A l'épreuve du terrain, ce qui me frappe en premier lieu de mon expérience d'enseignant
en Sainte-Saint-Denis, dans deux académies, en Sainte-Saint-Denis, à Camille de Créteil
et dans la Camille de Versailles, sur deux départements et dans plus de neuf établissements
en quatre ans, c'est d'abord un véritable maquis institutionnel, un maquis entre des
dénominations qu'on ne comprend pas bien, des établissements qui sont classés zèpes,
zone de prévention de la violence, l'intérieur de zones urbaines sensibles. Bref, c'est
un maillage extrêmement complexe à comprendre, à approcher pour de jeunes enseignants,
notamment pour des enseignants stagiaires. On a du mal à voir quels sont les outils et
les ressources qu'on peut en tirer et c'est également un maquis où les parents se perdent
ou les différents acteurs qui doivent intervenir dans le monde de l'éducation se perdent
aussi, ce qui est un premier problème selon moi. Le programme École, Collège, lycée
pour l'ambition, l'innovation et la réussite, le programme éclair est directement connecté
à un problème de recrutement et un problème de ressources humaines de l'éducation nationale
dans son ensemble. Les grandes académies franciliennes qui totalisent pratiquement
toutes plus de 100 000 personnels enseignants devant les élèves, face aux élèves, comme
on dit dans cette dénomination un peu guerrière, ces établissements ont changé la donne
en termes de recrutement, en termes de mobilité des personnels, mais cependant ils ne l'ont
pas changé totalement. Aujourd'hui, l'essentiel des personnels sont affectés selon un système
de points extrêmement opaque, qu'on a beaucoup de mal à comprendre et selon ce principe que
tout le monde peut comprendre, en tout cas même si on n'est pas expert, où l'on
en voit les moins expérimentés, les moins informés dans les zones où on devrait justement
être le plus formé, le plus expérimenté, le plus volontaire et enthousiaste. Donc
ça c'est déjà un premier problème selon moi, l'autre problème qui est constitué
par la mise en place d'un mouvement spécifique pour le recrutement dans les establishments
éclairs, les establishments dissensibles avec des difficultés, c'est que les recrutements
sont laissés maintenant pour une partie d'entre eux à l'appréciation des chefs
d'établissement, ce qui pose un problème, non pas en termes d'autoritarisme, comme
on n'a plus le dire, ou de dictature d'un chef d'établissement sur le recrutement.
Je pense que chacun y met beaucoup de bonnes volontés dans des contextes difficiles,
mais il faudrait sans doute consulter davantage les équipes déjà constituées qui sont là
depuis quelques temps, parfois longtemps, et ses équipes disciplinaires et pédagogiques,
c'est-à-dire ses équipes de classe, ses équipes de discipline, devraient avoir un avis une
part important dans le recrutement, c'est ce que demandent quelques syndicats, mais pas
assez fortement selon moi aujourd'hui. L'autre problème en termes de ressources humaines
et puis je passerai à d'autres éléments, c'est le manque de pérennité dans les programmes
d'accompagnement des enfants. On a beau avoir les meilleures innovations, les meilleurs
projets possibles, dès lors qu'il y a un turnover extrêmement important dans les establishments
les plus difficiles, dès lors qu'on ne stabilise pas des équipes entières, pas seulement des
individus qui seraient comme relégués ou condamnés à passer plus de 25 ans au finfonds
d'aubervilliers, c'est pas ça la question, mais en tout cas stabiliser une équipe de
3, 4, 5 collègues volontaires qui ont mis en place des projets plus rédisciplinaires
sur un même territoire avec plusieurs écoles, plusieurs degrés, plusieurs niveaux différents
dans des disciplines qui sont différentes aussi. Aujourd'hui le principe général de
la mise en place de ce nouveau recrutement des enseignants, ça passe par deux choses,
une mobilité extrême pour les jeunes enseignants qui sont TZR, c'est un terme un peu barbare,
c'est-à-dire titulaire sur une zone de remplacement, une zone de remplacement c'est un espace où
il y a plusieurs besoins en termes de remplacement pour des congés maladis, pour des congés
maternités et les jeunes collègues stagiaires qui ont très peu de points, donc qui sont
trouvés extrêmement pauvres dans ces mouvements interacadémiques ou intra-académiques telles
que le recrutement à la pelle sont obligés de venir boucher des trous au gré de un mois,
six mois, un an, deux ans, mais sans être jamais très assuré de pouvoir rester et construire
un projet d'équipe, donc c'est un problème selon moi. Comment est-ce qu'on peut régler
