23 février 2009. Le procès à ZDF s'ouvre devant le tribunal correctionnel de Toulouse.
On compte plus de 2300 partis civils, dont eux.
On savait que je n'aimais pas trop parler, revenir à l'arrière, surtout dans les premiers jours de septembre. Je ne vais pas y revenir dessus, mais il est certain que ma vie, si vous voulez, ne représente de plus ce que devait être la vie.
Je suis intoxiqué par ça, je suis polarisé par ça, c'est ma raison de vivre et c'est pas normal.
On aimerait savoir surtout pourquoi et comment, pourquoi et comment c'est cette explosion ou ces explosions. On aura ça, c'est une idée fixe qui nous poursuivra ou que l'on poursuivra toujours, c'est clair.
Je ne ressens plus quand il y a une porte qui claque ou quelque chose qui tombe, mais c'est vrai que je garde quand même en mémoire surtout ce qui a suivi, l'odeur de chimique qui flottait dans l'air, cette espèce de nuage orange apocalyptique.
Mais après, c'est vrai que c'est tout ce qui a suivi, cette espèce d'indifférence après de l'industrielle qui a indemnisé tout le monde, mais c'était une lefaite de ne pas assumer que c'était un accident, ça m'a énervé.
J'étais de compte que je n'avais pas le choix, le choix c'était de ne rien dire et de rentrer dans le rang, ça voulait dire quelque part soutenir un directement, mon employeur est total et ça c'était pas possible.
Pour eux, chacun pour des raisons différentes, le procès est un combat nécessaire à mener.
Il n'y a pas de raison que ce soit toujours les mêmes qu'on entend, que ce soit aussi bien ces grands groupes industriels qui s'expriment, que certains parties qui leur sont attachés, il n'y a pas de raison.
Même si on est minoritaire, on doit faire entendre une sonne de cloche différente, en tout cas demander des comptes, parce qu'il n'y a pas de raison que des dizaines de morts, des milliers de blessés, des descriptions, et pas de coupables, ça c'est tout à fait normal.
Je suis un des rares salariés à avoir assez de prononcé ouvertement contre mon employeur, maintenant ça ne me gêne pas plus que ça, moi je ne serai pas la même à Monsieur Bichelain.
Aujourd'hui, je ne suis pas de ceux qui vont le voir pendant le procès, parce que la différence c'est qu'il y a une vingtaine de morts et des milliers de blessés.
Dans ce procès de l'opinion totale, ce n'était pas de rechercher une quelconque vérité, mais de semer le doute, à coup d'un rumeur des insinuations sur un quai de scientifique, mené par le collège d'express judiciaire.
Car totale, c'est un système, c'est la même politique de risque calculé qui s'applique dans tous ces filiales, c'est la recherche incessante d'économie, on dépend de la sécurité.
Ma démarche a suivi une logique, parce que je trouve ça logique, normal que totale soit au moins au tribunal, parce que c'est sa responsabilité, l'usine, c'est la maison mère, c'est dit dans son nom, donc je trouve ça logique.
Sur le banc des accusés, Serge Bichelin, patron de Musines en 2001 et grande paroisse, propriétaire filial de totale. Le procès s'ouvre pour quatre mois après déjà huit années d'instruction.
Le dossier d'information, ce sont plus de 50 000 pages, 1700 scellés, 1100 et moins entendu, des expertises et des contre-expertises.
L'audience est ouverte, bonjour à tous. Ça fait sept ans qu'on est dans le dossier maintenant, ça veut dire que depuis que les pièces sortent ou sont publiées, on les a lu, on en a discuté, on a travaillé avec nos avocats.
Je crois qu'à moyenne, j'ai dû passer, tant par les actions injustices, tant par la formation, quelque sorte d'un avocat, j'ai dû passer au moins sur les huit années qui séparent le sinistre et la fin du procès, j'ai dû passer à peu près une demi-journée par jour.
Quand le manutentionnaire de la surcas est rentré au projet, il a trouvé en particulier un excès de produits, il a bien fallu que ça me débarque,
de voir que ce n'était pas le premier coup pour pouvoir ça débarquer. Il a été obligé d'amener une baine au 2021 qui a explosé et de mettre les produits au sol exactement à raccourci, comment simplement l'accident chimique a pu se produire.
