Chaque année, à l'occasion du 8 mars, il devenait traditionnel d'évoquer l'égalité
des droits entre les hommes et les femmes.
Cette année, 70 ans après le premier vote des femmes en France, je vais évoquer le parcours
exemplaire et singulier d'une femme tout à fait emblématique selon moi de la pensée
libre internationaliste et pacifiste dans l'Europe d'avant la 2e Guerre mondiale,
20 lignes. 20 lignes est le nom de plume de Violette Pagée.
Elle a aidé le 14 octobre 1856 à Château Saint-Léonard-Boulogne-sur-Mer en France
et morte le 13 février 1935 à Florence en Italie.
Elle née dans une famille excentrique non conventionnelle cosmopolite.
Sa mère, Mathida Adams, a quelque chose dit-on de voltérien.
Elle était lucide, cynique et émancipée, mais croyait qu'il fallait bien se tenir
si l'on voulait avoir une vie sociale.
Elle quitte à l'Angleterre pour échapper au dimanche anglais et partir vivre en France.
Ces deux maris l'ennuiaient et elle leur rendit leur liberté après avoir eu un enfant
de chaque année.
Est-ce là l'origine du féminisme des femmes de la famille? En tout cas, d'autres
femmes sont remarquablement fortes, quelque sa cousine Alice Abadam, qui mènera campagne
pour le droit de vote des femmes, au sein des milieux catholiques du pays de Galles.
Il y a quelque chose de mystérieux autour de la personnalité du grand-père, Amryl
de Framier, qui choisira de porter le nom de Ferbusson Pagée.
La famille va voyager à travers l'Europe, selon certains au gré des choix de lieux
de chasser de pêche du père.
Mon grand-père avait été professeur en Pologne.
C'est là que mon père a été élevé et puis, devenu ingénieur, il a participé à la construction
du chemin de fer, Varsody-Moscrew.
Il en a conservé l'horreur des persétutions russes et prussiennes.
Il immigra en France avec des Polonais en 1849.
Il fit même partie de la garde nationale à Paris.
Violette n'est pas l'aînée de la famille.
Elle a un demi-frère, Eugène, de 11 ans sont l'aînée, née d'un premier mariage
de Matilda Adams et du capitaine Lee Hamilton, mort en 1852.
Violette est née de l'union de Matilda, devenu veuve, et du précepteur de Gènes,
Henri Hippolyte, Ferbusson Pagée, qu'elle a épousé en 1855.
Violette est formée au lanse étrangère et poussée à l'écriture par ce grand frère
qu'elle appelle Bruder, qui lui-même la nomme Barnes, et qui est lui-même un poète reconnu
pour ses sonnées.
C'est aussi un diplomate et un traducteur.
Mais alors que Violette développe son jeune talent et sa notoriété, Eugène s'est
fondue.
Une paralysie mystérieuse, probablement hystérique, le clou à un grand quart de l'âge de 28
ans jusqu'à l'âge de 51 ans.
Tout au long de ses 23 années de calvaire, Violette, très dévouée, lui procure de l'aide
pour dicter et pour faire publier ses poènes.
Après la mort d'Henri, Ypolyte, Ferbusson Pagée, son beau-père, en 1894, et de sa
mère Mathilda en 1896, Eugène se relève littéralement.
Il voyage en Amérique, épouse la romancière Annie Halsworth, dont il a une petite fille,
Margaret Percis, qui mourra en bas âge, le chagrin et le cancer auront raison de lui
en septembre 1907.
Violette mène une enfance rose et privilégiée.
Elle n'est pas du tout élevée comme une petite fille modèle, mais comme une future
madame de Stalin.
Elle ne choupe pas à la poupée comme les autres.
C'est bizarre, je me rends compte que je n'ai jamais joué à la poupée, du moins
comme on l'entend habituellement.
J'avais des poupées bien sûr, mais en une journée, elles s'étaient transformées
en chevaliers, en princesses, en fiancées de messines, etc., et arpentaient les planches
du théâtre de carton-pâtes, qui était mon domaine de prédilection.
