Que trouvent-on dans nos assiettes? D'où cela vient-il?
Comment pouvons-nous mieux consommer et comprendre les produits que nous mangeons au quotidien?
Nous sommes les spectateurs d'un marché international et uniformisé.
Nous nous nourrissons de produits qui viennent des quatre coins du monde.
Mais quels sont réellement leurs histoires?
À contre courant des supermarchés qui nous inondent de produits achetés en bourse,
revros sans chemin et allons suivre aux quatre coins du monde le quotidien de ces hommes et de ces femmes,
agriculteurs, pêcheurs, éleveurs ou autres maraîchers, qui produisent autrement d'une manière plus proche de la nature.
Ensemble, découvrons la production de demain.
Pour ce nouveau numéro, nous sommes au Canada célèbre pour ces lacs, ces forêts
et ces grands espaces.
L'agriculture canadienne représente un pilier pour l'économie du pays.
Plus célèbre pour sa monoculture et son industrialisation,
avec des cultures comme les crânes verises, le maïs, le blé ou encore l'élevage pour saint,
il existe cependant depuis quelques années de nombreuses initiatives autour d'une agriculture plus locale.
Tirent en partie de cette nature atypique et d'un climat extrême,
des hommes et des femmes militent face à de grosses exploitations
afin de préserver et même développer un patrimoine local et une nouvelle façon de consommer.
À l'image de Shannon et Brian, qui ont repris une ancienne ferme
écultive des légumes comme des pionniers en Nouvelle-Écosse,
et de Frédéric, fermiers associés à quatre amis, qui ont créé la première ferme coopérative et formatrice des cèdres.
Débutons tout de suite notre aventure en Nouvelle-Écosse,
territoire sauvage, entouré par les eaux et de grandes étendues.
Ce paysage terre-mère est extrême et pourtant, il paraît qu'il s'y prépare une révolution agricole.
Nous prenons la direction de River Herbert et sommes fascinés par ce paysage d'aventure.
Mais faisons tout d'abord un détour pour en savoir plus sur l'agriculture de ce pays.
L'agriculture canadienne est l'une des plus productives et des plus importantes du monde.
À elle seule, la contribution annuelle du secteur de l'agriculture et de l'agroalimentaire
aux produits intérieurs brut du pays s'élève à 100 milliards de dollars.
C'est plus que le PIB des deux tiers des pays du monde.
Le secteur de l'agriculture et de l'agroalimentaire emploie 2,1 millions de Canadiens,
ce qui représente un emploi sur huit.
Le Canada assure près de 85% de la production mondiale de si rodérable,
et il est le plus grand producteur et exportateur de l'un de Canola,
de légumineuse et de blédure au monde.
Sur le podium de la production agricole, on retrouve les céréales 39,8%,
les bovins 26,6%, les légumes et fruits 5,5%,
le porc 2,6% et les volailles 2%.
Même si l'on dénombre moins de fermes depuis une dizaine d'années,
au nombre de 249 000 en 2001 contre 220 000 fermes aujourd'hui,
elles produisent de plus en plus.
Dans notre quête des produits authentiques et responsables,
nous nous sommes rendus dans une petite ferme biologique en Nouvelle-Écosse.
Mais quelle a bien pu être la motivation de Shannon et Brian
pour venir s'installer ici, au milieu de rien,
avec comme seul voisin une nature sauvage?
Car avant d'être des fermiers,
ce jeune couple vivait dans l'agitation de la ville,
avec tout le confort que l'on peut y trouver,
commerce, restaurants et autres sources de distraction.
Après avoir été militant et engagé sur le thème du développement durable,
le couple s'est lancé comme défi de partir conquérir la campagne.
J'ai commencé par étudier le design urbain à l'école
et j'ai réalisé que ça allait être un boulot de gros.
Aujourd'hui, au contraire, je suis tout le temps dehors
et je reste tout le temps motivé.
Il y a quelques années, Shannon était en charge de la ferme à Novascocha,
qui se trouve un peu plus bas sur la rive sud.
Elle connaissait les lieux et les gens sur place.
Alors, quand on s'est déplacé là-bas,
on a fait une sorte de referme incubateur
sur la propriété dont elle s'était occupée.
On voulait une maison.
On rêvait depuis longtemps de construire une cabane en dur,
mais on a réalisé que la culture des légumes allait nous demander beaucoup de temps
et aucun d'entre nous n'avait d'autres sources de revenus.
C'est pourquoi il était vital pour nous de s'occuper de la culture en priorité.
