Au pays de la Rose, trois femmes aux expériences très différentes ont immédiatement accepté de me parler de leur place dans le parti socialiste,
celui-là même où l'arrivée d'une femme comme chef embouscule plus d'un.
Si l'une vient de vivre ses six premiers mois comme élu, Micheline Praéck a fait sa route depuis sa première carte il y a 32 ans.
L'engagement n'était peut-être pas tout à fait évident pour une femme à l'époque, surtout en politique.
Mais j'avais déjà des engagements dans le milieu professionnel, dans le milieu associatif.
Et donc pour moi, à titre personnel, c'est venu assez naturellement malgré tout.
Et c'est vrai qu'en 1976, les femmes qui entraient dans les partis politiques n'étaient quand même pas très, très nombreuses.
À la base, je voulais juste aider et c'est le maire actuel qui m'a appelé, qui m'a dit voilà on a une place, est-ce que ça t'intéresse?
L'étudiant hésite puis accepte, elle est la plus jeune élu socialiste du département.
Mais entre l'âge et le sexe, dans le regard des autres, c'est l'âge qui prime.
On n'échappe pas à la commission jeunesse forcément.
Tatiana Blanc est l'exemple même de l'application de la parité en termes de candidature au municipal.
Un dispositif que n'approuve pas la conseillère régionale et générale quand une autre la trouve nécessaire.
La loi sur la parité pourrait être très franche, j'étais contre au départ.
Parce que je trouvais qu'on nous prenait pour des êtres inférieurs qu'il fallait arriver à caser ici ou là.
Et à l'usage, je reconnais malgré tout qu'elle a fait faire des progrès.
Il y a des places qui t'occupaient par les hommes, qu'ils ne sont plus et c'est difficile.
Et je crois qu'il faut aussi faire comprendre aux hommes que c'est une question d'équilibre aussi de leur société à eux.
Ce n'est pas les femmes contre les hommes, c'est arriver à un juste équilibre.
Et c'est vrai qu'il y a encore du travail aux partis socialistes, mais on est provenés ce week-end sur la bonne voie.
30 nerfs, jeunes mamans, salariés du privé, Carol Canette a elle aussi profité des places accordées aux femmes dans les élections,
même si elle a échoué aux dernières législatives.
En revanche, elle ne constate pas pour autant des résistances de ses camarades.
J'ai jamais eu l'occasion d'avoir la moindre remarque, des obligantes ou la moindre allusion.
Jamais. Jamais. Jamais. Dans mon parti, jamais.
Je n'ai jamais souffert d'être une femme à l'intérieur de ce parti et dans mes fonctions d'élus,
puisque j'ai quand même eu diverses fonctions, que je sois à la ville avec Jean-Pierre Soeur,
que je sois à la région avec François Bonneau.
Je n'ai jamais senti le poids d'être une femme.
Je suis une élu, au milieu des élus, et vraiment, ça me pose pas de problème.
Alors évidemment, au Conseil général, c'est un petit peu différent.
Je ne peux pas dire que j'en souffre.
J'ai quand même le sentiment de faire partie d'une espèce un peu à part,
mais malgré tout, qu'il y ait une espèce en voie de développement,
puisque maintenant, nous sommes quand même trois.
Nous sommes partis de zéro à trois femmes au Conseil général.
Ce n'est pas si mal.
Mais dans un parti où tout n'est peut-être pas rose, l'herbe n'est pas forcément plus vert ailleurs.
Le PS paye des pénalités financières pour non respect de la parité, mais moins que l'UMP,
dont les responsables ont affirmé préférés payer des pénalités que de perdre des élections.
