dans le règne animal les premiers mois de vie représentent une période clé au cours de la
quale la survie des individus inexpérimentés va conditionner le futur des populations. Cette jeune
frégate du Pacifique est proche de l'envol, du grand départ en mer. Ce jeune oiseau devra bientôt
apprendre à survivre seul dans l'océan sans aucun repère visuel apparent. Comment ces animaux
juvéniles parviennent-ils à se repérer, à s'alimenter, à survivre dans cet environnement
totalement inconnu et changeant? Suivre des animaux marins pas à pas sur leur chemin vers
l'indépendance est un défi qui jusqu'à ce jour n'avait jamais été relevé.
À partir de mars 2013, grâce à l'obtention d'un programme de recherche européen, Henry
Weimerskirch, directeur de recherche au CNRS, se lance dans l'aventure, percée les mystères de la
vie juvénile en milieu marin. Il nomme ce programme Early Life. Henry Weimerskirch dirige une équipe de
recherche au centre biologique de Shizé. Avec son équipe, il étudie depuis plus de 20 ans l'écologie
des oiseaux et mammifères marins. Situés au sommet de la chaîne alimentaire des océans,
ces espèces sont qualifiées de prédateurs marins. Les chercheurs s'intéressent à la dynamique de
leur population grâce à des opérations annuelles de dénombrements et de bagages. Comme ces animaux
passent l'essentiel de leur vie en mer pour se nourrir, Henry et son équipe s'intéressent à leur
stratégie de déplacement et d'alimentation. Ces travaux sont réalisés dans l'hémisphère sud sur
un large gradient latitudinal qui offre aux scientifiques un accès privilégié à des
habitats marins très variés, des eaux froides de l'antarctique en passant par les eaux tourmentées
des 40e rugissants jusqu'aux plus chaudes de l'équateur. Les équipes de recherche sont donc
régulièrement amenées à séjourner sur la base française de Dumont-Durville en Terre d'Adélie.
Plus au nord, dans la zone sub-antarctique, se trouvent les archipels de Crozet et Cargélène.
Enfin, proche de l'équateur, l'île de repas dans le canal du Mozambique constitue quant à elle
le site de référence des régions tropicales avec l'archipel des Galapagos dans l'océan Pacifique.
Cette distribution unique des sites d'études permet de comprendre les différentes stratégies
d'adaptation des animaux à leur environnement. Nous comparons des planeurs comme les albatrosses
ou les frégates, des oiseaux plongeurs, tels les manchots, ainsi qu'un mammifère marin,
l'éléphant de mer. Ce programme de recherche est inédit. En effet, à ce jour, très peu d'articles
scientifiques abordent la question de la phase juvénile. Il est en effet très difficile de
suivre ces animaux qui, une fois partis en mer, ne seront plus revus avant plusieurs années.
La réussite de ce programme dépend d'un défi technologique, celui de disposer d'appareils
capables de supporter des mois d'autonomie dans des conditions d'immersion et d'humidité permanente.
Je me souviens, il y a 25 ans maintenant qu'on a posé les premiers balisargos, c'est exactement
ce modèle-là qui pesait 180 grammes et donc on pouvait utiliser ce matériel uniquement sur des
grandes espèces, comme les grands albatrosses par exemple, qui pèsent une dizaine de kilos. Et depuis, au cours des 25 dernières années,
on a une miniaturisation qui a permis de réduire la taille de ces balises à ce modèle-là qui pèse
entre 5 et 10 grammes, qui sont équipés de panneaux solaires, ce qui permet de les faire fonctionner
pendant des mois, voire des années. En parallèle, on a voulu également suivre des animaux plongeurs,
comme des manchots ou des focs, et donc on a été développé des modèles évidemment beaucoup plus volumineux.
Ces appareils sont équipés d'accéléromètres, d'enregistreurs de mouvements qui vont nous permettre
en fait de mesurer tout un tas de paramètres du comportement de l'animal, la fréquence à laquelle
il va battre des ailerons, l'angle de plongée, et donc c'est à partir de toutes ces technologies
donc qui vont des plus petites balises argos existants à des appareils qui envoient un nombre de paramètres
phénoménaux directement par satellite, qui a été conçu le programme Early Life.
Organiser des missions scientifiques requiert toute une préparation en amont et des mois d'ajustement.