Nous sommes contents qu'il y ait déjà une maison.
Elle n'est pas parfaite, mais on peut y habiter
et j'aime beaucoup la proximité de la forêt et de l'océan.
En s'astallant sur ce terroir d'apparence hostile,
Shannon et Brian contribuent à la préservation d'un savoir-faire,
celui de travailler la terre de manière responsable.
Ici, tout se veut biologique,
et dans cette optique, le couple a en premier lieu du s'assurer de la qualité du sol.
Pour le sol, on a apporté une pelle avec nous
pour fouiller la terre et trouver une texture particulière.
Sur Internet, on peut trouver des estimations
sur la fertilité de la terre de chaque propriété.
Cette propriété n'y était plus répertoriée depuis plusieurs années.
Nous savions donc que la fertilité serait sans doute faible.
Mais c'était quelque chose que l'on pouvait améliorer
avec des ingrédients provenant de l'océan,
comme les algues, des émulsions de poisson,
ou encore des morceaux de crâne.
Ces ingrédients provenant de l'océan
contiennent beaucoup de minéraux qui sont bons pour la santé.
On les ramène donc à la ferme
pour que les gens puissent avoir leur nutriment en mangeant nos légumes.
Notre terre est assez sablonneuse.
C'est la raison pour laquelle nous avons choisi cette ferme.
Nous avons également un bon niveau hydrostatique, assez élevé.
Les plantes ont donc accès à de l'eau en bonne quantité,
tout juste ce qu'il faut.
Nous vendons environ 75% de notre production
au marché de producteurs, à Dieppe, à Nubrunsvik.
Les autres 25% sont vendus à des restaurants et des épiceries.
Ici, on prend le temps de bien produire.
A l'opposé d'une agriculture intensive,
l'exploitation de Shannon et Brian
privilégie un maraîchage façonné par la main de l'homme.
Environ 4 hectares sont dédiés aux légumes et aux cultures,
et environ 1,5 hectares pour les légumes uniquement.
Ce sont les principes de la culture bio,
et c'est très important pour nous.
En tant qu'âtre humain,
nous avons pris conscience que nous ne sommes pas les salles à décider
du bien-être de cette terre.
Nous voulons que le sol soit heureux,
que les insectes et les micro-organismes
qui vivent dans le sol et à sa surface
se sentent chez eux.
En travaillant aussi proche de la nature,
c'est tout naturellement qu'ils respectent la terre
et l'environnement dans lequel ils travaillent,
tout en favorisant l'insertion des insectes pollinisateurs
dans le jardin.
...
Quand nous faisons des ballots de légumes,
comme maintenant,
nous avons l'habitude d'écouter des podcasts fermiers.
C'est un peu un truc de geek.
Nous apprenons beaucoup sur la ferme,
comme le marketing,
la culture dans un environnement sauvage,
les cultures hydroponiques,
les cultures biomédicales.
Ça nous inspire,
et on apprend beaucoup de choses
tout en travaillant.
...
On n'est pas limités au produit de l'épicerie.
On peut faire pousser ce que l'on veut
et manger des produits frais.
Ça change tout.
Je pense que notre style vestimentaire
n'est pas très important.
Personne ne nous juge sur nos vêtements.
...
Le matin, on passe moins de temps à se préparer.
Je crois qu'on se préoccupe pas vraiment de ce à quoi ressemble.
...
Dicté par un militantisme exemplaire,
Shannon et Brian vivent de manière simple,
en rupture totale avec le monde urbain.
Pas de ballons de chaude,
car trop gourmand en ressources électriques.
Les vécées quant à eux sont des toilettes sèches
qui permettent une meilleure économie de l'eau,
tout en servant par la suite de compostes.
Le couple tente, peu à peu,
d'être en totale autonomie.
...
J'espère que l'on va continuer à aimer faire ce que nous faisons.
Pour l'instant, c'est le cas.
...
Chaque année est une nouvelle aventure.
J'ai déjà hâte de découvrir ce qui va se passer
ces prochaines années.
A la ferme, tous les choix que l'on fait en tant que fermier,
mais aussi en tant que humain,
sont basés sur ce que l'on a appris au courant de l'année
et sur ce que l'on a observé.
...
On essaie continuellement de se diriger vers une mer façon de faire,
d'être dans le développement durable
d'un point de vue de la ferme et de nos vies personnelles.
Pour nous, l'impact que l'on a sur notre ferme
et notre communauté est important.
