C'est ce que j'essaie de montrer, c'est que la méthode anthropologique que j'ai appris, après avoir appris la sociologie jusqu'à l'origine, ma spécialité,
était la sociologie des organisations que j'avais appris en travaillant en deux ans avec Michel Crozier, que peut-être certains ici connaissent de nom, et Erhard Friedberg,
et ont travaillé sur la politique industrielle, donc sur le ministère de l'Industrie et sur des réseaux qui étaient notamment le réseau des cordes,
une de mes spécialités, ce sont les réseaux, que j'appelle maintenant des réseaux pré-numériques, puisque nous avons des réseaux numériques,
et les réseaux les plus importants, ce sont les réseaux sociaux, qui sont des réseaux pré-numériques. En anglais, j'avais du couvert ça un jour en Floride,
où j'enseignais, et j'entends une fille qui voit un appareil de photo ancien, c'était en 2000, et elle dit « Oh, a predigital camera ». Alors ça m'a beaucoup plu,
il y a un appareil de photo pré-digital, et donc j'ai gardé l'expression pour les réseaux sociaux pré-digitaux, c'est-à-dire les réseaux,
où les gens sont en face à la vache ou se connaissent. Et partout où je vais dans le monde entier, quand des enquêtes s'y prêtent,
je regarde les réseaux sociaux, j'en tire une conclusion intéressante que je ne peux pas développer non plus, c'est qu'il n'y a pas de société individualiste,
qu'on commence, qu'on croit. En valeur, oui. En réalité, toutes les sociétés fonctionnent sur la base de réseaux très divers, c'est même ce qui fait la base d'une société.
S'il n'y a pas de réseaux, il n'y a pas de société. Et ça se voit quand on travaille sur les SDF, comme on l'a fait une casaine d'années,
un SDF, c'est pas un pauvre uniquement. C'est quelqu'un qui n'a plus aucun réseau, plus aucun lien social. Donc toute la vie sociale est faite de réseaux.
C'est ce que j'ai appris là. Et en partant après au Congo, je suis devenu anthropologue. Et j'ai eu à travailler sur des champs,
des champs de baffons, des champs de collines, des champs sur les pentes. Et on faisait du maillot, on faisait du maïs, on faisait des légumes, etc.
Les champs aussi de jardin, ce qu'on appelle. Et quand je suis rentré en France, j'étais deux ans au chômage.
Il fallait que je trouve du boulot, donc j'ai réussi avant des enquêtes, j'ai réussi avant des conférences. Et à partir de ça, petit à petit, j'ai transposé
ce que j'avais appris dans les champs au Congo, ou à Madagascar aussi avant, en traversant sur la résiculture.
Je l'ai transposé à l'univers moderne, des grandes villes, du consommateur moderne, et j'ai remplacé les champs par les pièces de la maison,
la cuisine, le living, donc les couloirs, les chambres, les toilettes, la salle de bain, etc., les bureaux quand il y en a.
Et dans ces pièces, il y a des objets, et ces objets sont des analyseurs, des usages, des pratiques, de l'imaginaire et des relations sociales
et de la sociabilité à l'intérieur de l'espace domestique. Et donc j'obtiens à partir de ça tous les éléments que je vais reconstruire autour
de ce que j'appelle un itinéraire, peu importe, ça vient d'un itinéraire technique. Et je vais reconstruire le processus de décision
en me demandant qu'est-ce qui déclenche l'achat de tel ou tel produit, ou l'accès à tel ou tel service, ou tel cadeau, peu importe.
Et je peux appliquer ça aussi bien, un problème de consommation marchande d'un grand distributeur ou d'un commerce d'aujourd'hui,
que je peux l'appliquer à des problèmes de développement dural ou à des problèmes d'économie d'énergie, ou je ne sais pas encore.
À chaque fois, le problème est le même que ce soit, je pourrais exprimer une formule imagée qui est fausse en vrai,
c'est-à-dire pour faire le bien ou pour faire le mal. Les problèmes sont les mêmes. Rien ne marche comme prévu.
C'est ça qui est important à retenir. Il y a des mécanismes sociaux, il y a des réseaux sociaux, il y a des sociabilités, il y a des interactions entre les gens.
Je vais prendre un exemple simple, prenez-le en termes simples aussi. Vous allez prendre les programmes de gauche et les programmes de droite,
regardez déjà Fillon, je dis ça en termes absolument neutres, il est en train de réduire déjà ce qu'il avait promis.
