L'idée de faire une rencontre européenne, c'est de sortir un peu notre hexagone et de
ouvrir un peu nos yeux sur comment ça se passe ailleurs, comment ça s'est passé ailleurs
avant de découvrir des projets aussi d'artistes de collectif, croiser aussi un peu différents
milieux, c'est-à-dire il n'y a pas que les historiens ou les chercheurs qui travaillent
sur les questions de l'accueil ou de l'histoire.
Le théâtre du soleil, il y en soit un symbole, parce qu'il était aussi le lieu de beaucoup
de choses, beaucoup de lutte, beaucoup de pièces, beaucoup de rencontres.
Au-delà de l'action dans l'urgence que nous menons, parce que nous devons la mener,
il y a besoin aussi d'expliquer et de remettre la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui
en perspective de notre histoire et de l'histoire du continent européen.
Aujourd'hui, il y a une forme d'urgence, de danger renouvelé sur la question de la
mémoire et de la transmission.
Gérer le flux, ça veut dire externaliser, ça veut dire éloigner le plus possible,
sélectionner.
Il y a un écart colossal qui s'est construit entre la mémoire, le savoir sur cette question
et puis les politiques qui sont censées être développées par l'Europe sur l'asile
et sur l'immigration.
Cette capacité d'oubli d'une société européenne qui est extrêmement multi-culturelle, il
passe la mémoire des formes de l'opinion.
Le concept de l'influence est très historique, très historique, on a besoin de voir comment
cette mémoire est manipulée.
Le repas de midi confectionné par le collectif BAM, qui fait tout un travail de solidarité
et d'accompagnement des migrants, donc c'est une équipe avec laquelle on peut dialoguer
qui fait partie intégrante de cette journée.
Les grandes villes européennes vont avoir un impact sur la définition des politiques
nationnelles ou européennes.
À travers ces objets, on parle de la situation méditerranée, elle en fait tout ça avec
un discours un peu plus critique et ces objets nous permettent de nous rappeler ces codes.
Le collectif étrange miroir, c'est des projets documentaires sous des formes artistiques.
On intervient autant sous la forme de spectacles, autant dans le milieu carcéral que dans
des maisons de quartier que dans des théâtres.
On s'interroge sur l'évolution sémantique qui peut y avoir entre les termes étrangers,
immigrés, migrants, immigration, émigration, migration.
Transmettre l'histoire de l'accueil des populations étrangères, c'est sensibilisé
à l'apport qu'elles ont eu et qu'elles ont encore dans l'histoire de France.
Calais est devenu par le geste même qui voulait rendre les migrants invisibles, le
symbole éclatant du ralliement des bonnes volontés, le nom majuscule que porte l'hospitalité
faite aux exilés.
L'immigré, ça peut être un révélateur.
