En ce dimanche de mars, l'expédition transcontinental Greenland Canada peut enfin embarquer sur le vol SAS à destination de Tulé et Air Base,
en portant avec elle 300 kilos de bagages. Plus d'un an a été nécessaire à la préparation de cette aventure, avec notamment de multiples tests de matériel dans le Jura.
Les quatre membres de l'expédition ont tous à leur actif une solide expérience des conditions extrêmes, doublée d'une motivation intacte.
Pour moi, c'est un peu la consacration d'un rêve d'enfant, de partir en expédition, comme le pôle magnétique attire le léguil émenté des boussoules,
quelque chose m'attire ici, même si chaque fois que j'y viens, j'en bave. Je crois qu'il y a différentes motivations, je me semble la plus importante c'est quand même le bout de l'aventure.
Définir l'aventure, ce serait la restreindre. L'aventure, c'est un mode d'expression, un tempérament, une quête d'ailleurs et de différence qui peut s'exprimer sous mille facettes.
L'objectif de l'expédition est ambitieux. Joindre la côte gremlandaise et la côte canadienne en chien de traîneau à la hauteur du Cap Engelfild et du Cap Sabit.
Cette traversée serait une première Suisse et les expéditions ayant réussi à traverser par voie de surface ne dépassent pas une douzaine, toute nation confondue. La population gremlandaise ne compte que 55 000 habitants pour un territoire plus grand que l'Europe.
La base américaine de Tulé Blue Jay a été créée dans le plus grand secret au plus profond de la guerre froide durant l'été 51. Un beau matin, les esquimaux qui vivaient là depuis toujours ont vu arriver une véritable armada de bateau et d'avion transportant des milliers de tonnes de matériel.
5 000 américains ont alors pris possession du village de Tulé expulsant ses habitants accrédules. De nos jours, cette base a perdu de son importance stratégique et n'est plus qu'un centre d'observation spatiale où travaillent environ 3000 personnes.
Alors là, on vient de nous préparer à notre dernier saut de puce, à savoir quitter la base militaire de Tulé. Ça peut se faire qu'il y ait d'un hélicoptère et rejoindre le village esquivaud de Tulé Kanak, environ 40 minutes de vol, au nord de la base.
A Kanak, l'expédition est attendue par l'arrière-petit-fils d'un personnage illustre. Je suis le descendant de l'amiral Peary qui atteint le pôle géographique le 6 avril 1909. Il fut le premier à l'atteindre avec des esquimaux.
Le village de Tulé Kanak a été créé en 1953 par le gouvernement Danois pour reloger les esquimaux expulsés de la base américaine. Actuellement, il est le chef-lieu de la communauté inuite composé de 6 villages où vivent plus de 900 personnes pour la plupart des chasseurs.
Mais les habitants les plus nombreux et surtout les plus brillants sont les chiens. On en dénombre plus de 2000 à Kanak.
Les couleurs vives des bateaux figés par les glaces ainsi que les petites maisons colorées de Kanak tranchent sur la blancheur du paysage. Mais dans l'Arctique, peu importe l'esthétique, seul le fonctionnel compte.
Une base radar pour les télécommunications, un hôpital et son ambulance locale et même un dernier chic, un fast-food polaire où la baleine remplace parfois le bœuf. L'épicerie du village quant à elle recèle tous les trésors de la société de consommation.
Du point de vue énergétique, Kanak est totalement autarsique. Alors que l'électricité est fournie par un puissant groupe électrogène, l'eau potable, elle, provient des icebergs figés au milieu de la baie.
Ces gigantesques masses d'eau douces proviennent des innombrables glaciers en mouvement qui recouvrent cette île la plus grande du monde. On estime que si la calotte glacière Greenlandesse fondait, le niveau des mers se trouverait rehaussé de 6,50 mètres de quoi noyer une partie significative de la planète.
La température extérieure moyenne avoisine les 30 degrés sous zéro durant les longs mois d'hiver. Les sols gelés empêchent toute conduite souterraine et l'eau courante circule dans des caissons en bois isolées à la laine de verre et parcourues par un fil électrique qui chauffe en permanence.
Une petite maison bien particulière, accrochée au flanc de la colline, recèle des trésorins soupçonnés.