Moi, je l'avais prévu, non pas parce qu'il ment, non pas parce qu'il faut d'abord se battre sur sa droite ou sur sa gauche pour gagner en interne,
mais parce qu'il y a des groupes de pression. La vie est faite de groupes de pression. Et ces groupes de pression font qu'on a beau avoir des bonnes idées
ou des mauvaises, peu importe. Immédiatement, les groupes de pression apparaissent. Et c'est pareil au niveau de l'espace domestique.
Quand vous regardez les batailles autour des jeux vidéo, les batailles autour des achats alimentaires, les batailles autour du bricolage,
les batailles autour du linge, peu importe. Prenez tout. Il y a sans arrêt des tensions et des batailles et de la coopération.
Il y a aussi un peu d'amour là-dedans, malgré tout. Mais il n'y a pas que de l'amour dans la famille, ça serait.
Et donc c'est ça qu'on observe, comme on va dire, que j'observe dans la vie quotidienne des gens. Et je l'ai appliqué notamment à la Chine.
Et le dernier cas que j'ai fait, il est à la fin de mon slide ici. Il y a les directement du reste. Est-ce que je vais descendre?
Peut-être comme ça, voilà. Oui, je vais descendre. Alors avant de descendre, j'ai quand même montré un ou deux trucs.
L'innovation, c'est très compliqué. C'est sûrement pas un moment. Ce n'est pas qu'une idée. L'innovation, c'est un processus social et collectif.
C'est ça le point de vue qu'on a d'un point de vue sociologique. Ceux qui veulent, comme on dit, le PowerPoint, pour le point, il n'y a pas de coopération au PowerPoint.
Même souvent, ils sont en ligne sur mon site du reste. Et donc ce qu'il faut bien comprendre, c'est que je ne suis pas en psychologie.
Je répète bien et c'est très bien de faire de la psychologie. Ce n'est pas mon problème. Ce n'est pas ça du tout. Je ne suis pas en psychologie.
J'essaye de montrer la dimension collective et sociale des processus d'innovation et des processus de décision que je sois dans l'entreprise,
ou n'importe quelle organisation, ou que je sois dans l'espace domestique, dans la famille. C'est pareil.
Ce qu'il faut comprendre aussi, c'est les leçons que j'ai mis ici, c'est une façon de les présenter. C'est que pour innover, il faut explorer.
Donc quelque part, c'est un risque. Donc quelque part, c'est inquiétant. L'innovation, c'est aussi une transgression.
C'est pour ça que quand on dit qu'il faut innover, il faut innover, il faut innover, c'est pas si évident que ça, parce que c'est beaucoup de risques.
Surtout dans notre société à nous, peut-être plus qu'aux États-Unis, paraît-il. Je demande à avoir le plus près, mais pourquoi pas.
Donc ça veut dire que l'autre leçon que je tire aussi, c'est la Leçon 4. Il n'y a pas d'innovation sans contrainte.
On peut dire que c'est peut-être pessimiste. On peut dire que c'est pas ça du tout. J'observe encore, c'est beaucoup, beaucoup de l'observation,
à part les innovateurs, à part les militants, à part les entrepreneurs, c'est à des gens, qu'il y a une énergie telle
qu'ils peuvent dépasser ou ne pas penser, surtout aux contraintes qu'il y a pour créer une entreprise.
J'en ai créé qu'à tous 5, donc je sais bien ça aussi. Quand on est militant pour faire passer des idées invendables,
que vous soyez au Parti communiste ou ailleurs, il y a quand même des idées plus compliquées à vendre que d'autres.
Vous avez une énergie telle que les contraintes ne jouent pas. Mais si vous sortez de ces innovateurs, à ce qu'on appelle,
vous savez, dans les courbes d'innovation, je crois que je l'avais mis par ici quelque part, j'ai plus de limites, peut-être voilà ici,
ce qu'on appelle les innovateurs, les tout premiers, c'est marginal. C'est 2, 3, 4 % de personnes. C'est ce qu'on écoute pas.
