Bonjour, je m'appelle Pierre Gotthals, je suis un natif de la Nièvre qui était expatrié dans le nord dans les années 80,
et les hasards de la vie m'ont amené à diriger cette bricerie, j'en suis le gérant, je suis tout à fait honnêtement cogérant,
c'est-à-dire qu'avec mon épouse, nous sommes à deux à diriger la bricerie.
Tout à fait au début de ma vie, je suis commercial dans une société de charbon et je vends du charbon à la bricerie chimie.
Et puis un beau jour, alors que je viens chercher ma commande quasiment tous les mois,
parce que la bricerie consomme à près 50 tonnes de charbon par mois,
Mme Soyer, l'ancienne patronne ex de Moisel Chimo, me dit, Mme Gotthals, c'est la dernière commande que je vous passe,
j'arrête la bricerie le 30 avril.
Alors moi, je suis un commercial, un commercial, ça a des intérêts, ça me casse les pieds de perdre un client.
J'ai dit, mais Mme Vendée, là, votre bricerie.
Et elle me répond, Monsieur, toutes les briceries de 20 anciennes sont mortes les unes après les autres,
la mienne sera la dernière à mourir, mais les briceries n'ont plus d'avenir et je vais m'arrêter.
Au soir, je rentre, j'en parle à ma femme et on se dit, ben pourquoi pas à nous.
J'ai une particularité que peu de patrons en France, c'est que j'ai été formé par mes ouvriers.
C'est-à-dire que quand j'arrive à la bricerie, j'y connais rien de la bricerie.
Et ce sont mes ouvriers qui vont tout doucement me former en fournée à des fournées à cuir.
Bien sûr, je ne suis qu'un remplaçant, il m'arrive de cuire, c'est très très rare,
mais s'il y a des malades, je le fais.
Autant au départ, j'étais pris pas pour quelqu'un de très sérieux,
parce que j'avais la particularité de ne pas avoir mes parents qui étaient briquetiers,
alors tous mes confrères ont tous leurs parents qui étaient briquetiers.
Aujourd'hui, je suis retenu à 100% comme un briquetier,
et j'ai même fait un moment parti de la fédération française des briques et de huile de France qui se trouve à Paris.
Alors, on vous a mis deux modèles là ici,
d'à côté la circuitte et de côté la rouge.
La rouge, c'est la brique habituelle.
C'est la brique que l'on... C'est 80% de nos ventes.
Par contre, ça, c'est la circuitte.
La circuitte, c'est n'est uniquement que le haut du four.
Si on veut parler cuisine, c'est le gruyère qui gratte.
Malheureusement, on en fait pas assez.
C'est-à-dire que ça, c'est un produit qu'on a énormément de demandes,
et qu'on n'arrive pas à faire face.
Pour rendre compte, on fait une palette à une palette et demi par jour.
Donc, on apprend une capacité de 7 palettes par semaine, c'est pas assez.
Alors que ça, on sort 35 palettes par jour.
Un petit truc, on prend de briques.
Si ça sonne aigu, c'est que c'est bon.
Si ça sonne creux, c'est pas bon.
J'ai été très fier par le gouvernement français d'être placé EPV,
entreprise du patrimoine vivant.
Je suis reconnu par l'ancienneté de ma production
et l'ancienneté de l'usice.
Nous, on extrait par train.
Donc, on a un excavateur qui est une machine
qui extrait la terre avec des petits godets
qui extrait l'équivalent d'un saut par godet
et qui remplit des wagons,
et les wagons redescendent à la briquette par une voie de chemin de fer.
Un four of man, c'est un bâtiment
qui a à l'intérieur un couloir
qui fait tout le tour de ce bâtiment.
Donc, le couloir fait tout le tour du bâtiment.
Le couloir fait 3 mètres sur à peu près 2,52 mètres.
Il est arrondi, bien sûr.
Il a une route.
On remplit de briques ce couloir
et donc de briques non puits, des briques vertes.
On va allumer un feu et le feu va se faux-filer à travers les briques.
Il faut bien comprendre ça.
Ce n'est pas les briques qui vont dans le feu,
c'est le feu qui se faux-file à travers les briques.
Donc, si vous voulez, ce bâtiment qui est très grand,
on contient 280 000 briques
et il y a en permanence des briques en train de cuire.
Il y a en permanence des briques qui attendent le feu
et en permanence des briques qui sont puits et qui vont être retirées.
Et elles refroidissent.
Pour assurer la cuisson d'ensemble,
sur le dessus du four, il y a une zone qu'on appelle la zone de cuisson
où il y a un cuiseur en permanence
et ce cuiseur va distribuer avec des petits appareils
le charbon, pas grain à grain, mais quasiment,
de manière à assurer le feu.
Il va démarrer le feu à l'avant du feu
donc il va rajouter du charbon alors que l'arrière du feu va mourir.
Et donc, cet ensemble va se déplacer.
C'est un ensemble qui fait à peu près quand même
une quinzaine de mètres et elle va ramper
à travers les briques en permanence.
On voit quasiment que tout le Valencien Noir est construit
sur de la terre abrite donc ce n'est pas trop compliqué.
On discute avec un cultivateur
pour pouvoir avoir des terres exploitées,
c'est-à-dire que si vous voulez,
j'enlève les 15, 20 cm de terre mais 15 cm c'est bon.
On appelle de la terre noire qui est vraiment la terre de culture,
qui est de la terre riche qui produit.
En dessous, il y a une terre plus argileuse qui est beaucoup plus pauvre.
Si elle qu'on enlève, après on réétale la terre noire.
Pour vous d'en rendre compte, c'est que le paysage diminue.
C'est-à-dire que moi, partout où j'extrais,
le paysage est descendu de 2 mètres, 2,5 mètres.
Un jour, moi, je ne serai plus là
pour mes briques à ce moment-là.
Parce que ce sont des produits quasi indestructibles.
On peut y aller pour deux siècles sans problème.
Et peut-être qu'un jour, mon petit-fils,
puisque j'ai la chance d'avoir un petit-fils,
dira à son petit-fils à lui, peut-être,
bah tu vois, ça c'est des briques quand tu es faite par ton arrière grand-père.
C'est ça, c'est... C'est une fierté, c'est vrai, c'est une fierté.