Ici nous sommes dans le musée le plus septentrional du monde, dans la vieille maison de Knud Rasmussen qui, à l'origine, se trouvait au comptoir de Tulé, là où se trouve actuellement la base américaine.
Nous avons environ 4500 visiteurs chaque année issus et nous avons beaucoup de choses à leur montrer, même si ce n'est qu'une modeste maison.
Et de plus, cette région est bien connue pour ses météorites, ces dernières années nous en avons trouvé plus de 50 tonnes. Bien entendu, le musée y est également un élément qui favorise la préservation de l'ancien style de vie qui caractérise encore les chasseurs d'aujourd'hui.
Césissant raccourcis de l'histoire, le leader des esquimaux sera donc Robert Perry, descendant du vainqueur présumé du Pôle Nord. Son principal souci, choisir le bon itinéraire.
Beaucoup de facteurs entrent en ligne de compte, la météo, le poids des traineaux, le nombre de chiens, mais surtout l'état de la glace.
J'ai peur que la glace bouge dans ce secteur, ça pourrait être dangereux. Nous pourrons savoir si la traversée est possible uniquement lorsque nous serons sur place.
Si nous essayons de traverser pendant que ça bouge, nous sommes des hommes morts. Peut-être deux ou trois d'entre nous pourraient y passer, ou au mieux nous risquons de dériver pendant des mois avant de pouvoir rentrer, ou encore nous pouvons réussir à rejoindre une terre, mais devoir y rester très longtemps.
Les trois compagnons de Perry, guide et chasseur chevronnés, ont passé une grande partie de leur vie assis sur leurs traineaux, leurs larges sourires aux lèvres.
La vie de chasseur est un très vieux style de vie, transmis de père en fils, de génération en génération.
Mais cette vie n'est pas simple, car maintenant, l'argent contrôle votre vie et nous n'en avons pas assez pour acheter des objets chers.
Le possédant est juste ce qu'il faut pour vivre, quand vous chassez, vous pouvez vendre une partie des peaux et garder le reste pour vous. C'est comme ça que ça se passe ici.
Ici, ça va bien, il fait grand beau, il fait moins 22h, tout va bien.
Ici, je peux vous garantir que la tête ailleurs, on est même bien ailleurs d'ailleurs, on est même autre part, c'est un autre monde, c'est une autre planète et la tête on a également au frais.
Durant la semaine de préparatifs sur place, l'équipe effectue plusieurs sorties pour tester les équipements. Dans un environnement aussi hostile, qui constitue un véritable défi à la vie animale et végétale, chaque détail, même infime, prend une importance vitale.
Un oubli ou une mission peuvent être sanctionnées par de graves blessures et remettre en cause l'expédition.
Deux billards extrêmement positifs, c'est les bottes.
C'est très coup de vent ce dernier truc.
Je suis resté à peu près cinq minutes exprès, le dos au vent, sans bouger, ça traverse quand même.
Il faut à mon avis une haine polaire supplémentaire dessous.
On en est à cinq couches, de toute façon on ne peut plus bouger, une de plus, une de moins, ça ne fait rien.
Ça commence déjà à geler, il y a plus de glaçons sur le visage et regarde la mienne là, on est resté le même temps dehors.
Ça gèle bien l'intérieur.
Bien du tout, ce bactailleur ne met pas l'intérieur.
C'est cool.
Il est curieux de constater que parfois les extrêmes se rejoignent.
Des milliers de kilomètres et un nombre certain de degrés Celsius séparent les inuits d'étouarrec et pourtant tous les rapprochent.
A Kanak, la cour de récréation n'a pas de barrière et à toute heure du jour et de la nuit, les cris et les rires des enfants envahissent le plus grand terrain de jeu du monde.
Je pense qu'ils ont les mêmes rêves pour le futur que les enfants d'ailleurs.
Ils ont envie d'apprendre, de sortir, de voir le monde et posséder les biens du monde moderne.
Si ils veulent poursuivre leurs études, ils doivent quitter le village et se rendre dans le sud du Groenland ou au Danemark.
Mais beaucoup interrompent leurs études et reviennent parce qu'ils ont le mal du pays, surtout parce que le reste du pays est très différent et qu'ils y sont traités comme des paysans.