Mais il est bon de pousser la démarche un peu plus loin
de façon à ce que tout le monde puisse vivre de cette manière
et qu'il y en ait assez pour tous.
...
C'est ainsi que se termine cette première étape
de notre voyage au Canada.
Le choix de vie de Shannon et Brian
rencontrent de la nécessité à respecter l'environnement.
Par leurs projets de ferme agricole,
le jeune couple démontre que l'agriculture n'est pas morte
et surtout, qu'elle est là pour nous nourrir et bien.
Nous quittons la Nouvelle-Écosse
et merveillez par les paysages sauvages.
...
Changement de décor radical.
Montréal agit plus comme le poumon économique
et culturel du Canada que pour son agriculture.
Cependant, depuis une dizaine d'années,
la ville et ses alentours militent
pour la promotion de l'agriculture urbaine et périurbaine.
Et il n'est pas rare de voir un flux migratoire d'urbains
vers les campagnes, redeveloppant ainsi l'approche campagne
et faisant découvrir le nouveau goût du Canada.
C'est le cas de la ferme Tournesol,
une coopérative agricole regroupant 5 amis fermiers
qui ont fait le pari de nourrir les urbains localement
en proposant légumes et petits fruits, on ne peut plus frais.
Mais avant de partir à la rencontre de ces fermiers,
faisons un point sur l'agriculture biologique dans le monde.
...
La surface mondiale cultivée suivant le mode biologique
est d'environ 37,2 millions d'hectares.
Il existe 1,8 millions d'exploitations agricoles
certifiées bio dans le monde.
80 % des surfaces bio à l'échelle de la planète
sont localisées dans 15 pays.
...
L'Amérique du Nord représente 48,8 % du marché bio mondial.
Les fruits et légumes bio représentent des ventes
de près de 9 euros par seconde.
Soit 264 millions d'euros par an,
le produit bio le plus consommé est l'œuf,
peut-être parce que nous en avons assez de manger
des oeufs issus de poule élevé en batterie.
On peut le reconnaître par un zéro marqué sur la coquille
pour le distinguer des autres modes d'élevage.
Mais qu'est-ce que le bio?
La qualité biologique d'un produit et d'un légume
désignent en fait un mode de production agricole
dont les fondements sont basés sur la non-utilisation
du produit chimique de synthèse.
Autrement dit, ce produit a une meilleure traceabilité
et est plus naturel.
Dans notre quête de produits bons et responsables,
nous sommes allés découvrir une exploitation biologique
en Nouvelle-Écosse.
...
On est une coopérative,
cinq propriétaires de l'entreprise et cinq employés.
Donc on est 10 personnes à temps plein sur l'entreprise.
On travaille sur sept hectares qui sont loués.
Une bonne partie est en engraver
pour les reposer le sol et l'archer.
Et puis on fait de la production sur environ 3-4 hectares
de légumes frais biologiques et de semence.
...
Il y a un regain intérêt pour l'agriculture paysanne
et puis les circuits courts.
Mais ça reste marginal dans le monde agricole en général.
Quand je vais à des réunions
de syndicats d'agriculteurs,
la grande majorité des gens
en agriculture au Québec
font du maïs, du soya, du laitier.
C'est en grande culture conventionnelle
à la plupart du temps.
Et souvent, les gens qui se démarrent
en production maraîchère diversifiée,
comme ce qu'on a ici,
sont en train de faire du milieu agricole
qui arrive dans l'agriculture
plus par préoccupation environnementale
ou par désir de retourner à la terre.
On est en train de faire la preuve
qu'on peut bien vivre dans notre agriculture
avec ce modèle d'agriculture-là,
parfois même mieux que par les chemins conventionnels.
Et puis il y a plusieurs beaux exemples
de réussite au Québec dans les dernières années.
L'agriculture conventionnelle
est l'agriculture d'après-guerre moderne
pour les réalisations poussées
ainsi qu'aux pesticides et aux engrais chimiques.
C'est malheureusement l'agriculture
qui est la plus répandue à travers le monde.
Frédéric, quant à lui,
pratique un maraîchage diversifié
qui respecte la saisonnalité,
le repos de la terre
et surtout avec une gestion naturelle
des milieux vivants.
C'est l'agriculture du bon sens.
C'est une tomate romane.
C'est une variété qu'on achète.
On essaie toujours d'augmenter la proportion des semences
que nous produisons par nous-mêmes.
Si à la ferme, ça réduit nos coûts
et ça augmente beaucoup notre autonomie.