Sophie de Grissac est étudiante en thèse, elle détermine avec les ingénieurs la programmation optimale
des appareils qui seront posés sur les animaux.
De son côté, Henri échange régulièrement avec ses collègues et les différents partenaires
sur la préparation de son projet.
Il rencontre ce matin Cédric Martot en charge de la conservation de l'île d'Europa
pour discuter des autorisations de manipulation des espèces protégées.
Par contre pour les espèces, comme ça n'a arrêté de protection du ministre,
donc on est obligé de saisir le CNPN, Conseil national de protection de la nature.
Afin d'organiser la mission sur le terrain, Aurélien Prudor, ingénieur d'études vient de rejoindre l'équipe.
Il s'occupera des missions en zone tropicale.
Une semaine plus tard, on prend l'avion le 1er novembre pour crever.
Ok, très bien.
C'est l'automne en France métropolitaine et le printemps austral dans l'hémisphère sud.
Cette période est synonyme de départ pour Henri et les membres de son équipe.
Le marion du frein quitte l'île de la réunion pour rejoindre les îles subanthartiques,
Crozet puis Cargélène.
La réalisation de ces missions du bout du monde est permise grâce au soutien logistique et financier
de l'institut polaire français Paul-Émile Victor.
Parti d'Aubart, en Australie, l'astrolabe atteint la limite de la banquise.
C'est donc par hélicoptère que le personnel rejoint la base française du monde urbien.
Novembre est la période qui correspond à la fin de saison de reproduction chez le manchon-empereur.
Cette espèce a élevé sa progéniture au cœur de l'hiver, proche de la station de recherche.
Les poussins quitteront l'île dans quelques semaines.
A plusieurs milliers de kilomètres plus au nord, sur les îles subanthartiques,
la reproduction a commencé dans les colonies d'oiseaux marins.
Dans cette effervescence de l'été australe, le navire océanographique est arrivé aux îles Crozet.
Les scientifiques sont déposés sur la base Alfred-Ford, d'où ils rejoindront à pied les colonies d'études.
Une autre équipe regagne l'île Europa dans le canal du Mozambique par le Transal,
un avion militaire qui assure la liaison depuis la réunion.
Europa accueille une large diversité d'espèces marines, dont une importante population de tortues vertes.
C'est également un site majeur pour la reproduction des oiseaux marins telles que la sternes fulgineuses, la plus allombante.
Mais l'objet de toute notre attention, l'espèce phare du programme en zone tropicale, c'est la frégate du Pacifique.
Elle aussi, en pleine période de reproduction.
La femelle est reconnaissable à son plastron blanc et son baie couleur chère.
Le mâle arbore un plumage noir irrisé de reflet vert et une poche rouge utilisée comme appara de séduction.
Le juvénile est quant à lui identifiable à sa tête et son poitre aille blanc.
Les recherches sur l'écologie en mer de cette espèce, y compris chez les individus adultes, n'en sont encore qu'à leur balbuciment.
Contrairement à la population d'un autre planeur, l'albatros hurleur, étudié depuis plus de 50 ans sur Crozet.
A cette période de l'année, certains couples commencent leur reproduction alors que d'autres poursuivent l'élevage de leur poussin âgé de 9 mois.
L'envol de ces jeunes, reconnaissable à leur plumage sombre, n'est plus qu'une question de semaine.
Avec l'aide de Sophie et Timothée, le technicien permanent sur Crozet, Henri équipe ce jeune albatros d'une balise argose de 45 g
qui enregistrera sa position dans l'espace ainsi que son altitude au cours des prochains mois.
Toujours sur Crozet, une seconde équipe s'intéresse quant à elle au Manchot Royau.
Après avoir sélectionné un individu, celui-ci est capturé puis équipé d'une balise qui enregistre le déplacement de l'oiseau,
la durée et la profondeur de ses plongées ainsi que la température de l'eau.
Le marion du frein poursuit son voyage vers Kergelen, 1200 km plus au sud.
Dans ses eaux, proches du front subantharctique, de nombreuses espèces dépendent de l'archipel pour se reproduire.
Une nouvelle équipe est débarquée afin d'étudier les jeunes éléphants de mer.
Ces derniers sont âgés de deux mois et demi et s'entraînent à la nage proche du rivage.
Nori, technicien de terrain, vient juste de capturer un premier individu.
A l'issue d'une pesée, la balise sera fixée sur la tête.
