Roméo et Juliet, tout le monde connaît l'histoire. C'est un mythe. Il y a eu dans plusieurs adaptations de Roméo et Juliet.
C'est un travail surtout sur la modernité. C'est-à-dire que ce qui m'a intéressé, c'est de retrouver des personnages extrêmement jeunes
et de travailler avec eux un jeu d'acteurs qui font de cette histoire de Gounot qui reste quand même un opéra du grand romantisme, de leur donner, leur demander aux interprètes un jeu extrêmement naturel, extrêmement contemporain.
Et comme c'est dans cette mise en scène quelque chose de totalement intemporel, il n'y a pas d'époque. On n'est pas une époque spéciale.
Je dois dire que je suis extrêmement et agréablement surpris du talent de Vanina Santoni qui interprète ici une Juliet d'une fraîcheur et d'une justesse exceptionnelle.
Moi, j'ai senti énormément de liberté à pouvoir développer une Juliet très jeune, mais avec toute la complexité du rôle.
Et la jeunesse qu'elle donne dans ce personnage, à côté de Florian qui lui nous avait déjà montré cela, mais les deux ensemble fonctionnent admirablement.
Le Romeo de Charles Gounot représente beaucoup de choses puisque ça a toujours été un rôle que j'ai beaucoup aimé.
C'est un rôle qui vient de la littérature de Shakespeare à la base, bien évidemment, mais c'est intéressant de jouer ce personnage, de le faire évoluer.
Et c'est intéressant de le faire évoluer avec le personnage de Juliet. En plus, moi j'ai eu la chance de faire plusieurs fois cette production et de ne jamais avoir la même Juliet.
La Juliet de Gounot ne s'écarte pas trop finalement de celle de Shakespeare, parce que tout simplement, comme vous le dites, c'est un personnage intemporel.
Je me suis assez fort inspiré de l'univers de Tim Burton pour cette production. C'est quelqu'un qui fait un travail, qui propose ce même genre de travail dans les films qu'il présente.
Il y a des moments extrêmement oniriques, extrêmement luxueux en décor, en moyen, et puis il y a des moments où ça devient très, très, très pur, voire presque, nous allons vers un surréalisme par moment.
Il y a beaucoup de symboles, en fait, dans le décor, plus que de choses réelles. On est dans un monde assez onirique, donc ça aide beaucoup à être sur soi, à être juste sur l'émotion du personnage.
Un univers extrêmement, extrêmement oppressant, qui est l'univers de la famille des Capulets, de la famille de Juliet.
Elle évolue dans cet univers, comme elle peut, elle est toujours attirée par ce grand escalier en colimaçon qui va et qui traverse le plafond, d'où vient une certaine lumière qui pourrait être la liberté.
L'univers des Montaigus, donc l'autre famille qui est pour moi une famille beaucoup plus terrienne, une famille beaucoup plus proche de la nature, beaucoup plus humaine également.
Vous avez vu qu'il y a des filles et des garçons dans cette famille et qu'ils tiennent les mêmes rôles, c'est-à-dire que les filles lisent mais se battent également comme les garçons, donc c'est une autre façon de vivre, une égalité complètement différente.
Je suis parti sur une autre image, sur une image peut-être qui sera une image de mort, mais une image de mort dans l'espoir.
Vous verrez que d'abord ce couple ne mourra pas couché, il mourra debout en se fusionnant.
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