cela? Bien je vous parlais d'abord de la consultation plus grande des équipes, de
la stabilisation des équipes ensemble et pas seulement de stabiliser des personnels isolés
uniques, l'autre élément, c'est qu'il faut changer d'échelle. Je vous parlais des académiques
qui gèrent 100 000 enseignants, c'est beaucoup évidemment, ils sont gérés par les divisions
des personnels enseignants, c'est-à-dire ces fameuses DPE qui sont divisées en discipline
au sein d'un érectorat, mais plus généralement le ministère gère nationalement ces enseignants,
il y est très attaché, il faut revenir à des gestions qui soient sans doute plus locales,
c'est ce que propose en partie dans l'expérimentation en tout cas la loi de 2005, il faut revenir
à des gestions plus locales, peut-être plus académiques voire départementales, des volantes
de ressources humaines, c'est une chose qui est soumise au débat puisque c'est très complexe
dans la mesure où ça casse ce caractère national de la fonction publique d'État
qui est l'éducation nationale, cependant de manière fonctionnelle ça ne fonctionne
plus justement. Autre élément, je vais aller très vite puisque là je suis un peu long,
je vais vous parler de solutions maintenant, de solutions peut-être plus intéressantes,
après le maquillage solutionnel, je vous l'ai oublié d'ailleurs de me montrer mon
très joli slide, des solutions innovantes pour un changement radical. Aujourd'hui je
m'arrête sur une première chose, je vous parlais de choses qui ont été des réformes
manquées sans doute, la première chose c'est le socle commun de connaissance et de compétences
et la deuxième chose qui en fait partie finalement c'est l'enseignement d'histoire des arts.
Pour avoir vécu la mise en place de ces réformes, elles ont souffert de plusieurs choses, d'abord
la concomitance avec la réforme de la formation des maîtres qui a été faite en dépit du bon
sens, le métier d'enseignant devenant le dernier métier qu'on apprenait pas, c'est très étrange,
on est versé juste après les bancs de l'université dans des zones extrêmement difficiles avec par exemple
pour un prof de musique 400 élèves, alors qu'on n'avait jamais vu un élève de sa vie. Moi,
je n'ai bien évidemment une guerre à mon grand âge, pas connu système, j'étais la dernière
promotion formale UFM qui souffrait de beaucoup de problèmes, mais j'avais bon 6 heures de cours
à donner à une soixantaine d'élèves et puis le résultat, mais je me formais donc c'était plutôt
intéressant. Les collègues qui se sont passés juste après moi se sont retrouvés juste après le
concours en juillet, versé dans l'ensemble de la France avec en histoire géographique qui était
ma discipline, plus de 180 élèves à gérer alors qu'il n'avait jamais vu, jamais connu,
parfois certains étaient professeurs principales, certains étaient coordinateurs de discipline,
donc ça n'a absolument aucun sens, c'est fait en dépit du bon sens et je crois que derrière des
problèmes budgétaires, il faut bien voir qu'il y avait également dans cette réforme de la
masterisation une volonté de casser ce cadre institutionnel sans avoir rien d'autre à proposer
derrière pour le changer. L'autre réforme, après cette réforme de la masterisation qui
m'intéresse, c'est celle de l'histoire des arts. L'histoire des arts, c'est un enseignement
transdisciplinaire qui fait intervenir normalement plusieurs collègues et qui doit être évalué
en troisième, notamment de manière continue les élèves réparant tout au long de leur
scolarité un petit livret et puis se forme avec des professeurs de français, de technologie,
de mathématiques, de PS, à avoir une approche sensible, intellectuelle de Vrodha. Cette réforme
a encore une fois échoué puisque les choses là pour le coup ont été totalement laissées à
l'initiative locale, peut-être trop laissées à l'initiative locale, chaque collège mettant
en place son système d'évaluation et donc tout cela reposait sur la bonne volonté d'enseignants
qui prenaient leur temps pour préparer cela sans avoir aucune directive. L'autre problème,
c'est que ce sont bien sûr les enseignants qui intervenaient déjà dans l'enseignement
artistique, alors que ça aurait été un levier très puissant, c'était déjà les enseignants
d'art plastique, d'histoire géographie, de musique qui ont été les premiers à être
chargés par les chefs d'établissement qui étaient bien embêtés de mettre en place cette
réforme de cet enseignement d'histoire des arts problématiques puisque justement cet enseignement
était fait pour faire intervenir des professeurs qui n'intervenaient jamais en enseignement d'histoire
