À Danier, vont-ils réellement exister?
Avons-nous une chance de trouver un jour l'arche de Noé et la tour de Babel?
Et où se trouve exactement la sépulture des patriarches Abraham, Isaac et Jacob?
Voici quelques-unes des questions auxquelles nous allons répondre
dans cette troisième leçon du parcours Ouvrir l'Ancien Testament.
Si on lit la Bible de la même manière qu'on lit un roman,
ou n'importe quel autre livre, c'est-à-dire en commençant par les premiers chapitres,
on tombe sur ces deux récits-là, les deux récits qu'on retrouve en jeunesse 1 et jeunesse 2,
deux récits de la création, et vous vous souvenez, à la fin de la deuxième leçon,
je vous ai demandé de comparer ces deux récits-là,
et on s'aperçoit qu'il y a des différences fondamentales entre ces deux histoires
qui racontent la création.
À titre d'exemple, dans le premier récit de la création, celui qu'on retrouve en jeunesse 1,
le monde à l'origine est un espèce d'océan chaotique,
donc un monde humide, un monde d'eau, alors que dans le texte de jeunesse 2,
quand on commence à lire le texte, le monde à l'état original est un désert.
Donc il y a une différence très importante qu'on ne peut pas contourner
et qu'on ne peut pas essayer non plus de concilier par rapport au récit qu'on a dans jeunesse 1.
Une autre différence importante qu'on a entre ces deux ici-là,
c'est l'ordre dans lequel la création est faite.
Par exemple, dans le récit de jeunesse 1, on a les végétaux qui sont créés en premier,
donc les arbres, la verdure, ensuite les animaux,
et à la toute fin, l'être humain qui est comme le sommet de la création.
Tandis que dans le récit de jeunesse 2, on a l'être humain,
l'homme qui est créé en premier, ensuite les végétaux, ensuite les animaux,
et la femme n'est pas créée en même temps que l'homme, elle est créée à la toute fin
comme un complément pour l'homme.
Donc deux récits qui sont complètement différents et qui ne nous racontent pas tout à fait les mêmes choses.
Alors qu'est-ce qu'on fait avec ça?
On peut essayer de différentes manières de concilier ces deux récits-là,
mais en fait ces deux récits sont fondamentalement différents.
Il ne faut pas se surprendre de ça, ne faut pas se fusquer de ça,
surtout quand on pense aux nouveaux testaments,
où là on n'a pas seulement deux récits différents,
le nouveau testament commence avec quatre récits différents de la vie de Jésus.
Donc dans l'ancien testament, on a deux récits différents au sujet de la création.
Et c'est important de voir que ces deux récits-là ne sont pas les mêmes,
et qui nous transmet un message qui est différent aussi.
Vous savez, aux États-Unis, présentement, même aujourd'hui, en ce début de XXIe siècle,
dans les écoles, principalement au Midwest et dans le sud des États-Unis,
il y a des disputes interminables entre les commissions scolaires,
on pourrait dire, au sujet de ce qui doit être enseigné en ce qui concerne la création.
Donc on va avoir des gens qui vont dire, non c'est important,
il faut enseigner qu'est-ce que la Bible nous dit au sujet de la création,
il faut mettre ça en parallèle au même niveau avec ce qu'on retrouve dans les sciences,
par exemple avec la théorie de l'évolution de Darwin.
Donc de faire une chose comme ça, ça pose problème, je vous dirais, pour deux raisons.
D'abord parce qu'on compare deux choses qui sont complètement différentes.
D'un côté, on a une approche scientifique,
et de l'autre côté, on a un texte qui a été écrit il y a environ 25 siècles.
Donc un texte qui n'est pas un texte scientifique
et qui a été écrit environ 2000 ans avant le début de l'ère scientifique.
Donc on ne peut pas croire, penser que ce texte-là est un discours scientifique
au même niveau que la théorie de l'évolution,
plus que la théorie de l'évolution, plus que le discours scientifique arrive beaucoup plus tard.
Une autre raison pour laquelle on peut faire ça, c'est que ce n'est pas du tout le même genre de discours.
Ce qu'on a dans jeunesse 1 et jeunesse 2, c'est ce qu'on appelle des mythes.
Donc dans la pensée populaire, si on regarde dans le dictionnaire synonyme du mot mythe,
on pense tout de suite à fable, légende, invention.
