Tu es venu à cette visite et tu t'es perdu.
Ça fait déjà une demi-heure qu'il te suit.
Tu pensais que le guide plaisantait. Tu n'as pas cru la légende d'elle minéraudelle diable.
Et maintenant, tu aimerais que ce soit juste un compte. Il se rapproche. Tu peux sentir son souffle
gros sur ta nuque. Où? Arrête. Arrête, stop. Non, non, mais sérieusement, qu'est-ce que c'est que cette
merde? Un film d'horreur dans une mine avec un mec en slip et une greluche qui retrouve pas son
chemin. Bonjour les clichés. On est en France ici, monsieur. C'est le berceau du cinéma. Je veux dire,
on a des standards qualités. Allez, trouvez autre chose. Je sais pas moi. Rans hommage à la magie du 7e art.
Alors là, c'est le bouquet. J'ai même pas une réplique. C'est de la provocation? C'est de la
provocation. Non parce que ça, c'était pas nommage à Méliès. Ça, c'était du blasphème à l'étape
pure. Avec tes effets numériques de merde, tu te rends bien compte que même avec s'entendre
écart, les siens sont quand même vachement meilleurs. Bon alors, c'est quoi la suite? On va se
faire sur le monologue intérieur d'un dépressif qui soul. Ça fait trois jours que son parfum
a quitté notre lit. Maintenant, le vin et la poésie sont ma seule compagnie. Toutes les femmes me font
penser à elle. Ses yeux, ses l'air, son cou, son sourire trompeur, putain de vie, perdu. Je suis perdu.
Là, mentable. Un monologue dans le style de la nouvelle vague. Tu crois que parce que tu
casses la continuité de l'espace-temps deux ou trois fois, t'es le nouveau godard? Où sont
les références philosophiques? Et les mots de plus de quatre syllabes? Bon, je suis gentil,
je vais t'en apprendre quelques-uns. Inconsistence, procrastination, entana classe. Bon, celui-ci,
je sais pas ce que ça veut dire, mais quand même, abrutissement, claustrophobe. Ah ouais,
une autre scène. Bon, je sais pas, on va voir ce que tu nous as pendus. C'était la première
fois qu'elle te remarquait. Elle s'appelait Juliette. Enfin, c'est le nom que tu aimerais lui succérer à l'œil.
Elle attend que tu lui parles. C'est ta première et ta dernière chance de faire sa connaissance.
Bon ben, ça suffit là maintenant, hein. J'en ai ras le bol, hein. Non, mais sérieux,
t'es vraiment une merde, hein. T'es même pas foutu de nous faire une scène d'amour convenable.
On est en France, merde. On est en France. Ça suffit, hein. Je me casse, hein. Et puis surtout,
surtout, tu me rappelles plus jamais, plus jamais, t'entends jamais. Bah non, mais qu'elle crée
de ça, un bordel de merde. Un bêtis, un capard. Bon, oh Dieu, ça fristit, mais qu'est-ce que
vous faites encore là? Allez, maintenant, tu m'arrêtes cette merde. Bon, il y a des moments
dans la vie où il faut savoir s'arrêter dont ça suffit maintenant. Il est carrément trop long,
générique. Bon, on t'est contents. C'est toi qui as la plus grosse police de caractère. Coupez.
J'ai dit de couper, bon Dieu! Ah, le silence, enfin. Non mais, ça continue? Non, non, non, non, non, non,
non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non.
Mesdames et messieurs, la production vous remercie d'avoir regardé ce film en entier et de l'avoir
peut-être apprécié. Vous pouvez maintenant terminer votre soirée dans la joie et la bonne humeur.
Et longue vie au quinoctambule.
