Nous sommes à la réserve naturelle de Séné, en présence de Sophie Prestigiacomo,
sculptrice ou plasticienne, je ne sais pas comment on dit, comment tu te présentes.
On va faire plasticienne, mais en fait c'est les deux sculteurs, plasticien,
plasticienne. C'est moi, je préfère masculin même quand on fait bien. Mais bon,
plasticienne, voilà, c'est bien. Et donc ici tu as réalisé un projet qui date je dirais depuis 2012.
Oui, 2012, c'était le début de l'histoire d'Homo Algus et par rapport à une manifestation
qu'on avait créée avec une manifestation qui s'appelait à l'époque Sentier de curiosité. Alors
l'idée c'était une manifestation qui se crée sur le bord du golfe du Morbihan, le long d'un sentier,
et particulièrement à Séné. Et donc voilà, l'histoire est partie de là.
Un projet, ça se réalise avec plusieurs personnes, ce que tu peux nous dire, qui t'a aidé justement
à ce que aujourd'hui les Homo Algus vivent sur la réserve. Il y a eu cette rencontre alors
importante avec Mathieu Varin, directeur à la culture, qui avait envie que je rencontre
également une autre personne pour continuer un peu, un peu la vie d'Homo Algus qui déjà
était à l'époque bien sûr éphémère et qui avait subi la pluie, les gralons parce qu'on avait eu
un moment horrible pendant le temps d'exposition. Et ensuite donc Mathieu a fait en sorte que je
rencontre Vincent, Vincent responsable des animations de la réserve. Et donc à partir de là,
belle rencontre parce que avec Vincent tout de suite il a eu le coup de coeur. Vincent adore les arts en
général, il est très sensible à tout ce qui est artistique et pas que bien sûr. Et il m'a sollicité
pour en effet, c'était une première, que je puisse exposer les Homo Algus dans la réserve. Il y
en avait que deux à l'époque. Et donc l'histoire, voilà, c'est vraiment une rencontre par étape,
par étape. Et puis ça aurait pu en rester là, mais non, ça a continué. Mathieu a souhaité,
je ne sais plus comment ça s'est passé, mais tout le monde a souhaité que ça continue. J'ai envie
de dire ça. Mais les années ont passé entre temps. Et moi je n'y crois, c'est pas que je n'y
croyais pas, c'est que c'est pas simple. Moi des projets j'en ai eu de nous en méman et des contrats
avec la nature et à l'extérieur comme ça, c'est terriblement, c'est pas si simple. Parce qu'en
fait il n'y aurait pas d'Homo Algus dans la réserve aujourd'hui si un financement participatif
ne s'était pas créé. Voilà. Donc en fait c'est aussi grâce à la rencontre avec des gens que je
ne connais même pas forcément et grâce à ce financement participatif. Ça me paraît incroyable
tout ça finalement, j'en parle, mais je réalise encore ce qui vient de se passer. Ça me touche
beaucoup et j'en viens pas encore. Est-ce qu'il y a eu des subventions publiques? Il y a une toute
petite partie de la commune de Séné quand même, c'est important de le dire. Et on a participé au
trophée de la vie locale et donc on a été retenus sur la quatrième position, quatrième prix des
trophées de la vie locale. Et donc on a eu forcément un petit versement mais qui semble toute une
petite pierre plus une petite pierre plus une petite pierre, ça fait le caillou. Voilà, le petit
mot d'Yves Copains aussi Martin. Ah oui, on a eu sollicité Yves Copains en fait pour qu'ils puissent
paréner l'association, ce qu'il a vraiment fait en toute humilité. Il nous envoyait un très très beau
courrier pour soutenir et le projet et l'action de Sophie. Donc merci à Yves Copains qui est
notre parrain. On avait déjà deux parins qui étaient Mathieu Varin et puis Vincent Jeudi,
mais on a aussi Yves Copains comme parrain, beaucoup plus renommé. Tu peux nous expliquer un peu
comment tu as constitué ces statues, ces sculptures, ces hommes préhistoriques? Alors comment? L'histoire
et la rencontre elle est là encore. C'est vraiment ça, le début c'est une rencontre. Donc j'adore
