Alors tout ça c'est donc un premier grand chapitre sur la personne créative et ses
graines d'hégénie et comment on les conçoit ça. Maintenant si vous êtes d'attaque parce
que je ne regarde pas le timing. Alors je vais parler du processus créatif, deuxième grand
chapitre et les deux autres thèmes je vais aller assez vite à la fin. Et donc nous avons
mené avec des équipes partenaires en France grâce à l'Agence nationale de recherche
un travail sur plusieurs années sur comment on crée le processus de création dans différents
secteurs, le milieu artistique visuel, écriture scénaristique des films, design, ingénieur,
invention etc. et composition musicale, c'était nos domaines. Et je vais centrer l'attention
sur une certaine type de recherche parmi d'autres que nous avons mené parce qu'on a fait des
entretiens avec des personnes reconnues comme créatifs dans leur métier comment quel est
votre processus, votre enchaînement de création. Et à partir de ces entretiens on a extrait
des activités que quelqu'un peut faire au cours de son travail de création au cours
des semaines et on a créé un petit carnet de suivi et des étudiants niveau master
dans ces secteurs. On fait des créations dans leur cours, des travaux sur des mois et
on a fait un suivi par carnet de leur étapes de travail. Et donc vous voyez ici des exemples
des étapes possibles, définir le thème, poser des questions, associer, avoir une idée,
illumination, évaluer mes propres idées, prendre une pause. Donc au cours d'une séance
je peux faire plusieurs de ces choses. Et nous avons essayé de tracer avec ces carnets
entre le début et la création finale. Ici c'est des exemples de création en sculpture
mais on a d'autres en design etc. Et donc pour le groupe d'artistes on peut voir que
certaines transitions sont typiques. Quand on commence à questionner, à supposer des
questions, souvent ça nous amène à définir le problème artistique. C'est une transition
fréquente lors du processus créatif. Et quand par exemple on commence à définir, on va
aller se documenter sur le type de problème artistique. Qu'est-ce que d'autre on fait?
C'est des transitions entre des activités qui s'enchaînent. Alors nous avons essayé
de aller plus loin parce que comme on a les productions créatives de tous ces étudiants,
on a fait venir un jury qui a noté la créativité des oeuvres. Ensuite on a cherché des carnets
de ceux qui ont des très bonnes notes, très créatives, et de ceux qui n'ont pas de très
bonnes notes, des moins créatives. On les appelle des c-plus et des c-moins pour aller
vite. Mais ils ne savaient pas en faisant leur démarche qui vont aboutir à être c-plus
ou c-moins. Et là je vous mets les transitions typiques pour les c-plus et les c-moins ici
près de moi. Et visuellement, sans regarder les détails, je crois que vous pouvez voir
que ce n'est pas les mêmes transitions. Ce n'est pas les mêmes enchaînements typiquement
que ces deux groupes font lors des semaines et des semaines du travail. Et donc ça
nous donne l'idée qu'il y a peut-être des séquences propices ou moins propices.
Je reviens à mon exemple de ferringato. Si vous mélangez des oeufs et la farine, vous
mettez dans le four pendant 20 minutes et ensuite, vous mélangez l'eau sur ce que
vous avez sorti du four, ce n'est pas sûr que c'est très bon. C'est un enchaînement
qui n'est pas recommandé pour faire un gâteau. Vous voyez ce que je veux dire. Alors quand
je sais un exemple, définir le problème artistique. Qu'est-ce que les c-plus font après avoir
définit une phase de définition qui revient en boucle? Ce n'est pas juste une sauf fois.
Ils font ça, ils reviennent une autre fois, une autre séance, ils redefinissent. Après
avoir définit, ils vont se documenter typiquement. Des c-moins, ils vont aller en studio et essayer
d'expérimenter. Ils vont dire ok, je défini, on y va, je sais les choses. C'est typique.
Quand ils font ça, on dit ou la ça risque. Vous êtes en période de devenir un c-moin,
mais on vous laisse, on dit rien. Alors quand on prend une pause parce que ça arrive, c'est
tout le monde. Quand ils reviennent de pause, des c-plus qui vont être des c-plus, ils
vont associer à ce qu'ils ont fait, donc faire une phase d'association libre. Des c-moins,
ils commencent à évaluer ce qu'on a fait déjà. Est-ce que c'est bon déjà? Je me
questionne. Est-ce que je suis content avec ce que j'ai fait? Donc c'est des enchaînements
différents. Quand on est en phase d'expérimenter, d'essayer, des c-plus vivent ça d'une manière
très positive, c'est très plaisant. Des c-moins vivent ça avec stress et frustration.
Quand on a réalisé, on est en train de finaliser l'oeuvre. Des c-plus, ils sont déçus,
ils sont frustrés, mais finalement ça va avoir une très bonne note. Et des c-moins,
ils sont contents, ils sont très satisfaits. Ça y est, on arrive au bout de la chaîne.
