Je vais au jardin, j'enlève les choupomets, les salades, les carottes, les radis, je les amène au marché.
J'ai rencontré un blanc et il est devenu mon client, à même temps il m'a photographé à mon assiette.
J'ai amené la carte à la maison, tout le monde voulait regarder la carte, je dis non, ne touchez pas sinon vous allez regarder cette photo-là.
Vous regardez ça à distance, il y a un frère qui est là-bas, il a demandé qu'est-ce que c'est que ce bruit-là.
Ils ont dit au mari qu'une photo, personne, tous ils disent ça c'est sérieux.
Je peux le faire, je lui dis non, tu ne peux pas le faire, ça sont les blancs qui ont fait ça.
En France.
Il dit bon mettez-vous là, on s'est mis à l'angle, il a photographié, je lui ai dit montre moi ça.
Je lui ai dit non, toi on ne peut pas toucher puisque ton père se termine et il ne veut pas que certaines choses.
Je lui ai dit moi je vais voir mon père, ça ça m'intéresse, j'ai appelé mon père, je lui ai dit ça.
Je lui ai dit avant de faire quoi que ce soit, d'abord va faire le courant, après tu vas au jardin, après tu vas chez d'emba.
C'est parti, j'ai vendu de la salarique, je suis allé à la morale pour moi, j'ai acheté là-bas un brownie flex, je veux être photographé.
En 1963, j'ai ouvert mon atelier, il y avait que les femmes qui faisaient la queue ici, les hommes je peux, à chaque fois je crée quelque chose,
j'ai créé une fois ici, je lui ai dit je vais faire des photos de siren, mais il me faut deux femmes, chacun paie 100 francs. Il y a les femmes qui venaient, ferme les photos de siren, ferme les photos de siren, ça a fait un miracle aussi.
Ici, c'est Fouta, il y a beaucoup d'habillements, à chaque fois, j'ai ma petite valise ici, j'ai tout ce qu'il me vaut, tu viens, tu demandes, je t'ai déshabillé, je t'habille en Europe,
je reçois le client, il faut que tu sois à l'aise, tu es à l'aise, maintenant je te photographie, je ne travaille pas pour le client qui est assis tout près de moi, je veux que si il amène ça, tout le monde dit, ah, qui t'a fait ça?
Voilà le bohine, vous montez, arrivez là-bas, il y a des hôtels, alors ça c'est la mer, vous pouvez vous partir doucher à la mer, il n'y en a pas ici, des gens vieux comme moi, qu'il faut aller à la mec, alors je ne les amène là-bas.
Maintenant, tu prends ton chapelet, tu dis, ah, ça aura, ça aura, ça aura, ça aura, ça aura, tu viens, tu dis, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là. Je photographie, je vais au labo, je développe, je tire.
Les rôles de ma mère.
Les rôles de ma mère.
Depuis 63, je suis là.
Depuis 63, je suis dans cet esprit-là.
Voilà un négatif. Je le prends, je le regarde,
je le nettoie, je le mets ici.
Bien fait, maintenant vous fermez, vous le prenez,
vous le mettez là.
Ça, c'est la lampe qui retient le papier.
Bon, vous allumez la grandeur.
C'est comme au cinéma.
Maintenant, ça se livre.
Tu fais le mise au point.
Tu règues.
Tu fais le mise au point.
C'est net, maintenant.
Tu peux même mettre ton veilleur d'ici.
Fermez.
Tu projectes.
Tu prends le papier.
Ça, c'est le révélateur.
Tu le plonges là-dedans.
Tu as l'image.
Maintenant, j'ai l'image.
Ça va. Je rince l'eau.
Après, maintenant, je fixe.
Ça n'existe plus.
Le papier n'existe plus.
Le révélateur n'existe plus.
On ne fait plus ça.
C'est pour cela que je voulais montrer ça
aux enfants du Sénégal.
En photograph, c'est un chercheur.
Il ne faut jamais
partir sans ton appareil.
Il ne faut jamais bouger.
Tu sors. Tu vas.
Il faut tout à l'heure avoir ton appareil.
Je ne peux pas rester sans.
Si je n'ai pas porté le sac,
on dirait qu'il y a quelque chose qui manque.
Moi, je vis avec ça.
Je grandis avec ça.
Et puis, je vais mourir avec ça.
Merci beaucoup.