Pour moi, il n'y avait qu'un responsable, je l'ai souvent dit, je le répète ici, il n'y avait qu'un responsable, c'était le groupe total, c'est lui le responsable de cette affaire-là, c'est lui le responsable parce qu'il est le dernier propriétaire, mais en fait tous les industriels qui l'ont procédé l'étaient également.
Donc c'est lui le responsable, c'est lui qui a pris sans y porter attention une situation pérennisée par deux multiples predecessors industriels, c'est lui le vrai coupable.
Le procès s'achève le 30 juin et en septembre, le 21, Toulouse commet mort la catastrophe, comme chaque année. Et comme chaque année, elle a lieu en ordre dispersé, salarié, victime, militant, trois lieux, trois cérémonies.
Tous, toutefois, ont une chose en tête, le jugement prévu dans quatre mois. La machine judiciaire est en marche, chacun tente d'appréhender son fonctionnement.
Quand on a commencé le procès, je savais qu'il y avait un appel possible par toutes les sources qu'on peut avoir au niveau de la justice, que ce soit à la télé ou dans les journaux.
Mais pour moi, ça allait pas trop au-delà, je savais pas trop ce que c'était la cassation et tout ça.
Et puis, en première instance, de toute façon, il y avait des choses qu'on comprenait pas très bien au niveau des avocats, le fonctionnement et tout ça, et à force de se réunir, rencontrer des avocats, essayer de lire un peu le dossier,
c'est vrai qu'on s'est forgé une espèce de culture à la fois sur la chimie pour connaître les possibles mélanges et à la fois au niveau juridique sur ce qui était possible de faire et de pas faire.
Il y a quatre mois de procès, en première instance, et quatre mois de plus, quatre mois et demi de plus, côtoyer les avocats, les relations avec les avocats.
On a aussi bien sûr des réunions de travail avec eux, des préparations.
Oui, j'ai appris à voir le fonctionnement de ce monde qui est un petit peu, qui n'est pas le nôtre en tant que technicien, qui n'est pas le monde industriel ou le monde des usines.
Oui, j'ai appris pas mal de choses, oui. Il y a des choses qui me choquent, mais c'est la procédure française qui est comme ça.
Quand on l'interroge une témoin, souvent cette témoin, il a déposé devant la police il y a dix ans.
La Cour possède, et souvent les avocats, sa déposition écrite et puis, lui, il n'a pas. Il n'a pas sa déposition écrite et puis là on l'interroge,
mais monsieur vous avez dit que, oui peut-être, mais il y a dix ans, ça me choque un peu.
Il y a la façon d'interpréler le tribunal, il y a la façon de, bon, s'ils vont mieux avoir un avocat, sinon vous n'êtes quand même pas très bien placé.
J'ai appris diverses choses, oui.
Au procès, je me suis aperçu que finalement ces gens, ces gens étaient quelque peu différents de ce que je pensais et pouvaient être dissemblables.
Et je suis frappé, je suis frappé de la convivialité qui peut un peu s'être instaurée entre la partie civile que j'étais en particulier et les fonctionnaires, les magistrats.
Ça m'a réconcilier un peu à la justice, à l'eau.
C'était l'habitude, c'est une femme extraordinaire.
Extraordinaire parce qu'elle a vu mon désarroi, elle a compris mon désarroi et elle a soutenu tout cela pendant ses longues années.
Elle n'a pas vu seulement que son centre d'intérêt professionnel.
Si vous voulez, ça a été un support, ça a été un pilier moral et puis une disponibilité de tous les instants.
Dieu sait que je l'ai agacé, Dieu sait que je l'ai persucuté.
Et si elle m'entend, elle comprendra que même si ce procès a créé certaines distances, nous nous sommes bien retrouvés.
Et c'est tout le bien que je pense d'elle.
Mesdames, messieurs, jugement correctionnel du 19 novembre 2009.
Au vu du dossier, il est établi que la société grande paroisse a manqué à ses obligations réglementaires de maîtrise des risques, de détermination des produits en cause dans la catastrophe.
Je pense aux familles qui ont perdu des proches, qui les ont perdu à la fois deux personnes, qui les ont perdu pour rien.
C'est une catastrophe qui a eu lieu pour rien, c'est un procès qui a eu lieu pour rien.
Le tribunal, tenu de constater le caractère certain du lien de causalité, ne peut toutefois asseoir une décision de condamnation sur une appréciation du degré de probabilité entre deux hypothèses.
C'est révoltant, moi je pense à beaucoup de personnes qui sont restées, à mes copains.
