Je crois que j'arrive sur toi comme ça, j'écoute et il apprend que c'est ça que tu vas faire.
Est-ce qu'on peut dire que c'est ça qui compte ou c'est le feu que tu t'achètes et que tu t'attrapes et que tu...
Non, non, non, l'intérêt c'est qu'on ne doit pas sentir un positionnement là.
Je vais le faire bien, on essaie.
Vieillard de 20 ans, vieillard de 15 ans, 30 ans, 40 ans, dans l'antichambre attendu, nous avons attendu, nous étions attendus.
L'allée de sol devant l'antichambre, sérénité factice.
Les portes ouvertes, l'autre, celui qu'il y a peu on appelait homme.
Derrière la porte maintenant ouverte, l'autre que l'on appelait avant, homme, lui, 30 ans, 40 ans, 50 ans, mes jeunes devant nous.
Pauvre vieillard dans l'antichambre, pyramide désarticulé, chemin de croix et de lumière, je ne suis plus de ce monde.
Vieillard de 20 ans, vieillard de 15 ans, 30 ans, 40 ans, nous avons attendu, nous étions attendus.
Nous on a décidé de faire des spectacles et de montrer dans les spectacles ce qui est pour nous vrai.
Pour moi l'art, c'est à quelque part la mise en matière de l'âme.
C'est-à-dire qu'est-ce qui est à l'intérieur de non palpable et tout à coup on essaie de le mettre dans le palpable.
On essaie de l'incruster dans le corps, on essaie de l'incruster dans la peinture, dans la musique, dans la danse.
Et pour arriver à ça, en fait on a créé toute une démarche, quand on traite d'un thème, on vit des expériences dans ce thème et on essaie d'exprimer ce qu'on a vécu à travers cette expérience.
Par exemple, Padi qui est l'expérience qui raconte la vie d'une moniale et on a transformé en interface, au studio, des salles ou en boire en monastère.
On a vécu pendant une année, comme dans un monastère, on se le donne à 4 heures du matin, à 5 heures du matin, à des réunions, à 6 heures des improvisations et ainsi de suite pendant une année.
Et le but, c'est de ne pas se donner de limite, c'est d'aller au bout de quelque chose.
Et c'est que quand on atteint le bout de quelque chose qu'on arrive à se découvrir soi-même.
Et quand on se découvre soi-même en tant qu'artiste, après il ne reste plus qu'à mettre ça en musique, en danse, en texte.
Et à ce moment-là, hop, on ne reste pas au spectateur.
Il ne reste plus que le spectacle pour donner aux gens la possibilité de leur dire qu'il y a une autre manière, il y a d'autres expériences à vivre, il y a d'autres choses qu'on peut vivre.
Et c'est à l'intérieur de cette autre chose que la société se développe.
Et donc, faire un spectacle, c'est proposer d'autres choses.
Et le spectateur, à lui, il a le libre choix de prendre ou de ne pas prendre cette expérience.
Mais nous, notre devoir, c'est de l'offrir.
Interface, c'est des locaux de répétition de danse qui sont juste magnifiques.
Parce que quand on passe notre temps à travailler, on a envie que l'utile qu'on utilise pour le travail soit le mieux du monde.
Donc en fait, on va mettre tout notre énergie et tout notre argent pour développer ces salles dans lesquelles on travaille.
On a une salle de spectacles parce qu'on a besoin de pouvoir créer notre spectacle à l'intérieur d'un théâtre.
Donc on a construit aussi ce théâtre.
On a des locaux d'enregistrer mon son pour la bande son parce qu'André, quand il fait sa musique, il a besoin de pouvoir mixer sa musique.
Donc il y a toute la chaîne d'élaboration d'un projet qui est sous nos mains et que l'on peut utiliser quotidiennement.
C'est un outil qui a la disposition de chaque être humain qui a le besoin de créer,
de se mettre en mouvement pour de rien de quelque chose qui se passe.
Quand on est sur scène avec nos spectacles, on ne joue pas, on arrive avec ce qu'on est.
Donc on est obligé, on est obligé en amont de tout ça dans le processus de recherche, dans le processus de création,
de faire des liens entre tout dans sa vie et puis de s'investir totalement et à tous les niveaux.
Au moment où je suis sur scène, j'arrive avec ce que j'ai vécu, nourri de ce que j'ai vécu, de mon expérience et en même temps avec toute ma fragilité du moment.
Et si je ne l'accepte pas, cette fragilité du moment, je vais être fausse.
Tandis que si je l'apprends avec moi, je lâche prise et je parle avec mon cœur, j'ai une chance de pouvoir toucher les jours.
Je ne peux pas avoir pu voir et vivre des choses dans ma vie d'homme, des choses qui m'ont rendu aussi heureux et qui m'ont donné autant d'énergie.
Mais c'est tellement beau que sur le coup, j'en veux et j'en veux encore. Et c'est pour ça que je suis là.
À la base d'interface, il y a ça. Il y a des rencontres, des rencontres humaines et artistiques extrêmement fortes et importantes et précieuses aussi.
Parce qu'on ne rencontre pas 1000 personnes dans une vie qui vont nous pousser à aller plus loin, qui vont nous permettre de nous élever en réalité.
En fait, 20 ans pour annoncer les 20 prochaines années. Et pour moi, cette fête, ça a été ça. C'est dire, voilà, on en est là, mais en fait, on est là pour aller beaucoup plus loin.
C'est la fête, c'est la fête.
C'est la fête.