On va voir ça de façon négative, on va dire, mais c'est uniquement un mythe.
C'est simplement un mythe. On va essayer de défaire un mythe, essayer de trouver si c'est un mythe ou non.
On a même une émission aux États-Unis où on tente justement de détruire les mythes
et de voir quel est exactement la vérité.
Mais en fait, il faut voir les choses exactement de la façon contraire.
C'est-à-dire que les mythes, un mythe, c'est quelque chose d'extrêmement important.
Un mythe, c'est un récit fondamental.
C'est un récit fondateur qui essaie d'expliquer les origines de quelque chose qui est très important.
Donc par exemple, dans le récit de Genèse 1 à 2, on ne cherche pas à expliquer comment le monde a été créé.
On cherche plutôt à expliquer pourquoi le monde a été créé, pour quelle raison.
Donc on répond non pas au comment, mais plutôt au pourquoi.
C'est donc ce qu'on retrouve dans les 11 premiers chapitres du livre de la Genèse.
Ces 11 premiers chapitres-là peuvent être considérés comme étant des récits mythiques
qui nous racontent les origines de quelque chose qui est très important pour l'être humain
et qui exprime des convictions de foi et des vérités qui sont théologiques
et non pas des vérités qui sont historiques.
Mais ces vérités-là sont extrêmement importantes
et ce n'est pas pour rien qu'on retrouve derrière ces textes-là tout de suite en ouvrant l'Ancien Testament.
Donc par exemple, le livre de Genèse 1, le texte de Genèse 1 par exemple,
c'est pas d'expliquer comment le monde a été créé de manière scientifique
et essayer d'expliquer pourquoi le monde existe et quelle est la place de l'être humain dans l'univers.
Donc c'est des questions auxquelles, par exemple, les théories scientifiques d'aujourd'hui
ne vont pas nécessairement répondre.
Ce sont des vérités théologiques qui demeurent.
Vous savez, par exemple, qui demeurent et il y a plusieurs réponses aussi.
On a le récit de Genèse 1.
On ne dit pas exactement la même chose que le récit de Genèse 2.
Et comme j'ai dit tout à l'heure, tout comme on a quatre évangiles,
ce n'est pas un problème d'avoir deux récits différents qui nous disent des choses différentes
parce qu'on n'est pas dans le domaine des sciences.
Dans les sciences, on a une seule façon d'expliquer les origines de l'univers.
On a par exemple la théorie du Big Bang.
Quand on parle, on commence à parler d'une théorie du Big Crunch, donc une régression qui serait faite
avant la grande explosion du Big Bang.
Donc il y a une seule possibilité.
Dans l'Ancien Testament, on a plusieurs récits parce qu'il y a plusieurs façons d'exprimer ces vérités de foi-là.
Donc Genèse 1 va répondre à des questions au sujet de la place de l'humain dans l'univers.
Genèse 3, par exemple, va expliquer les origines du péché.
Le péché existe, le récit de la tour de Babel va expliquer pourquoi on parle différentes langues aujourd'hui.
Ce qui est important de remarquer, c'est que les textes de l'Ancien Testament n'ont pas été écrits en vase clos.
Donc ça n'a pas été écrit par quelques scribes à Jérusalem complètement coupés du monde qui les entourait.
Les découvertes archéologiques des derniers siècles nous ont permis de voir que ces textes-là ont été écrits en dialogue et ont été influencés
par d'autres textes qui ont été écrits aux Proches-Orientiens pour l'exemple de Genèse.
Un, par exemple, on peut penser au récit qu'on appelle Lénouma-Héliche, donc qui est un récit mésopotamien
qui date vraisemblablement du XIIe siècle avant notre ère.
Donc il serait plus vieux d'environ sept siècles que le récit qu'on retrouve en Genèse 1.
Et c'est intéressant de comparer ces deux récits-là afin de comprendre quelle est la théologie qu'on a,
quelles sont les convictions de foi profondes qui sont exprimées dans le récit de Genèse 1.
À titre d'exemple, dans Lénouma-Héliche, on a un Dieu, d'abord on a un grand nombre de dieux,
on a plusieurs dieux qui se combattent et un Dieu qui prend le contrôle des autres dieux,
donc qui devient le Dieu supérieur, c'est le Dieu Marduk,
donc qui crée le monde en assassinant une autre divinité
et en dépessant son corps pour créer les différentes parties de l'univers.