C'est une communauté très soudée, très attachée aux relations familiales.
Mais quel avenir pour ces jeunes à soifer de vie moderne dont la survie dépend à 100% des subventions danoises?
Nous devons envisager de nouvelles possibilités pour un meilleur usage des ressources locales et peut-être explorer de nouvelles voies. Le tourisme est un de ces aspects.
La ville voudrait développer le tourisme car c'est une source de revenus intéressante mais pour autant qu'il n'y ait pas un trop gros impact sur le style de vie traditionnelle.
Si j'étais premier ministre, je ferais tout pour conserver cet endroit tel qu'il est parce que 850 personnes gardent le berceau de la nature. Le berceau de l'humanité, c'est très important.
Les touristes fortunés que leur rencontre à Kanak font en général partie de voyages organisés qui comprennent une escale dans un endroit mythique.
J'accompagne un groupe de touristes qui se sont rendus au pôle nord géographique et au pôle magnétique. Bien sûr, il n'y a rien à voir là-bas.
C'est pourquoi c'est plus intéressant de les amener ici, rencontrer une communauté esquivaux traditionnelle comme celle de Kanak où ils peuvent vraiment se rendre compte du style de vie de ces gens-là.
Les pilotes de cette charterre de l'extrême sont de grands professionnels, en général dotés d'un solide sens de l'humour.
L'année dernière, nous avons récupéré une expédition qui avait atteint le pôle nord géographique avec des chiens.
Nous célébrions ce succès. Toute la nourriture qui restait leur avait été distribuée. Nous avons chargé tous les bagages et mis les chiens au-dessus.
Pendant le vol du retour, les chiens ont rendu la nourriture à leur maître après transformation. Par chance, le sol de l'avion a été préservé, mais je ne vous dis pas l'état des bagages à l'arrivée.
Oui, il faut être un peu fou pour venir travailler ici, mais on aime ça. Let's go les gosses!
Le hasard a voulu que la fillette de Storm, l'un des guides, fête son anniversaire le jour précédent le départ de l'expédition.
La coutume veut que tout le village soit invité à un goutté. Mais ici, gâteau et petit four sont remplacés par de la viande de baleines posées à même le sol.
Le goutté et l'odeur garanties.
8 hommes, 4 traîneaux de 500 kilos chacun et 60 chiens. Tout ce remuménage créé une joyeuse effervescence sur la plage de Tulécanac.
Sous l'œil gognard des enfants qui sont de toutes les fêtes, les charges sont réparties minutieusement.
La nourriture des chiens, 2 kilos par jour et par bête, constitue une grande partie du chargement.
La sécurité de l'expédition est assurée par une balise Argos qui émet 24 heures sur 24.
Cette balise est toute simple. Elle envoie des messages satellite.
Position ouvert, fermée. Power off, on laisse tout le temps ouvert.
Ensuite, il y a la molette pour envoyer des messages de 0 à 15, l'antenne et puis bien cachée par un plastique, donc l'alarme.
On l'enclenche et en 20 minutes, à tout l'os, ils arrivent à savoir où on est.
Pour le pactage, les boîtes en plastique à forte résistance au froid sont bien plus pratiques que le métal,
trop lourd et qui, par moins 30 degrés, peut provoquer de graves brûlures en cas de contact avec la peau.
L'expédition est enfin partie. Jusqu'où ira-t-elle?
La réponse est encore cachée dans les paquets, c'est les crêtes de pression du détroit de Suisse.
Pour les skimo, l'expédition est un lien qui leur attache à ses ancêtres.
En effet, même si certaines techniques ont évolué, une grande expédition d'aujourd'hui ressemble à une expédition du passé,
car la banquise est toujours aussi blanche, le vent n'a pas cessé de souffler,
la glace craque toujours autant et les chiens tirent les mêmes traîneaux.
Cette première étape, liée en Kanaka sur Apalook, emprunte une piste relativement fréquentée.
Chaque rencontre est l'occasion de colporter les derniers potins provenant des autres villages de la communauté.
Ce groupe-là va se ravitailler en essence à Kanaka.
En motoneige, il ne leur faut que deux heures, là où les chiens en ont besoin de six.
