Pour fêter leurs 80 ans, les CMA ont choisi d'aborder l'actualité d'une dizaine de
sujets, en compagnie d'une personnalité qualifiée, un grand témoin.
Ainsi, nous avons demandé à Nathalie Mons comment change l'école.
Nathalie Mons est professeure de sociologie à l'université de Sergi Pontoise.
Parmi ces sujets de recherche, elle s'est intéressée aux questions d'évaluation
des politiques publiques, notamment les fameux classements internationaux PISA.
Depuis 2014, elle préside le CNESCO, le conseil national d'évaluation du
système scolaire, qui mène une évaluation scientifique et indépendante du
système scolaire, afin d'éclairer les divers acteurs de l'école et le grand
public. Nous avons interrogé Nathalie Mons plus précisément sur la mécanique
du changement. Quels sont les défis de l'école française? Quels sont les
freins et les leviers au changement? Comment change l'école? On a souvent un
discours extrêmement défaite sur l'école, c'est-à-dire d'une école qui ne
bougerait pas, d'une école française qui ne serait pas réformable, de
politiques qui s'évertues à mettre en place des réformes et puis une école
qui résiste à l'ensemble de ces réformes, ce qui m'apparaît au bout
finalement de trois ans d'évaluation du système scolaire et puis d'une plus
longue carrière d'universitaire sur le terrain, c'est qu'en fait il y a dans
vraiment une multiplicité de territoires une école française qui est déjà en
train de changer. Je suis toujours marquée lorsqu'on fait des appels à
témoignage d'acteurs de terrain, combien finalement dans des écoles primaires, des
écoles du secondaire, voir des expériences en termes de formation, on peut
avoir presque on appelle des petites pépites, c'est-à-dire vraiment des
choses finalement qui se font et qui sont déjà exceptionnelles, je pense à
des pédagogies qui se révèlent particulièrement efficaces, je pense à
des établissements qui font déjà des politiques pour avoir davantage de
mixité, je pense à chez pas des lycées, d'enseignements professionnels qui ont
vraiment déjà à coeur de préparer bien leurs étudiants, leurs élèves pour
qu'ils puissent devenir des étudiants de qualité par exemple dans des bts,
des huités et qui arrivent. Il y a énormément d'expériences positives.
Et ce qui est marquant dans le cas français, c'est qu'à côté de ces
expériences positives, on a finalement des résultats qui eux sont très moyens,
c'est-à-dire que lorsqu'on regarde à la fois les résultats des évaluations
internationales par exemple comme PISA, on se rend compte que à 15 ans qui
est finalement la fin de l'enseignement obligatoire, les résultats de l'école
française sont très moyens et notamment on a beaucoup d'élèves qui sont en
difficulté. Ces résultats ne sont pas non plus isolés, c'est-à-dire qu'ils
renvoient malheureusement aux résultats que développent aussi le ministère de
l'Éducation et tout ça depuis quand même une quinzaine d'années avec un pays
qui avait vraiment atteint un niveau d'inégalité scolaire et sociale qui
doit vraiment être questionné parce qu'on est tout en tête maintenant des
pays de l'océ de l'EU. Il y a un hiatus, c'est-à-dire que l'école
elle change déjà dans beaucoup de territoires mais on n'arrive pas à
généraliser ce changement. Ce qui m'apparaît c'est que je crois
quand même que sur les dix dernières années ça commence quand même à bouger
et dans de nombreux rapports du CNESCO, finalement à partir d'un diagnostic, on
dit attention à des politiques qui sont finalement très changeantes.