J'ai toujours eu un faible pour la chanson de geste.
Violette est éduquée comme un enfant prodige.
Je devrais dire plutôt comme un garçon, puisqu'elle a accès à Toon, il n'y a pas
de limite à sa quête de la connaissance.
Les sciences, autant que la littérature et les langues, sont offertes à sa curiosité.
Son institutrice en Suisse à Toon, Marie Chubac, lui parle de la Révolution française,
mais aussi de Darwin et des nébuleuses, et sa mère lui enseigne les mathématiques.
Vernonnie commence à écrire extrêmement tôt.
Elle dessine, elle chante, elle prend des cours de musique.
Parmi les faits marquants, il faut noter sa rencontre avec celui qui deviendra l'un
des plus grands portraitistes de son temps, John Singus Sargent à Rome, lorsqu'ils ont
une dizaine d'années.
Les deux familles seront voisines à Nice et voyageront très souvent de conserve, que
ce soit en Italie ou en France.
La grande chance de Van Melli et peut-être de John Singus Sargent est la fréquentation
du conservatoire de musique de Bologna.
C'est là que Vernonnie va encourager John à pendre, et c'est là que lui l'encouragera
à devenir écrivain.
En écriture, elle est formée, encouragée par ses deux mentors, son frère Eugène et
Mrs Jane Kent, qui envoie son premier texte pour publication à l'âge de 14 ans, en
1870, à une revue suisse.
Il s'agit de la biographie d'une monnaie, d'un texte incroyablement érudit rédigé
en français.
Il en va de même des premières recherches et des premiers écrits qu'elle mène sur
18e siècle italien, et qui sont l'embrillon de son chef d'œuvre, qui la rendra célèbre
en 1880, les studies of the 18th century in Italy.
C'est là que Vernonnie va encourager John à pendre, et c'est là que Vernonnie va
encourager John à pendre.
La famille voyage à travers l'Europe.
Puis se fixe à Florence en 1873, c'est aussi la date des premiers symptômes de la maladie
de Jane.
Vernonnie lui envoie des lettres qui sont de véritables petits traités d'histoires
de l'art rédigés en français, tout à fait étonnants.
Il s'installe près des ambassades, en quartier des ambassades prévités à Traviagra
Ribaldi.
La Casa Pagée est un salon, au sens voltérien du terme, où on y reçoit des musiciens,
des artistes, des écrivains, des pantres, des hommes politiques, etc.
Dans le salon de ses parents, Vernonnie rencontre de nombreuses personnalités.
Mais c'est dans celui de Mesestermen que, le 16 octobre 1979, elle va rencontrer une
jeune poétesse, Mary Robinson, et c'est une amitié passionnelle, une sororité tout
à fait exceptionnelle, qui naît, qui va se développer et durer toute leur vie.
Mary Robinson appartient à l'élite intellectuelle et artistique de Londres, vivant à Blootsway.
Les deux jeunes amis écrivent, lisent, visite, musée et galerie, et souhaitent devenir
écrivains.
À 18 ans, c'est bien ceux que déclarent Vernonnie.
Je suis sérieuse, la littérature doit absolument devenir mon métier, le plus tôt
sera lui.
C'est à 19 ans que Violette Pagée choisit son nom de plume.
Le nom que j'ai choisi, parce qu'il contient une partie du nom de mon frère et de mon
père, et mes propres initiales, est H. P. Vernonnie.
Il permet de ne pas révéler si l'auteur est un homme ou une femme.
Il la faut percer dans un nom d'homme, plus enclin à les considérer comme des cibles,
comme des femmes, qui écrivent que comme des rivales potentielles.
Mary et Vernonnie sont parfois découragées, et Vernonnie s'ouvre régulièrement de ces
difficultés à Mary.
Au molétino, chérie, le ciel ne m'a pas destiné à être écrivant.
Je n'ai ni le temps, ni la force, ni la patience, ni l'humeur à ça.
Les livres m'intéressent moins que n'importe quoi d'autre.