Bien plus qu'une autonomie,
la ferme tourne-sol est une des rares fermes
à avoir une réserve de graines
des années, ce qui lui permet de vendre
directement les semences auprès des autres fermiers,
garantissant une traceabilité exemplaire.
Nos semences, les gens les reconnaissent
pour être des semences qui sont fiables
et qui vont bien produire au Québec
dans un climat nordique comme le nôtre.
Donc plutôt que de s'approvisionner
en Israël, aux États-Unis,
si, tu sais, quand on va
dans des cancailleries
ou à l'épicerie qu'on achète des graines,
ça vient d'un peu n'importe où.
Mais chez nous, c'est plus authentique.
Extraire et recever ces graines
permet un meilleur rendement
car les graines locales s'adaptent
au climat de leurs origines,
ainsi elles sont déjà adaptées
aux caractéristiques du sol.
Cette pratique est autorisée au Canada
et ce, malgré le lobby
des grands groupes de semenciers
qui tendent à uniformiser le marché.
Le sol, c'est vraiment
ce qui est à la base de l'agriculture biologique.
En agriculture biologique,
le sol, parce que le sol nourrit les plantes,
les plantes nourrissent les animaux
et les humains. Donc on travaille sur le sol.
On essaie pas de donner les nutriments solubles
directement pour les plantes,
comme on le fait en conventionnel.
On enrichit le sol et puis c'est les bactéries
qui font ces transformations-là
pour les restes les plantes.
Au fil des années,
la ferme est devenue un modèle économique viable
jusqu'à même former
une nouvelle génération de fermiers
venant de tous les continents.
Alors, chaque mois,
on fait un barbecue avec les employés
et avec les amis, la famille.
C'est une manière qu'on a trouvé
il y a quelques années de ramener nos familles
davantage à la ferme
puis de bâtir un esprit d'équipe.
Une fois par mois,
on a une célébration comme ça,
on arrête de travailler un peu plus tôt.
C'est dans un esprit authentique et convivial
que se termine cette première journée
à la ferme Tourne-Sole.
Frédéric nous donne rendez-vous le lendemain matin
afin de le suivre
sur les préparatifs du marché du samedi
sur la commune de Saint-Anne
à deux pas de Montréal.
...
...
Rendez-vous à 5h du matin
juste avant le marché.
A Tour de rôle, les employés de la ferme
se relaient tous les samedis
afin de charger le camion de légumes frais
prêts à être vendus.
...
En une heure, le camion de 20 m3
est chargé de tout le nécessaire
à la mise en place du stand sur le marché.
Le choix des légumes évolue en fonction des saisons.
Pour Frédéric, il faut calculer au plus juste
afin de ne pas être en manque de légumes
tout en vendant le maximum.
...
Le marché de Saint-Anne de belle vue
est venu en quelques années
le rendez-vous du producteur incontournable
de la région.
...
On est dans des plus anciens marchés
Champaït, là, ici.
Il y a eu des grands marchés
à Montréal depuis très longtemps,
mais il y a beaucoup de revendres
dans ces marchés-là.
Ici, c'est un marché plus authentique
d'un producteur et pas de revendres.
Le marché nous a demandé
qu'il y ait des légumes biologiques
et le marché a beaucoup grandi.
La clientèle est très fidèle.
Ils viennent à chaque semaine
qui fait beau, ils pleurent.
Les gens sont là
et ils forment leur proposition pour la cinéâtre.
...
On aime beaucoup des légumes biologiques
et...
straight from the garden.
C'est merveilleux.
Les Canadiens commencent
à s'intéresser au produit frais
et semblent consommer différemment.
Ils découvrent des produits
et prouvent leur attachement
à la nourriture saine et locale,
quitte à changer leur façon de les cuisiner.
Le plus important,
c'est de toujours parler au fermier
pour savoir comment il fait
pour faire pousser ses légumes.
On apprend où ils viennent précisément,
de quelle région ils sont originaires.
Je ne sais pas si c'est comme en France
où la culture de la nourriture
s'est développée, plus vieille
et où les gens sont probablement
plus connectés au ferme artisanal.
En Amérique du Nord,
la transition vers ce type d'alimentation
a été plutôt lente,
mais elle est en train de s'accélérer.
...
Ça fait quelques années qu'on vient.
On habite l'île de l'autre côté
et puis c'est facile pour nous
parce que plusieurs exposants
justement offrent des produits biologiques.
