On va rencontrer les personnes sur le trottoir. On va les mains vides, comme ils disent. On va vraiment pour la personne.
Quelles que soient les délégations, sortons toujours en binôme. Un homme, une femme.
On est dans la rue, enfin... Je pense que c'est mieux, parce qu'en voiture, s'arrêter dans la personne, les clients, ils font ça, au fait.
L'idée c'est de bien d'aller à leur rencontre des personnes prostituées et des mains nues, de prendre connaissance avant tout avec les personnes, de gagner leur confiance petit à petit,
de savoir qui elles sont, quelle est leur situation, de quoi elles ont besoin, parfois simplement être à l'écoute de la personne.
Et une fois encore, l'essentiel c'est de gagner vraiment la confiance de la personne, que ce soit une femme, un homme, une personne transsexuelle.
Et cela prend bien souvent des années. Sur l'année 2016, par exemple, nous avons effectué des contacts avec Grosse-Modo,
une cinquantaine tout de même de personnes différentes, mais les personnes ont tendance à se regrouper dans le Grosse-Modo, dans le quartier de la gare.
Alors d'autant à haute, notamment dans les belles saisons, nous avons un peu plus loin pour voir s'il n'y a pas des personnes prostituées.
Nous essayons éventuellement d'avoir d'autres informations, mais c'est vrai que la prostitution de rue reste tout de même assez fortement concentrée dans le quartier de la gare.
C'est la personne qui est intéressante, on va pour elle pour voir si on peut l'aider dans quoi que ce soit.
Après c'est le respect de ce qu'elle va nous dire ou pas, si elle nous dit passe ton chemin, on va passer notre chemin.
Et si elle a envie de parler de ce qu'elle a envie, on va parler de ce qu'elle a envie.
Après c'est le respect de la personne avant tout, ça j'y tiens.
Ça c'est mon truc, c'est j'y tiens, c'est le respect parce que ces personnes-là pour moi elles sont importantes.
Et je pense qu'elles valent le coup quand on les regarde parce que c'est des personnes juste extraordinaires.
C'est des personnes humaines avec du coeur, avec de la sensibilité, avec une dignité et ça on oublie de le dire quoi.
Moi c'est des personnes très dignes et j'ai beaucoup beaucoup d'affection pour elles.
Comme nous sommes toute une équipe, les informations qui bien évidemment restent malgré tout confidentielles
doivent être diffusées à toute l'équipe. C'est-à-dire que si nous avons rencontré une nouvelle personne
avec un profil spécifique, l'équipe doit être au courant.
Je dirais que aussi bien pour ce qui se passe à la permanence que lors des sorties,
il s'agit de secrets partagés, un petit peu comme un secret médical mais qui reste au sein de la délégation.
Et donc nous effectuons un compte rendu où sont notés le nom des personnes.
Alors en fait généralement il s'agit de nom de guerre, c'est-à-dire c'est le nom patronime,
le nom que se donnent les personnes prostituées quand elles sont sur le trottoir.
Alors bien souvent nous connaissons leur véritable identité.
Mais en fait dans ces comptes rendus nous laissons le nom de guerre
puisque c'est le nom qui protège d'une certaine manière ces personnes.
Je les remercie parce que j'ai été acceptée, enfin moi je me suis sentie comme ça
la manière que j'ai discuté avec une femme juste charmante et belle, une très belle personne,
vraiment une très belle dans tout le sens du terme.
Et la manière, je me suis présentée comme nouvelle bénévole et que je ne savais pas trop comment faire.
Et elle a été extraordinaire avec moi, elle m'a regardé, je me rappelle encore de ses yeux,
enfin elle est vraiment très très belle.
Et du coup l'échange qu'il y a eu, cette personne-là elle m'a marqué quoi.
Et encore aujourd'hui je lui dis merci et parfois on échange plein de choses,
maintenant on parle de notre famille.
Je pense que je les aime en tant que personne à part entière.