J'aurais eu être une créature très riche, ou très paresseuse, comme Patère, capable
de lire énormément en écrivant pas unies, ou presque écrire comme Michelet, ou comme
Tourguénef, ou comme Flaubert.
Ça, ça, ça voudrait la peine d'être vécue.
Vernonnie est souvent agacée d'être considérée comme des femmes qui écrivent d'être rangées
dans le même panier.
Mais elle s'insure, je compte, c'est amalbien, non?
Ma Très surenée, j'ai lu le compte rendu de lecture sur George Eliot, pourquoi faut-il
toujours qu'on compare toutes les écrivaines, les unes aux autres, et que, quelle que soit
la différence, on les mette dans le même panier?
Telle femme ou poète? Telle autre est mathématicienne?
Mais, à mon avis, une poétesse est plus proche d'un poète que d'une romancière.
En fait, tu diras ce que tu voudras, mais le monde nous considérera toujours non pas
comme des intellectuels ou comme des artistes, mais comme un mélange physiologique de certaines
passions et capacités psychologiquement explicables.
Est-ce qu'un jour, on me comparera à Madame Brownie et à George Eliot en disant que ma
passion principale était la sympathie ou l'enthousiasme ou que sais-je, en insistant
sur le fait que j'aurais été plus heureuse si je n'avais pas eu un cerveau et si j'avais
eu un mari? Mais Vernon s'affirme, refusant l'essentialisme
qui veut qu'une femme soit en quelque sorte tenue de justifier son existence par les
agréments qu'elle est censée apporter à la société.
Elle veut être reconnue pour ce qu'elle fait et non pas pour ce qu'il a défini biologiquement.
Je me fiche, comme d'une guigne, de savoir si je suis sympa ou ignoble ou ce que mon
potentiel peut être ou non, et il me semble qu'il m'importe davantage de savoir ce que
je fais ou ce que je peux faire pour autrui, si je les importe une ou si je les aide.
Je suis donc parfaitement indifférente au fait que l'on retraite des stêtes, ce qui,
selon les conversations, signifie presque la même chose que de me traiter d'animales,
non?
L'influence intellectuelle, la plus importante qu'elle reconnaît, est celle de Rossé Fermandès
Riménez, un intellectuel espagnol, personnalité politique et diplomate de premier plan, puisqu'il
était pendant 15 ans secrétaire de l'ambassade d'Espagne, au Vatican, connu dans les cercles
littéraires espagnols sous le nom du mort et représentatif du mouvement post-romantique.
Il lui aspire la nouvelle The Virgin of the Seven Daggers, traduit sur le titre La Vierge
cette poignarde.
A 21 ans, à l'âge de notre cerveau et plus développé que notre personnalité, cela
impressionne énormément de rencontrer quelqu'un qui, en quelque sorte, incarne notre propre
potentiel dénué de demi-mesures.
Et c'est peut-être une preuve de mon manque de maturité, que mon imagination était marquée
par cet homme si peu appréciée par les autres et si indifférent à leurs opinions, par
un espagnol, c'est-à-dire un homme typique de ce pays où, comme on dit, là où il y
a un pont, il n'y a pas d'eau, et là où il y a de l'eau, il n'y a pas de tels.
La liberté de mouvement de Fernand Ly est exceptionnelle pour l'époque et elle refondit
qu'il faut mériter la même liberté.
Oui bien sûr, tes parents sont en colère en ce moment, ils doivent s'habituer à
un nouvel ordre des choses, et ce qui est plus difficile, un nouvel ordre d'idée.
Au fait que tu es adulte, capable de juger et d'agir par toi-même et que tu as le droit
de faire ce qui convient le mieux à ta santé et à tes comptes.
Une jeune femme peut-elle éviter le mariage, qui est la carrière, en vérité la seule carrière
vraiment honorable pour une jeune femme à l'époque?
Cette question du mariage figure de manière importante et constante dans la correspondance
entre Fernand Ly et Meryl Robertson, qui est très courtisée, contrairement à Fernand
Ly, qui regrette de l'être aussi peu.