Chaque ministre a sa réforme, chaque mandature a sa réforme etc. Et donc à
chaque fois on arrive à la conclusion qu'il faut aujourd'hui notamment sur
l'enseignement obligatoire qui lié consensus. Sinon finalement ça change
par le bas mais on a du mal à avoir une orientation politique qui s'inscrit dans
la durée. Or l'éducation ne change que, le monde de l'éducation ne peut que changer
dans la durée et il ne peut que changer si on atteint une certaine forme de
consensus trop transpartisant. Pourquoi je dis ça? Tout simplement parce que
lorsqu'on regarde les pays qui sont peut-être par exemple du palmarès de
PISA, ce sont des pays qui développent les mêmes politiques depuis dix ans,
quinze ans, vingt ans même. Par exemple si on regarde la fin lande, cette
formation exceptionnelle des enseignants, elle débute à la fin des années 70 et
on a creusé depuis la fin des années 70 une formation initiale vraiment de
qualité universitaire avec à la fois un accès vraiment à des ressources
scientifiques de haut niveau mais aussi des applications dans les écoles avec la
mise en pratique dans les classes parce que ça aussi c'est incontournable pour
devenir finalement un bon assignant. Donc tout ça ne s'est pas créé du jour
lendemain et cette politique si aujourd'hui on a des très bons résultats c'est
parce qu'on a des enseignants qui sont formés à être très haut niveau avec
une formation continue en plus qui permet à ces enseignants d'être
toujours en lien avec la recherche, d'être au courant des dernières avancées
scientifiques pour faire progresser au mieux les élèves et tout ça finalement
s'étire, cette politique elle s'étire dans la continuité sur plusieurs
dessins et c'est ça qui nous manque en France. C'est à dire que les acteurs de
terrain ont envie de changer, ils ont envie d'avancer, je pense que vraiment les
enseignants ont envie de faire progresser leurs élèves mais en termes de
direction politique on n'a pas un cap qui est assez tracé dans une continuité
et du coup comme ça change, voilà on a des programmes qui changent tout le temps
etc les acteurs finalement sont arrivés dans certains cas une forme de
renoncement par rapport à réformes c'est à dire que on fait le doron parce qu'il
est assez stratège, c'est à dire on adopte la politique de l'outruche, on
attend que ça passe parce que dans deux ans il y aura une autre réforme donc
du coup c'est voilà on a des acteurs qui ont envie de bouger mais il faut leur
donner je dirais l'envie, les moyens et les ressources aussi pour avancer et
ces ressources elles sont quand même très peu présentes dans le système français
il y a beaucoup d'injonctions à faire mais je crois qu'aujourd'hui en 2017 les
politiques éducatives elles doivent arrêter de m'étypier des injonctions
toujours une vision pyramidal du haut vers le bas elles doivent plutôt se
demander ce qu'elles peuvent apporter aux acteurs de terrain et notamment parmi
les ressources de la formation voilà de quoi vous avez besoin pour avancer
alors je crois qu'on a déjà beaucoup avancé sur la formation initiale sauf
que justement à regarder les 15 dernières années on voit que ça
tangue un peu bon maintenant je crois que c'est vraiment acté qu'il faut une
formation déjà initiale des enseignants c'était pas évident
il n'y a que cette huit ans donc ça c'est acté les espées ont été
reconstruites aujourd'hui elles sont très centrées sur les enseignants on peut
imaginer quand même qu'elles se décentrent qu'elles ne font pas que des
enseignants mais qu'elles puissent aussi former les personnels qui sont les
partenaires de l'école par exemple à toutes aussi les animateurs ça peut être
un lieu de rencontre mais en tout cas bon il y a eu quand même des progrès en
formation initiale et je crois que surtout le premier progrès c'est qu'on a
reconnu que la formation était nécessaire ça paraissait évident à
illeurs dans d'autres pays mais en france manifestement voilà c'est quand
même finalement très récent alors après les espions certainement encore
beaucoup de progrès à faire ça c'est indéniable alors il y a la
formation continue on voit bien aujourd'hui que compte tenu de l'ensemble
des progrès notamment en recherche scientifique sur les apprentissages on
voit bien que du faire en plus de l'inscription des enseignants pendant une
certaine durée dans ce métier on voit bien que c'est finalement une formation
continue qui devient aussi centrale là aussi je dirais qu'il y a eu des avancées
