Bonjour et bienvenue dans ce nouveau numéro Parole d'Experts, consacré aujourd'hui
aux financements participatifs et le financement des entreprises au sens large. Nous avons
déjà eu l'occasion d'aborder au sein même de cette émission plusieurs fois le
sujet du financement des entreprises et sur toutes ces formes, crowdfunding, crowdfunding,
autant de noms que de services disponibles, un service qui profite de sa code de popularité
auprès des Français qui les perçoivent comme des alternatives agiles comparativement aux banques.
Face à l'abondance de l'offre des entreprises, ne savent plus où donner de la tête avec un
besoin urgent aujourd'hui d'accompagnement et d'expertise. A titre d'exemple, diversifier
ces sources de financement peut être une manière d'accélérer ou garantir la bonne
exécution de ces levées de fonds dans le temps pour balayer avec nous ce vaste sujet.
Un expert Jean Rémi Coquille, fondateur de l'entreprise Edulis, bonjour.
Bonjour.
Alors on sait aujourd'hui que le financement conditionne clairement la compétitivité des
PME et des entreprises sur le marché. Quel état des lieux vous en faites aujourd'hui?
Si l'on regarde les choses de façon très macro, la Banque de France aujourd'hui se satisfait du
fait que 90% en gros des dossiers de pré-solicité par les PME sont satisfaits. C'est une bonne
nouvelle, mais de mon point de vue, ça prouve plutôt que les dossiers sont bien faits, plutôt
que de prouver que vraiment tous les besoins des entreprises et des PME sont satisfaits.
Très clairement, nous sommes dans une situation d'abondance de liquidité,
c'est favorable à la compétitivité ce que vous évoquiez, mais ça profite essentiellement
aux grands groupes et aux ETI qui sont très structurés pour lever des fonds. Mais quand
on descend vers des dossiers de plus petites tailles, là il reste encore un marché qui est,
pas c'est moi cette expression, un petit peu visqueux. Il n'est pas facile d'injecter de la
liquidité dans le capital des PME.
Celles qui sont pointées du doigt, ce sont les banques hyniriques plus suffisamment les PME.
Quelles analyses vous en faites sur le long terme?
Aujourd'hui, les grands acteurs sont mal outillés pour apporter un conseil personnalisé. C'est la
raison pour laquelle il y a des structures plus petites qui bénéficient notamment du potentiel
de la fintech, des outils digitaux, des outils de scoring qui peuvent prendre du temps pour conseiller
ses dirigeants d'entreprise et financer leurs projets.
Alors ce qu'on constate globalement, c'est que les investisseurs ont un réel appétit pour les PME
en croissance, beaucoup moins pour les entreprises en armorsage, en tout cas comparativement au pays
anglo-saxon. Est-ce que vous pensez que c'est purement culturel?
Vous avez raison, culturellement, la France n'est pas le paradis du capital venture et des
business angel, mais ce point est en train d'évoluer.
Nous nous intéressons particulièrement au PME de croissance, c'est-à-dire des entreprises qui sont
établies. Ce sont des sociétés qui ont une taille entre quelques millions et quelques dizaines de
millions d'euros de chiffre d'affaires. Et c'est là, je pense, qu'il faut faire porter l'effort pour
les aider à grandir. On nous rebat souvent les oreilles de la petite taille des PME françaises
comparativement aux entreprises allemandes. Voilà, c'est ce tissu parce qu'il est régional,
parce qu'il est créateur d'emplois, parce qu'il correspond à une solidarité finalement
économique et humaine. C'est là-dessus que nous voulons intervenir pour renforcer les fonds
propres des entreprises. Et puis petite, parce qu'elles se font cannibaliser avant maturité aussi
souvent. Alors c'est le risque, vous avez tout à fait raison. Et justement, les stratégies de
renforcement de fonds propres sont un moyen d'assurer une forme de défense du capital de
CPE française. Alors vous êtes le fondateur du plate-forme qui s'appelle Edunis, quelle est
sa spécificité sur le marché? Il sera clairement la première plate-forme de financement participatif
dédié au financement des PME tels que je les ai décrites, avec des solutions, actions et obligations.