Alors pourquoi les skimo n'ont-ils pas adopté systématiquement les transports motorisés?
Si une pièce lâche, rien ne fonctionne plus.
Mais avec les chiens, même si on en perd un, les autres continuent quand même d'avancer.
Et que craint-il ce chien?
Le danger principal provient du traîneau lui-même, qui parfois le hape et peut l'être anglais ou lui briser les mains.
Du sang de loup coulent dans ses veines. Les conflits de pouvoir sont incessants au sein de la meute et les morsures peuvent être très profondes.
Les skimo sont souvent très violents avec leurs chiens, car être le chef de meute est le seul moyen d'être respecté.
Mais leur souci principal est de les conserver en bonne santé, car un chien blessé est en poids mort pour l'attlage.
C'est un partenaire, une espèce d'assurance-vie.
Le foie, c'est rarement pour vraiment taper un chien pour le corriger, c'est plutôt pour lui donner la direction.
Robert Perry a emmené avec lui un vieux chien qui n'est pas atlée et pour qui il a une tendresse toute particulière.
C'est le chef, mais il est devenu trop vieux. J'ai envie qu'il se repose, mais j'ai besoin de sa tête.
Au détour d'une falaise, l'expédition fait une halte pour charger de la viande supplémentaire.
Vous chassez et ensuite vous cachez la viande?
Oui, comme ça, je n'ai pas besoin de la transporter, c'est plus facile.
Après 6 heures de route, par moins 35, c'est enfin l'arrivée à Surapalook, petit village de chasseur où vivent une cinquantaine de personnes.
Surapalook, ça veut dire en esquimaux, la jolie petite plage de sable.
Aujourd'hui, on ne verra pas le sable, puisqu'il est recouvert par la glace. C'est le dernier village habité de l'hémisphère mort, ce n'est pas très grand, c'est beaucoup plus petit que Canak, c'est un village très attachant.
C'est de là que sont partis beaucoup d'expédition, c'est là aussi qu'on y vernait beaucoup d'explorateurs, de chercheurs, comme Jean-Marie, notamment.
Depuis que le viking Gernbjøn découvrit le Grenland au 10e siècle, les mâchoires de glace de ce continent se sont souvent refermées sur le sillage des hommes.
Seuls, la foi où l'inconscience ont permis d'explorer le moindre recoin de glace de ce continent, à la recherche du chemin le plus court, vers les richesses de l'Orient,
le célèbre passage du nord-ouest commandité par sa gracieuse majesté, la reine d'Angleterre.
Combien de bateaux broyés par la banquise, d'équipages en perdition, de mutineries et de robassons cruzoés des glaces,
avant que des brisses glaces et des sous-marins nucléaires ne traversent l'océan glacial arctique par-dessus ou par-dessous la banquise,
et que les lignes longs courriers qui relient le Japon aux États-Unis ne passent à la verticale du pôle.
Dans l'avance des visages des explorateurs qui se sont succédés ici, les plus célèbres sont certainement ceux de Péry et Cook,
tout d'eux, prétendant être les premiers à avoir atteint le pôle en 1909.
Siorapalook a sa place dans le Guinness Book.
A part des militaires et des scientifiques, personne ne vit plus au nord,
que cela soit au Canada, en Alaska, en Sibérie ou au Greenland.
Les dizaines de pots étalés devant les maisons ne laissent planer aucun doute sur la principale activité des habitants.
Même les pots des chiens morts sont utilisés.
Ce qui est plus surprenant, c'est la manière dont on les tue.
Si vous le pendez en lui obstruant les oreilles, en deux secondes, il est mort.
C'est comme du poison qui ne souffre pas.
Mais si vous essayez de le tuer par balle, vous risquez de rater votre cou et de le blesser au lieu de le tuer.
Le jour suivant, le temps est tout beau fixe.
Dernier préparatif avant de quitter définitivement la civilisation et partir sur les traces d'explorateurs mythiques.
En effet, cette expédition n'est pas uniquement à caractère sportif.
Elle s'inscrit dans le cadre d'une aventure visant la rencontre de deux peuples,
de deux modes de vie diamétralement opposés, à travers une région chargée d'histoire.
