Bonjour et bienvenue dans ce nouveau numéro où parlent d'experts consacrés aujourd'hui
au marché de la sécurité alimentaire, alors mondialisation des échanges oblige, le marché
des analyses permettant de garantir la sécurité alimentaire est un passage obligé pour toute
entreprise qui va éviter les rappels de produits ou encore une mauvaise presse. Résultat
c'est un secteur prospère qui devrait atteindre 7,1 milliards de dollars d'ici 2020 avec un taux
de croissance annuelle estimé à 7,4%. Pour nous en parler deux experts, Karim Franck Kinouche et
aussi Pablo Alvarez bonjour à tous les deux. Bonjour. Vous êtes respectivement président de
Novolis une société dont on parlera dans quelques instants et pour vous Pablo docteur en
microbiologie. Alors première question à l'un et à l'autre, quel état des lieux vous faites
de la sécurité alimentaire à ce jour? Alors aujourd'hui on se base sur des chiffres qui ont
été publiés par l'OMS assez récemment et qui montrent qu'on a encore 600 millions de malades
tous les ans qui tuent à peu près 420 000 personnes et ceux dans le monde entier. Alors évidemment
certains pays sont plus touchés que d'autres, certaines catégories d'aliments sont plus touchés
que d'autres mais globalement là on pourrait s'attendre à ce que le nombre de morts et de
malades diminue régulièrement, ce n'est pas le cas aujourd'hui, ça continue à augmenter. Et même
dans nos pays avancés comme la France au niveau industriel et au niveau de la sécurité alimentaire,
notamment parce qu'on cherche toujours à consommer des produits moins cuits, plus frais,
plus naturels, plus près de la ferme et ce faisant on réduit toutes les étapes de contrôle
des produits et donc on s'expose à des malades auxquelles on n'était pas exposé avant.
Donc docteur en microbiologie c'est des chiffres qui nous surprennent qui sont parfaitement
satisfaisant au vu des 7 milliards que nous sommes aujourd'hui? Bien sûr, ils ne sont pas satisfaisants
mais ils ne sont pas non plus surprenants. Il faut dire qu'en microbiologie les risques
serrants n'existent pas. Les patéines alimentaires sont pressants d'une façon naturelle, presque
la totalité est la telle première. Il faut assurer dans les procédés de production qu'on
est capable de diminuer ces risques au minimum possible. Nous allons développer un projet R&D
pour développer pour première fois des dières mobiles par rapport à des neurovirus qui
c'est une patéine alimentaire très importante mais pas très connue. Pourtant divers tests
existent à travers le monde alors qu'est-ce qui pêche? Pourquoi ça ne fonctionne pas?
Alors je pense qu'il faut distinguer les tests et ce qu'on appelle les contrôles préventifs. Ce sont
les procédés qui permettent de s'assurer qu'on a tué les bactéries pendant le traitement. La limite
par contre que l'on voit aujourd'hui c'est que les tests ne sont pas suffisants pour contrôler le
risque en termes de microbiologie et de contamination et c'est là que nous on se positionne plutôt
ce qu'on appelle les contrôles préventifs c'est-à-dire s'assurer que les procédés qui
permettent de cuire ou de sérieser les produits sont bien validés, fonctionnent dans des conditions
qui permettent de tuer les pathogènes. Le test étant l'élément complémentaire qui permet de vérifier
qu'on n'a pas eu de recontamination mais l'analyse, le test classique n'est pas la solution
ultime ou suffisante pour contrôler ces risques. C'est vraiment la combinaison du
contrôle préventif et du test qui va permettre d'améliorer et de diminuer les contaminations
et donc les malades. Est-ce qu'au même titre que les maladies, on assiste à des résistances de la
part de salmonelles ou autres germes? Les salmonelles sont des spécificités qu'ils font des groupes très
dangereux pour la sécurité des saliments. Tels qu'un dos infectiste très basse, on parle des
tels quels cellules pour nous rendre malades. Aussi, ils sont la capacité de survie très
important d'un des produits finis. On ne peut pas parler des moins aux décennés,
spécialement dans des produits secs. On a assisté à plusieurs scandales en France
au s'agissant de la sécurité alimentaire. Est-ce que c'est nécessairement dû à une
mauvaise pratique de la part des marques? Le rôle d'un industriel, c'est assurer que le