Pourquoi? Pourquoi est-ce que aucun homme de 20 ans ne tombe amoureux de moi et ne l'écrit
de l'être, en pli de connaît et de reproche?
Je commence à me dire que Mr. Siles a sans doute raison et que la personnalité perceptible
dans mes livres doit être antipathique.
Fernand accepte, a fait grand plaisir en fait d'être traité de gamin par Edmund Gance.
Et bien tu penses que je suis un gamin? Il y a bien, surtout quand on a la chance
d'être un gadroche, quand il a dit ça, j'ai eu envie de chanter.
Je suis tombée par terre, c'est la faute à volter, le nez dans le douilleton, c'est
la faute à roussons, si je ne suis pas notelle, c'est la faute à volter, je suis petite oiseau,
c'est la faute à roussons, le peau, qu'est-ce qu'il aurait pensé?
Le mariage apparaît comme un sort peu enviable, en jugé par l'expérience de ses amis.
Quant aux hommes, à l'exception des amis de Fernand, qui sont aujourd'hui connus pour
avoir été des homosexuels notoires, eh bien les maris se sont avérés bien souvent excécrables.
Les femmes éprouvent également la peur d'enfanter, la peur de mettre au monde un enfant porteur
de handicap, la peur de perdre un enfant en bas âge, ce dont elle est témoin, dans le
cas de Miss Esther même, et du petit James.
Pour exprimer tous ces angoisses, elle écrit des textes, notamment la Nouvelle Fantastique,
La Poupée.
Pourtant, il faut bien vivre, Fernand l'étante de vivre de sa plume, chichement, elle est
obligée d'accepter l'aide financière de sa mère, ce qui pourrait être une source
de souffrance, puisqu'elle recherche tellement l'indépendance, il en va de même pour
mériter.
Quant aux dépenses, si toi tu es pauvre, je le suis aussi, peut-être même plus que
toi, en tout cas, j'ai un désir infini de ne pas dépenser mon argent, je n'ai pas
de ressources personnelles, à part l'argent que j'ai gagné et j'en ai gagné très peu
ces derniers temps, je me trouve de moins en moins capable d'écrire aux journaux et
aux revues.
Autrefois, je gaspillais mon argent, maintenant je suis devenue terriblement avare, surtout
que, je ne sais pas si Mr. Sackville, mon éditeur si confiant, aura été suffisamment
satisfait des ventes de mon livre pour en accepter un autre, avec les mêmes conditions.
C'est-à-dire toutes les dépenses pour lui et la moitié des bénéfices pour moi,
pauvres diables, j'espère qu'il n'est pas déjà réunis, si cela se trouve, c'est
moi ou quelqu'un d'autre qui va devoir le subventionner lui.
Mary L, au grand désespoir de Vermeer, se marie d'abord avec James Downstetter, grand
érudit spécialiste de l'Orient, professeur au Collège de France, puis à sa mort de
venue veuve, elle va épouser Amy Duclos, également grand érudit scientifique, bras
droit de Pasteur, qui deviendra directeur de l'Institut Pasteur à la mort de ce
dernier, fondateur de la Ligue des droits de l'homme, de l'école et autres études
et dont elle va élever les enfants.
Ces deux mariages sont des mariages d'amour qui demeureront non-consommés d'après
ce que nous savons.
Mary, tout en étant mariée, continue sa carrière d'écrivain de Poétès, le biographe,
elle tient salon à Paris et sera le membre du jury du prix féminin.
Mais revenons à Vernon, elle est en quête de modèles de famille à imiter, nombreuses
sont celles qu'il amire, qui recherchent sa compagnie, mais dont Vernon rejette le
caractère Monda, par exemple Wida, la très célèbre romancière femme excentrique très
en vue, ou encore la princesse Gorchakov, qui ne cesse de la poursuivre de ses assuies
d'huitée.
Je pourrais également éviter Mme Annie Mayer.