Comme pour les oiseaux, cet appareil transmettra de nombreuses informations.
Quelque soit l'espèce, le poids de la balise ne doit jamais dépasser 3% du poids de l'animal
afin de réduire au minimum les impacts sur le comportement.
Pendant ce temps, en terre adhélie, les jeunes manchous empereurs qui commencent à perdre leur duvet
ont atteint le stade pour être équipés.
La balise sera solidement fixée au plume pour supporter l'immersion répétée
à plusieurs dizaines de mètres sous la surface.
Ainsi, tout au long de l'été australe, toutes les équipes synchronisent leur effort sur les différents sites d'études.
Sous les latitudes tropicales à Europa, Aurélien, accompagné de Jean-Baptiste,
se rend sur la colonie de Frégate située au centre de l'île.
Tout l'enjeu sera ici de suivre simultanément le jeune et l'un de ses parents.
Aurélien, tu me reçois là?
Je te reçois là, je t'écoute.
Écoute, là, j'ai une femelle qui tourne là, elle est en train de se poser, donc je vais l'attenter.
Ok, j'arrive.
L'adulte est équipé d'une des micro-balises de 9 grammes, puis rapidement relâchée.
La même opération est ensuite réalisée sur son jeune.
L'oiseau juvénile est désormais reconnaissable à l'antenne qui dépasse de son plumage.
Un mois plus tard, de l'autre côté du globe, sur l'île de Genovesa au Galapagos,
Henri et Aurélien étudient également les Frégates du Pacifique.
Les scientifiques ont installé leur campement non loin des colonies d'études.
Au Galapagos, les Frégates nichent quasiment à même le sol, ce qui facilite l'accès pour les manipulations.
Après une sélection des individus d'après leur plumage et leur rythme d'activité, 15 balises Argos sont fixées sur les plumes du dos.
Les oiseaux sont mesurés puis sexés avant d'être relâchées.
Les missions de terrain s'achèvent, le mariant du frein et l'astrolabe sont sur la route du retour.
Tous les jeunes animaux porteurs d'une balise sont encore à terre.
Leurs positions géographiques sont maintenant relayées par satellite.
Après 8 ans,להit 길.
...
Suite à l'abandon des soins parentaux,
les jeunes albatrosses puissent dans leur réserve de graisse.
Timoté, resté sur le terrain, réalise des pesées régulières.
Les courbes de poids montrent que les jeunes oiseaux passent
d'un poids de 13 à 9 kilos.
Une masse critique qui déclenche la décision de l'envol,
un compromis pour ne partir ni trop tôt ni trop tard.
Les juvéniles amorcent leur 1er mouvement vers l'inconnu.
Depuis le laboratoire, les chercheurs viennent de recevoir
le signal des premiers départs.
La position des individus est transmise en temps réel
de la balise au satellite, puis téléchargé pour être visualisé.
Jour après jour, les scientifiques découvrent
le comportement inédit des oiseaux lors de ces premières semaines de vol.
En à peine 2 mois, les albatrosses sont déjà parcourues
des milliers de kilomètres.
Couvrons une vaste zone de l'Afrique du Sud à l'Australie.
À Cargélène, les jeunes éléphants longent le rivage
et s'éloignent progressivement des côtes.
Christophe Guiné, chercheur au laboratoire
et spécialiste des mammifères marins,
commentent leurs premières trajectoires?
Tous les jeunes prédateurs marins sont maintenant en mouvement
et les balises se dispersent dans l'océan austral.
C'est le cas pour les deux espèces de manchots qui convergent
vers le front polaire, une zone de confluence connue pour sa forte
position.
La population de l'Afrique du Sud est très grande.
La population de l'Afrique du Sud est très grande.
La population de l'Afrique du Sud est très grande.
Le front polaire, une zone de confluence connue pour sa forte
production primaire, synonyme de potentiel proie pour nos oiseaux.
La prise d'indépendance s'est opérée brutalement,
sans face de transition.
Toutes les espèces sont en mouvement, toutes sauf une.
En zone tropicale, chez les frégates de repas et des galapagos,
la transition vers l'indépendance se révèle beaucoup plus progressive.
Plusieurs mois se sont déjà écoulés.
Là, tu vois, elles sont capables de voler un vol normalement,
mais elles font des voyages très courts et elles reviennent
tous les soirs sur le colis.
Pourquoi la frégate poursuit-elle l'élevage de son jeune aussi
longtemps?