risque est réduit en dessous du limite qui est acceptable pour garder le consommateur sous un
seuil de contamination, de risque de contamination qui soit raisonnable. Justement considérant que
les pathogènes existent naturellement et que le risque zéro n'existe pas, à partir de quel
moment la responsabilité juridique de l'industriel est impliquée? C'est la vraie question et en
fait sa responsabilité est impliquée à partir du moment où il n'a pas mis en oeuvre ce qu'il
fallait pour contrôler le risque. Vous êtes présidente d'une entreprise qui s'appelle
Novolice spécialisée dans la sécurité alimentaire avec une spécificité que je vais vous laisser
nous présenter. Novolice est spécialisé dans le développement de bactéries non pathogènes qui
se comportent de la même manière que des bactéries pathogènes et que l'on va pouvoir insérer dans
les procédés de manière à voir de quelle manière le procédé tue ces bactéries. En voyant la
manière en telle tue des bactéries non pathogènes que l'on apporte, on peut conclure sur l'efficacité
du procédé pour contrôler le risque et donc pour tuer les salmonelles, les aichachia colis,
les lystériens. C'est une société que j'ai créée en 2012, aujourd'hui nous avons une équipe en
France aux États-Unis et bientôt en Asie avec pour objectif de devenir le référend mondial dans
les solutions pour la validation des procédés. Mais sa spécificité je crois savoir c'est que vous
injectez justement des germes modèles dans l'aliment ce qui ne se faisait pas autrefois.
Alors exactement, c'est à dire que les germes modèles ce sont ces micro organismes non pathogènes
que l'on insère dans le procédé de manière à suivre leur destruction et en fonction de la
manière dont ils vont être détruits on va être capable de conclure sur l'efficacité du procédé
pour tuer les pathogènes tels que les lystériens, les salmonelles ou les aichachia colis que l'on
trouve naturellement dans tous les produits alimentaires. Comment vous expliquez que vous
soyez les seuls sur ce segment, sur ce marché du germes modèles? Alors on a fait un pari très
risqué il y a quelques années, on a investi plusieurs millions d'euros dans des programmes
de R&D chez Novolize et puis avec des partenaires de manière à avoir ces produits. Les acteurs en
place aujourd'hui sont très occupés avec un certain nombre de développement de nouvelles
technologies notamment pour la détection là où nous nous avons fait le pari d'être plus en amont et
se focaliser sur une zone où il n'y avait absolument personne et un véritable besoin qui était un
ségière modèle pour la validation des procédés. Parmi ces germes il y a des bactéries génétiquement
modifiées, est-ce qu'il y a un risque est-ce que ce risque est à considérer au contraire temporisé?
Les germes modèles ne sont pas modifiés génétiquement donc on travaille avec des bactéries naturelles
toujours et pas modifiées génétiquement. Moi en tant que scientifique je suis favorable
au développement et l'utilisation des bactéries modifiées génétiquement mais dans certains cas
et dans certains cas cadrés. On a aujourd'hui un plein de développement de nouvelles techniques
qui s'appellent CRISPR-Cas et c'est une technique qui permet la modification d'une
génome de façon très spécifique, très rapide et pas coûteuse. C'est une technique incroyablement
puissante mais qui offre beaucoup de débat aussi. On est passé de problématiques à l'origine et
des problématiques bien évidemment nationales. Aujourd'hui des problématiques qui sont
internationales exigeant des solutions coordonnées. Est-ce que c'est facile pour vous du coup de
prévoir des solutions sur le long terme dans ces conditions? En tant que petite entité on a une
agilité que non ça des groupes ont un certain nombre de grandes entreprises sur le marché
américain. On travaille aussi en Europe et un petit peu en Asie, en Océanie. Pour nous la globalisation
de l'agroalimentaire c'est une chance parce qu'on a une agilité qui nous permet de répondre
rapidement au besoin. Justement vous parlez des États-Unis, on a connu une mutation de la
réglementation aux États-Unis sous les Robamas qui, je crois, courent jusqu'en 2022. Qu'est-ce que
ça implique pour vous concrètement? Alors en fait la signature par le fait référence au foot