des arts, professeurs de PS pour l'enseignement de la danse par exemple, de technologie pour essayer
de marier d'autres disciplines qui n'étaient jamais et en tout cas très peu associés à cette
découverte, cette sensibilité artistique donc c'est encore une fois un gros problème. Trois ou quatre
pistes de solution pour en finir et ne pas être trop longs, je pense que la dernière réforme dont
je voulais vous parler la réforme des rythmes scolaires a fait une économie très importante et
dommageable. On a beaucoup pensé au temps scolaire mais on n'a pas du tout pensé les lieux scolaires
qui sont je crois un des leviers les plus importants de changement d'innovation dans l'école par
exemple pourquoi ne pas penser les temps scolaires en lien avec les lieux scolaires et penser à des
classes fixes comme cela se fait dans d'autres pays. On sait que les mouvements d'élèves sont les
moments qui sont générateurs de violence, de perturbation, de retard, c'est là qu'on perd du
temps un tout enseignant dans la salle qui a dû faire monter des élèves en classe au moment de la
récréation de 10 heures voit très bien ce que je peux dire c'est-à-dire qu'on a l'impression de
fendre telle moïse la mer rouge qui est la cour de récréation puis on emmène derrière soi une sorte
de petite cour d'élèves extrêmement agitée et perturbée ça ne fonctionne pas du tout on
perd 10 ou 15 minutes par cours vous ramenez ça à 36 semaines avec une vingtaine de cours
25 de cours et ça fait des des heures et des heures voire des semaines entières qui sont
perdues avec les mouvements d'élèves on pourrait imaginer par exemple une classe fixe pour une classe
une division en particulier et l'intervention de deux trois enseignants dans une pédagogie de groupe
notamment dont vous parliez une pédagogie de projet et de groupe où les enseignants interviennent
à plusieurs pour un même enseignement qui a été ciblé qui a été créé pour cela un enseignant
de français un enseignant d'histoire géographie un enseignant de mathématiques je ne sais pas pour
travailler sur la science chez les grecs ça peut être très intéressant c'est au programme en 6e
notamment donc ça ça n'a pas été fait pourtant ça permet aux élèves d'avoir donc moins de
mouvements ça permet aux enseignants de penser différemment leur pédagogie on gagne du temps
puisqu'il n'y a plus ces déplacements incessants et puis les élèves s'approprient beaucoup mieux
leur enseignement puisqu'ils s'approprient également un lieu et partant de manière
économique et très simple je pense aussi qu'il y a moins de dégradation puisque les élèves ne
changent pas de table en table ou de classe en classe toutes les heures de manière complètement
absurde dernière chose et ensuite j'en aurais terminé je m'excus d'avoir été un peu long je
crois qu'il faut véritablement que cette école et vous le disiez notre école publique et nos écoles
en général s'ouvrent le plus possible ne soit plus des forteresses qui se vivent sur le mode
obsidionnel du siège permanent les écoles doivent s'ouvrir aux parents bien évidemment avec ces
efforts d'écoles des parents qui sont mises en place des mallettes sont distribuées avec des
guides des guides juridiques notamment c'est intéressant c'est des solutions qui qui me vont
mais également l'ouvrir beaucoup plus largement sur les territoires qu'elle polarise cette école
puisque ce sont des territoires qui aujourd'hui sont les territoires des hérités de la république il faut
bien le dire les zones où il y a des établissements éclaires il y a plus grand chose comme autre
service public les écoles deviennent de fait des ressources principales pour les parents pour les
quartiers pour les médiateurs donc ça c'est un premier point très important donc décloisonner et
faire tomber les murs de cette école là ensuite il faut s'approprier parce que ce sont des territoires
il y a quand même beaucoup de programmes s'approprier toutes les ressources qu'il peut y avoir qu'elles
soient muséales pédagogiques culturelles naturelles aussi dans ces espaces là et en effet pour cela
il faut du personnel formé disponible mon idée sur la fin des mouvements qui n'est pas mon idée
bien sûr on parle comme ça mais sur la fin des mouvements d'élèves qui mobilisent énormément
de ressources humaines celles des surveillants les pions les assistants de vie scolaire qui sont
très menacés en ce moment et bien pourraient être justement alloués à d'autres activités beaucoup
plus intéressantes pour faire tomber les murs de l'école en faire un lieu d'émancipation
