Je suis Laurent. Je suis actif dans le secteur informatique.
Je me suis intéressé au mouvement des ingénieurs depuis le tout début, depuis le printemps arabe.
Je suis Olivier. Je travaille au ministère de la lutte contre la pauvreté.
Et dans ce cadre-là, je me suis aperçu que cette lutte contre la pauvreté était complètement inutile de la manière dont je la faisais, car ce qui crée cette pauvreté est beaucoup plus important que ce qu'on croit.
Et c'est surtout ça que je veux combattre. C'est ce qui crée cette pauvreté.
Je m'appelle Orphys. Je suis nuisicienne. Je travaille comme professeur de guitare.
Et je participe au mouvement des ingénieurs de l'IAV depuis quelques mois.
Je m'appelle Loïc. Je suis étudiant en philosophie à l'université de l'IAV.
Je suis également parti de la fée des deux étudiants. Je suis représentateur des étudiants de l'IAV.
Je m'appelle Aviv. Je suis guitariste et animateur dans mon quotidien.
Je me suis retrouvé dans le mouvement des ingénieurs, pas vraiment par hasard, mais disons que j'ai voulu aller dans ce mouvement-là
parce que c'était un mouvement qui naissait en Europe et qui a inspiré beaucoup d'énergie.
Le 21 juillet, j'ai décidé d'aller à l'Ouestel pour rencontrer des personnes qui font partie des groupes d'individés
dont je fais partie ici à Liège, afin de savoir si on allait réaliser une action sur l'Ouestel pour la fête nationale.
Plusieurs idées ont été mises, mais rien n'avait encore été décidé, donc il fallait qu'on se rencontre.
Le 20 juillet, il y a une des personnes des indignés qui m'a dit qu'il avait l'intention avec quelques autres personnes de faire une action.
Il y avait plusieurs idées. On voulait peut-être faire un sitting au Parlement parce qu'il était ouvert.
On voulait faire peut-être un faux défilé militaire habillé en clown pour montrer un peu le ridicule de la situation.
En montant sur le quai, on s'est aperçu que la police nous surveillait. Dans une première réflexion, on se fait une crise de paranoïa.
Ce n'est pas ça, ils sont là comme d'habitude, il y a des agents dans le regard.
Je trouve mes trois amis avec qui on devait partir et à ce moment-là, en passant devant à côté de la police,
je vois que la policière me regarde bizarrement, regarde un document et passe dans l'escalator, en téléphone, à quelqu'un.
En gros, en arrivant à Bruxelles, on a vu qu'il y a quelqu'un qui nous attendait sur le quai devant notre wagon.
On a vraiment senti une présence policière inactuelle et visiblement qui nous était destinée.
La police en uniforme me voit et je le vois qui va parameter à une personne en civil.
En décembre en butra, personne ne nous arrête donc on se dit c'est bon, on a fait de la paranoïa encore une deuxième fois.
On a remonté les escaliers qui remontaient du quai vers la salle des pas perdus et là on s'aperçut qu'on était suivis.
Dès qu'on était un petit peu à l'écart, il n'y avait pas trop de monde, là ils sont apparus en quelques secondes, on était entourés de 17, je les ai comptés, 17 policiers.
Donc on était à 4, on s'est fait arrêter à 11h05 en sortant simplement de la gare pour trouver de l'ordre public.
Les documents que j'avais sur moi, donc ça veut dire 3 par 4, ne m'ont pas été rendus.
Les policiers se sont permis également de fouiller dans mon sac et regarder les photos qui s'y trouvaient alors que ce n'était que des photos de famille.
Quand moi j'ai demandé pourquoi on était arrêtés, ils m'ont dit vous savez très bien pourquoi vous êtes arrêtés.
Je pensais que ce que je faisais n'était pas spécialement illégal, je voulais juste me réunir avec des amis pour voir comment on pourrait sensibiliser les gens au problème, au problème de pauvreté.
On nous a simplement dit qu'on faisait un parti d'un mouvement qui était surveillé, on s'est retrouvé au poste fouillé, on n'a pas été interrogés, on a juste été fouillés et puis placés en cellule.
Je suis allé à Bruxelles avec d'autres amis d'Amélois, je voulais rencontrer des amis du Bruxelles-Lois, des amis du Bruxelles-Lois et du Vier-Joy.
