Mérée, c'est une jeune fille très très très touchante et c'est une jeune fille
provençale. C'est une histoire provençale. C'est une jeune fille et une jeune femme
qui décide d'aller contre son père, contre la société, contre tous les carcans parce qu'elle
est amoureuse d'un gentil vagnet qui est presque injitant et qui évidemment personne ne veut qu'elle
se marie avec ce Vincent et elle va tout faire pour pouvoir être avec ce garçon. Elle va tout
faire, elle va braver même les éléments, elle va traverser le désert de la croix, elle va faire un
acte de foi incroyable parce qu'il a été blessé et qu'elle est tellement inquiète et elle aime
tellement ce jeune homme qu'elle va décider de partir comme ça et d'aller prier et d'aller
à genoux au sainte Marie de la mer. Et c'est assez magnifique parce que c'est un acte de foi
complètement, je sais pas, c'est assez énorme en fait, c'est un don. C'est presque une sainte
Mireille pour moi. Je pense que dans cette version et dans cette façon de monter l'ouvrage,
on a vraiment voulu garder le côté frais et jeune de Mireille et justement moi j'essaie
qu'elle soit très souriante, qu'elle soit joyeuse, je trouve ça bien qu'elle rit même au début pour
montrer à quel point c'est terrible après ce qui va se passer parce que c'est pour montrer aussi
que voilà la société, les carcans, les idées préconçues peuvent détruire quelqu'un et détruire
la jeunesse et détruire une jeune femme ou une jeune fille parce qu'on a décidé qu'il fallait
que ce soit comme ça et donc le fait de faire ce contraste peut-être un peu de la souciance,
je crois qu'elle n'est pas insouciante, je crois qu'elle est, elle croit que l'amour va être plus
fort que tout et que la foi va être plus fort que tout parce que c'est l'amour et c'est la foi,
c'est la croyance en fait, elle croit, elle dit qu'elle espère, elle dit qu'elle croit et c'est
très beau, il faudrait être comme ça dans la vie, il faudrait être aussi mystique que Mireille,
il faudrait croire tout le temps et se dire que quoi qu'il arrive il faut croire en s'ambonner
toile et aller jusqu'au bout même si ça doit finir mal. En fait l'évolution de l'ouvrage
va avec l'évolution de la voix de Mireille et le début de l'opéra est assez léger vocalement
en effet et c'est difficile parce que c'est assez propre à Gounot, Gounot a eu tendance à faire ça
que ce soit dans Roméo et Juliette ou que ce soit dans Faust, la première moitié de l'opéra est
assez léger et la musique est assez légère, dans Mireille c'est exactement ça, c'est-à-dire
qu'il veut vraiment, je pense, montrer cette légèreté, cette insouciance et dans l'écriture
vocale, ce qui fait que c'est terre de trahir Vincent vocalisant avec des contres rues,
contrerée, c'est assez hallucinant alors que là après l'entraque on tombe complètement dans le côté
soprano l'irrigue presque dramatique parce qu'il y a tout ce duo avec Vincenette qui est déjà
donc un acte de foi où justement elle apprend que Vincent a été blessé donc là déjà ce
premier duo est joli mais est complètement déjà assez dramatique et elle part dans le désert et là
c'est terre de la croix, c'est un désert les plus inchantables du répertoire de soprano. D'ailleurs
ce rôle de Mireille est connu, est très très connu chez les sopranos pour être le rôle le plus
inchantable du répertoire de soprano, je le disais encore sur internet que Maria Callas le disait,
je sais que Mirelle Lafreny l'a beaucoup dit parce que pour avoir travaillé avec Michel Plasson
qui m'a dit Mirelle Lafreny ne voudra jamais et n'a jamais voulu le chanter sur scène parce qu'elle
avait fait l'enregistrement donc mais c'est en tout cas c'est vrai que voilà il y a cette évolution
dans l'histoire, il y a cette évolution dans la voix, c'est ça qui fait que c'est très difficile
à chanter, il faut arriver à avoir la légèreté, les vocalises, les aigus, les suraigus et après
repartir dans quelque chose de dramatique et surtout le final, le final où là elle est vraiment
en train de mourir, elle a une installation, elle est presque un peu folle et on finit quand même
sur des sites naturels et des contrutes ce qui est rare dans un ouvrage à la fin quand on a eu tout
ça et ce que je crois qui est très particulier dans Mireille et qui est nulle part ailleurs c'est
que c'est un opéra où la soprano a des aires de bravoure un peu comme un tenor et c'est rare
on dirait un peu que c'est le trou vert et ça arrive presque jamais à l'opéra pour une femme
pour un soprano lyrique d'avoir des aires aussi vaillants avec des vocalises avec quelque
chose comme ça de le remarche, c'est vraiment quelque chose de vaillant et de comme un tenor et
ça c'est difficile, très difficile.
