Je suis l'étranger qui entre sans frapper. Je sais personne ne m'a invité.
Je ne suis pas de la famille et même pas du quartier.
Si je suis venu, c'est parce que j'ai vu un frigo allumé, un frigo allumé.
J'aimerais bien parler avec quelqu'un mais les gens qui me croisent évite mon regard.
Et c'est plus dur que d'avoir faim.
Si j'avais un toit, j'inviterais mes voisins, je me ferais des copains, on échangerait des idées.
Mais je n'ai pas les bons papiers, mais je n'ai pas les bons papiers.
Peut-être que je suis né trop loin et pourtant mon pays était un bon client qui vous achetait tout un pas d'armement sophistiqué, sophistiqué.
J'aimerais vous dire que la guerre rend les survivants pacifistes, mais par malheur vos forces de police cognent aussi sur ceux qui marchent pour la paix.
Il paraît évident que je n'aurais pas dû venir, comme si l'on choisissait quand on fuit droit devant nous.
C'est vrai que si j'avais pu, j'aurais été autre part, mais aujourd'hui je sais que c'est partout pareil.
La business est sacrée et l'humain secondaire, l'individu se résume à fonction qu'il remplit.
On est bien vu si l'on est fonctionnaire et la liberté passe par une carte de crédit.
Même des réfugiés ont fait commerce, tant par personne pour les accepter, mais la condition qu'ils fuient la guerre.
Si c'est la famine ou la pauvreté, on les refoule à la frontière, c'est la nouvelle égalité.
Ah mes amis, vous vivez dans la peur que l'on vous quitte ce que vous avez déjà perdu.
L'intelligence de regarder l'autre comme son égal pour défendre ensemble les valeurs de la fraternité.
Je suis l'étranger qui entre sans frapper, je sais personne ne m'a invité, je ne suis pas de la famille et même pas du quartier.
Si je suis venu, c'est parce que j'ai vu un frigo allumé.
