Je m'appelle Marie-Lanfra et je fais partie du groupe Sao-Daj. Il y a deux formations Sao-Daj.
La première, j'ai essayé de la créer en 2010. Elle a duré huit mois. J'avais jamais fait de
musique. Je faisais du chant lyrique, mais j'avais jamais osé apprendre l'initiative de créer un
groupe, une formation. Donc évidemment, il y a eu des périphécies qui ont fait que ça a
splité au bout d'huit mois et puis après j'ai retenté le coup. On essaie de chercher des gens
plus investis, un peu plus fous finalement parce que je pense qu'il faut être fou pour faire ce
métier. C'est la Sao-Daj d'aujourd'hui qui est constituée donc de Jonathan d'abord qui a
commencé le projet avec moi, qui est au rouleur, qui amène vraiment la partie très traditionnelle
qu'on a. Anthony il a une initiative en fait de Sao-Daj, même du premier. Il était avec moi
Anthony qui joue du didgeridoo. Faudé, lui qui a ramené beaucoup d'influences d'Afrique de l'Ouest.
Il a beaucoup voyagé dans sa vie. Et puis Lauren, celle qui sort plutôt du Régué. Donc c'est
assez drôle parce qu'on sort tout le univers différent, mais on met justement ses différences
au service de notre musique. On appelle notre musique un Maloya nomad. C'est-à-dire qu'on se sent très
ancré quand même dans la tradition du Maloya. Mais en même temps on est une nouvelle génération qui
a envie de s'émanciper, qui a envie de se libérer de plein de carcans, qui a envie de découvrir, qui
a envie de se nourrir de tout ce qui l'entoure. Donc voilà on est dans une position d'ouverture
perpétuelle. Et donc notre musique, elle est mouvante. Donc on appelle ça le Maloya nomad,
parce qu'il bouge, il voyage, il vagabonde. On a fait pas mal de salles à la Réunion. On a
eu l'occasion de tourner en métropole trois années de suite. Et puis là récemment on est à
la Madagascar et à Maurice. Donc là c'était un nouveau public. C'était une nouvelle aventure donc
je crois qu'on prend vraiment goût à cette vie. On a un projet d'album qu'on va faire tranquillement.
On ne peut pas se presser. On a envie de faire les choses un peu différemment de notre premier
EP qu'on avait fait en 2014, qu'on a fait un peu dans la précipitation. On avait besoin de sortir des
morceaux pour se le faire entendre. Donc on n'a pas pris le temps de créer l'univers qu'on voulait
etc. Et puis on était très jeune aussi dans notre musique. Donc on n'y a pas forcément songeé. Et
là aujourd'hui on a envie de faire quelque chose qui nous ressemble et quelque chose qui va être
intemporel, quelque chose qu'on le recoutera dans dix ans, on en sera fiers. Donc on va prendre le
temps de réaliser ce projet. On se met tous en quatre pour essayer de réaliser des projets un peu
fous avec les moyens qu'on a. Mais en tout cas, c'est intéressant. Et puis petit à petit,
j'espère que ça va évoluer. Je ne sais pas encore tout est alléatoire. Mais en tout cas,
on espère beaucoup de ce projet et de cet album. Sincèrement, quand je rentre sur scène,
j'ai le ventre noué. J'ai l'impression que je rentre dans une arène en fait. Et en même temps,
il y a une partie de moi qui se dit, mais les gens sont bienveillants si les gens viennent. C'est
qu'ils sont dans une position de bienveillance. Donc je me rassure. En fait, il y a une mari qui a
très peur. Il y a une mari qui est très heureuse. Mais je pense que c'est un défi. C'est un vrai
défi. Je pense de monter sur scène. Ce n'est pas anodin. En même temps, plus on le fait,
plus ça devient une drogue. Donc c'est paradoxal. La réunion, c'est vraiment une
particularité dans le monde que je trouve exceptionnelle et que j'espère que le maloïen
un jour sera à la même échelle que le blues dans le monde parce que c'est un blues. Et c'est une
musique qui a une histoire difficile et en même temps très forte, très intense et qui est à l'image
aussi de la réunion d'aujourd'hui. Pour moi, même si évidemment, il ne faut pas faire le schéma
carpostale, il y a des soucis, etc. Mais il y a quand même une qualité du vivre ensemble ici qui est
exceptionnelle et j'espère que le monde s'en aspire pas.
Et le blue cat dans le fond ou l'apa,
Pensa paix et de l'on,
Pensa paix et de l'on,
Pensa paix et de l'on,
Allô mas amoutons l'homaze,
Oui sois mal la rivière sale et l'onde,
Chansons son roman je vais z'amor,
Il fait avan, son mêl'pivit mort,
Pê avan son mêl'pivit mort,
Pê avan son mêl'pivit.
Mais il n'a pas un café s'il n'a tant sauf et d'un filmé ou de boucan
Mais il n'a pas un café s'il n'a tant pas d'élan poté ou de baran
N'a on pas la feuille de sonne, ça m'outilait l'avant
Avez-vous un vieux soleil rayonné?
A ta plan à romans de boucler, le clou qu'elle a pour la pape et sa pédale
Pape et sa pédale
Pape et sa pédale
N'a on pas la feuille de sonne, ça m'outilait l'avant
N'a on pas la feuille de sonne