Pour le comprendre, une partie de l'équipe Early Life s'est installée
à l'université de la Réunion afin de se rapprocher des lieux
d'études.
Grâce aux données, collectées sur les adultes,
les scientifiques analysent le comportement de cette espèce
complètement atypique dans la communauté des oiseaux marins.
Avec un poids de seulement 1 kg de sang, pour 2,30 m d'envergure,
la frégate est un oiseau taillé pour le vol plané.
Les balises vont permettre aux chercheurs de comprendre leur technique
de déplacement et le co-énergie qui implique les différentes phases
de vol.
Des capteurs enregistrent la fréquence cardiaque et celle des battements
d'elles, ainsi que l'altitude et la vitesse de vol.
L'ensemble des informations est collecté par une station d'acquisition
implantée dans la colonie et quitté les charges de données,
à chaque passage des adultes revenus nourrir leur jeune.
Ainsi, pour se déplacer, la frégate s'élève en altitude,
portée par les vents jusqu'à près de 2000 mètres.
La frégate adulte utilise ainsi les masses d'air pour parcourir
à moindre coups de vastes étendues à la recherche de poissons volants
qui constituent la majeure partie de son alimentation.
Elle chasse souvent en association avec les tons ou les dauphins
qui font remonter les poissons volants en surface.
C'est à ce moment précis que la frégate capture à la voler
sa proie favorite.
Alors qu'elle passe l'essentiel de sa vie en mer,
la frégate n'a pas de plumage étanche,
contrairement à tous les autres oiseaux marins.
Ce paradoxe lui interdit de se poser à la surface de l'océan.
La nécessité d'apprendre à utiliser les courants aériens
et à capturer ses proies en plein vol pourrait donc expliquer
l'existence d'une période d'apprentissage exceptionnellement longue
avant l'indépendance.
Comment ces jeunes frégates vont-elles se comporter
durant cette phase critique dans deux océans
distants l'un de l'autre de plusieurs milliers de kilomètres?
Le contexte océanographique conditionne la distribution des proies
et pourrait influencer leur stratégie alimentaire.
Europa se situe au cœur d'un vaste système de courants tourbillonnaires.
Dans ce milieu relativement pauvre,
les proies se répartissent dans l'écosystème de manière diffuse
et imprévisible, ce qui complique leur capture pour les prédateurs marins.
De l'autre côté du globe, dans l'océan Pacifique,
le complexe océanographique est influencé par la confluence
de plusieurs courants. Ce sont des zones de poéling
qui génèrent une grande richesse biologique et une densité de proies importante.
Dans ce contexte où la nourriture est à priori plus facile d'accès,
on peut s'attendre à une autre stratégie en termes d'apprentissage
et d'alimentation.
Juin 2015, les positions des frégates d'Europa et des Galapagos
continuent de s'accumuler chaque jour dans la base de données d'Henri.
Ça y est, maintenant, les oiseaux font partie.
Ils sont à plus de 500 km au sud de leur lieu de naissance.
Et en effet, les juvéniles s'alimentent à quelques centaines de km
de leur île natale.
Par contre, sur Europa, les oiseaux restent toujours autour de l'île
et on n'observe aucun grand déplacement vers le nord ou vers le sud.
Dans cet environnement marin plus pauvre, les jeunes frégates
poursuivent leur phase d'entraînement, mais dépendent toujours des apports
alimentaires délivrés par leurs parents.
L'attente se poursuit pour les frégates d'Europa.
Juillet 2015, sept mois après la pause des émetteurs,
des mouvements importants sont enfin observés dans le canal du Mozambique.
Et là, on a le premier juvénile qui quitte enfin Europa et prend
une direction nord. Il va longer les côtes du Mozambique.
Et ce qui est intéressant, c'est qu'en fait, on a son parent,
qui part trois jours plus tard dans la même direction,
donc les deux ont quitté vraisemblablement Europa définitivement.
Dix jours après leur départ et sans jamais se poser,
nos deux oiseaux ont parcouru des milliers de kilomètres vers le nord.
Alors qu'un jeune poursuit sa migration vers l'est en direction des Maldives,
sa mère, quant à elle, vient de s'arrêter au Seychelles.
Les trajectoires impressionnantes de ces frégates tiennent en haleine Henri,
qui suit maintenant leurs itinéraires jour et nuit.
