Je pense dans les rapports interpersonnels.
La violence, ça existe partout, partout,
y compris dans des familles intellectuelles,
y compris dans des familles citadines.
Donc la violence, ça existe partout.
La mythification des valeurs dites,
des qualités dites féminines,
des traditions dites féminines, etc.
Donc cette conscience qu'on devrait avoir
de l'inégalité existante,
cette conscience est très, très assoupie,
même si ça compare à la première moitié du 20e.
Par contre, il y a des cas exceptionnels
qui sont quand même assez impressionnants.
J'ai récemment fait un séminaire
justement sur la question des femmes
pour un groupe d'étudiants américains et vietnamien.
Et j'ai choisi, comme exemple,
une nouvelle récemment parue d'une auteur femme,
une jeune femme, une jeune fille plutôt,
qui est très, très malade.
Elle tombe à tous les coups,
elle est très fragile, elle tombe souvent,
elle se fait mal à chaque fois
et elle m'égrille à vue d'oeil,
enfin, elle est très malade.
Mais comme elle est fille d'un professeur d'anglais,
ses parents, elle est dans une province du Nord.
Et ses parents lui ont permis d'apprendre l'anglais,
lui ont permis l'accès à l'Internet.
Donc par Internet, elle a trouvé,
de par le monde, des gens qui sont malades comme elle
ou qui souffrent d'endicapes aussi graves
ou même plus graves, mais qui essaient de lutter,
de survivre, de s'affirmer.
Donc c'est une jeune fille qui ne sort pas de sa maison,
mais qui comprend le monde.
Donc cette jeune fille a traduit,
elle vient d'éditer un livre,
traduit d'un livre américain,
et elle l'écrit aussi.
Elle a écrit une nouvelle saisissante,
c'est une nouvelle donc c'est pas très long,
c'est Césissant qui a pour titre,
moi je tradurais par Être fille.
Et dans cette nouvelle, elle a raconté la vie
d'une fille vitamienne qu'on peut retrouver un peu partout,
qui depuis sa naissance était négligeée,
ignorée par sa famille et tout premièrement par sa mère,
qui ne chérissait que son petit frère.
Donc la différence était très très nette.
La petite fille a commencé par protester,
par boudé quand elle était victime d'injustice,
mais à l'âge de quatre ans,
elle a arrêté de protester,
parce que ça ne servait scriptement à rien.
Donc elle a pu aller à l'école,
parce que ce n'est pas la misère,
ni la pauvreté qui empêche les gens d'aller à l'école,
elle est allée à l'école,
mais elle s'est arrêtée après le collège,
elle n'est pas allée au lycée,
parce que ses parents, par pure négligence,
ont cru qu'elle n'avait pas eu le concours d'entrée à lycée,
alors qu'elle a eu.
Donc ces études ont été interrompues comme ça,
alors que le petit frère avait tous les moyens,
tous les précepteurs, les cours particuliers,
pour aller à l'université.
Et ensuite, la jeune fille s'est portée volontaire
pour aller travailler à Taïwan comme domestique
pour envoyer de l'argent à ses parents.
Donc elle est partie à Taïwan,
elle a envoyé de l'argent régulièrement,
de plus en plus d'argent,
ses parents ont acheté des télévisions,
plein de choses, modernes,
et son frère avait tant d'argent qu'il est devenu toxicoman.
Et le jour où la fille est rentrée dans sa famille,
c'est pour apprendre que son frère est déchu comme cela.
Donc l'auteur a placé là une petite phrase,
on aurait cru que là s'arrête son sens du sacrifice,
parce que le sacrifice était tellement inutile.
Elle a protesté et s'est déshabillée
pour que son frère puisse voir toutes les traces de violence
qu'elle avait subies pendant qu'elle était domestique
de la paire d'une dame âgée qu'elle devait servir
et qui était complètement malade mentale.
Donc elle a montré tout ça à son frère pour lui dire
tout cela je l'ai fait pour toi
et maintenant qu'est-ce que tu fais de ta vie?
Donc on aurait cru que là s'arrête son sens du sacrifice.
Non.
Et c'est à genouiller devant ses parents
pour reconnaître sa faute parce qu'à cause de son argent
que son frère s'était corrompu comme cela.
Donc elle a demandé l'autorisation de ses parents
de repartir, gagner de l'argent pour réparer sa faute.
Et c'est seulement le jour où son frère est décédé
en prison de drogue et de tous les méfaits qu'il a commis
que qu'elle se libère en écrivant à ses parents
que qu'elle a décidé de se marier à un taiwanais
qu'elle libération.
Donc qu'elle a décidé de se marier à un taiwanais
donc qu'elle ne les reverra plus.
Par contre l'auteur termine par un petit paragraphe
où on voit les parents maintenant qui se retrouvent
très très riches parce que la fille avant d'arrêter
leur a envoyé une grosse somme, se retrouve riche
mais ne voulant pas avoir d'enfants même s'ils étaient riches
ils ont décidé à une quarantaine d'années
d'avoir de nouveau des enfants.
Et cette fois-ci ils ont eu deux jumeaux,
deux nouveaux, une fille et un garçon.
Et tout recommence.
Et tout cela perçu par une jeune fille
qui ne sortait pas de chez elle,
moi ça me paraît très très fort.
Donc je pense qu'il y a des aspects qui nous
qui nous impatient un peu dans la mesure
où on voit que le progrès n'est pas du tout rectiligne
mais il y a aussi de fortes espérances.