ce coin, j'adore le gov du morbuillant c'est à dire la mer, la rencontre de la mer et de la terre
et quand je me balade sur les strands, je suis tout le temps sous le charme et bien sûr je contemple,
j'observe mais malgré moi je peux pas faire une promenade sans. Et là il y a cette rencontre avec
cet algue, mais c'est même pas la rencontre partiellement avec cet algue qui ressemble à une peau
comme je le raconte bien souvent. C'est tout, c'est bien sûr c'est la vase assainée à Gogo, c'est
ses algues à Gogo, mais c'est un paysage extraordinaire. Et là émotion et de cette émotion de
cette rencontre est née au moins elle gusse. Alors pourquoi? Et bien si je crois c'est de cette
volonté de, mais tout ça c'est un peu inconscient, après j'ai, c'est évident mais au début c'est
inconscient, c'est un sanctif. C'est cette volonté de faire le lien entre nature et homme, c'est
à dire que c'est moitié homme, moitié nature. Et finalement j'aimerais bien que oui, je parle d'une
réconciliation finalement de l'homme, de l'humain avec chargé de cette nature quoi, voilà. C'est
ça que ça rencontre au malgus. Et alors je suis partie un peu folle dans cette aventure,
alors les copains, mon mari, plasticié également régissent poisson. Oh non mais Sophie, non mais
Sophie, tu vas pas faire une création avec de la vase et des algues. Oui oui, oui oui, je le sens,
je le sens, j'ai envie. Oh je prends pas beaucoup de risques que j'habite à côté s'il se passe
quelque chose. J'y retourne et voilà. Et j'ai tenté quoi, il y a toujours une part de défis quand
on crée quand même et de recherches et de, oui de recherches. Et donc j'y suis allée, donc quand
même il y a une armature, il y a un squelette sous ce personnage et là régie se mette d'ailleurs
parce que c'est assez complexe, c'est difficile. Ces personnages d'ailleurs sont plus grande nature,
un peu plus grande nature. Et donc il faut développer toute une armature, donc des seins,
je réalise ensuite un certain nombre de maquettes et là en plus je voulais à l'époque les installer
sur un chêne qui donnait à la fois d'un côté, il y avait les strands, le golfe donc, et de l'autre le
chemin sur lequel les gens passaient. Et l'intention c'était qu'ils soient un peu farouches et qu'ils
s'insèlent sur cette branche pour nous épier, un peu pour nous regarder et nous observer. Et
bah voilà, ça a tenu, c'est de la réfémer, c'est de la reinstitue, du vrai reinstitue, mais en même
temps ça a été au-delà de mes espérances, la vase c'est génial, les algues c'est formidable,
déjà c'est beau, mais en plus voilà. Et ben ça tient, ça a tenu au-delà de ce que je pensais,
ça m'a surpris aussi, ça s'est mis à craquer comme les corse de l'arbre sur le chêne sur lequel
ils se trouvaient et ça bougeait tout le temps, donc c'est ça aussi le côté je dirais vivant,
c'est que les homo algues selon le temps, selon les mêmes horaires de journée, tout ça, ils bougent,
en fait ensuite c'est la nature qui sculpte finalement les homo algues, au début c'est moi,
c'est moi la nature, moi la nature, enfin ça arrête pas et c'est génial aussi pour ça,
parce qu'on peut passer le matin, on peut passer le soir, ça change tout le temps. Tu fais rien dessus
là pour l'instant depuis qu'ils sont là? Bonne question parce que ça fait quand même là deux mois
pour certains, voire plus, je ne fais pas calculer vite, mais pour certains c'est peut-être même deux
mois et demi, qu'ils sont présents sur la réserve et je n'ai pas touché encore un brin d'algues etc,
rien de rien, donc ils sont, enfin si je regarde de près je vais bien voir qu'ils ont pris un coup de
vieux quoi, mais non j'ai envie de voir, voilà ça peut aller un petit peu plus loin, ils peuvent
encore subir quelques coups de vent et donc ils s'éteindront de leur propre mort naturellement?