Nous voulons mettre en place éventuellement quelques actions, nous avons des t-shirts, le fait que ça fait 404 jours que j'avais jiqué sans gouvernement, nous sommes arrivés à Bruxelles sans problème
et on s'est réunis Place Poulart pour bien montrer qu'on avait vraiment eu une intention violente, on était allés directement sur le village policier.
J'avais donné quatre traites, pas plus, nous plus nous moins, et une main m'a tapé sur l'épaule, il m'a dit monsieur, vous voulez bien me suivre.
Il m'a accompagné directement vers le reste du groupe, il avait déjà vu le groupe que nous étions, là il nous a dit, vous allez être arrêtés, tout simplement.
On nous met contre le mur, je lui ai dit, je vais attendre, je vais fumer une cigarette et puis je lui ai dit, est-ce que je peux passer un coup de téléphone, moi on accepte, d'autres personnes en refusent.
Dans la camionnette, un policier était en train de s'adresser à une personne qui avait un accent espagnol en disant, tu viens d'Espagne, répondons, mais il continue à dire, ben oui, pourquoi t'es venu foutre la mer d'ici dans ce pays, en lançant après une insulte en Espagne parfaite, qu'a pas géré à l'année dernière.
Quand on est arrivé au poste de police, il y a quelque chose qui m'a mis à paru directement, c'est qu'il ne savait pas entre service exactement pourquoi on était arrêtés.
On se retrouvait face à des personnes qui n'étaient pas forcément de mauvaise volonté, mais on leur demandait pourquoi on était là, ils étaient totalement incapables de leur dire, de nous dire.
De là, je demande pour pouvoir téléphoner à ma femme, pour me prévenir que j'ai arrêté, et ils refusent. En fait, c'était une arrestation administrative.
C'est à ce moment-là que des policiers en civile, mais là, habillés en costume, arrivent avec des feuilles, et c'est en... ils montent quelque chose sur la feuille, ils montent une personne, et c'est en tournant la feuille que j'ai vu que c'était des photos sur ces premières feuilles.
Et sur la deuxième feuille, ils montrent encore une photo, et puis ils me pointent du doigt, et je me dis, mais comment se fait-il qu'ils aient une photo de moi, et qu'ils me connaissent, qu'ils me surveillent alors que jusque-là, je n'ai jamais fait de prison, je ne suis pas un activiste effréné,
mais jusque-là, rien commis, et je ne me pensais pas commettre une infraction en allant de la Bruxelles, arborer un t-shirt, quelconque, comme d'autres l'ont fait.
On a vu aussi qu'il y avait des traitements un peu différents, il y en a qui ont été mises à nu lors de la... lors de la... de la fouille, ce qui est interdit lors de l'administration de la administrative.
On ne va pas, finalement, faire... faire cette procédure-là, il y a une toute nouvelle procédure, c'est la procédure, car pas. Donc maintenant, c'est comme ça, pas de PV, pas de photos, pas de fouilles...
On est médictons, on s'élupe. Malgré tout, j'ai subi une fouille, et on m'a demandé de me déshabiller complètement, on avait le pied, on ne savait pas si j'avais pas une arme, tout le monde.
Une fois qu'on était en cellule, on n'avait qu'argent à part d'autres personnes, on s'en rendait compte qu'en fait, ils arrêtaient tous les indignés, quoi.
Peu importe de quelle région d'indignés ils étaient partis.
Au début, on était à 3, puis à un moment, ils nous ont emmené 6 personnes supplémentaires, où on a... ils avaient retiré tous les matelas et toutes les couvertures qui étaient présentes dans cette cellule, qui n'étaient pas spécialement chaudes.
Donc, on n'avait pas d'endroit pour s'asseoir si ce n'est le sol. On n'avait pas d'endroit pour se couvrir le dos, parce qu'on n'avait plus de veste, ce veste avait été retiré.
Dans la cellule, il y avait une fille qui avait la maladie de Crohn et elle avait les médicaments qui étaient dans son sac. Au bout d'un moment, elle était sentie mal.
Elle a réclamé ses médicaments et les policiers ont profusé de lui donner ses médicaments. On a réessayé plusieurs fois, on a resté là plusieurs heures.
Plusieurs fois, on a remonté parce qu'elle se sentait mal, elle était allongée, elle avait mal au vent, elle se sentait faible et jamais ils les ont acceptés de lui rendre ses médicaments.