Cet après-midi, la très excentrique Mme Mayer m'a emmené faire un tour avec ses
peaux-nets dans les cassines.
C'est une petite femme pleine d'intelligence, qui lit visiblement beaucoup, Chopin Howard,
Spencer, Darwin, tout est n'importe quoi, mais visiblement complètement amateurs,
internes, et qui s'ennuie, ce qui est très à la mode.
Il y a un tel bouffre entre nous, pour elle tout n'est que pastan, une sorte de somnifère
pour vivre sa vie en l'adormant.
Vernon Lee se refuse à ressembler à ses fans du monde blasé, en revanche elle a d'autres
modèles, ainsi par exemple Marie-Frosine Spartaly, qui deviendra Mrs. Tillman, grande
peintre pré-raphaïlite, modèle aussi des peintres pré-raphaïlites, qui est une sorte
de figure maternelle pour Vernon Lee, qui l'appelle Madonna, ou encore Jane Morris,
qui sera elle aussi légèrement des pré-raphaïlites.
D'après ce qu'elles ont dit, Morris l'a épousée comme il aurait acheté une pièce
de procante, pour ajouter un bel objet à sa collection.
Elle a eu toutes les peines du monde pour se faire respecter et pour garder sa dignité
entre un mari volage et indifférent à ses charmes, et un recepti brûlant d'amour
pour elle.
Je prie le ciel pour que son espèce de mari, à qui décédiment je ne peux pardonner
de l'avoir laissé se faire épouser par lui, ne va pas encore lui faire un autre enfant.
Je ne sais pas pourquoi, elle me fait comprendre la Madonna, car l'étrangement, son visage,
ses manières ont quelque chose de virginal derrière cette dignité toute maternelle
qui est la sienne, mais pourquoi, pourquoi a-t-il fallu quelque chose d'amoureuse et
qu'elle époule ce vieil homme lait et désagréable?
Je n'aurais jamais cru possible qu'un homme soit aussi constant dans la grossièreté,
aussi rabajoie, pessimiste et capricieux, peu aimable, bref absolument insupportable,
tel qu'il l'a été pendant toute la durée de notre excursion, et tout particulièrement
envers sa femme.
L'histoire personnelle de mes sisters, de Jay Morris et de son ami Annie Mayer, vont
lui aspirer son premier roman, publié en 1884, Miss Brown.
C'est un roman dont je vous livre en exclusivité, la toute première évocation ainsi que je
l'ai trouvé dans les lettres de Vernon Lee à Mary Robinson, conservée à Paris à
la bibliothèque nationale, et qui sont apparaîtres prochainement aux éditions Pecorini.
Tout ça m'a fait repenser à mon projet d'histoire pour toi, magnifique, à la Thora Strati,
avec en même temps des plongées dans la vie de la paysanée anglaise ou du monde
ouvrier, dans le mouvement pré-Rafaïlite tiré de l'histoire de Mrs Morris.
Je veux dire, tu vois cette fille, superbe, Mrs Morris, qui a une âme tout à fait digne
de son corps de valkyrie, simple, forte, passionné, avec une intelligence puissante
et des débuts très marqués.
Il y a en elle quelque chose d'un peu sauvage, ou d'une héroïne des temps héroïques,
elle incarne la femme idéale pour un homme digne de dentes et Gabriel Rossetti, prophète
raffinée d'une culture effroyablement complexe, faible, malsain, fantasque, volage, qui l'éduque
pour ensuite l'épouser.
Ensuite, à mesure qu'elle découvre sa misère esthétique et la nature de la fascination
irréelle, artistique et malsaine qu'il a pour elle, elle commence à éprouver du
mépris pour lui, surtout si par amour pour elle, il a renoncé à un précédent idéal,
et a réalisé à quel point elle est affreusement devenue son détail, sa chose, tout en étant
légalement libre.