Et chez d'autres copains qui sont dans d'autres entreprises de la chimie, alors ce sont des moraines sursis.
En conséquence, le tribunal prononce la relax de monsieur Bichelin et de la société grande paroisse.
Je crois que personne qui se trouvait sur le bas des partis civils ou sur les avocats, ne s'attendait après se délibérer à cette décision.
On a fait ressortir un certain nombre de phénomènes précurseurs, la première explosion, tout un tas de choses inexpliquées qui interpellent un peu et qui nous laissent un petit peu sur notre fait.
Cette photo elle date du rendu du jugement de première instance, elle passe encore à la télé des fois.
J'aimerais bien dire que c'est la fin du procès arrivé à joindre l'AFP pour qu'il sublime cette photo.
Parce que j'en ai marre de l'avoir partout et qu'il y en a d'autres et que s'ils veulent en prendre d'autres, ils peuvent.
Mais celle-là, c'était vraiment la déception, alors c'est vrai que je peux avoir des réactions un peu disproportionnées.
On était déçus d'avoir fait tout ça pour rien entre guillemets et c'est vrai que maintenant après réflexion, le rendu du jugement peut nous aider en appel.
Si ils avaient condamné Grande Paroi, c'est total en première instance, c'est eux qui auraient fait appel, ça aurait été plus dur pour nous de nous défendre.
Donc on se dit que peut-être, enfin on fait des hypothèses mais que ça peut être pas un peu plus mal que ça, que ce soit passé comme ça.
Et du coup cette photo pour moi, elle est complètement hors contexte, c'est une partie de ma vie qui a duré 10 minutes,
parce que déjà après au débrief, ils m'ont pensé à autre chose, donc vraiment hors contexte.
Et aussi parce que voilà, j'ai envie que toute la France voit ma photo moche en train de pleurer,
alors qu'il y en a plein d'autres qui sont bien, où on est derrière nos banderoles, où j'ai mon badge,
vraiment ça représente notre action et notre combat, mais alors celle-là, pour moi, elle représente rien du tout.
Tout le monde m'a demandé après, vous avez perdu quelqu'un dans la catastrophe et non, je fais pas partie de l'association des familles andoyées
et c'est vrai que bon, j'ai subi la catastrophe comme tout le monde, mais c'était vraiment de la déception
et elle est très mal interprétée cette photo quand elle passe à la télé,
puisque comme tout ce qui passe à la télé, c'est un peu tiré du contexte et ça me plait pas.
J'ai eu l'occasion de voir plusieurs journalistes, plusieurs médias et bon, j'ai expliqué les choses,
on en reprenait qu'une petite partie n'oublie pas être l'essentiel et là, je me suis dit,
les prochaines fois que tu interviendras, tu seras peut-être plus directif, plus percutant
et tu entiendras à dire deux ou trois choses très directes, notamment par rapport à la responsabilité de mon employeur de total.
Au contact des journalistes de médias, c'est très formateur.
D'abord, le souci de l'information n'est pas toujours vérifié.
On ne potasse pas le sujet, partent sur quelque chose de peu précis qui les intéresse
et ils se servent d'informations recueillies à droite à gauche qui ne vérifient pas et ils pensent là-dedans.
Bon, mais c'est pas forcément la meilleure chose à faire, à mon avis, pour informer les gens.
C'est comme ça.
Le procès en appelle s'ouvre en novembre 2011, deux ans après le premier jugement.
On compte toujours 2600 partis civils.
Chacun reprend ses habitudes, retrouve sa place au tribunal.
Gérard Ratier, devant, au plus près pour suivre au mieux les débats,
il connaît tout le monde de ce côté-ci de l'allée.
De l'autre, les anciens salariés font masse.
Le procès repart pour quatre mois, quatre cents heures de débat.
Les audiences sont quelques peu démesurées parce qu'on commence à dire à deux heures
et on finit parfois au-delà des dix heures.
Donc c'est assez pénible à suivre, il faut bien reconnaître.
C'est un peu, vous savez, comme la ménagère qui va travailler, qui va faire sa journée,
puis quand elle rentre chez soi, elle a toute la préparation culinaire,
elle a tout son travail à faire des ménages.
Nous, c'est à peu près la même chose.
On assiste à l'audience, comment dirais-je, on suit l'audience
et puis ensuite quand on rentre, il faut préparer la suivante.
