J'ai acheté mon premier disque à l'âge de six ans, je m'en souviens très bien, c'était
à Marseille, la ville où je vis toujours.
Depuis, j'ai acheté des disques, toutes les formes à vinyle, CD, je continue à vivre
autour de mes disques, de cette passion qui peut être dévorante.
Le rôle du DJ, tout d'abord, je le rattache à sa première fonction et sa première définition,
le DJ de radio, celui qui fait découvrir les disques avant tout le monde.
Dans les années 50 ou 60, la télévision nous faisait découvrir que des artistes mainstream
se cuperaient à tout le monde.
C'est-à-dire qu'à la radio, les DJs recevaient les premières galettes, les petits labels
et les jouaient une première fois à la radio.
Puis, s'il y avait une réaction du public, il a joué plusieurs fois et ainsi, les disquaires
achetaient les disques des premiers exemplaires et là, c'était parti, les artistes existaient
enfin.
Donc moi, j'ai dévoilé la radio en 1988, j'avais une émission qui s'appelait Active
Rock sur fréquence sud, la belle époque des radios libres et l'existence des fréquences
infréables.
Puis, j'organisais des soirées déjà, des après-midi, on dira, j'ai toujours été
hapée par les DJ dans les clubs, la façon d'enchaîner les styles de musique et surtout
de regarder l'auditoire et les danseurs.
Puis en 1989, on m'a proposé de travailler la nuit et un soir, les bosses du Trolleybus
sont venus me chercher et puis voilà, voilà au Trolleybus dans ce qui s'appelait le Terminus,
enfin la cave à jazz et là, trois fois par semaine, je joue pendant sept heures, sept
heures d'affilée, la meilleure école.
Funk, acid jazz, soul et les premières productions électroniques.
Je suis sur Radio Grenouille en même temps et puis j'ai une émission qui s'appelle
« Seule Vibration » quatre heures de ma derre en direct, le samedi après-midi.
Puis à partir de 1995, J.Rossin s'est envie de jouer mes propres productions et je machaiste
un sampleur.
Une table de mixages et puis je me frotte à des musiciens sur scène en jouant dans des
soirées, notamment les premières soirées Grenouille justement avec un percussionniste,
un saxophoniste et là je commence à trouver ma place sur scène avec des musiciens.
Mais ça, ça suffit plus.
Il y a deux parties de Tchatch, c'est moulant.
En 98, je fais les ateliers sampling à la friche et je rencontre Frère Albert et
Arnaud Eiffert.
Nous créons les Trouble Makers et un premier album que nous signerons sur le label de référence
Guidance à Chicago et là c'est la confirmation.
Ce sera mon métier et ma vie.
L'album est publicité dans le monde entier et je commence à jouer hors de Marseille.
Le voyage s'accumule, les rencontres et je continue à acheter de plus en plus de
disques.
Un deuxième album sur Blue Note en 2004, un rêve éveillé, mais il faut garder la
tête froide et je décide de partir en Afrique.
Je veux travailler là-bas, je veux comprendre pourquoi j'aime le rythme, j'aime la transe,
je veux comprendre pourquoi ce continent m'attire et je ne suis pas déçu.
Cinq ans de voyage, de rencontre avec Jeff Charest et Charles Houdard plus de 35 pays.
En même temps, je bosse mes productions personnelles et je n'arrête pas de composer.
Je produis Black Notes, mon premier solo en 2011 qui me ramène dans le marché musical.
Je bosse le logiciel live tous les jours, c'est de transformer cette matière musicale
que j'ai amassée depuis des années et chaque jour j'ai les surprises, le rythme de la
vie comme je dis.
J'ai 17 ans en chêne, en France, à l'étranger et même sans manager, j'arrive à trouver
des dates et revenir parfois dans des pays qui m'ont déjà accueillie pour faire de
nouvelles résidences et de nouvelles rencontres musicales.
Je me suis intéressé depuis quelques années au design sonore mais dans des endroits singuliers
comme des old hotels, des magasins de design, des bureaux, j'aimais cette qualité dans
des lyueux et faire des bons sons aussi avec des enregistrements faits dans des trains
au bord d'une rivière ou dans une friche industrielle et sans servir dans une galerie
d'art par exemple, où leur donne des filets.
Continuez à éveiller la curiosité des gens, voilà le vrai rôle que j'essaie d'avoir
que ce soit dans mes albums, dans mes DJ sets ou dans les lives que je peux faire sur scène.
Des lives que je profine avec le logiciel live d'Ableton une fois de plus, un logiciel
que j'enseigne aussi à des médiciens amateur ou professionnels, c'est important je pense
d'avoir cette passation de savoir, ah tiens, c'est un bel exemple de, à l'époque la
musique s'intéressait à la mode et la mode s'intéressait à la musique, ce Pierre
Cardin, le fameux créateur de mode, produisait des disques, donc à cet album, et puis c'est
tout de suite une série de 45 tours aussi, sont intéressants, c'est un album de jazz
expérimental et assez avant-mardiste pour l'époque.
De 2010 à 2014 j'ai dû enregistrer une centaine de morceaux en live, soit en soirée,
en studio, après avoir bossé des heures et du coup un jour je me suis replongé dans
ses archives entre guillemets, puis là quelle surprise, on oublie ce qu'on fait tellement
vite, ce nouveau réparateur était si large musicalement, rock, hip hop, techno, break
beat, j'ai sélectionné 24 morceaux, j'ai mis sur ma plateforme Soundcloud et le label
anglais BBE m'a contacté le jour même, un mois après j'étais à Londres et voilà
comment est né Phantom, 12 morceaux au final qui erraient sur mon disque dur, d'où le
titre de l'album, signé sur un label anglais c'est un rêve puisque BBE abrit des artistes
emblématiques pour moi comme Theo Parish, Gigi La, Kenny Dopp, Laurent Garnier, tous
ces DJ-producteurs qui ont le parcours et surtout le talent qui leur permettent de
voyager et faire connaître leur travail dans le monde entier.
Continuez à vivre de sa passion et la faire partager, c'est un luxe aujourd'hui, il y a beaucoup de
sacrifices mais je sais la chance que j'ai surtout quand je me retrouve sur scène et derrière mes
platines pour faire le métier dont je rêvais déjà quand j'avais 6 ans.