Avec des ingénieurs, élèves ingénieurs, dans un grand décor d'ingénieurs, on a regardé
les différences entre des c-plus et des c-moins. Des c-moins, c'est bleu foncé et les c-plus,
c'est le vert. Et certaines activités différencient ces deux groupes, mais ça dépend aussi dans
les dix semaines de travail, si c'était semaine un à cinq ou six à dix, en fait. Et donc,
on peut entrer assez dans le détail de quel est l'enchaînement favorable à la créativité,
le processus. Mais maintenant, par exemple, un petit peu de l'environnement. Il faut que
je parle de Van Gogh. C'est un des cas qu'on a analysé, parce qu'on fait certaines études
de cas au laboratoire. Et nous avons donc regardé un peu des différents ingrédients
dans le cas de Van Gogh et comment tout ça se met en route. Alors, Van Gogh, il avait
une certaine personnalité, il avait certaines connaissances qu'il acquise, il avait une certaine
intelligence et émotionnalité, et peut-être aussi quelques psychopathologies. Mais en plus,
il s'est trouvé un moment de sa vie à Arles, dans le sud de la France. Et la lumière était
un peu comme la lumière au Japon qu'il adorait, mais il s'est jamais allé au Japon. Mais
c'était la bonne lumière. Et il était entouré de copains artistes comme Gauguin, par exemple.
Et c'était une bonne saison pour se promener dans les champs. Et son frère Théo donnait
un soutien financier à ce moment-là. Donc sa vie était plutôt agréable par rapport
à d'autres moments. Et il a eu ce moment très, très créatif. La génie de Van Gogh
n'était pas au rendez-vous toute sa vie. Donc il a produit la plupart de ses grands
œuvres à ce moment-là. Et donc, il avait un coïncidence d'ingrédients tout en réunis.
C'est ça le grand cas de créativité, le cas éminent. C'est que certaines personnes,
ils ont des ingrédients, ça donne des idées, mais on a rarement tout réuni complètement
en phase avec un champ disciplinaire. Et donc Van Gogh était très, très créatif. Alors
aussi il faut dire que Van Gogh avait des peintres préférées comme Millet, Jean-François
Millet. On ne voit pas trop bien, mais il était très inspiré des œuvres de Millet
pour ses compositions. Et donc, il a passé à Paris, il a vu une exposition des travaux
de Millet. Et donc cette exposition culturelle était aussi un ingrédient dans son développement.
Alors maintenant, si on parle un peu de réunions brainstorming, du monde d'entreprise et l'environnement.
Alors, en réunion brainstorming, recherche d'idées en général, on se trouve dans
une salle de réunion. Et là, on est en train de mener un autre projet et agence nationale
de recherche à un air. Nome code, creativeness, c'est comme une opération. Et on a des partenaires
et on est en train d'investiguer si un environnement est propice plus ou moins à la créativité.
Mais là, comme on a une salle de réunion, je vais vous montrer cette salle, mais c'est
pas grand chose. Mais on s'intéresse à des salles assez extravagantes. Et donc, avec
notre budget, on a pu acheter des dizaines de kilomètres carrés d'espace virtuels pour
bâtir un nombre très important de salles virtuels où vous, avec votre avatar, peuvent
venir en réunion brainstorming. Donc, avec votre avatar, si vous connaissez Second
Life, vous avez des avatars, certains, entre vous, pas trop. Je vous invite à aller créer
un avatar et vous pouvez aller sur une plage, vous reposez, vous pouvez aller danser, faire
la fête en Second Life, c'est un endroit pour rencontrer d'autres avatars, essentiellement.
Où, et vous pouvez créer un avatar qui est un peu comme vous, ou un peu pas comme vous.
Ça, c'est à votre idée. Si vous avez un peu d'argent à investir, si vous voulez
investir rien de tout, vous avez un avatar banal qui est un homme ou une femme dans un
vêtement banal comme beaucoup d'avatars. Alors, donc, imaginez que votre avatar vienne
dans une de nos salles de réunion, vous venez dans la vraie salle ou votre avatar dans
notre salle virtuelle qui allère de notre vraie salle. Et on vous demande de chercher beaucoup
d'idées pour résoudre un problème. Dans notre cas, c'est chercher des idées pour améliorer
le système de transport pour des années 2030. Et là, vous voyez quelques avatars participant
dans la salle de réunion. Ils sont pas vraiment ensemble dans la vraie vie, ils sont dans
un couloir chacun dans un petit salle individuel, mais ils se trouvent ensemble en espace virtualisé.