De toute façon oui, ça finira comme ça, c'est de la réfémer, ça finira comme ça, mais en fait là
j'ai promis et j'ai envie, enfin c'est aussi un défi, d'aller à leur rencontre et puis voilà je
vais oser revenir, réintervenir dans les marais en direct avec eux, alors c'est bien parce que les
gens du coup ils discutent, ils me posent quelques questions, mais en même temps ils me laissent
travailler, c'est les deux à la fois et ça c'est très agréable finalement, enfin c'est pas toujours
facile mais ils sont respectueux je trouve et les gens et enfin les visiteurs et finalement
pas finalement c'est du bonheur parce que c'est un partage, c'est du lien, c'est parfois des jolis mots,
des jolis phrases, des belles questions, enfin ça me touche beaucoup, c'est bien. Peut-être que les
visiteurs qui viennent à la réserve sont des visiteurs un peu pas particuliers mais disons
qu'ils aiment la nature quand même et qu'ils aiment ces temps, les seuls sons c'est le vent, c'est les
oiseaux, c'est l'herbe qui bouge, enfin etc et les gens que je croise me parlent d'adaptation mais
alors ça c'est pareil, c'est un cadeau, quand on me dit mais alors quelle adaptation, qu'est-ce qu'ils
sont bien adaptés, c'est toujours autour de ça, finalement moi ça me touche beaucoup, parce que
l'art institut c'est ça principalement aussi. Est-ce que c'est sept personnages ont une fonction
particulière ou est-ce que tu les as fait comme ça au fur et à mesure de ton envie spontanément?
Alors j'ai envie de dire qu'ils étaient faits assez spontanément, enfin il est quand même une maquette
à l'origine mais en vérité si tu étais venue dans l'atelier tu aurais pu constater qu'il y avait
un grand nombre de maquettes et des maquettes cassées évidemment, il y avait plein et je fourmillais
d'envie de faire et celui-ci et celui-là, ah oui mais oui mais oui mais l'un par rapport à l'autre et
puis il y avait aussi ce que j'avais envie de raconter, enfin c'est tout ça entremêler et c'est
aussi selon mon humeur et ce moment voilà et je crois que si c'était aujourd'hui je vais encore
envie d'en faire d'autres qui racontent encore, qui continuent l'histoire mais là l'histoire que
j'ai voulu raconter c'est bien de le dire comparé à la première première fois où je disais tout
à l'heure ils étaient là sur l'arbre un peu farouche à nous épier à nous observer, là c'est
différent, il n'était pas question de ça du tout, ils sont bien là à la réserve, ils sont pas, ils sont
bien, j'avais plus d'envie de raconter qu'ils sont là à observer l'eau, le moindre air, tout ce qu'ils
voient enfin voilà, contact sans sentir contemplé quoi, la contemplation est le bonheur de ce bonheur
que nous nous donne la nature, se mélange, enfin c'est ce que j'ai voulu donner voilà, en fait il y
en a un aussi qui a les pieds enfin qui a les jambes dans l'eau, là je voudrais revenir dessus pour lui
mettre un petit peu plus de vase au bord de ses jambes et pour dire qu'en fait il sort qu'il émerge
des marais quoi, il y a aussi cette idée que pour moi les omoigus émergent des marais, naisses
d'ici, c'est aussi important de dire pour moi voilà c'est des vrais sinagos, je vais pas, ça me
semble impossible encore une fois, je parlais d'Arene situ tout à l'heure, ça me semble assez
impossible d'exposer ou d'installer les omoigus, comment dire, à juste d'ailleurs tout simplement
ailleurs, parce qu'ils sont vraiment faits avec ce que j'ai eu sous la main assez né, carrément,
carrément, à peine j'ai installé le premier, celui qui s'enduit de vase et qui se met des algues,
quelques heures à peine après, quelques heures après, il avait des guanos sur lui,
il y avait des crottes, parce que le lendemain je reviens donc beaucoup plus tôt et là j'ai dit
assez incroyable, parce que forcément quoi, pour moi c'était une volonté de l'oiseau de bien
viser sur la tête, il y avait deux endroits comme ça, en quelques heures, vraiment c'est
impressionnant, et puis les oiseaux sont très, nous observent tout le temps quoi, et à peine on arrive,
on est très observés en fait. J'ai remerci les gens qui m'ont permis de réaliser ce projet,
je ne vais peut-être pas tous les rencontrer, mais j'aimerais bien les renseigner.
C'est une oeuvre participative en fait, et bon bah ça sera le mot de la fin, et puis bah
bonne continuation aux oeuvres, Auguste. Merci beaucoup.