Tous les Inuits assisent sur leur traîneau rêvant de ce pays et de ses ancêtres
parcours de longue distance pour s'imprégner de ses contrées magnifiques,
toujours plus loin vers le Nord.
Ça m'a été transmis par mon père et je l'ai transmis à mon fils et ça m'enrichit.
Maintenant je suis assis là et je rêve.
Comme il fallait le craindre, la banquise devient de plus en plus mauvaise et le convoi a du mal à franchir certaines zones de Pacaïs.
La vie en arctique est un perpétuel combat contre le froid.
C'est ennemi implacable et sournoi qui vous prend entre être.
Le meilleur moyen de le combattre est une alimentation bien adaptée.
Dans cet environnement, le besoin quotidien en énergie est de 5000 calories.
C'est pas trop dur la cuisine un peu spartiate des expéditions.
Des fois on a le birchère du fond qui remonte avec la soupe mais ça va, on est pas à la maison mais ça va.
Ce qui compte c'est de manger et boire chaud.
C'est du gras, donc c'est bon, ça vous aide à garder la chaleur.
Donc le gras est important ainsi que la viande.
Le soir venu, la poursuite par la banquise est impossible.
Les énormes Pacaïs qui se dressent plus loin sont insurventables pour des atelages.
Au lieu dit, pittoraphique, une cabane de chasse inoccupée permet au voyageur de passer une nuit à l'abri.
A 8 dans un espace de 15 mètres carrés, c'est un peu exigu.
Mais après une journée de traîneau, tout est bon pourvu que la chaleur soit au rendez-vous.
Ce jour-là, c'est aussi les premiers ennuis techniques sérieux.
Le générateur, indispensable au chargement des batteries de la caméra, refuse obstinément de fonctionner.
Alors si ça marche pas, on va être ennuyé parce que je crois qu'il ne reste plus qu'une journée de batterie pour les caméras.
Je pense qu'il va falloir qu'on retourne à Surrapalook pour essayer de le réparer,
être un petit peu plus outillé qu'ici parce qu'on a vraiment un minimum.
Le blanc est fou, fabriquez les machines à partir de rien.
Miracle des incantations ou performance technique de Patrick.
Les avis divergent, mais l'importance subsiste, le lendemain, le générateur fonctionne et l'expédition peut poursuivre.
A première vue, le glacier Mark Ham paraît infranchissable.
C'est mal connaître les ressources des esquimaux qu'il attaque par son flanc droit.
Les premiers maîtres sont éprouvants.
Au cri des esquimaux ou à l'étement des chiens, se mêlent bientôt les respirations des oeufs.
La dénivellation est importante, plus de 600 mètres sur une distance de 15 km.
Il faudra plus de 10 heures d'effort intense pour franchir cette barrière de glace.
La journée suivante s'annonce mal. La tempête se lève vers 13 heures.
Tout le glacier semble se mettre en mouvement, de gauche à droite, en travers de la route.
C'est harcelé par un violent blizzard que la caravane s'arrête une dizaine de minutes au Pôle Nord géomagnétique.
Il y a le Pôle Géographique, l'axe de la Terre, le Pôle Magnétique dans la région du Réseau du Bé au Canada,
et le Pôle Géomagnétique sur l'île de l'Anthys dans la Nondais.
Et au moment où nous la ténions, une superbe tempête se lève, il y a quelque chose de très symbolique.
Le Pôle Géomagnétique est affaire de scientifique.
Rien ne prédisposait ce point au milieu de nulle part, affiguré sur toutes les cartes.
C'est un Pôle sictif et tapis par l'homme. Il est là un peu pour l'étude du phénomène magnétique et du vent roboréal et tout ça.
Sous c'est l'attitude, la boussole perd la tête et s'affole.
L'expédition utilise donc une montre solaire pour s'orienter et ne pas perdre le Nord.
Au Pôle, la tempête paraissait extrêmement violente.
Ce n'était qu'un faible vent comparé à celui que l'expédition va traverser à son retour.
Mais pour l'instant, hommes et bêtes ne sont que au repos avant la dernière étape
qui les mènera sur la côte groenlandaise, jouxtant le Canada.