Depuis son départ d'Europe, la jeune frégate est constamment au mouvement.
Elle approche à présent l'île de Sumatra à plus de 11 000 kilomètres
de son île natale. Mais jusqu'où ira-t-elle?
Alors que les frégates des Galapagos restent sédentaires,
leurs congénères de l'océan indien ont maintenant toute quitté Europa
émigrée vers l'équateur. Elles réalisent des mois durant
de larges boucles au centre de l'océan indien.
Qu'est-ce qui explique ces déplacements circulaires et pourquoi
sont-elles mobiles si longtemps?
À la recherche d'indices, Henri se rend ce matin au laboratoire
de l'atmosphère et des cyclones pour échanger avec Anne Rochoux,
spécialiste des phénomènes météorologiques dans cette partie
de l'océan indien. Anne explique à cette période de l'année,
en raison de la force de Coriolis, les Alisées qui soufflent
du Sud-Est sont infléchies au niveau de l'équateur vers le Nord-Ouest.
Elle démontre grâce à la météorologie physique l'existence
d'un régime de vent quasi-circulaire autour de l'équateur.
Le lien apparaît maintenant évident. Si l'on superpose les trajets,
des individus équipés de balises, on s'aperçoit que,
pendant leur premier mois de vie, leur déplacement dépend
totalement de l'intensité et de l'orientation des vents.
Les frégates contournent le célèbre poteau noir, une zone
également évité par les navigateurs en raison de l'absence de vent.
Les jeunes frégates utilisent la zone intertropicale
comme un circuit sans fin, leur permettant de rechercher
leur nourriture à moins de recours énergétique dans cet environnement
tropical où les ressources alimentaires se font rares.
Certains oiseaux ont même réalisé la performance de rester
plus de deux mois en vol sans jamais se poser.
Le régime des vents est maintenant clairement identifié,
comme le paramètre clé qui explique le déplacement des jeunes frégates.
Les capacités extraordinaires de ces planeurs et la forte dépendance
de ces oiseaux aux paramètres climatiques sont parmi les premiers résultats
majeurs de ce programme.
Après des mois de suspense et de travail, ces données sont restituées
publiquement à l'occasion d'une conférence internationale
et suscitent tout l'intérêt de la communauté scientifique.
Les chercheurs viennent de comprendre à travers l'exemple des frégates
les liens indissociables entre océans, atmosphères et prédateurs marins.
Des interactions qui conditionnent l'ensemble de leur comportement
dans cette indispensable phase d'apprentissage.
Deux ans de collecte de données viennent de s'achever
avec près de 350 ans de l'exemple.
Les chercheurs viennent de comprendre à travers l'exemple des frégates
deux ans de collecte de données viennent de s'achever avec près de 350 animaux
suivis pour percer leur mécanisme d'apprentissage et d'adaptation.
Tout le long du gradient latitudinal où a été réalisé le programme
Early Life, des liens étroits entre paramètres environnementaux
et comportement ont été identifiés.
Ainsi, les frégates dépendent des alisées autour de l'équateur.
Les jeunes albatros sont quant à eux associés au vent violent des 40e rugissants.
La distance au front polaire et l'utilisation des courants
seront les paramètres déterminants chez le manchot royal et l'éléphant de mer.
Enfin, pour le manchot empereur, la glace de mer a été identifiée
comme une zone privilégiée d'alimentation.
Celle étendue de cette glace, leur habitat préférentiel,
qui se réduit chaque jour un peu plus.
Mais qu'adviendra-t-il de ces manchots lorsqu'elle aura disparu?
Les travaux du programme Early Life permettront de répondre à ces questions
en modélisant les conséquences des changements climatiques
sur toutes ces populations de prédateurs marins.
Ça va être quoi les tendances générales,
pas obligatoirement dans l'Océan Indien,
mais la tendance au niveau de l'intensité de la fréquence des cyclones.
Il était estimé que l'intensité des cyclones...
En zone tropicale, les scénaries tendent à une augmentation
de l'intensité des cyclones.
Il apparaît donc évident que les jeunes prédateurs marins
inexperimentés, comme les frégates,
dont la sensibilité au vent vient d'être démontrée,
devront faire face à des contraintes de plus en plus fortes.
Leur capacité d'adaptation sera ici la clé de leur survie.
Leur capacité d'adaptation sera ici la clé de leur survie.
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org
Transcription par la communauté d'Amara.org