Donc les temps permanents sont sur le terrain.
En selon mon emploi du temps, j'essaie d'y aller des après-midi,
mais je suis quand même... je suis encore étudiant, donc j'ai des trucs à faire.
Mais sinon, j'ai pu déplacer certains cours pour assister aux audiences,
notamment quand il y aura Monsieur Desmarais.
Donc le directeur de mon école est Thoumusin, il était là, donc il a très bien compris,
puis les autres professeurs, je ne sais pas s'ils étaient là, mais ils ont très bien compris aussi.
Après l'audience de 2009, après le jugement ensuite,
on a continué à travailler parce qu'on a préparé l'appel.
Il y a pris beaucoup plus, je veux dire.
Quand on s'est retrouvé à l'audience, à cette audience ici, on appelle.
Comment dirais-je? J'avais l'impression de n'avoir jamais quitté la salle aux jambes mamances.
On a tellement vécu les événements, la catastrophe.
Et puis, depuis maintenant, bientôt huit ans,
qu'on travaille sur le dossier, qu'on travaille sur le sujet, qu'on réfléchit.
Et même, je dirais que même s'il y a des audiences qui apparemment sont sans importance,
on avait envie d'y être, et on n'aurait pas pu ne pas y être,
sauf un pêchement majeur, on n'aurait pas pu ne pas y être.
Donc, comment dire, la motivation était telle qu'on a supporté le nombre d'audience.
George Abeland, lui, n'est plus participe, il met témoin.
Jusqu'à son passage devant le tribunal, il lui est interdit d'assister aux audiences.
La cour le convoque le 26 janvier.
C'est vrai que depuis quelques semaines, j'y pense,
j'y pense souvent ce que je veux dire, les questions qu'on me posait.
Moi, j'espère absolument rien.
Je pense que les choses ont été dites et faites,
et qu'on ne reviendra pas forcément sur certaines choses.
Je pense que c'était il y a dix ans,
qu'on était encore pour les ouvriers à l'usine, qu'on aurait pu imposer certaines choses,
ou faire certaines choses.
Maintenant, c'est des combats d'arrière-garde, mais qui sont quand même importants,
bien sûr, pour ceux qui ont perdu leurs proches,
pour les salariés aussi, savoir que les responsables soient quand même
peut-être pas condamnés, mais pointés du droit.
Je suis bien soulagé d'avoir témoigné sur tout ce que j'ai eu à dire.
Vous avez fait pleurer Monsieur Ratier?
Oui, mais j'en suis bien content, malgré tout,
parce que c'est quelqu'un que j'estime,
qui a fait beaucoup, beaucoup de choses,
et surtout, un rapprochement entre d'anciennes salariés
et des gens qui ont suivi l'exposition.
On nous avait vraiment séparé,
parce qu'il y a des gens qui ont pris la défense de total,
et ça, c'était pas normal.
Je suis bien content qu'ils se rapprochent en tout cas.
On s'est jamais fini, parce que le procédé n'est pas terminé,
et j'aurais toujours des choses à dire, parce qu'on n'efface pas comme ça.
30 ans de vie dans une usine, avec ce qui s'est passé,
mes copains morts, il faut que les responsables deviennent coupables,
c'est-à-dire les représentants ne rendent pas ouah, c'est total.
Ma famille est là, qui m'aide,
et c'est quand même des liens particuliers,
surtout dans les moments présents.
C'est important, c'est beaucoup moins.
La famille les proche, les relations avec eux,
la vie quotidienne tout simplement est bousculée par le procès.
Je mène à mes activités à côté, un peu certainement moins,
mais vers l'espoir, comme je le fais,
ça m'aide certaine fois à ne pas penser à certaines choses,
à les oublier le temps qu'elles soient finies.
J'aurais plus de temps pour peindre la façade de ma maison,
en tout cas, à faire des activités culturelles, sportives,
que je fais moins à ce moment,
d'avoir une vie peut-être familiale,
bien que ce n'est pas trop contrairement à ce niveau-là,
mais une vie familiale plus ordonnée.
Dans le temps qu'il me reste, j'arrive encore à faire un peu de sport,
à m'occuper un peu du jardin de ma famille, de mes petits-enfants, etc.
Et puis, mon épouse est assez compréhensive sur ce sujet.
Elle sait que depuis la catastrophe, je travaille là-dessus,
je travaille à l'association, j'y consacre certain nombre d'heures.
