Alors que des notes stridentes vrille l'air, accroupie dans la pénombre du ventre de l'orgue
de Saint-Sébastien, Christian Buttsley effectue d'ultimes réglages sur les tuyaux les plus
fins de l'instrument.
Donc il y a 1860 tuyaux ici, du plus grand qui est un 16 pieds ouverts, donc 16 pieds,
un pied étant mesuré sur le pied du roi français, j'ai à dire c'est 33 cm en gros, fois 16,
et le plus petit étant la taille de l'ongle du petit doigt si on peut prendre une comparaison
pareille.
Donc 1860 tuyaux et tous accordés les uns sur les autres, de sorte à ce que ça fasse
une belle harmonie, une belle palette solaire.
Conçu par Herpfer Hermann pour presque 9 millions de francs de l'époque, l'orgue de l'église
Saint-Sébastien a été inaugurée en 1960.
Malgré des travaux d'entretien en 1988, ce témoin d'une période faste, de l'histoire
de la Mosaille, avait bien besoin d'être révisé en profondeur.
C'est le travail qui a entrepris Christian avec l'aide de son épouse Madeleine depuis
août 2012.
Alors sur cet instrument, nous avons changé toutes les postres et toutes les membranes
parce que c'est un ordre électroplématique, nous avons tout d'abord révisé toute l'électrique
pour voir s'il n'y avait pas de problème de court-circus qui manifestement était encore
un très bon état et comme on souhaitait avec la communauté de communes Portes-de-France
garder l'instrument tel qu'il était à l'origine quand il a été construit, on a
recopié, on a refait les membranes à l'identique tel que Herpfer les avait faites, histoire
de justement mettre ces instruments-là aussi dans ce patrimoine parce que c'est
rare d'avoir des instruments électroplématiques qui soient conservés.
Ces instruments qui sont quelque peu d'un autre caractère, d'une autre nature, je
pense que ce sont des beaux éléments dans l'histoire et si on ne fait pas de ces
petits entretiens, ni ces relevages, tous les 10, 15, 20 ans selon l'usure, selon
l'utilisation, aussi selon l'humidité de l'église et l'emplacement, les instruments
souffrent et souvent la facture à la fin est tellement grande qu'on ne peut pratiquement
plus rien récupérer, c'est d'ailleurs dommageable.
Financée majoritairement par la communauté de communes Thionville Portes-de-France,
les travaux de relevages ont coûté au final un peu plus de 38 000 euros, avec une subvention
de 8 000 euros du conseil général de la Moselle et une contribution de 3 200 euros du conseil
de fabrique de Therville.
Pour l'instrument ici, ce qui me plaît beaucoup, c'est son harmonisation, c'est
une harmonisation typique d'Airpfer, il y a pas mal de tuyaux en zinc de l'an et
avec du zinc de bonne qualité qu'on ne trouve plus aujourd'hui et ça donne un
cachet et un caractère à cet instrument qui est dans un style quelque peu quand même
polyphonique on va dire, on peut pas mal interpréter des musiques baroque autant qu'on peut aller
dans des musiques très très romantiques.
Mais ce qui fait l'intérêt de l'orgue, c'est aussi le cadre où il est installé.
Conçu par l'architecte Alfred Nazuski, l'église Saint-Sébastien était essentiellement
bâti entre 1935 et 1937 par les Thervilles Lois eux-mêmes, à partir de pierres de neu-chef,
de chaud, de med-service, de tuiles de joueux aux arches et de sable de la moselle.
Voilà pourquoi cet édifice qui a conservé aujourd'hui toute sa majesté reste le symbole
de la moselle industrieuse et déterminée des années 1930, une moselle aux couleurs
de l'acier qui comptait alors parmi les hauts lieux de l'industrie lourde mondiale.
Vendredi soir, alors que l'église est plongée dans la pénombre, l'Orange-Ocum travaille
ses registrations.
Un organisme doit en effet s'adapter à chaque orgue et choisir ses sonorités avant chaque
concert.