en ce sens ou sur cette fin de quinquennat on commence à se rend
compte qu'il n'y a pas de la formation initiale il y a la formation continue ça
commence à devenir un thème important parce que finalement on arrive dans
l'ère des réformes pédagogiques on a longtemps cru que c'était finalement des
réformes structurelles et elles ont certainement concruit à ça je dirais le
collège unique c'est une réforme structurelle etc aujourd'hui on se
rend compte que pour avancer vraiment pour continuer à avancer c'est dans la
classe que ça doit se passer c'est à dire les réformes elles sont celles des
pratiques pédagogiques du coup la formation continue devient centrale
alors ça peut paraître trivial de le dire mais ça ne l'est pas tant à
éducation nationale puisque c'est un énorme paquebot avec des réformes qui
viennent du haut vers le bas des formations qui ressemblent plus à de
l'information sur des réformes et donc finalement partir des besoins des
enseignants c'est pas une posture traditionnelle dans l'éducation
nationale c'est à dire que c'est finalement aux enseignants de
détecter sur quel point ils ont envie d'être formés parce qu'ils ont envie de
mettre en oeuvre un tel et tel pratique pédagogique et que c'est comme ça qu'ils
ont envie d'avancer voilà ça on voit que c'est un point qui est encore
vraiment qui doit largement avancer et puis tout simplement il faut reconnaître
qu'en france on n'a pas de formation continue obligatoire alors que c'est
extrêmement répandu dans l'ensemble évidemment des pays européens donc ça
ça doit vraiment dans les années à venir être mis en place alors formation
continue mais formation continue de qualité donc dans notre rapport sur
l'attractivité du métier d'enseignant on a commencé déjà à pointer les
éléments qui selon la recherche font une formation continue de qualité alors
je parlais déjà de partir des besoins des enseignants c'est vrai que on est plus
alerte et plus en réception d'une formation quand on a demandé et que ça
correspond à ces besoins ensuite on a vraiment besoin de recréer un réseau
de formateurs ce qu'on a détruit sur les 20 dernières années la formation
continue donc qui aujourd'hui on a beaucoup de formation continue maisons
donc c'est difficile après de se renouveler il faut vraiment une
formation continue qui intègre beaucoup plus d'acteurs extérieurs notamment
les acteurs scientifiques qui puissent quand même à mettre un peu d'oxygène
parce que finalement si on veut des nouvelles pratiques mais qu'on est que
formé par les gens de la maison c'est compliqué et ce qui est important
aussi je crois ce sont vraiment les formations continue en équipe c'est à
dire que finalement c'est l'équipe qui a un projet global pour faire avancer les
élèves et qui vient on fait une demande de formation et la formation se
tient dans l'établissement et finalement la formation devient aussi un outil pour
faire avancer un projet on peut presque parler d'une formation action c'est à
dire on arrive avec son projet et la formation n'est pas extérieure elle va
servir à l'ensemble de l'équipe à concevoir et à mener son projet voilà
donc il faut vraiment réfléchir à des formations continue de qualité
oui il faut regarder de près ces initiatives et il faut pas les laisser
isoler puisque finalement elles intéressent l'école si on a une
capacité à en tirer le meilleur pour d'autres écoles ça veut pas dire qu'on
va transposer le modèle mais qu'on va essayer de voir peut-être ce qui est
intéressant dans chacune des expériences alors une des grandes
caractéristiques de l'éducation nationale c'est que il y a beaucoup d'expérimentation
enfin c'est comme ça qu'on les appelle dans l'éducation nationale mais en fait
qui sont plutôt des expériences en ce sens ou une expérimentation c'est une
évolution des pratiques mais qui a arrimé un protocole scientifique qui
permet d'en voir les effets notamment sur les apprentissages des élèves donc
je crois que ces expériences sont très intéressantes il faudrait justement
parce qu'elles sont très intéressantes et parce qu'il y a certainement des
choses en tirer à aller les voir et les observer scientifiquement de façon à
pouvoir vraiment mettre en avant des expériences qui ont des effets sur
les apprentissages des élèves
sur la relation entre l'école et la recherche il y a un paradoxe en ce sens
où ce lien aujourd'hui est extrêmement faible mais il y a je pense une demande
extrêmement forte des acteurs de l'école et notamment des enseignants pour