Dans la cellule, il fait un froid de canard, le sol est en pente, c'est sale, il n'y a même pas de porte pour accéder au collègue.
Un froid était directement derrière un petit mouvet et on reçoit une bouteille d'eau de 33 centilitres pour 6 heures d'arrestation et une gauve.
Une des filles qui est rentrée, elle était dans un état de panique, elle était en train de pleurer et elle s'était fait fouiller.
Je pense qu'elle avait plus de vêtements et elle était paniquée, elle nous a raconté que les policières qui l'avaient fouillée étaient embêtées parce qu'elle mettait trop de temps à se déshabiller et qu'elle l'avait un peu forcé à aller plus vite.
Donc elle s'était sentie vraiment à mon avis milieux.
Il n'y a pas moyen de tirer la chasse soi-même, il faut demander en frappant à la porte un policier qui l'enclenche la chasse et il mettait pas mal de temps à répondre.
Et d'autant plus qu'on n'avait pas un stock spécialement grand de papier toilette, on était nombreux dans la cellule, au bout d'un moment il n'y a plus de papier toilette et quand on m'a réclamé, on a reçu deux petits coupons de papier toilette pour cette personne.
On a eu le droit de se rencontrer et de pouvoir discuter pendant 6 heures, c'était pas désagréable en plus, malgré qu'on était enfermés et que la sonore n'était pas terrible.
Juste après m'avoir rendu mes chaussures et mes affaires, les policiers m'ont demandé de signer un papier que j'avais le droit de ne pas signer et je leur ai demandé de poliment de ne pas le signer.
Et je me suis vraiment sentie obligée de le faire, le policier m'a dit que je devais pas faire chier, que je n'allais le signer, que ça ne servait rien de toute façon de ne pas le signer et qu'il pouvait encore bien me garder plusieurs heures et que si je ne le signais pas, le sous-entendu c'était que j'y retournais.
Et le problème c'est que du coup, comme j'étais dans un état second et que l'idée de passer encore, je ne sais pas combien d'heures dans cette cellule, ça m'a semblé impossible, j'ai signé.
On sort, ils nous rendent nos sachets avec nos affaires, nos chaussures, puis ils disent voilà, vous pouvez partir et ils nous demandent de signer un papier, ce qu'on a refusé, ce qui les a beaucoup agacé apparemment, mais en gros, on n'a pas été auditionné, il n'y avait pas de procès verbal.
Quand j'ai demandé une photocopie de mes documents, comme quoi j'aurais bien été arrêté, ils ont refusé, j'ai demandé qu'ils actent le fait qu'ils ont refusé, ils ont refusé également.
De là, ils ont effacé tous les dossiers de mon appareil photo. Je me suis senti réellement comme un prisonnier politique ou un prisonnier d'opinion, mais à la différence, c'est que je n'ai même pas eu le temps de faire passer un seul message ou de pouvoir discuter avec l'AFRA, puisque je me suis fait arrêter directement à la sortie de la gare.
Cette arrestation a été non seulement arbitraire, mais abusive, c'est vraiment une tentative d'infinitation au plus haut point. Je ne comprends pas pourquoi on essaye de t'aider des personnes qui essaient de défendre des IBO, de défendre des droits fondamentaux qui sont ceux de s'exprimer, ceux de s'assembler.
Si on ne fait pas attention à ça, si on n'est pas dans la situation de quelqu'un qui s'insurge, on ne se rend pas compte qu'il est interdit de s'insurger tout simplement.
Le reproche que la police peut nous faire, c'était le reproche d'avoir envie d'exprimer certaines revendications, d'exprimer notre mécontentement.
J'ai été très choqué de savoir que simplement le fait de voir s'exprimer, ça pouvait conduire à une arrestation.
C'est vrai que si on faisait une action, on avait de très fortes chances de se faire arrêter aussi insignifiant ce soir.
Mais c'est incroyable, c'est qu'on n'a même pas eu le temps de faire cette action.
On n'a même pas eu le temps d'arriver au moment où on se fait arrêter pour un trouble à l'ordre public.
On a été arrêté parce qu'il supposait qu'on allait en faire un.
Et là, je pense à rencontrer des gens où on va penser des idées et là, maintenant, il n'y a pas que la police, il y a la police judiciaire, la police fédérale et la sûreté de l'État qui se mette encore.
Je me pose la question de savoir si on a encore le droit de penser ici en Belgique.