Donc ce que nous voulons proposer comme offre, ce sont des solutions qui ne diluent pas le capital des
PME. C'est très important pour le dirigeant d'entreprise, bien entendu. Donc les actions sont
toujours minoritaires. Nous nous attachons également à développer une culture et un dialogue avec le
dirigeant d'entreprise autour des thématiques de responsabilité, de responsabilité sociale et
environnementale. Nous considérons que c'est un point qui est important. Parmi les éléments
un petit peu différenciants de notre approche vis-à-vis des dirigeants d'entreprise, les solutions
que nous proposons ne nécessitent pas de quotions personnelles du dirigeant. C'est également un
facteur souvent bloquant dans le financement bancaire. Et compte tenu des outils FinTech
que nous avons mobilisés pour cette plateforme. Nous sommes en mesure de garantir une grande vitesse
d'exécution sur le financement parce que nous sommes adossés à des financeurs professionnels et
institutionnels qui soutiennent notre démarche. Du côté des investisseurs, cette fois-ci, nous ne
sommes pas dans une optique de crowd. Nous nous adressons exclusivement à des investisseurs avertis.
Donc pas de petit ticket si vous voulez d'investissement, à minima 5 000 euros d'investissement. Et ce
que nous voulons leur offrir, c'est de la diversification de leur épargne et c'est aussi leur
rendre la liberté de choisir les entreprises dans lesquelles ils investissent. Ils font vraiment
avec nous une analyse de leur stratégie d'investissement et nous sommes là pour les conseiller
dans cette démarche. Pour aller un peu plus en concret, quel est aujourd'hui votre éventail de
champs d'expertise? Alors les expertises que nous réunissons dans Edulis, elles tiennent au
parcours d'expérience des associés. Nous sommes trois dirigeants qui sommes issus pour ma part du
monde de l'entreprise, du management et beaucoup de l'international. Nous avons le deuxième associé
qui, elle, est issu du secteur de la FinTech et donc de la construction de solutions technologiques
qui appuient notre démarche. Et notre troisième associé est du secteur financier et donc une
grande pratique des LBO, des MNA, etc. et apporte son expertise pointue au service des dirigeants
d'entreprise. Et puis nous avons un quatrième associé investim qui est une société qui,
dès le début des années 2012, s'est intéressé au financement de l'économie réelle et a
lancé notamment les fonds micado qui sont des fonds obligataires pour des entreprises PME et EETI,
leur permettant d'accéder à ces liquidités tant convoitées et qui nous conseillent également
dans notre démarche. Vous ciblez essentiellement les PME en croissance sur quels critères vous
les sélectionnez? Nous les sélectionnons en fonction de leur stratégie et de leur ambition
de croissance. Nous voulons des entreprises qui ont déjà prouvé des choses dans leur compte. Nous
nous assurons de leur solvabilité en défense des intérêts de nos investisseurs également. Alors
vous avez la même exigence pour les investisseurs puisque vous ne travaillez qu'avec des investisseurs
confirmés là pareil sur quels critères vous les sélectionnez? Nous avons des batteries de
tests de scoring mais c'est surtout un dialogue en fait que nous cherchons que ce soit avec les
entrepreneurs et les investisseurs pour permettre à ces deux forces de marché de se rencontrer et
produire du développement et de la croissance. Vous opérez des frais de gestion sur ces investisseurs
naturellement, quel coût et quel est votre business podèle par la même occasion? J'ai une bonne
nouvelle pour vous, non, nous n'opérons pas de fois de gestion ni d'entrée ni d'ailleurs nous
n'opélevons pas de frais de sortie sur les investisseurs, sur les opérations qu'ils réalisent
au travers de notre plateforme. Notre modèle économique c'est la question que vous posez,
il est fondé sur une rémunération de prestations d'études de dossiers et de mises en ligne du
dossier sur la plateforme mais qui est tout à fait marginale et pour l'essentiel c'est tout simplement
une commission de succès au moment du closing de la levée de fonds au bénéfice de l'émetteur c'est
à dire de l'entreprise. Et quels sont finalement aujourd'hui vos points différents siens avec
les concurrents même si finalement vous n'êtes pas très nombreux sur ce segment? Notre spécificité
c'est d'être vraiment centré sur la PME de croissance ou la jeune pour se confirmer et d'offrir
des produits, actions et obligations qui respectent l'intégrité du capital des entreprises. Vos projets
et perspectives pour l'avenir? Alors nous avons des projets ambitieux, nous espérons au bout de deux
ans avoir une cinquantaine de lignes d'investissement que nous aurons finalisé, nous espérons également
faire évoluer notre statut vers celui de prestataire de service d'investissement de façon à avoir un
passeport européen donc elle est là aussi notre ambition et je vous donne rendez-vous en 2020 pour
une nouvelle levée de fonds sur la plateforme et du lice. Allez on se donne rendez-vous, merci en
tous les cas pour votre expertise, merci à vous de nous avoir suivi, on se retrouve bientôt pour
un prochain numéro de Paroles d'Experts.