Par contre, je ne dépasserai pas ses heures,
je ne veux pas me faire complètement fagocité.
Voilà, je me suis fixé la limite, ce que je vous ai dit,
je suis au taquet supérieur, je ne serai pas plus loin.
C'est vrai qu'il y avait des réunions, ça tourne,
donc des fois, c'était à la maison, des fois, c'était chez d'autres gens.
J'ai fait beaucoup de repas en tête-à-tête avec mon père pendant ces années-là,
mes années collèges, c'était pas...
C'était aussi des moments privilégiés,
j'en avais avec mon père ou avec ma mère, selon ce qu'on faisait.
Et c'est vrai que là, pendant le procès,
ça a été dur un peu pour tout le monde,
mais mon père n'est pas trop, vu que lui, il travaillait aussi.
Donc maman, elle ne pouvait pas venir tous les jours,
vu qu'elle travaillait, c'est vrai que ça a été dur pour tout le monde.
Je pense de suivre ce procès et de continuer ses activités.
En fait, on n'avait pas vraiment une relation de mère-fille,
quand on était au procès ou aux réunions.
Alors après, c'est vrai qu'on en parlait beaucoup plus à la maison,
vu que ça facilite les choses.
Mais après, oui, c'est vrai que...
C'était complètement en dehors d'une vie de famille,
c'était la vie de l'association et pas...
Je viens avec ma fille, non?
Je viendrai avec Bianca ou...
Donc je n'ai pas l'impression d'avoir...
J'ai partagé des choses avec elle,
mais pas forcément avec ma mère, comme on pourrait dire.
Nous n'en parlons pas beaucoup, entre nous, finalement.
Mais tout ce qu'elle a pu entendre nous dire,
si vous voulez,
auprès des journalistes, finalement,
si vous voulez, elle le retrouve au procès,
elle s'aperçoit que c'est bien, c'est bien,
c'est bien de cela qu'il s'agissait,
qu'en définitive, je n'aime pas n'importe rien.
Et donc, si vous voulez, ça la...
On dirait, ça la rassure, si vous voulez,
un petit peu, dans le sens du combat que je menais.
Sur le sens du combat, ça rassure un peu.
C'est quand même...
Mais il a fallu, près de 8 ans, pour y arriver.
C'est quand même, dans ce procès,
qu'on n'en parle plus.
Donc, si vous voulez,
si vous voulez, c'est pas un combat tout à fait inutile.
Et si mon épouse, il me rend un peu,
je trouve que c'est rassurant pour moi.
Déjà, après le procès, je ne sais pas quand ce sera.
Parce que quand même, ils sont combattus en appel,
ils iront très certainement en cassation.
Et si ils sont relaxés en appel,
j'irai quand même en cassation.
Dans tous les cas, ça prendra du temps.
Donc, pour l'instant, l'après procès, c'est vraiment dans le temps.
Pour moi, il y aura toujours de toute façon quelque chose à faire,
puisqu'avec l'association plus jamais ça,
il y a plein de choses à faire.
Donc, je ne pense pas qu'il y aura de vide,
quelqu'un, qu'après le procès.
Si ça s'arrête là, comme on peut le supposer,
et qu'on ne connaisse pas la vérité,
bien sûr, il restera toujours une frustration.
Mais d'autre part, on aura quand même l'impression
d'être allé au bout de ce que nous,
petite association, on pouvait faire.
C'est-à-dire dans la citation de témoigne,
dans des propositions, etc.
dans notre action.
C'est au cours du premier procès, et aussi de l'appel.
On ne sera allé jusqu'au bout.
Bien, c'est sûr qu'il va falloir penser occuper l'espace vie autrement.
Et ça, je crois que ça, oui, ça va me manquer.
Parce qu'on s'est fait des relations,
c'est une seconde vie,
et on vit dans un milieu,
et ce milieu a toujours des choses attachantes.
Non, je ne l'apprenne pas parce que je suis très active,
j'ai beaucoup de choses à faire à la maison,
et je suppose que je vais passer par-dessus.
Mais reste que,
certainement, ça va me manquer.
Et que, en particulier, je n'aurai plus le plaisir de vous voir.
J'avais perdu le sommeil depuis longtemps.
C'est la meilleure démonstration.
Je l'ai retrouvée au moins partie à la main.
Et donc, c'est la meilleure démonstration que ce procès m'a stabilisée
et m'a permis de me retrouver.