C'est un très long texte qui peut prendre environ une heure à lire
et quand on compare avec le texte qu'on a en Genèse 1, on voit un Dieu qui n'est pas violent du tout,
un Dieu qui crée extrêmement puissant, qui crée avec sa parole,
qui n'a pas besoin de prouver sa supériorité par rapport à d'autres divinités
et surtout très, très important, qui place l'être humain au centre de sa création,
au sommet, on pourrait dire d'ailleurs de sa création,
comme étant la cerise sur le son de D, comme on pourrait dire vraiment le sommet de sa création
mais non seulement ça, en plus d'avoir créé l'être humain à la toute fin,
il lui donne à l'être humain cette création-là,
il lui a enfin un partenaire qui devra s'occuper de la création qu'il a faite.
Donc ce sont des vérités théologiques qu'il faut regarder dans ces textes-là
et en comparant avec différentes méthodes qu'on peut employer,
on voit toute la richesse de ces textes-là,
une richesse qui est beaucoup plus grande qu'une simple richesse scientifique
puisqu'il n'y a pas, ça ne sont pas des discours scientifiques qu'on retrouve
dans les textes de Genèse 1 à 11.
Donc est-ce que c'est la même chose qu'on retrouve de Genèse 12 à 50,
c'est-à-dire dans la deuxième partie du livre de la Genèse?
Eh bien pas tout à fait.
Ce qu'on retrouve dans ces chapitres-là, ce sont davantage des légendes,
donc des récits pour lesquels il est impossible de dire,
pour lesquels c'est impossible d'avoir des preuves,
on ne peut pas prouver que ces personnages-là ont existé,
on ne peut pas prouver non plus que ces personnages-là ont pas existé.
L'histoire qui est racontée se situerait théoriquement au XXIe siècle avant notre ère,
mais beaucoup d'éléments du texte nous portent plutôt à croire
que ces textes-là auraient été rédigés du moins dans leur forme finale
autour du VIIe siècle avant notre ère.
Donc qu'est-ce qu'on fait avec ces récits-là?
Qu'est-ce qu'on retrouve dans ces récits-là?
Eh bien on a des histoires personnelles.
Donc Dieu qui entre en relation avec des individus
dans une relation personnelle avant d'entrer en relation
avec l'ensemble du peuple au début du livre de l'Exode.
Donc dans ces chapitres-là du livre de la jeunesse,
on retrouve des histoires de famille, des histoires d'épreuve,
des histoires de salut, des histoires de trahison,
des histoires de réconciliation.
Et ce qui est très important, c'est de voir que dans chacune de ces histoires-là,
c'est Dieu qui prend l'initiative,
c'est lui qui vient à la rencontre des individus.
Donc je vous invite à lire ces chapitres-là,
ce sont des romans, ce sont des récits qui se lisent très très bien
et qui témoignent véritablement du génie littéraire
des auteurs de l'Ancien Testament.
Donc dans la leçon qu'on a vu aujourd'hui,
on a mis beaucoup l'emphase sur l'importance du mythe.
Et pour le travail d'intégration, c'est ce que je vais vous demander
de travailler sur ce qu'est un mythe exactement.
Donc comme travail, je vais vous demander de choisir
un des récits qu'on retrouve dans les 11 premiers chapitres du livre de la jeunesse.
Donc soit le récit de la création en six jours et un septième jour où Dieu se repose,
soit le récit du jardin d'Eden,
soit le récit de la chute qu'on retrouve en jeunesse trois,
soit le récit du déluge qu'on retrouve en jeunesse six à neuf
ou encore le récit de la tour de Babel qu'on retrouve au chapitre 11.
Donc je vais vous demander trois choses.
La première chose, ça va être de me dire selon vous
quelle est la question à laquelle ces textes-là veulent répondre.
Deuxième question, me dire quelle réponse
on donne selon vous à travers ces récits-là,
à cette question fondamentale-là.
Et la troisième chose que je vais vous demander,
c'est de me donner votre impression personnelle.
Qu'est-ce que ceci fait ressortir en vous?
Qu'est-ce que ça fait remonter?
De voir qu'on répond à ces questions-là et de cette manière-là.
Et donc faire cela en deux pages et je vais lire vos travaux avec beaucoup d'intérêt.
