladie qui nous ronge. Une dose d'amour, une autre de passion,
une cuillère à soupe de talent et deux autres de patience. Abracadabra et voilà les ingrédients
parfaits pour confectionner une paire de chaussures. Pendant que Joe fabrique dans son atelier 2 ou 3
paires de chaussures par jour, les usines chinoises, elles, en confectionnent 2000. 2000 paires de
chaussures. Un véritable rouleau compresseur qui semble inarrêtable. Alors il a décidé de
ne pas rendre les armes et de résister avec les siennes. Ils mènent depuis quelques années un combat
pacifique contre le fabriquer en Chine. Son action, le slow making, comprenez l'art de prendre le temps
de créer. La patience est une arme de construction massive et si la solution était de savourer
les minutes qui passent plutôt que de les compter. I've got a lot of customers that they've been
coming for me, about 20 years. If they live with a smile, I'm happy because they're content with
the shoots. I'm Joe Farooja, I'm a shoemaker.