s'emparer de la recherche mais pas une recherche qui est surpomente
c'est pas une recherche qui est finalement là pour vous imposer ce que vous
devez faire mais une recherche dans laquelle le chercheur est en dialogue
avec l'enseignant c'est ce qu'on essaye vraiment de faire dans le conseil
national d'évaluation du système scolaire puisque on développe une
évaluation scientifique mais participative que ce que ça veut
signifier ça signifie qu'on demande à des chercheurs d'évaluer
scientifiquement l'école toute la rigueur d'une évaluation de pouvoir aussi
mettre en avant des résultats de recherche sur des pratiques qui peuvent
se révéler efficace mais à partir de là à partir de ces matériaux ce ne sont
pas les membres du conseil national d'évaluation qui écrivent la
recommandation ont fourni l'ensemble de ces matériaux d'évaluation et ces
matériaux de recherche à des publics participatifs par exemple dans nos
conférences de consensus on a des jurys qui sont composés d'enseignants mais
aussi de parents de personnels d'inspection qui vont donc regarder
les résultats de ces recherches pour pouvoir écrire les préconisations en
direction de la communauté éducative et là on a été nous avons été étonnés
au conseil alors on pensait que ça allait fonctionner parce que cette idée venait
du terrain mais elle a fonctionné au-delà de nos attentes c'est à dire que
aujourd'hui on a beaucoup de demandes d'un académie de formation autour des
préconisations de ces conférences de consensus scientifique on a développé
aussi des conférences virtuelles interactives qui permettent aux acteurs
de terrain de dialoguer en direct à distance mais en direct avec des
expert qui ont participé aux conférences de consensus scientifique et
par exemple sur ces conférences on a eu en quelques mois 20 000 personnes qui
se sont connectées pour voir ces conférences par la suite donc on voit
bien qu'il ya une appétence on voit bien qu'il ya vraiment une communauté
éducative qui cherche aujourd'hui comment faire progresser les pratiques
pédagogiques et notamment comment les faire progresser à partir des conclusions
de la recherche mais des conclusions de la recherche je dirais qui sont
revisité par le regard du praticien qui sont mis en adéquation avec le
praticien parce qu'il faut vraiment faire le lien entre des conclusions
scientifiques et ce qui se passe dans la clavière et ça c'est vraiment aussi le
rôle des personnels dans le cadrement des enseignants de faire ce lien ça n'est
pas aux chercheurs d'imposer des solutions donc lorsque la recherche n'est pas
surprenvente n'est pas condescendante lorsqu'elle se met vraiment dans une
position de dialogue avec le praticien oui là je crois qu'il ya vraiment
quelque chose d'extrêmement bénéfique qui peut se dessiner pour l'école
on en a un tournant sur le collectif dans l'éducation nationale c'est à dire que
longtemps on a eu exclusivement ce concept de la liberté pédagogique qui est
nécessaire parce que de toute façon personne ne remplace l'enseignant qui a
un moment voilà et seul face à sa classe donc évidemment qu'il doit avoir cette
liberté pédagogique mais ce que j'entends aujourd'hui des enseignants c'est que
ils réclament eux-mêmes que cette liberté pédagogique elle puisse
s'inscrire dans des collectifs et dans des réflexions collectives et ce qui est
d'ailleurs tout à fait marquant si on compare la france par rapport à ce qui
se passe à l'étranger lors de l'apparition des enquêtes d'épisode on a
regardé finalement ce que font ces pays qui sont tout en haut du palmarès de
cette enquête internationale on se rend compte qu'ils ne laissent pas seuls les
enseignants c'est bien je dirais la première caractéristique des
politiques scolaires dans ces pays c'est à dire que contrairement à la france
où finalement l'enseignant il est dans sa classe il a sa liberté pédagogique mais
il est très isolé dans ces pays là on voit bien que on va mettre à sa
dispositif un collectif et des ressources qu'il faut qu'il n'ait plus isolé
notamment par rapport à la difficulté scolaire si je regarde par exemple des
pays qui réussissent aussi bien que qui sont très différents culturellement que
la finlande le japon l'angleterre singapouran bâte etc en
fait il y a des ressources dans l'établissement qui vont créer un
collectif c'est quoi ces ressources de façon très concrète ça va être par
exemple en finlande et un singapour des maîtres surnuméraires spécialement