On est de plus en plus sensible
à ce qu'on ingère.
Et puis la ferme tournesole
ça fait plusieurs années qu'on vient
parce qu'à cause de la quantité
de ce qu'ils offrent.
On est conscient que tous les aliments
sans pesticides,
sans insecticides pour nous, c'est important
les cinq enfants, puis on veut qu'ils soient
en santé pendant longtemps, donc
c'est la raison pour laquelle on vient ici.
...
Pour la ferme coopérative tournesole,
tout est basé sur la même philosophie de vie,
l'autonomie et le partage.
Les parcelles sont cultivées pour le commerce
mais certaines sont prévues pour les membres
de la coopérative pour une consommation
plaisir et personnelle, comme cette année
avec ses framboisiers.
...
La coopérative est office de pionnière
dans l'agriculture biologique au Canada
et semble être le futur
terroir canadien.
Partout à travers le monde, après la 2e guerre mondiale,
il y avait toute une machine industrielle
qui avait été créée pour la guerre, qu'on a recyclé
pour l'agriculture, pour les gens
les pesticides, c'était une panne assez,
on a enfin se débarrassé des insectes
puis des problèmes. Maintenant, dans les années 90-2000,
il y a vraiment
un retour du balancier,
les gens recommencent à s'intéresser
au local, à la nourriture,
à ce qu'ils mangent. Si je pense, moi,
à ce qu'on mangeait quand j'étais jeune,
ce que ma mère cuisinait,
puis que je vais maintenant chez ma mère,
puis je vois qu'est-ce qu'elle cuisine.
Je trouve que ma sœur, qui est plus jeune que moi,
est très chanceuse.
Ça, les produits ont changé,
la qualité de la nourriture a changé, etc.
Ça, c'est dans ma famille à moi,
mais c'est dans plein de familles au Québec
que ça s'est passé comme ça.
...
Souvent, les gens essaient de créer
une dichotomie entre le local et le bio.
Moi, je pense que si tu veux manger
bah, il y en a pas des bananes qui sont produits au Québec.
Et puis, donc, tu devrais manger des bananes bio.
Parce que si tu manges des bananes
qui viennent de verger,
où les travailleurs sont en train de travailler,
puis ils se font asperger par des avions
avec des produits chimiques,
je ne pense pas que c'est éthique pour les travailleurs.
Je ne pense pas que c'est bon pour l'environnement
au Nicaragua. Moi, j'aime bien savoir
qu'il y a de l'agriculture qui est faite de la bonne manière
partout dans le monde.
Et puis là, bon, en hiver, ici, au Québec,
c'est un autre enjeu. Les gens veulent encore avoir
du frais et tout. Moi, dans mon alimentation,
l'hiver, je ne mange pas de la salade.
Puis à ce moment-là, je n'ai pas l'enjeu
éthique d'avoir de la salade bio de la Californie
ou quoi que ce soit.
Mais, bon,
je ne peux pas forcer tout le monde
à manger des poireaux, des carottes.
On veut bâtir un mouvement
de production locale
de nourriture. Donc, ça prend plus
de fermiers pour pouvoir nourrir la population
du Québec de façon locale.
Beaucoup, beaucoup, de
produits qui sont consommés au Québec sont importés
des États-Unis, la Californie, d'ailleurs
dans le monde. C'est sûr qu'on est l'hiver
ici, donc c'est difficile d'avoir des produits frais
en hiver. Et puis, il y aura toujours
un certain besoin d'importation.
Mais en été, on pourrait faire beaucoup mieux
puis se nourrir beaucoup plus de produits québécois.
Il y a de plus en plus
de place pour des jeunes producteurs
qui peuvent se lancer
puis essayer de gagner leurs pains
en produisant de la nourriture
pour les gens qui vivent dans leur région.
Il faut faire les bons choix
puis de ne pas perdre son temps.
Donc, on analyse ce qu'on fait.
On s'assure de
de faire pousser les bonnes vérités,
de faire pousser les bonnes cultures,
de faire ce qui est efficace.
Et puis, c'est comme ça qu'on réussit
à se tirer des salaires viables
puis à garder un ryb de vie
puis une charge de travail raisonnable.
Face à l'agriculture intensive,
le travail de Frédéric
consiste à recréer l'authenticité
du pouvoir canadien.
En quelques années, la coopérative s'est imposée
comme une référence dans le maraîchage diversifié.
Cette initiative est saluée
tous les samedis par les habitants
qui découvrent et viennent consommer
...
...