Ici il s'agit d'un instrument Herbfer Hermann, un deux claviers qui permet quand même
des choix de registrations relativement vastes.
On a quand même une certaine puissance de cet instrument, un touti qui est quand même
relativement important et des jeux de détail également nombreux qui permettent de faire
chanter cet instrument au mieux.
Originaire de Thionville, Laurent vit aujourd'hui à Paris où il est titulaire des orgues
de saint Jean-Baptiste de Belleville.
Sa vocation musicale, il a doit à son père, qui est lui, titulaire de l'orgue de saint
Sébastien.
L'âge de cinq ans, j'avais toujours cette idée en tête de faire de l'orgue.
Mon père était organiste, les dimanches, j'allais avec lui à la messe, j'étais
assis à côté de lui sur le banc pour le voir jouer et j'ai toujours eu envie de prendre
sa place évidemment et je commençais par jouer une pièce, deux pièces, jusqu'au
jour où j'ai fait toute la messe.
Depuis, Laurent a fait bien du chemin, enseignant et concertiste accompli, il a lui-même choisi
les pièces qu'il jouerait lors du concert inaugural afin de mettre en valeur les sonorités
de l'orgue tervillois.
Un large répertoire qui va de Jancet Bastienbac à Louis Vierne et qui comprend une petite
surprise.
J'ai choisi également une oeuvre assez originale, une oeuvre que j'apprécie énormément,
il s'agit en fait de l'ouverture de Tannhäuser qui est un opéra de Richard Wagner pour
montrer que l'orgue, c'est un instrument qui peut également remplacer l'organisme
lorsqu'il se trouve face à son instrument, face à sa console, il peut avoir de deux
jusqu'à six voire sept claviers et il se trouve face à un orchestre symphonique.
En quelque sorte, l'organiste est également le chef d'orchestre, il choisit les différentes
sonorités, les cordes, les bois, les cuivres, les percussions en fonction du choix de ses
registres.
Pour célébrer la rénovation, Moselle Arvivant a choisi de mener une action pédagogique en
direction des écoles primaires des environs et d'organiser un concert en collaboration
avec la communauté d'agglomération Porte de France-Tionville ainsi que la ville, le
conseil de fabrique et la paroisse de Terribil.
Un concert inaugural auquel participa notamment le plus ancien ensemble chorale de l'oral.
Installé aujourd'hui à deux pas d'une collégiale médiévale, le cœur d'homme
de Hombourg-Haut est lui aussi un grand témoin de l'histoire sidéurgique du département.
Il est en effet né en 1865 à Gau fontaine au cœur même des célèbres forges Gouvy.
Le personnel de ces forges va fonder une société musicale, il y a des musiciens, il y a un cœur.
Le frère du directeur c'est le compositeur Theodor Gouvy et puis ensuite les alléales
d'histoire ont fait venir ces forges à Hombourg et c'est donc devenu par la suite le cœur
d'homme de Hombourg et malgré les guerres finalement ça a perduré jusqu'à aujourd'hui.
Actuellement c'est un cœur d'homme, 67 choristes, une quinzaine quand même qui sont
plus jeunes que 35-40 ans, à ce qui veut dire que ça commence à se rajeunir parce qu'actuellement
le problème des chorales c'est bien le problème de la lâche. C'est vrai qu'on a beaucoup
d'anciens mineurs qui sont là mais bon avec la popularité du cœur finalement maintenant
recrute loin jusqu'au-delà de Sargemin donc maintenant les gens de Hombourg ne représentent
plus tout à fait la moitié du cœur alors qu'avant c'était exclusivement de Hombourg.
On a été en Roumanie, on a été en Pologne, on a été au Québec et donc on participe
à des festivals, on est invités, on a quand même pas mal de sollicités et puis on
répond volontiers.
On a été en Roumanie, on a été en Pologne, on a été en Pologne, on a été en Pologne,
on a été en Pologne, on a été en Pologne, on a été en Pologne, on a été en Pologne,
on a été en Pologne, on a été en Pologne, on a été en Pologne, on a été en Pologne,
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Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org