À part cela, les autres vont rentrer dans la courbe, ce qu'on appelle la courbe épidémiologique, la courbe de diffusion d'innovation
à un niveau très macro-social sous contrainte, sous contrainte, très simple, ça peut être des contraintes de prix, des contraintes de simplicité,
ou le fait par exemple, quand vous travaillez sous nouvelles technologies, notamment la communication, si tout le monde est avec un téléphone mobile,
c'est très compliqué de résister à ça. La norme de groupe fait que tout le monde passe au téléphone mobile,
ou tout le monde est passé à l'ordinateur domestique, ou tout le monde va passer à, je sais pas quoi encore, peu importe.
Et à chaque fois, on va voir cette espèce de courbe qui n'est pas prévisible à l'avance, mais on voit que les innovateurs, c'est ultra minoritaire.
Le mystère pour moi à chaque fois, c'est qu'est-ce qui fait que l'innovateur, qu'il y a une idée, qu'il y a une invention, va se diffuser ou pas.
Et je défie quelqu'un de le prévoir à l'avance. J'ai un nombre de cas formidable, je pense que c'est une belle thèse que j'avais eue sur la carte postale,
ou le point de départ de la carte postale, c'est les femmes, c'est pas courant du reste en termes de macro sociologie.
Les cartes postales ont démarré à partir des femmes et se sont diffusées après dans la société.
Le plus souvent, c'est souvent à partir de classes supérieures que ça se développe, mais vous avez aussi des innovations qui partent de classes populaires
ou de milieux agricoles, on l'a beaucoup en cuisine par exemple. Mais le point de départ et la diffusion après, elle n'est pas toujours évidente.
Et pour montrer la difficulté d'innovation, je vous montre juste ça que j'aime bien. Ce que j'appelle le camembert de l'angoisse,
c'est une image encore pour la galère dans la tête, qui est quand le pape dit « N'ayez pas peur », je m'excuse de dire ça,
ça ne me paraît pas très intelligent de dire ça. Je pense que moi, j'ai très peur des gens qui n'ont pas peur, parce qu'on n'en fait rien.
Mais on voit bien, c'est une métaphore ici, c'est une image, je ne fais pas un chiffre, que trop de peur, trop d'angoisse,
il faudrait distinguer les deux, mais je ne le ferai pas ici, entraîne de l'inhibition. Donc c'est comme le cholestérol,
il y a une bonne peur et il y a une mauvaise peur. Mais l'innovation est forcément liée à de la peur,
donc vous voyez, par rapport à discours courants, les contraintes c'est positifs, la peur c'est positifs.
Vous voyez, l'innovation, la transgression, c'est important. Plutôt que de penser l'innovation comme un processus simple,
ou avec lequel tout le monde serait d'accord, penser plutôt qu'innovation est un processus qui, en gros,
va faire que tout le monde va se dresser contre l'innovation, pour une raison majeure. La raison majeure pour moi,
et ça je pense, elle n'est pas qui est dans le cas de ce qui est fait aussi, c'est qu'une innovation,
donc je distingue à invention, innovation, réception, mais peu importe, quand une innovation, quelque chose de nouveau,
rentre dans un espace domestique, un espace agraire, une entreprise, un nouveau département, il met du désordre.
Cette innovation entraîne du désordre. Automatiquement on est contre. Et c'est normal, normal au sens sociologique,
pas au sens moral, bien sûr. Donc l'innovation, c'est quelque chose qui demande énormément d'énergie.
Et c'est pour ça que c'est extrêmement compliqué et qu'il ne se fait pas dire qu'il n'y a qu'un faux con.
Ça ne veut pas, je voulais aller à la fin, le cas des voissons. En fait, ça va me permettre, je m'arrêterai là-dessus,
vous êtes 19h27. Qu'est-ce que je vais essayer de montrer ici? Alors c'est une très grosse enquête qu'on a faite pour Danone.
C'est une des rares fois du reste où c'est pas vraiment, où c'est pas confidentiel, puisque je vais la publier
dans un bouquin en anglais, qu'on a déjà fait un résumé de quatre pages qui va sortir bientôt, en français et en anglais.
Le grand intérêt de cette enquête, c'est qu'on l'a faite dans quatre villes. C'est une vraie enquête anthropologique au sens
que c'est dans quatre villes. À chaque fois, on a interviewé une vingtaine de personnes.
Techniquement, je fais ça avec une équipe de Chinois qui est à Guangzhou. Guangzhou, c'est Canton, que je forme depuis une vingtaine d'années.
