C'est un histoire d'amour, d'abord, quelle est la force de l'amour qui n'est pas du tout
raisonnable, qui est indépassable, mais au même temps il est faible, parce qu'en fait
il est capable d'aller dans l'eau de l'âme à cause de l'amour, à cause de la musique,
mais à cause de l'amour il perd pour la deuxième fois, et on lui dit, il n'est pas capable de retenir
son amour, je pense que c'est vraiment un portrait de la fragilité humaine.
Orphée est omniprésente, du début jusqu'à la fin, la première à la dernière note,
évidemment selon la météologie Eurydice va faire une apparition, c'est bien une apparition,
mais Orphée est le centre. Ce que j'apprécie dans Orphée Eurydice de Gluc, c'est l'économie de
moyens, c'est très peu de choses et même peu de lignes instrumentales quand on y réfléchit,
l'économie de moyens, expressif et qui densifie énormément le propos.
Gluc a eu des maîtres qui l'a respecté, étudiés, adorés, compris. Comme souvent les génies,
c'est-à-dire, ils ont tout digéré ce qui vient avant, et c'est une période de rupture,
on va vers autre chose, donc Gluc, ça peut être considéré comme ça. Il a fait l'analyse de toute
cette période baroque, de tout le savoir-faire, il l'a réfléchi, il l'a densifié, il l'a optimisé,
et puis pour passer à une autre période, qui sera aussi notre période architecturale,
picturale, dramatique, etc., donc il s'inscrit dans un mouvement très simple de réflexion et
d'une fuite vers quelque chose d'original. Chez les grecs, l'inferme n'existait pas,
c'est pas assez l'âme plutôt, donc l'herbe, c'est pas lié nécessairement à la négativité qu'on
a dans la culture catholique dans de l'Inferme, c'est autre chose, c'est pas les royaumes de la mort,
c'est pas nécessairement ça, c'est un petit différence, mais pour moi, c'est extrêmement
signifiant. On a la possibilité de réveiller, donc on est vraiment très embrouqués,
l'hémétologie est vraiment très embrouquée avec cette condition de l'âme, on dirait, de ces patients.
J'ai pas d'influence sur les chanteuses, ce que je leur demande c'est tout simplement de lire à
travers la grille de tout ce qu'on sait maintenant depuis 50 ans, toutes ces recherches musicologiques,
organologiques, historiques, enfin voilà, comment chanter cette partition, et moi je leur demande
simplement d'appliquer tout ce qu'on sait, donc tout ce que je sais sur la diction, la prononciation et
la déclamation, évidemment je leur demande, alors à partir de là le propos se clarifie et
puis on tombe dans de la littérature et du théâtre.
Je me suis rendu compte, dans les hôpitaux, en faisant tous ces rencontres avec les patients,
avec les familles, avec les docteurs dans les hôpitaux, vraiment il y a une autre forme de
communication qui passe beaucoup plus avec des gestes, des souffles, des caresses, des regards,
donc il n'y a pas un communication verbal normalement, donc on peut vraiment ressentir
cet courant d'amour.