Et alors, qu'elle peut être attirée par quelques paysans amoureux d'elle, vraiment,
son sentiment de ne pas être capable de mener à terme sa relation avec lui, de lui être
redevable que tout ce qu'elle a acquis, elle doit le sacrifier, et même qu'elle ne peut
pas lui rendre l'influence idéfable qu'il a eue sur son esprit, en fin de compte, soit
elle a l'audace de rompre avec lui et de retourner à sa pencheuse.
J'ai toujours considéré, et préférable, de rompre brutalement des fiançailles, fut
sauprise de la trosse souffrance causée à son partenaire, si on ne se sent pas moralement
cartable d'en assumer les conséquences, et si on sent qu'on risque d'être souillés
et de souiller l'autre et de tout cela qu'on a fini, ou bien, après une terrible lutte
intérieure, t'aborgueuille, et parce qu'elle éprouve la nostalgie de ses origines si simples,
si fortes.
Elle se rend compte qu'elle peut faire quelque chose pour lui, non pas comme la femme idéale,
mais comme une femme, réelle, et pour cela, elle s'offre en sacrifice.
Dans son roman Miss Brown, Varnami dénonce ce qu'on appelle aujourd'hui les violences
intersectionnelles, c'est-à-dire celles liées au sexe, au genre, et aussi à la classe sociale.
Comme il était à craindre, s'agissant d'un roman qui était considéré comme un roman
à clé, la réception a été désastreuse, et les amis de Varnami se sont détournés
d'elles.
Elle a d'autant plus souffert de cette réception, de cette incompréhension, qu'elle est bien
connue pour sa puli-bonnerie, son caractère collémenté, et qu'on a accusé de grossièreté.
Le spectator m'a accusé de luxure dénotante, après quoi Monkhouse m'a écrit pour me
dire que le livre était très désagréable et qu'il s'était senti obligé de le lire
dans son article.
Une revue écossaises a laissé entendre la même chose.
Ben dit que j'étais reculée de 10 ans la cause de la liberté du romancien en Angleterre,
et à présent mes autres amis commencent à entonner le même refrain.
Est-ce cela que veulent dire les attaques contre la violence de mon écriteur?
C'est invective contre mon style, signifiait-elle en clair que, alors que j'écrivais ce qui
me semblait être un livre extrêmement moral et sérieux, j'étais en train de perpétrer
une exhibition obscene?
Henry James lui-même, il avait pourtant encouragé, lui dira, « La vie est plus légère,
vous prenez les choses trop au sérieux ».
Vernon Lee comprend d'autant moins ses reproches qu'elle est très achevable sur la morale,
ainsi qu'on va l'entendre, s'agissant des propos d'Alexandre Dumaphyse.
Cet article de Dumaphyse, cette maladie qu'on appelle la femme, une maladie du cerveau
et du cœur français, il y a des choses que je peux supporter, patientes, mais quand
on en arrive à ces hommes-ci, des temps qui insultent, ce qui après tout, elle a changé
la moissale de ce mensal, les femmes, pour s'exonérer eux-mêmes.
De même, lors de l'apparition des fleurs du mâle de Baudelaire, elle est nullement
séduite par le côté faisandé, fin de siècle, du recueil, mais au contraire, profondément
choquée, à la fois par le recueil et par la réception du recueil en France.
Un vieux monsieur a déclaré qu'aucune honnête femme ne pourrait apprécier les mérites
de Baudelaire, tout en glissant, et en riquenant car, nous autres hommes, nous sommes obligés
par la nature de connaître tous ces recoins immondes de la même. Ce à quoi les femmes
présentes se récrière toute d'adignation, car sur les recoins immondes, nous en connaissons
un plus grand.
Mais Fermanley trouvera une exemplarité féminine incarnée par certaines femmes de son entourage,
comme par exemple Clémentine A. Johnson, qui partagera un temps sa vie, avec qui elle
va mener des recherches de psychologie expérimentale qui déboucheront sur une théorie de l'empathie.
Avec Kett, dans les musées et les galeries d'art, elle analyse les effets des couleurs
et des formes sur le spectateur de l'œuvre d'art.
Cette histoire va aussi l'ouvrir au champ de l'action politique.
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org