Certes, en fait, même 2 ou 3, on fait des doctorats avec moi. Et je travaille pas avec l'entrepollogue, mais avec le département de français
qui a été créé par mon collègue, et néanmoins ami, comme on dit à l'université, Jungle et Roi, qui a développé
une partie étude dans le département de français pour donner plus de capacité à avoir des débouchés aux étudiants chinois
qui apprennent le français. Donc je m'occupe pas de savoir si c'est des bons anthropologues. L'important pour moi, c'est d'avoir
des bonnes traductions. Et traduction le plus possible mot à mot, parce que le Chinois est une langue extrêmement concrète, pas du tout abstraite.
Il y a des attractions aussi, mais extrêmement concrètes. Les mots sont extrêmement intéressants en chinois.
Et donc, avec cette équipe-là, on a fait l'enquête à Guangzhou, et avec ma doctorante chinoise qui s'appelle Ma Ma,
ça veut dire cheval en chinois, Ma Jin Jing, on a fait une partie à Guangzhou, on a fait une partie à Shanghai,
Shanghai en chinois, et à Beijing. Et on a fait, je lui fais avec elle, une vingtaine d'entretiens et d'observation.
Et elle a fini à Chengdu, qui est au milieu du Sichuan. Ceux qui connaissent la Chine et le Sichuan, c'est la zone des piments.
Ceux qui aiment les craintes-là, comme on dit en chinois, très pimentées. Là, vous êtes gâtées, vous êtes de voir des plats.
C'est tout rouge, c'est pas compliqué. On ne mangeait pas le piment, mais le plat est bien, bien pimenté.
Et donc ce qui m'a le plus frappé dans tout ce qu'on a vu chez les gens, c'est quand on a été à Beijing,
on a été avec une personne, déjà tout ça ressemble beaucoup au problème qu'on a en France, avec une personne,
on a été en voiture, on a à peu près à 70 km. Donc vous voyez, on a des commuteurs, comme aux États-Unis,
ils sont à 70 km du centre, ils sont des espèces de résidences, un peu comme les...
J'ai oublié le mot tout d'un coup en anglais, c'est ces résidences un peu fermées. Les condominiums, c'est ça? C'est ça?
Je fais beaucoup de condos, je fais beaucoup de chercher. Et puis, il faut qu'ils résolvent leurs problèmes.
Alors le premier point important, quand on est en Chine, il faut savoir qu'il n'y a pas d'eau potable. Nul part.
Quand j'ai vécu trois mois et demi à l'université de Canton, tous les matins, je prenais mes deux thermoses
et j'allais chercher mon eau bouillante en bas à la machine qui faisait de l'eau bouillante.
C'est une machine, une grosse machine qui doit avoir de 2-300 litres d'eau. Et donc, on a décrit toute l'organisation
de la fabrication de l'eau chaude bouillie et donc potable et buvable. Et vous avez le robinet,
vous avez la machine électrique pour faire de l'eau chaude, vous avez le thermos, vous avez le refroidisseur,
vous avez après ça l'atériaire éventuellement, encore qu'à Beijing, dans la zone nord de la Chine,
on boite l'eau chaude. C'est qu'à Canton, on boit vraiment du thé. C'est quand même une différence culture intéressante.
Mais voilà. Donc ça veut dire qu'aujourd'hui, qu'est-ce qui fait que les gens vont acheter finalement des bonbonne d'eau,
qu'est-ce qui fait qu'ils vont acheter, et là, on rentre dans les usages de l'enquête, c'est que ça simplifie quand même pas mal le boulot.
Mais on va montrer aussi qu'une partie des familles chinoises sont opposées aux boissons industriels,
souveniveau du reste des années 80, 90 en France, où tout le monde était opposé au Coca-Cola. On l'est encore aujourd'hui en partie, mais beaucoup moins.
J'avais fait un article, j'adorais, puisque ça s'appelle « Comment les enfants manipulent les parents ».
En 90, il y avait... J'adore celle-là. Sa gamme, elle avait 8, 10 ans, et c'est toujours pressant sur ses parents pour obtenir du Coca-Cola, notamment, etc.
Mais il disait, « Une fois par mois, maman est un peu plus nerveux, ce jour-là, il ne faut pas faire de pression ».
Je ne sais pas comment il avait observé tout ça, mais c'était un vrai observateur. Les enfants sont malins.
