J'espère que nous en reviendrons vivant.
En fait, c'est venu d'un bloc. C'est-à-dire que j'y pensais, j'y pensais, j'y pensais, et le morceau est venu pratiquement d'un bloc.
C'est venu de pas mal d'expériences personnelles, mais c'est aussi venu de les mains des cracheurs totalement extérieures.
A l'époque, ma meilleure amie vivait une relation très épanouie, amoureuse, etc.
Et moi, ça me rappelait beaucoup de souvenirs personnels.
Donc, j'ai tout mis dans, en fait, You Resistible You.
Il y a des chansons qui vont te venir par bribes avec, quand même, encore du travail à faire.
Mais You Resistible You, elle est venue dans un travail de paroles, en fait.
Une fois qu'on a trouvé un premier refrain avec des paroles qui sont venues comme ça,
il faut quand même travailler la matière de manière à ce que, par la suite,
ça n'a pas l'air travaillé, ça a l'air aussi naturel que le premier.
C'était vraiment trouver une évolution dans l'histoire.
...
J'ai un cerveau de secours qui est le cerveau de Christophe.
...
En général, elle a des mélodiques classes.
Pour You Resistible You, il y avait des paroles.
Il y avait toute la mélodie déjà prête telle qu'elle.
Et puis des appuyés rythmiques, qui avaient claqué avec les doigts.
Puis elle me l'a envoyé comme ça. Donc j'ai commencé à lui faire des propositions d'accord, des propositions de cadence.
Je lui ai envoyé, je crois, deux ou trois versions, juste avant que je le vois.
Et puis, avec ça, elle a fait son marché dedans.
Elle a choisi une version qu'elle a filé à James.
J'ai écouté ce qu'il y avait déjà et j'ai changé quelques accords et tout.
Et ensuite, on avait parlé de l'arrangement et où il fallait mettre les solos dans le morceau.
Et voilà.
Moi, je n'ai pas choisi de style au départ.
C'est-à-dire que c'est sorti comme ça.
Christophe a rajouté ses progressions d'accord un peu le grand avec d'autres influences.
...
Et James a aussi ramené ses influences à lui.
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Ce qui fait que c'est vraiment un morceau à trois.
C'est vraiment composé à trois.
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J'ai fait la rencontre de Rémi.
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La première fois que je suis allée écouter ses compos à lui,
je suis restée assez bougebé.
Ça m'a vraiment pris au tric,
parce que c'était une composition qui me parlait vraiment.
Je me suis quand même peut-être que je pourrais lui proposer de travailler dessus,
faire un arrangement pour son sceptette à vie.
Dans ma tête, il y avait un peu tout le temps des cuivres.
Il y avait un arrangement possible pour si ce n'est Big Band,
au moins un sceptette, quelque chose avec une ambiance quand même très cuivrée.
...
Je me suis dit ensuite, ok, je vais l'arranger avec mon groupe,
je connais le son de mon groupe,
je connais les différentes façons de le faire sonner
et la différentes palettes sonores dont je dispose.
J'ai commencé à noter quelques idées à l'appeler,
lui dire voilà ce que je compte faire,
ce que ça te convient, est-ce que je continue dans cette direction.
Elle m'a donné le feu vert.
Réellement, on ne s'est pas vu à l'avance
et elle m'a fait un peu confiance à l'aveugle.
Entre le moment donné où je lui ai donné l'idée,
où je lui ai envoyé le matos musical
et où je me suis retrouvé en studio
avec les musiciens qui ont registré la version du single,
je n'ai rien entendu du morceau.
...
C'est carrément l'esprit, c'est 120, c'est un médium
et là c'est un peu moins un six-chef, la panthéroise.
Je connais ça, j'ai appris ça.
Dans cette chanson, il y a vraiment une ambiance.
Il y a quand même globalement une volonté personnelle
de vouloir faire un jazz, je dirais vintage.
On pourrait le comparer à certains enregistrements
ou à certaines époques de l'histoire du jazz
mais il n'y a pas que du jazz,
il y a aussi, moi je dirais qu'il y a aussi du blues,
de la saole.
Moi j'ai grandi avec les disques Dela,
avec les disques de Sarah Vaughan, de Peggy Lee.
Donc forcément, les cuivres, ça me vient naturellement
et il y a toujours cette ambition quand on est chanteuse
et ce grand plaisir de chanter avec des cuivres
et ils envoient le swing et ça bouge vraiment
et c'est une autre expérience.
Et quelque part, je dirais pas que c'était un plaisir égoïste
mais c'était un rêve, c'est-à-dire qu'enregistrer
avec une formation qui pourrait s'apparenter
en tout cas quand on l'écoute, à un micro big band
c'est un plaisir déjà personnel.
C'est un plaisir, c'est un plaisir.