safety menace nation acte, le FESMA, la signature du FESMA par Robama en 2011 a été le démarrage
de l'activité de Novelis. Donc il était signé en 2011, il était discuté jusqu'en 2016 et en
2016 les premières lois ont été implémentées. Donc depuis septembre dernier les grandes entreprises
et multinationales doivent se conformer au FESMA qu'elles soient aux États-Unis ou en Europe ou en
Asie à partir du moment où elles exportent aux États-Unis ou bien à partir du moment où elles
fournissent quelqu'un qui exporte aux États-Unis. Donc aujourd'hui on a déjà plus de 50% des
entreprises qui sont concernées. Demain, 2017, 2018, tous les ans jusqu'en 2022 on va avoir
progressivement des nouvelles franges d'entreprises qui vont être concernées, donc les entreprises
moyennes, les petites entreprises et on va remonter jusqu'à la ferme. Et donc jusqu'en 2022 on a
tout simplement une roadmap de développement commercial pour Novelis parce qu'on sait que
tous les ans il va falloir des nouveaux produits pour répondre à des nouveaux besoins. Donc pour
nous c'est une opportunité extraordinaire et maintenant on est en range pour sortir des
nouveaux produits tous les ans. Ça semble justement de bon augure et ça les investisseurs
l'incentif puisque vous avez opéré une levée de fond assez conséquente en 2015. Je pense que
les investisseurs sont avant tout des consommateurs et se sentent concernés par la question de la
sécurité alimentaire. Même en France tous les ans on a à peu près un sixième de population qui
tombe malade avec encore beaucoup de décès, pas seulement des personnes les plus faibles,
beaucoup d'impact sur la santé, on peut avoir des déficiences renales suite à une intoxication
salmonelle. Donc c'est vraiment tous les consommateurs français qui se retrouvent dans les
questions de sécurité sanitaire. Donc en s'agit de lever un défon et que les investisseurs
comprennent ce que l'on fait, que ce soit en France ou que ce soit à l'étranger, ils se retrouvent
dans les produits que font Novelis et donc dans la mission de Novelis qui est de limiter le nombre
de maladies liés aux intoxications alimentaires. Donc ça nous a vraiment aidé à avoir une écoute,
avoir un public, avoir des investisseurs très actifs depuis notre première levée en 2015.
Alors vous allez opérer une nouvelle levée de fond d'après ce que j'ai compris à nouveau
sur une plateforme de crowdfunding, je crois savoir, comment vous avez prévu justement d'investir
ces investissements? Effectivement, on annonce une deuxième levée de fond sur la plateforme
en AXAGO qui est la même que celle à laquelle on a fait la levée en 2015 et qui nous avait
permis de faire une levée assez importante de près d'un million d'euros. Aujourd'hui, les
financements vont nous servir à deux principales choses. Une première qui va être de financer
l'accélération commerciale parce qu'on a des demandes et on a une très bonne réponse du marché,
maintenant il faut une force commerciale plus importante. La deuxième chose,
c'est le financement d'un programme R&D qui s'appelle ARAKA qui est déjà soutenu par l'État
dans le cadre des programmes d'investissement d'avenir. C'est un programme de 2,5 millions d'euros,
donc qui est assez conséquent pour nous et qui nous permet de développer des nouveaux produits
et aussi des services que l'on va lancer à partir de 2019. Dernière question,
la France a le supposition de commande au rang mondial de la protection de la sécurité alimentaire globalement?
Plutôt bien, il faut continuer à investir et à faire de la recherche et de développement pour garder
une place de choix. Aujourd'hui, on est quand même obligé d'admettre qu'on a une évolution
très importante en Amérique du Nord avec cette fameuse remise à plat, le FESMA, qui nous
remise à plat des 70 dernières années de sécurité alimentaire américaine qui avait un certain
retard à rattraper. Et comme toujours, en rattrapant sur tard, on s'attend à ce que les Américains
n'atteignent pas le niveau de la France, mais le dépassent largement et ensuite, ça sera à la
France et à l'Europe de redépasser les États-Unis. On l'espère tout autant. Merci à vous pour
votre expertise. Merci à vous également de nous avoir suivis. On se retrouve bientôt pour un prochain numéro de Paroles d'Expert.