Les tentes sont installées par-dessus les traîneaux, unies côte à côte,
et sur lesquelles dorment 4 personnes à 30 cm de la glace bien isolées par des peaux de reine.
Sur le sol gelé, 3 primus crachent leurs flammes synonymes de chaleur, de thé et de nourriture.
Le wewak, c'est aussi l'heure des histoires, comme par exemple celle de l'ourson Anoretoch,
adoptée par une vieille femme et que tous les esquimaux racontent à leurs enfants lors d'éveiller.
C'est le Wilton, parce que quand on a passé 8 ou 10 heures par moins de 35 à l'extérieur,
on assiste au montage des tentes, on entend le changement des primus à l'intérieur
et on sait que dans 4 ou 5 minutes on va pouvoir entrer dans un arbre de chaleur.
C'est quelque chose d'extraordinaire.
Les traîneaux ont beaucoup souffert sur les cailloux de l'inland 6.
Dans le passé, la partie en contact avec le sol était en bois,
mais maintenant les inuits utilisent le téflon plus glissant et beaucoup plus facile à entretenir.
Le traîneau lui-même est maintenu par des cordes ou des sangueux de cuir
qui améliorent sa souplesse sur les terrains accidentés.
Ce jour-là, c'est l'occasion d'une petite fête pour l'anniversaire de Néma Péry.
...
Après la descente de l'inland 6, c'est la plongée sur la baie Roy Solère,
vers le lieu dit Aougnartoc.
Au loin derrière les brumes, la côte canadienne est invisible.
Au premier plan se profite la banquise du bassin de Caen,
où tant d'explorateurs ont disparu corps et biens victimes d'une nature folle et indortable.
Mais ici, l'homme ne peut rien faire sans elle.
Sur la plage, une cabane de chasse va servir de camp de base à la tentative de traverser vers le Canada.
Le détroit de Smith est un véritable tapiroulant de banquise,
avec parfois de courtes accalmées qui dépendent des vents et des courants.
Dans ce contexte, traverser est une noterie.
Il faut arriver au bon moment. Or, une première analyse des glaces
laisse entrevoir de graves difficultés.
A l'endroit où le chemin est le plus court, l'eau libre empêche tout passage.
A l'endroit prévu, il n'y a peut-être pas d'eau libre,
mais la distance est plus importante, environ 50 km,
et surtout l'état des glaces empêche une progression rapide.
Au nord, la glace est meilleure, mais les distances énormes à parcourir
rendent cette option impensable en raison des ressources alimentaires.
Décision est alors prise de traverser en face du camp de base.
C'est la première fois qu'on voit des glaces empêchées,
mais il n'y a pas d'eau libre à parcourir,
et il n'y a pas d'eau libre à parcourir,
et il n'y a pas d'eau libre à parcourir.
Il n'y a pas d'eau libre à parcourir,
et il n'y a pas d'eau libre à parcourir.
Il n'y a pas d'eau libre à parcourir,
et il n'y a pas d'eau libre à parcourir.
Je veux être chanceux avec cet expédition.
Je veux que l'esprit soit avec moi.
A quelques encabures de la côte, le convoi trouve un premier crack,
une énorme faille dans la glace qui court sur des kilomètres.
Pour aller là-bas vers ces paquets, ça va nous prendre plusieurs heures.
Pendant ce temps-là, ce crack peut casser et la mer s'ouvrir.
Une fois le crack passé, l'expédition a été en danger.
A tout moment, des kilomètres carrés de glace peuvent se mettre en mouvement
et emporter corps et bien dans un lointain voyage dont nul ne connaît la destination.
On est arrivés près d'un gros iceberg qui va nous donner un bon poste d'observation.
On va grimper à haut, et puis à la jumelle, on pourra bien observer un petit peu la suite
parce qu'on a peur des zones d'eau libre.
Et je pense que de là, s'il y en a, on va les voir.
Je n'arrive même pas à voir le Canada.
C'est de l'eau libre et des paquets et sa perte de vue.
Je ne me sens pas du tout en sécurité ici.
La journée est déjà très avancée.
Il faut immédiatement prendre une décision, continuer ou rebrousser chemin.
C'est trop dangereux de passer la nuit ici.