Et on étudie, par exemple, si ça se passe dans la salle virtuelle, si ça se passe sur
une île paradisiaque ou si ça se passe dans ce que vous voyez pas trop bien, mais c'est
une sorte de prison sombre, est-ce que ça influence la génération des idées? Donc l'environnement
peut être propice ou moins propice et on joue dessus. Mais c'est pas que ça. Aussi, on vous
donne des avatars un peu normaux ou un peu super formidable. Alors, pour un étudiant
en psychologie, un avatar super formidable a des cheveux un peu bizarres et un vêtement
un peu bizarre. Et un avatar normal, c'est comme des étudiants qui circulent dans le
couloir. Pour des ingénieurs, des avatars normaux, ils sont juste d'habillés en pantalons
et t-shirts, et des avatars inventeurs, un peu créatifs, ils ont un look un peu haïtien.
Donc, vous arrivez et on vous donne un avatar normal ou inventif, on va dire. Est-ce que
vous pensez que ça va influencer votre performance? Alors, ça, c'est ce qu'on appelle les faits
proteïs. Il y a déjà des études. Si on vous donne un avatar sexy, votre avatar va
draguer des avatars davantage. Mais en plus, ce qui est encore plus intéressant, c'est
quand vous sortez de la salle d'expérience, vous allez draguer d'autres vrais personnes
dans le couloir. C'est les faits proteïs et c'est un effet puissant. Ok? Si on vous
donne un avatar dans un jeu de négociation qui est plus grand que les autres avatars,
vous allez négocier dur. Ok? Quand vous sortez, on dit, oh, désolé, on a plus de cadeaux
suite à l'expérience, on n'a que des petits machins. Alors, vous allez négocier dur d'avoir
beaucoup de petits cadeaux plutôt que quelqu'un qui a eu un tout petit avatar. Ok? Et là,
c'est un de nos résultats que quelqu'un qui a un avatar inventeur va produire plus
d'idées que quelqu'un qui a un avatar non inventeur. Le nombre d'idées, si on les
compte, et aussi son appréciation que j'ai bien travaillée aussi. Personnellement, il
a une appréciation. Ok? Et ce qui est des contrôles, les contrôles, c'est des personnes
étudiants, ingénieurs, si on veut, qui sont venus et on n'a pas donné d'avatars, on
a dit rester là et générer des idées. D'accord? Donc, c'est la vraie vie, le contrôle.
C'est un humain dans son corps, sans avatar, sans filer. Ok? Et donc, en fait, on a un
boost grâce. Si on vous met dans des vêtements d'ingénie, ça peut vous aider. Vous avez
le look d'ingénie, vous sentez un peu, vous êtes dans un costume super héros, vous pouvez
être un peu plus un super héros. Ok? Et maintenant, un dernier résultat pour terminer.
La production créative, l'oeuvre. Est-ce qu'il faut un génie créatif pour détecter
la créativité dans des oeuvres? Alors, donc, avec des publicités, on a mené des recherches
et on a sélectionné un grand nombre de publicités, prêts sélectionnés pour être plus ou moins
originaux et plus ou moins adaptés à vendre le produit. Ici, une publicité qui est
vue comme pas très originaux et qui présente pas trop trop bien le produit pour convaincre
à acheter. Au moins, originalité moins, adaptation moins. C'est un travail fait avec
un collègue Xavier Kerov. Ici, c'est une publicité venant justement de la Gratulasko
avec au plus à moins. Vous voyez pas grand chose, mais il y a un mammouth, il y a un
sort de tank de char face au mammouth et c'est pour vendre le C4 de Citroën. Donc, c'est
très original mais on comprend rien. Ok? Adaptation moins. Là, c'est pas très original
mais on comprend bien ce qu'il faut retenir. A plus. Adaptation plus. Et là, c'est très
original selon le juge et on comprend bien ce que peut faire vendre la voiture. Alors,
tout ça, on présente à des gens, mais des gens, on a déjà prétesté leur créativité
dans des épreuves de production d'idées. Donc, on a des C+, et des C moins qui vont
évaluer et qui vont dire ça c'est très créatif, ça c'est pas très créatif. Et ce qu'on
observe c'est quand c'est une publicité d'originalité moyenne, tout le monde est d'accord. Mais
quand c'est une publicité qui n'est pas très original, des gens pas très capables
en créativité trouvent ça un peu mieux que des gens qui sont très capables. Des gens
très capables et disent non, ça c'est rien de tout, très très faible, c'est vert. Et
quand c'est quelque chose de assez original globalement qu'on a présenté, des gens
pas trop original eux-mêmes, ils disent oui c'est pas mal. Et des gens très capables
de générer des idées, ils disent ça c'est top, ça c'est super. Donc pour nous, quelqu'un
qui a une capacité créative et une meilleure juge, parce que pour nous un bon juge c'est
un juge qui discrime finement des choses. Donc être créatif soi-même aide à être un bon
juge. Et on sait en entreprise c'est une chose de générer des idées et c'est une autre
chose aussi de participer à sélectionner des idées. C'est important aussi. Donc on
a parlé de ces quatre thèmes, la personne créative, le processus, l'environnement
et la production. Et on a bien sûr quelques travaux, psychologie de la créativité, c'est
le petit livre Rose que Marc Montré. Et voilà. Merci de votre attention.