formés sur les matières fondamentales en mathématiques et dans la langue
nationale pour accompagner l'enseignant quand il est vraiment confronté à des
difficultés avec certains élèves et ces enseignants supplémentaires vont
directement dans la classe de l'enseignant pour l'aider et surtout ils vont jusqu'à
ce que les élèves repérés en difficulté non plus de difficulté donc voilà
l'enseignant est vraiment aidé sur cette dimension là il est aussi aidé
parce qu'il a accès à des ressources pédagogiques qui sont de qualité c'est
à dire qu'on va créer mais dans le détail des éléments qui lui permettent de
faire chacune de ces sessions en lui expliquant voilà pour apprendre les
fractions au primaire il faut avoir passé par le temps orientation pédagogique
parce que la recherche nous montre que les élèves apprennent comme ça mais
attention il y a plusieurs il y a plusieurs méthodes parce que tous les
élèves n'apprennent pas de la même façon va et puis si vous voulez faire un
parcours différencier voilà tout un jeu d'exercice qui permet de créer des
parcours différents c'est ça alors qu'en france on laisse quand même l'enseignant
seul face à des manuels des manuels qui ne sont pas validés par l'institution
des manuels qu'on a évalué et que l'ottnescope a par exemple évalué en
mathématiques et dans lesquels il y a par exemple très peu de scientifiques
beaucoup de praticiens et quasiment peu de didacticiens voilà donc des manuels
très différents de niveau et de qualité très différentes donc on voit bien
que vraiment leur fournir des ressources pédagogiques c'est pour le coup
vraiment à plus alors il y a la formation dont on a parlé etc il y a
cette formation qui se passe dans l'établissement et justement autour
d'un collectif donc on voit bien que dans l'ensemble de ces pays l'enseignant
n'est pas seul il est au sein d'un collectif mais il est au sein d'un
collectif qui n'est pas un collectif dirigé par un chef il est au sein d'un
collectif qui est animé par un personnel de direction et ça c'est toute la
différence on a plusieurs types de collectifs des collectifs qui sont
arrivés à une vision finalement très dirigiste et je pense que ça ne colle
pas du tout à la fonction de fonctionner justement des personnels
enseignants parce qu'il y a bien un moment où de toute façon ils seront tout
seuls face à leur classe et c'était à eux de prendre les décisions et personne ne
peut les prendre à leur place parce que personne ne peut envisager tous les
cas de figure qui se passe dans une classe et toutes les difficultés et
toutes les nécessités d'adaptation qui sont nécessaires par rapport à des
élèves donc il ne peut pas y avoir de définition stricte de tout ce que un
enseignant doit faire donc ce collectif il doit pas être dirigiste il doit pas
être autoritaire il doit vraiment être arrimé à un dialogue et un bon chef
d'établissement voilà qui soit directeur du premier degré ou dans le
secondaire on voit bien que c'est chef d'établissement performant il se dise
même animateur facilitateur metteur enseigne de dialogue voilà et il y en a
déjà il y a déjà des personnalités de ce type là en france mais il faut
certainement plus aussi former les personnels des directions à la conduite
du changement à la gestion des équipes là aussi c'est comme enseigner c'est pas
iné de d'animer une équipe
en france on continue à faire des politiques publiques quand on les faisait
il y a encore 40 ans c'est à dire qu'on a une vision très idéologique de l'école
il y aura un problème de droite un problème de gauche et évidemment à
chaque alternance pas en change de politique et donc du coup on s'interroge
dit oui mais finalement très peu de temps pour des réformes parce que on a
finalement le temps d'un quinquennat et puis après c'est fini d'autres vont
arriver faire quelque chose d'autre et alors qu'en fait on conçoit bien que
l'éducation ne peut que se construire dans le temps alors qu'est ce qui se
passe à l'étranger je pense que c'est toujours intéressant parce que pense
pas en matière de démocratie on a des pays qui sont beaucoup plus avancés en
termes de fabrication des politiques des pays qui sont beaucoup plus murs que
la france on se rend compte qu'on a quand même une autre fabrique des
politiques publiques dans les pays qui avance bien et qui avance bien
notamment en termes de justice sociale c'est quoi les différences les
différences c'est qu'on amène quand même beaucoup de contraintes légales qui