Et donc, ce que montrent les observations après, c'est que dans une partie des familles chinoises, on est opposés aux boissons industriels,
et là, je vais sauter un nouvel élément qu'on connaissait bien, on l'a vraiment très bien analysé là,
c'est parce que les boissons industriels rentrent dans un système à la fois de pratique, avoir de l'eau potable, avoir de l'eau saine,
mais surtout, elles rentrent en contradiction avec le système chinois symbolique de gestion de la santé, ce qu'on appelle le chi,
la circulation de l'énergie ou de l'air. C'est un très joli caractère chinois, le chi.
Et quand on veut être... Enfin, pour se maintenir en bonne santé, il faut maintenir... Je simplifie, mais c'est à peu près ça quand même,
il faut maintenir l'équilibre entre le chaud et le froid. Et pour les femmes, les boissons froides ne sont pas très bonnes,
parce que les femmes du fait des règles ont des problèmes d'équilibre entre chaud et froid,
et le froid rentre en contradiction avec les menstruations. Donc quelque part, les boissons froides sont plutôt perçus négativement.
Or, les boissons industriels soient sont neutres, soient sont associés à des boissons froides, et donc sont perçus négativement.
Ce que je viens de vous résumer là en deux, trois éléments, c'est de vous dire, c'est sa chose suivante.
On a analysé à la fois le système matériel de production de l'eau chaude dans l'espace domestique.
On découvre à travers ça que c'est quand même un système relativement compliqué, qui demande du temps en tout cas,
que ce temps rentre en partie en contradiction avec le temps nécessaire pour le travail et pour les activités quotidiennes,
et donc que ça ouvre la porte à des boissons quand même plus faciles d'usage et surtout d'accès.
Parce qu'on n'a pas les fabriqués.
Mais en même temps, on voit que ça rentre en contradiction avec le système de valeur et de gestion du corps et de la santé.
Et puis en même temps, on continue à travailler là, vous voyez, on est passé des usages, des pratiques,
on est passé aux représentations aux valeurs, donc je les intérieureux bien.
En même temps, on découvre que si on fait des fêtes et qu'on offre de l'eau chaude, c'est pas très festif.
Et donc tout d'un coup, on découvre que, tout d'un coup, pour faire vite, on découvre qu'un des marchés potentiels des boissons industrielles,
si elles ne sont pas trop foncées, plutôt à mauvais signe, si elles sont plutôt proches du blanc,
si il n'y a pas trop de sucre de dormir un peu quand même, tout d'un coup, on voit qu'il y a un marché qui est là,
qui est le marché festif. Effectivement, quand on va en Chine, quand vous avez des mariages par exemple, c'est bourré de soda.
Il y a le Mahouta, et bien sûr qu'il a l'alcool de riz, ça, c'est obligatoire. Il ne faut pas trop abuser parce qu'à la, vous tombez raide.
Mais c'est comme ça. Et puis vous avez les sodas. Et au final, à partir de cette enquête très qualitative,
donc quelque part qu'il faudrait peut-être quantifier si on lance un produit un jour à partir de ça, mais on voit très bien le périmètre du marché,
parce que le marché, ce n'est pas un marché. Le marché, c'est de la société. Ce que nous dit l'anthropologie,
moi, je ne raisonne jamais en termes de marché au sens de marché libéral, ce n'existe pas. Ce que je montre, c'est qu'un marché,
c'est un morceau de société, ou une partie de la société. Le marché est encastré dans les rapports sociaux.
C'est ça l'anthropologie, ce qu'elle nous apporte. Et bien ce marché, il est assez clair. Il y a plutôt un interdit à l'intérieur de la maison,
parce que ce n'est pas très simple par rapport à la santé. Il y a plutôt un interdit entre 6 ans à 18 ans,
parce que par rapport à l'école, les boissons sucrés et les boissons industriels sont considérés comme concurrentiels
avec le fait de bien travailler. Et il y a un interdit après 30, 35 ans en fonction du moment où on se marie, si on se marie encore,
dans la mesure où ce n'est pas très bon pour les enfants, si on a un enfant. Il n'y en a plus qu'un aujourd'hui, ça va être compliqué.
Donc finalement, on a une espèce de triâne qui apparaît, qui est de dire, apparemment, votre produit, votre boisson industriel,
on peut l'affaire apparaître, si plutôt à l'extérieur de la maison, plutôt en mobilité, et plutôt avec des gens entre 18, 35 ans.
