Faire de la musique dans une cathédrale, c'est jouer avec l'espace, conjuguer le son avec l'architecture.
Une cathédrale se prête notamment très bien la musique vocale et celle de Messe possède une maîtrise,
un cœur d'enfant absolument remarquable qui perpétue une longue tradition.
Cette maîtrise créé il y a une quinzaine d'années, à l'origine était là pour former les musiciens d'église dans le dieu XVI.
Donc assez rapidement c'est créer une école maîtrisienne, on a travaillé donc avec un ensemble scolaire,
ensemble scolaire Jean 23, où les offrons des aménagements d'horaire pour les former à la base à être musicien d'église,
c'est-à-dire pouvoir être chantre, animer une assemblée, chanter au microbe, salmodier et pour les plus performants,
diriger des chorales ou recréer des chorales.
La maîtrise de Messe est particulièrement active.
En 2009, elle a lancé un festival, le printemps des maîtrises, qui a notamment pour but de créer une synergie entre les maîtrises du Grand Est et de l'Europe entière.
Pour sa seconde édition, le festival a invité le cœur de Sonon ainsi que le compositeur Lorin, Fabrice Castel,
qui est venu créer une oeuvre spécialement composée pour l'occasion.
J'aime les rencontres, j'aime les aventures humaines et s'en est une, comme toutes les autres dans les projets que je vis.
Et c'est particulièrement intéressant avec les enfants parce qu'il y a une fraîcheur, il y a une innocence,
et puis finalement, une envie de faire les choses, il n'y a pas d'a priori.
Ce lien me semble intéressant parce qu'il connaissait déjà la maîtrise, puisqu'on avait travaillé ensemble plusieurs fois,
et puis il est sensible au travail vocal, ce qui n'est pas toujours le cas des compositeurs.
C'est vrai que là, j'étais sûr que pour les voix, ça serait intéressant et réalisable.
Chanter, chanter, chanter.
C'est dans une sorte de défi que se sont lancés le chef de cœur et le compositeur.
Un défi d'excellence.
Et Fabrice Castel n'est pas venu seul puisqu'il a amené avec lui l'orchestre imaginaire,
des instrumentistes de haut niveau qui l'a réuni dans un ensemble adapté à sa conception des choses.
L'orchestre imaginaire, c'est les musiques, toutes les musiques.
C'est un mélange de rencontres et puis ma musique, finalement, c'est un mélange de rencontres.
Des musiques que j'aime et puis du chemin, finalement, de la route que j'ai envie de tracer.
Mon écriture est très liée à ce que j'ai envie de dire, à des messages que j'ai envie de faire passer.
Et ensuite, c'est l'aspect technique, il est secondaire, il est au service d'eux.
Travailler avec de jeunes chanteurs, même très doués, a bien sûr demandé une longue préparation.
Mais Castel n'a pas hésité à élaborer une oeuvre ambitieuse pour ce concert exceptionnel, Alpha.
Alpha, c'est une pièce qui dure 20 et une minute.
Pour le cœur de la maîtrise, un ensemble instrumentaire et un petit dispositif électronique.
Le propos d'Alpha, en fait, c'est assez librement inspiré du texte de l'Apocalypse de Saint-Jean,
dans lequel Saint-Jean raconte « Je suis l'Alpha et l'Omega », « Le début et la fin », voilà.
Et comme pour les chanteurs de la maîtrise, c'était une première rencontre avec de la création musicale pour certains.
Je me suis dit que c'était un bon moyen de démarrer, en fait, l'écriture de la pièce.
Et j'avais envie, finalement, de travailler sur ce tout petit bout de texte,
parce que je pense que c'est un texte fort qui affirme aussi, au-delà de « Je suis le début et la fin »,
qui affirme aussi « Je suis » et « Je suis de Descartes ».
Il y a sept grandes parties et chacune des parties illustre le début de quelque chose,
le début de la naissance, la première fois la rencontre amoureuse, la première expérience avec la création artistique,
la première, la première, la première, la première, voilà.
Chacune des parties est confiée à un instrument soliste.
Vu qu'on est à la cathédrale, que les espaces sont quand même relativement immenses,
ce qui est un délai de réverbération qui est assez imposant,
je me suis dit qu'il fallait absolument travailler avec ça.
On veut montrer aux enfants toute la palette des œuvres pour cœur.
Alors que les repères ne sont pas les mêmes dans la création
et ça leur permet vraiment de consolider leur base sulfégique,
de consolider leur oreille et d'être sur d'autres repères
et toujours pour les rendre autonomes face à une partition, quel qu'elle soit,
ou un chef, quel qu'il soit.
Que dire du concert lui-même, sinon qu'il a confirmé une fois encore
la qualité de la maîtrise de Mass et du cœur d'enfants de Sonon.
Après une superbe démonstration chorale sur un premier programme relativement traditionnel,
ce fut à Fabrice Castel de s'avancer pour prendre possession de son orchestre imaginaire
et de l'assemblée de jeune chanteur qui allait donner vie à Alpha.
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Chantez, chantez, chantez.
Vous savez le faire, j'en suis persuadé.
Assyez-vous le cœur.
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