s'imposent aux décideurs politiques dans la fabrication des politiques
publiques ces contraintes le rejoignent en fait de mobiliser un argumentaire
scientifique dès lors qu'il développe des réformes on a regardé plusieurs cas
je pense par exemple à la hollande je pense pour l'enseignement
professionnel qui est très bon en allemagne je pense également à l'angrie
à la poloïme dans l'ensemble de ces pays on demande en fait aux décideurs
politiques pour chacune des réformes d'expliquer quel est l'objet visé quel
est l'objectif quels sont les différentes options politiques ont été envisagées et
finalement pourquoi le choix s'est placé sur une des options et le tout
argumenter scientifiquement à partir d'études spécifiques ont permis en
amont de bien comprendre de faire un diagnostic qui soit posé cet entrée je
dirais scientifique fondée elle change beaucoup de choses dans les
politiques en ce sens où finalement à partir de ce qu'est un brouillon de
réformes mais qui est argumenté scientifiquement on peut plus facilement
discuter avec l'ensemble des partenaires qui doivent être associés à la
discussion mais on va discuter sur des bases scientifiques sur des bases
argumentées pas sur des bases strictement de négociations corporatistes ça
c'est très important par exemple en poloïne non seulement les décideurs
politiques doivent argumenter scientifiquement sur les réformes mais
la communauté éducative en face dans ces réponses doit aussi argumenter avec
des éléments scientifiques donc là on voit bien qu'évidemment l'intérêt de
l'enfant l'intérêt des apprentissages et non pas l'intérêt le confort des
adultes l'intérêt de l'enfant est replacé au coeur parce que on part des
objectifs des réformes avec des éléments qui sont scientifiques donc dans ce
cadre là une fois qu'il y a un accord on met en place souvent des
expérimentations parce qu'en fait ni les enfants ni les personnels d'une
écation non vocation à être cobaye de réformes dont on ne sait pas quels sont
les effets donc du coup dans ces différents pays on passe par des
expérimentations après tout ce travail d'échange autour de vraiment d'une
entrée scientifique des réformes on passe par des expérimentations à grande
échelle et c'est seulement lorsque des réformes ont finalement sur le terrain
montré qu'elles pouvaient avoir des effets souvent été remaniés d'ailleurs
que on les applique à grande échelle et donc évidemment quand vous regardez
ces pays les réformes est-ce qu'on suit sur dix ans est-ce qu'on suit sur dix ans
sauf qu'au bout des dix ans elles sont mis en place et elles sont pas remises en
place en cause au bout de deux ans donc c'est là qu'on retrouve le temps long
c'est pour ça qu'en france on a vraiment ce hiatus d'un temps court parce qu'en
fait on ne sait pas gérer la fabrication des politiques publiques
dès lors qu'on est dans un cadre qui à la fois plus participatif plus
scientifique qui passe sur des vraies expérimentations à temps long on
rejoint le temps long de l'éducation mais d'ailleurs cette problématique elle
est vraie dans tous les secteurs regardez l'économie la fiscalité la santé
partout on a besoin de temps et partout on a besoin vraiment maintenant de se
professionnaliser dans ce pays en termes de construction des politiques
publiques on peut plus continuer à avancer avec du bricolage
institutionnel avec des décisions de réformes qui sont écrite sur le coin
d'une table par un nombre trop limité de personnes sans argumentation
scientifique réforme qui ensuite ne font même pas l'objet de plans de mise en
oeuvre donc sont mal mis en oeuvre et mis à part le CNESCO d'action du CNESCO
sont ensuite souvent peu évalués avec des personnels politiques qui ne
rendent pas des comptes sur leur action en termes de politique publique avec des
effets très négatifs pour la démocratie au final pour les élèves pour la
qualité des politiques publiques mais aussi pour la démocratie quand vous n'avez
jamais de rédition des comptes du personnel politique et bien il ne faut pas
s'étonner non plus d'être dans des pays ou parfois des gens et bien qui votent
de façon irrationnelle pour certains leaders politiques il faut mettre de la
transparence des politiques publiques il faut qu'elle soit construite avec un
cadre plus rigoureux plus scientifique moins bricolé avec des évaluations et
des politiques qui rendent des comptes finalement au bout de 5 ans au bout de
10 ans sur ce qui a été fait