C'est cherable de rentrer et nous devons réfléchir à ce que nous voulons faire demain.
Le soir même, une nouvelle stratégie est mise en place, un peu contre la volonté des esquimaux
qui ne comprennent pas ces tentéements à vouloir tenter cette traversée,
qu'ils estiment impossibles ou pour le moins extrêmement dangereuses.
On peut essayer de passer un petit peu plus au sud.
Ce qui serait une bonne idée, c'est de partir avec deux luges au lieu de Cannes.
On prend le minimum nécessaire des luges beaucoup plus légères.
On met plus de chiens pour les plus vite, peut-être mieux se confiler.
On pourra peut-être atteindre le Canada, ça me paraît.
C'est possible la franquière.
Pour cette deuxième tentative, le journaliste Francis Pareil et le réalisateur Robert Verdina
vont prendre place sur les traîneaux.
Robert Péry et Storm seront leurs compagnons esquimaux.
Après deux heures de route, le temps splendide qui a accompagné l'expédition
se gâte brusquement.
En moins de cinq minutes, le vent se lève et la neige soufflée givre les visages.
Le temps est prévisible, il peut changer très vite.
Parfois, vous êtes tellement occupé que vous ne vous en apercevez même pas.
Parfois, ça dure que quelques heures et ensuite, ça change de nouveau.
J'espère que ça sera le cas cette fois.
Le convoi est pris dans des packs gigantesques,
de formidables crêtes soulevées par la pression de la banquise.
La banquise s'occupe de l'eau.
Il nous dit que c'est impossible.
On y paraît que c'est encore des bébis plus petits
comparé à ce qu'ils nous attendent un peu plus loin.
Bon, cette portée, ça réchauffe.
On a même envie d'enlever les lèvres.
Qu'est-ce qu'on a fait à peu près 100 mètres en une heure?
D'accord, ils évitent le couse possible, ce genre de terrain, mais c'est sur notre route.
On n'a mieux oublié de passer à travers, mais on n'a pas envie.
Dans 30 mètres, ça devrait aller mieux.
C'est-à-dire dans 2 heures?
Par contre, on s'en fout plus de poids que de rien, mais c'est le galère.
Le convoi croise alors les premières zones d'eau libre.
On va en trouver de plus en plus.
L'eau se cache sous les paquets.
Trois heures plus tard, le mauvais temps disparaît soudainement,
mais l'inquiétude, elle, demeure.
Robert Péry estime alors qu'il faut rebrousser chemin, car à tout moment, la banquise peut se briser.
Robert, pourquoi t'es-tu arrêté ici?
Nous venons de passer 3 cracks très rapprochés les uns des autres.
Pour moi, ça signifie qu'il faut s'arrêter.
Nous ne pouvons pas avoir la côte à cause de la vapeur d'eau.
Ça veut dire qu'il y a plein de zones d'eau libres.
Nous ne pouvons pas continuer. C'est trop dangereux, maintenant, nous risquons notre vie.
De plus, nous avons franchi depuis longtemps la limite des eaux territoriales canadiennes.
Les drapeaux canadiens, grenlandais et suisse, peuvent donc être dépliés.
Demi échec, demi-victoire, qu'importe.
Peut-on aller plus loin que le bout du monde, lorsqu'on y est déjà?
Le lendemain, les guides Eskimo sont inquiets, car les réserves de viande pour les chiens sont épuisées.
Nema et Ilangwak, partis à la chasse le jour précédent, sont rentrés bredouilles.
Or, il faut des réserves au moins pendant 4 jours encore.
Le temps du retour sur Siorapalook.
Sans viande, ce fragile équilibre qui permet aux hommes et aux bêtes de survivre peut se rompre.
Dans ce contexte, l'animal prend une importance toute particulière.
L'animal a toujours été très important pour survivre ici.
C'est pourquoi l'homme doit avoir un très grand respect pour lui.
Parce que chaque animal, le renard, le bourse polaire, le lièvre, le foc, et tous les autres,
vous fournissent la nourriture et les vêtements dont vous avez besoin pour survivre en arctique.
C'est pourquoi quand vous chassez, vous lui devez un grand respect et en aucun cas l'insulter.
