Bonjour et bienvenue dans ce nouveau numéro aux parles d'experts consacrés aujourd'hui
aux Médines-France, dont les clients sont pour beaucoup des consommateurs en quête de
transparence et de clarté sur la traçabilité de la chaîne de fabrication. Malgré la
multiplication des labels, 5% des consommateurs préfèrent rester fidèles à l'achat d'un
produit fabriqué en France. Des chiffres qui viennent appuyer le retour d'une tendance,
celle de consommer mieux et bon, mais la démarche est loin de rester égoïste.
Pour nous en parler, un expert, Mathieu Alar, président de Made in Local, bonjour.
Bonjour Linda.
Alors aujourd'hui, il y a un réel berceau de création en France. Est-ce que vous pensez qu'il
soit suffisamment exploité? Pour moi, on est plus aujourd'hui dans le faire-faire que le faire-soit-même.
Donc aujourd'hui, on utilise quand même pas mal de services qui viennent d'autres pays,
qui viennent par exemple d'Asie ou d'ailleurs. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, ça s'aspère
un petit peu les Médines-France. Alors lorsqu'un entrepreneur résonne
Médines-France, il pense forcément au coût de production et au charge qu'il y a un combe aux
entreprises françaises, qu'est-ce que vous répondez à celles et ceux qui justement estiment que
c'est compliqué de fabriquer en France? Alors pour moi, en tant qu'entrepreneur,
et puis si je peux donner un petit peu mon expérience, je pense que quand on crée une
entreprise, on connaît un petit peu les charges qu'on peut avoir en France. La deuxième chose,
c'est que quand on crée aussi en France, on doit avoir aussi des valeurs derrière les véhiculés
auprès de ses clients. Et ensuite, si effectivement on veut véhiculer et vendre du Médine-France,
je pense qu'il faut aussi chercher sa clientèle. Une clientèle qui aujourd'hui,
je pense, est disponible. En tout cas, il y a certains publics qui recherchent vraiment ce Médine-France.
Aujourd'hui, la géographie des étapes de production allait telle qu'on peut se retrouver à acheter
un produit français de luxe dans une maison française, mais tout de même avec une étiquette
Médines-China. Comment s'est retrouvée finalement en tant que consommateur?
Alors je dirais qu'aujourd'hui, c'est vraiment au consommateur de faire l'effort.
Maintenant, on se rend compte que de plus en plus de consommateurs, de clients sont sensibles
justement et regardent vraiment ce qui se passe dans les produits qu'ils achètent.
Donc la composition, la provenance et là-dessus, c'est aussi à l'entreprise
de rebondir avec ce besoin et d'être de plus en plus transparent.
Une responsabilité aussi peut-être de la part des marques?
Oui, une vraie responsabilité et puis être vraiment raccord avec sa valeur. C'est-à-dire on véhicule
les choses sur l'environnement, sur l'emploi, sur la production et les services.
On doit se faire la même chose dans son activité.
S'agissant de la délocalisation à la crainte, c'est la perte du savoir-faire français à l'ancienne.
Est-ce que c'est une vérité qui se vérifie sur le terrain?
Alors moi je le vérifie personnellement dans mon activité, je le vérifie tous les jours.
C'est vrai qu'on a une réelle difficulté à trouver vraiment un savoir-faire
avec une prestation, un service de qualité.
On a des anciens métiers comme les bénistes et aujourd'hui plutôt des entreprises,
des industriels qui vont justement privilégier le prix ainsi que la rapidité de service.
Malheureusement avec une observance programmée qui est assez importante.
L'Union européenne, c'est la seule zone commerciale où la motion d'origine n'est pas forcément obligatoire
à part les produits alimentaires et du coup on a la belle qui voit le jour comme au FG Origine France Garanti.
Quelle est leur fiabilité?
Alors effectivement c'est une vraie problématique, aujourd'hui on se rend compte qu'il y a quand même
énormément de labelles en France.
Ce qui est important c'est que le consommateur se doit d'aller vérifier aussi la cohérence
entre ce qui est dit dans le label et les valeurs de l'entreprise, en tout cas les valeurs du label
et l'agir de l'entreprise.
Tout secteur confondu aujourd'hui quelle est celui qui tire son épingle du jeu?
Depuis des dizaines d'années en France on a privilégier quand même pour la jeunesse
et les personnes en âge de travailler, on a privilégier des filières qui étaient justement
orientées vers le commerce, le marketing ou encore des métiers de communication.
C'est vrai que les métiers manuels se perdent pas mal.
Par contre pour répondre à votre question, pour moi les métiers d'avenir ont en tout
cas les métiers qui tirent leur épingle du jeu pour être les sociétés de services
qui apportent justement un service de proximité auprès des particuliers, des consommateurs,
soit pour des aides de ménage ou apporter des panneaux bio à la maison, ce genre de choses.
Alors la Médine France est passée par plusieurs phases, tantôt à la mode, tantôt à un gar,
comment on pourrait le crédibiliser aujourd'hui?
Alors c'est vrai, Médine France on a entendu beaucoup parler, pour moi la réponse c'est
plus que le Médine France, c'est le Médin local.
Le Médin local ça veut dire économie en local, du circuit court et puis aussi un réseau
social puisque aujourd'hui je pense que tout est chacun, vous connaissez votre boulanger,
votre réplicier du coin et ça aujourd'hui c'est vraiment une vraie valeur qui va permettre
de pouvoir produire de la valeur ajoutée à l'avenir.
Vous êtes vous-même le fondateur d'une entreprise qui s'appelle Médin local, vous êtes le trait
d'union entre les entreprises, est-ce que vous pouvez nous en dire plus?
Médin local est une plateforme regroupant des professionnels de proximité, indépendant
et surtout qualifié, mais la réelle valeur ajoutée et en plus de cette plateforme nous
mettons à disposition un service de conseil pour les accompagner et les aider à trouver
un professionnel à proximité de leur entreprise, à proximité de chez eux.
Qu'est-ce qu'a suscité cette vocation chez vous après un poste de responsable des
achats?
Alors à l'époque quand je travaillais justement dans des grosses structures je trouvais ça
assez frustrant de ne pas trouver des professionnels de proximité surtout qualifié, on pouvait
trouver des services sur internet ou ailleurs mais qui n'étaient pas forcément triés
sur le volet donc j'ai souhaité créer cette plateforme justement pour pouvoir répondre
à mon besoin.
Quels sont aujourd'hui les entreprises qui adhèrent à vos initiatives et comment
c'est ce qu'on critique sur le terrain?
Toute entreprise de tout secteur, l'important finalement c'est qu'ils adhèrent aux valeurs
qui sont véhiculées par MediLocal.
Sur le terrain avec les professionnels c'est surtout un relationnel de confiance et une
pérennité dans les relations commerciales.
Alors aujourd'hui vos projets à courir et moyen-term?
Les deux premières années donc depuis 2015 on a travaillé surtout sur la communication
et le développement de la société sur la région Haut-de-France puisqu'on vient de
là, à moyen et plus long terme, nous notre objectif c'est effectivement se développer
au niveau du territoire et toujours en local, toujours en proximité, on fera forcément
appel à des professionnels, à proximité des consommateurs et des entreprises qui
font appel à nous.
Merci beaucoup pour votre expertise.
Merci Nina.
Merci à vous de nous avoir suivis, on se retrouve bientôt pour un prochain numéro de
Paroles d'Expert.
