Au sud des Landes, partons à la découverte des moines bénédictes de l'abbaye de
Maïlis.
Des journées rythmées par la prière quotidienne et le silence, selon la règle de Saint-Benoît,
mais aussi par le travail et en présence de nos caméras, les langues se sont déliées,
reportages d'Annais-Screwts et Guillaume Herbert.
Il est 7h ce matin, c'est déjà le deuxième office de la journée pour les 21 moines de
Maïlis, la vie du monastère est rythmée par les 7 offices quotidiens.
En plus de la prière, ces bénédictins doivent vivre du travail de leur main.
Une fois l'office terminé, frère Vianet troque son abîme monastique pour sa soutane
de travail.
La communauté fabrique sa propre cire, une recette familiale léguée par un artisan
à la retraite, de l'Aivoire, un signe divin.
Une recette vieille de plus de 100 ans que la communauté a su faire évoluer.
Entre recherches scientifiques et logiques d'entreprises, il a fallu s'adapter pour
rester compétitif sur le marché, peser, doser, mélanger, l'élaboration de la cire
nécessite un travail minutieux, une activité idéale pour la vie monastique.
Ce choix de vie, frère Eric l'a embrassé il y a presque non pour l'équilibre entre
travail et recueillement.
Il y a eu cet appel d'une vie plus contemplative, c'est-à-dire que de pouvoir avoir des temps
et de prière tous ensemble avec les moines, à chanter plusieurs heures par jour ensemble
de cet office et la messe dans l'église, et également, ce que je n'avais pas comme
vie de prêtre en paroisse, c'est ce temps de travail manuel qui reste dans le silence
et donc ça permet de garder la climat d'ensemble recueillie et qui pour moi est plus équilibré
et plus paisible, enfin qui moi me convenait davantage.
La production reste sous l'étroit de surveillance de frère Grégoire, ancien ingénieur en chimie.
Donc qu'est-ce que ça se passe bien ici?
Très bien, jamais si bien.
Le fruit du travail quotidien permet à la communauté d'assurer une partie de ses revenus,
mais ce n'est pas vraiment l'alessentiel.
Le travail on s'en fout, il faut être très clair, même si on le fait, c'est nécessaire
pour vivre, mais l'important c'est que le but de la vie, c'est d'être uné à Dieu
sur Terre pour l'être uné au ciel, si on n'est pas uné à lui sur Terre, autant aller
chez vous, se marier, bon c'est un peu vieux pour ça, mais enfin.
Autre produit phare de l'abbéi, la tisane, et ses frères Joseph qui s'en charge, ancien
agriculteur, ils cultivent l'amour de la terre et des plantes.
C'est le fameux plante de Maïlis que l'on cultive depuis 1955, elle est goriace comme
les moines.
L'épidium latifolium, une plante naturellement présente à Maïlis et qui aurait des vertus
médicinales.
Nos ancêtres ont fait l'expérience de bien fait de telle ou telle ou telle plante,
et c'est cette tradition, cette expérience qui va se transmettre, et nous c'est ce
que nous avons reçu, vraiment ici, parce qu'il n'y a aucune étude médicinale de
faite sur la plante ou très très peu, et donc c'est un savoir-faire ancestral qui
s'est transmis et dont nous bénéficions aujourd'hui.
Je réapprends à savoir comment fonctionne la nature et ses lois pour être plus intelligents
et pour savoir comment la cultiver.
Donc oui, ça me rapproche de Dieu, beaucoup.
Depuis quelques mois, la production des 300 kilos de tizane d'épurative est entièrement
biologique, ce qui modifie le comportement de la plante et de la nature.
Les frères s'intéressent aux insectes notamment, et découvrent telle ou telle ou telle insecte,
découvrent tel ou tel comportement de la plante qu'avant ils ne voyaient pas, et je trouve
que ça c'est un... quand les yeux d'un frère se mettent à briller parce qu'ils voient
quelque chose de beau dans le potager ou enfin dans l'exploitation agricole, c'est
magnifique.
Dans ses ateliers rustiques, le travail se fait habituellement en silence.
Qu'est-ce qu'ils sont en train de faire là?
Face aux questions, frère Raphaël reste imparturbable, même le son incessant de la machine
ne parvient pas à le détourner de son objectif.
C'est un bruit qui est tellement régulier que ça ne gêne absolument pas la réflexion,
la pensée, la prière.
4 et 3, 7 et 8.
Hop là.
Le produit fini est directement vendu dans la boutique du monastère, des ventes qui
représentent plus de 230 000 euros de chiffre d'affaires, soins, tiers, des ressources annuelles
de la communauté.
Est-ce que ça sert aussi pour les calculs rénaux?
Oui, surtout pour ça.
Et ça, ça marche vraiment pour les calculs rénaux?
Oui, ça marche, oui.
Il y a beaucoup de gens qui nous en demandent pour ces problèmes.
Mais si Rétisane s'achète aussi sur Internet, malgré sa tunique, derrière son écran, frère
Grégoire a presque des allures de chair d'entreprise.
On n'a pas un idéal de vie en autarcie, on a un idéal de vie un peu retirée du monde
pour favoriser la vie intérieure.
Mais ce n'est pas une coupure absolue parce que comme on doit vivre du travail de nos
mains, on a besoin des contacts des autres.
On n'est pas des éléments complètement hors du monde.
On vit dans le monde tout en en faisant partie.
Quand je fais les paquets pour les paquets publics, il m'arrive de penser aussi à ces
personnes-là dont je ne connais pas le visage.
Je me dis, elle va être heureuse en recevant son paquet ou il va être heureux, mais qui
est-ce qu'elle est sans statut? Il y a beaucoup d'inconnus, mais on rejoint les gens quand
même.
Il y a une relation.
S'ils ont le droit de quitter le monastère, chacun a choisi de sacrifier sa vie civile
pour se consacrer à Dieu, tous se voient vivre à l'ABI avec leurs frères jusqu'à
la fin de leur jour.