Et il faut travailler là-dedans. Bien évidemment, il y aura d'autres choses. Mais là déjà, vous avez une bonne approximation
de l'endroit où développer votre produit, votre boisson industriel en sachant qu'il faut minimiser le sucre.
Et la deuxième enquête du reste qu'on a faite, qui est malheureusement confidentielle, parce qu'elle est très intéressante,
qu'on a faite pour Danone, ça a été sur les pratiques du sucre et les représentations du sucre. Cela dit,
on fait beaucoup d'observations de magasins et je suis étonné par la quantité de produits sucrés qu'il y a dans les magasins chinois.
Donc on a beau dire que la norme est contre, à mon avis, la pratique, et quand même d'acheter des produits sucrés.
Donc voilà un exemple raccourci, mais assez intéressant, qui montre comment on peut faire un lien en partant vraiment
de méthodes, enfin de techniques de recueil de l'information basées sur de l'observation dans le logement,
en suivant les gens, là ils vont faire leur course, etc. On arrive à, au bout de tout ça, à à peu près montrer les périmètres
d'un marché. Et au bout de la chaîne, et c'est la première fois que ça m'arrive en direct, mais j'arrive à le dire,
là c'est la première fois en direct, mais je peux pas dire la fin finale, finale, Danone a inventé un produit.
Non pas un produit du reste, assez intéressant à boire, mais un produit pour porter la boisson. Donc ils ont réinterprété,
et c'est ça l'astuce, ils ont utilisé et réinterprété une partie des résultats anthropologiques. Et pour moi l'énigme
de l'innovation, elle est là. Elle est dans la capacité, qu'ont les organisations ou pas, qu'ont les acteurs de l'organisation
à réinterpréter les résultats qui leur sont donnés, soit par biologie, soit par un chimie, soit par un physicien, soit par un médecin,
soit par un anthropologue, peu importe. Elle est réinterprétée ou pas, en acceptant que ce n'est pas exactement dans leur cadre de pensée,
je pense surtout au marketing, qui a beaucoup de mal à travailler sur les usages et les pratiques, qui a beaucoup de mal à raisonner
en dehors de la marque, et c'est comme ça, c'est son boulot, c'est normal. Mais le plus compliqué, c'est pas ça.
C'est qu'il faut que les anthropologues acceptent que les données qu'ils auraient coltées, de la sorte la plus rigoureuse possible,
qu'elles auraient été en recoupant beaucoup et en comparant beaucoup, soient transformées par l'entreprise.
Il faut qu'on accepte que l'usage de nos données, quelque part, n'est plus rien à voir à la fin par rapport à l'origine des données,
ce qui est tout à fait normal, ce qui n'est pas propre à l'anthropologie, mais j'allais dire dans toutes les sociétés, toutes les organisations,
les idées de base quand elles se diffusent sont largement transformées. Ça m'arrive souvent quand je m'arrêtais là.
Quand je fais une conférence, on me dit, ah mais c'est formidable ce que vous avez dit, bon je suis très content.
Parfois je le tente de demander qu'est-ce que j'ai dit et ce que j'ai dit, est-ce qu'elle a retenu la personne,
n'a rien à voir à ce que j'ai dit. C'est même souvent l'inverse. C'est comme ça. C'est ce que racontait Guy Bodeau.
Il disait quand il faisait des sketches contre les gens racistes, un jour il y avait une dame qui vient le voir à la fin
et qui dit, ah vous leur avez bien mis aux arabes. Bon ça a l'air un peu gêné, mais bon c'était comme ça.
C'est classique et c'est quelque chose qu'on connaît très très bien quand on travaille sur la psychologie cognitive,
ce qu'on appelle les cadres mentaux, les cadres de la réception mentale qui sont extrêmement intéressants,
ou en fait on écoute en transformant. On écoute jamais de façon directe.
Et donc quand je parle comme ça, par exemple, je vais donner un tas d'exemples, je me dis,
moi ce que je cherche à faire c'est non pas à ce que vous pensiez comme moi, ce qui n'est pas forcément très intéressant,
mais que vous captiez dans ce que je vous raconte des éléments réinterprétables dans votre système d'action
ou d'interprétation, etc. Merci pour votre attention.