Si vous l'insulter, l'esprit ne reviendra pas vers vous et vous mourrez de faim.
Que pensez-vous de l'action de Greenpeace?
J'ai toujours été d'accord avec eux parce qu'ils font du bon travail en protégeant les animaux, comme nous le faisons d'ailleurs nous-mêmes.
Mais parfois, en ne tenant pas compte des minorités, vous les punissez à la place des vrais responsables, les grandes nations.
Ces images de chasse ont dû être empruntées à un autre film, car ce jour-là, les bêtes n'ont pas voulu s'offrir aux hommes.
Les aliments secs de ce coup vont permettre aux chiens d'ingurgiter une alimentation minimale.
Mais il faut rentrer très rapidement, sous peine d'en perdre plusieurs en route.
L'expédition décide d'enchaîner les étapes pour gagner du temps.
La montée sur l'Inland 6 est encore plus ardu dans cette direction.
Certains traîneaux doivent être pissés par deux atlages.
A tuers, à tuers!
Seule le vent semble vouloir dialoguer avec les hommes et leur demander...
qu'ils sont pauvres petites prétentieuses pour oser venir le braver dans son royaume alors il baisse la tête
courbe le dos comme pour une prière silencieuse et lui demande de bien vouloir les épargner
ils ne savent pas encore qu'il sera sans pitié
c'est en arrivant sur l'inland 6 que l'expédition va devoir affronter en blizzard d'une violence folle qui va mettre les hommes à genoux
on s'est retrouvé dans des vents incroyables qui rabattent la neige par terre les esquimaux cherchent à leur piste les traîneaux
se partait en tonneau on a des débuts de gelure ça a été tant peut-être vraiment terrible
le problème grave qui s'est posé c'est lors qu'on est arrivé au haut du glacier parce que là il y a des crevasses il y a un chemin bien précis à suivre
une erreur d'une centaine de mètres et nous aurions attiré au milieu du crevasse c'est pourquoi c'était si dangereux
les équipages se sont vite perdus et chacun s'est débrouillé comme il a pu
on s'est arrêté à la moitié du glacier sur le sur la descente il y avait encore la tempête et on attendait on attendait sans grève
Philippe et Robert Péry qui n'arrivait pas
les chiens refusaient d'avancer ça a été pendant deux heures un peu le crèchement
bon pour finir on a entendu des coups de feu ce qui nous a donné la direction
pourquoi redescendre du glacier dans le bon endroit
on a tiré des procultures en l'air là par hasard Philippe et Robert Péry sont sortis du blizzard sont trop bien sur nous
et je veux dire c'était un grand grand soudage
bilan final deux chiens sérieusement blessés deux traîneaux endommagés
des gelures aux pommettes pour tout le monde mais heureusement rien de grave grâce notamment à la qualité des vêtements polaires
c'est assez restreint comme vu
mais bon après le fois c'est ça où on gêne
durant la tempête en raison de la déperdition de chaleur du haut vent
hommes et bêtes ont dû affronter une température minimum de moins 68 degrés pendant plus de quatre heures
mais la perspective du retour proche leur donne malgré tout des ailes
mais entre temps à canac pour des raisons politiques et administratives
les étrangers tout comme les esquimaux
sont devenus les otages de l'administration américaine de la base qui sous de fallacieux prétexte
empêche l'hélicoptère d'effectuer normalement ces vols
manifestement nous a mis les battants dans les roues
on ne peut pas dire dans les pales de l'hélicoptère pour qu'ils ne viennent pas et qu'on soit coincés ici on sait pas très bien pourquoi
alors que le vol ne dure que 40 minutes
les quatre hommes sont obligés après dix jours d'attente à canac de reprendre les traîneaux pendant 48 heures pour rallier la base
depuis le transit est définitivement interdit aux étrangers
ce qui fait subir en grave préjudice à toute la communauté inuite qui compte énormément sur le tourisme pour sa survie
mais les esquimaux ne baissent jamais les bras
une association regroupant les inuits de tous les pays polaires défend farouchement un mode de vie dont ils sont très fiers
je pense que nous devrions survivre encore très longtemps parce que nous avons toujours été capables et nous le sommes encore de combiner la vie de chasseur avec l'ère atomique
